Le hard rock au secours du folk japonais

Etrange découverte pour ceux qui achetèrent l’album des Scorpions, il y a trente ans. Au beau milieu d’un festival de hard avec des chansons très affûtées dans le style, tout à coup changement radical d’ambiance, une chanson en japonais. Un air du folk du coin, que le groupe a pris la peine de mettre au point pour le plaisir des fans aux yeux bridés. Il ne furent sans doute pas les seuls à être séduits, le monde entier la connaît maintenant. Force est de constater une fois de plus que la merveilleuse voix de Klaus Meine, il faillit la perdre, est une bénédiction pour le groupe. Groupe plus connu auprès du grand public pour ses slows genre « Still Loving You » que pour leurs morceaux de bravoure, par ailleurs excellents, réservés au fan averti. Dommage ou tant mieux, je ne prendrai pas parti, mais je dois avouer que leurs ballades ne me laissent pas indifférent. Que cela ne nous empêche pas de savourer « Kojo No Tsuki », dont il paraît que cela peut se traduire par « La Lune Au Dessus Du Château En Ruine ». La pays du soleil levant a rendez-vous avez la Lune et les Scorpions.

La version originale en bonne qualité, montage photographique

 

Les Moody Blues – Une question de balance

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Peu de groupes peuvent se targuer en cinq ans, de 1967 à 1972, d’avoir aligné des albums aussi créatifs les uns que les autres. Une conception musicale qui mélange la musique classique, la pop, les effets sonores grandiloquents. On aime ou on aime pas, là est sans doute toute la question. En choisir un plutôt que l’autre relève un peu de la gageure pour un fan inconditionnel. Il y a des perles dans chaque album. Le choix définitif pourrait être celui qui en contient le plus, par goût personnel. Celui que j’ai choisi est un calcul simple, pour moi, il est intégralement plaisant de la première à la dernière note.
En 1970, cinquième album du groupe nouvelle formule, celui où Justin Hayward et John Lodge ont remplacé Denny Laine et Clint Warwick. Le départ fut magistral avec ce mémorable « Night In White Satin » extrait du premier opus. Les albums se suivent et ne se ressemblent pas, innovateurs en diable. Le succès est toujours présent, les albums se vendent très bien mais les singles ont plus de peine à décoller. Cette nouveauté 1970, va renverser la vapeur. En Angleterre « Question » fait un tabac. En Europe, ce sera plutôt « Melancholy Man » qui sera un hit presque aussi gros que « Nights In White Satin ». Et le reste de l’album? Eh bien il se vend et s’écoute en quantités appréciables. Le décrire, non, mais vous inviter à l’écouter, certainement. Il faut prendre son temps, comme on déguste un grand cru, chercher toutes les saveurs et parfums qui sa cachent au fond du verre. Si vous avez un tant soi peu l’âme romantique et le goût des musiques fluides et limpides, avec parfois quelques vagues de surface, nul doute que vous trouverez votre bonheur.

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Vince Taylor – Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

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Le diable en cuir noir – 2ème partie – Le crépuscule

