Froufroutements de crinolines coquins

crinolineLa crinoline a toujours des adeptes. Sous-vêtement apparu au cours de la première moitié du XlX ème siècle, il était plus que contraignant pour la femme qui voulait le porter, mais pas dépourvu d’un certain charme. Une armature donnait l’effet du bouffant et d’ampleur à un tissu en crin de cheval, lin, ou coton. Réservé principalement aux coquettes d’un milieu bourgeois, il ne permettait à la femme que de se tenir droite et les effets du vent pouvaient être redoutables. La crinoline connut pourtant une grande vogue au cours du siècle en adoptant différentes tendances allant du cercle parfait à l’élipse. Au tournant du siècle, le jupon et ensuite la combinaison remplacèrent peu à peu cette mode. Les années 50 et le rock and roll, surtout la danse du même nom et comme tenue de danseuse, remirent à la mode ce fameux vêtement. Dans une version plus allégée, il s’agit de se bouger sur la piste de danse, constituée principalement de plusieurs épaisseurs de jupons et d’une robe plus courte. L’effet volant quand les danseuses tournent, dévoilant le haut des bas quand elles en portent, fait toujours son petit effet. De nos jours, il y a encore quelques charmantes demoiselles ou dames qui affectionnent de porter une crinoline, des bas à couture