Un retour des vieux copains sous l’impulsion de Bobbie Clarke, un peu au chômage après le départ sous les drapeaux de son patron, voit l’éclosion du Bobby Clarke Noise. A la guitare solo Ralph Danks; à la rythmique Johnny Taylor, ex Johnny Taylor et les Strangers; à la basse Alan Bugby, lui aussi des Strangers; et bien sûr Bobby Clarke à la batterie. C’est à nouveau un bon groupe et d’excellents musiciens. La machine est un peu relancé grâce à leur prestation en première partie des Rolling Stones à l’Olympia et 1965 s’annonce pas trop mal. Vince est toujours une bête de scène, il a maintenant des cheveux longs pour sacrifier à la mode. Même Barclay semble optimiste et prévoit la sortie d’un 33 tours 30cm, le premier. Il sera mis en boîte en enregistrant quelques reprises, « Trouble », « My Baby Left Me », « My Babe », Jezebel », « Long Tall Sally », « High Heel Sneakers », « Summertime », un original « The Men Fron El Paso » et un instrumental, « Clank » une puissante démonstration de batterie de Bobbie, un tout grand batteur!
Lors de sa sortie, le 33 tours est accueilli avec des opinions divisées. Signalons tout d’abord que le disque est censé être enregistré en public. Ce n’est pas vrai, mais une bande son ajoutée, le laisse supposer. Elle ne fait que couvrir certains passages et n’ajoute absolument rien, sinon une gêne dans l’écoute. Pour certains, le disque est nul et l’ajout du public n’est qu’une tentative pour camoufler la médiocrité du disque. Pour les autres, pas vraiment nombreux à l’époque, c’est un album fantastique. Force est de constater que plus le temps passe, plus les opinions tendent à lui octroyer le titre d’album culte. A part la reprise de « Jezebel », « Summertime », le slow hyper sensuel « The Men From El paso », qui peuvent être considérés comme usuels dans son répertoire, le reste décolle très haut. Jamais un chanteur et aussi l’orchestre, n’a mis une telle furie dans son interprétation, certains passages frisent la démence. C’est la punk attitude, plus de dix ans avant. Avec cet album, le rock and roll a certainement tourné une page de son histoire. Reste à l’admettre pour certains.
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Honnêtement tous les ingrédients de ce disque un peu fou, ne sont pas complètement un hasard. Vince n’est pas au mieux dans son esprit, il semble un peu avoir flippé, suite à une consommation de certaines drogues. Alors qu’il devait faire une prestation devant son beau-frère, qui souhaitait le faire démarrer aux USA, il devient complètement incohérent dans ses propos. Il se prend pour un prophète et veut transmettre la bonne parole, au lieu de chanter sur scène. A partir de là, c’est la dégringolade. Passage en maison de repos, moments de lucidité et de folie. Pendant quelques années, il se trouve écarté de la scène, sauf quelques prestations dans des endroits secondaires où on veut bien prendre le risque de l’engager. Barclay continue malgré tout de maintenir sa discographie partiellement disponible. En 1967, il participe à la tournée « L’épopée du Rock », un album de compilation est publié avec le même titre. Il permet de se procurer quelques titres de la première époque, depuis longtemps épuisés et un inédit « Hello Mary Lou ». En 1972, le fameux album de 65 est réédité sans le bruit du public. vt33tr2
En 1974, une tentative sérieuse de comeback a lieu. Le chanteur Christophe publie sur son label Motors, un album intitulé « Cadillac », une version ralentie de son titre y figure. Quelques autres titres très bons et intéressants comme la reprise de « L’homme A La Moto ». Malgré l’évidente qualité de cet album, l’histoire sera sans suite. En 1977, un album en public au tirage très limité est publié par un fan, « Live 77 ». En 1980, le label de rockabilly fondé par Jacky Chalard, Big Beat, lui donne la possibilité de sortir un 33trs 25cm, avec de bons musiciens, mais toujours des reprises. En 1987, on remet ça avec presque la même équipe. Un double album intitulé « Bien Compris » aligne des nouveaux titres et quelques reprises. Ce sera sa dernière tentative discographique.

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Pendant toutes ces années et depuis 1965, Vince est passé de la lumière à l’obscurité, et vice-versa. Certains ont tiré un peu de son jus pour en faire quelques chose. Tout d’abord les Renegades, qui eurent en 1965 l’idée de reprendre « Brand New Cadillac », d’en ralentir le rythme et de l’appeler « Cadillac ». Ce fut un succès monstre, dans les pays nordiques et l’Italie. Il devint un titre repris et joué sur scène par un nombre impressionnant de groupes. Les Shamrocks, les Hepstars dans lesquels on retrouve Benny Anderson un futur Abba, en firent aussi un succès. Pas mal d’artistes rendirent hommage à Vince par une chanson. Les Hollandais Golden Earring, enregistrèrent « Just Like Vince Taylor ». David Bovie s’inspira de son histoire pour Ziggy Stardust. En 1976, une sorte d’autobiographie mise en page par interview « Le Survivant » est publiée aux éditions Delville. On y retrouve son histoire et aussi son côté fantaisiste. En 1979, le groupe Clash acheva de rendre « Brand New Cadillac » populaire dans le monde entier en le reprenant sur l’album « London Calling » dans une superbe version. En 1983, Vince se marie et va habiter en Suisse, où il mène une vie plus paisible, presque retiré. Pendant ce temps, sa discographie est constamment rééditée et compilée, avec des nombreux inédits et un peu tout ce qu’il avait enregistrée ici et là, ou ce qu’on avait bien voulu enregistrer. Atteint d’un cancer il meurt le 28 août 1991, il est enterré au cimetière de Lutry en Suisse, près de Lausanne.
Vince Taylor fut un personnage à part dans l’histoire du rock and roll. Il est ans doute un des rares qui n’en fut pas un des créateurs et qui en devint une icône. Sa présence sur scène, ses shows restent uniques dans l’histoire. Jamais, peut-être à part Presley au début, on ne trouva cette musique associée de si près à la sensualité et même à l’érotisme. Victime de son caractère instable et de ses lubies de star parfois exagérées, il fut aussi le jouet d’un entourage parfois véreux, rappelons-le. Quand il montait sur scène, il aurait pu dire à l’instar de Louis de Funès dans « La Grande Vadrouille »: je ne veux que le rock and roll et moi!

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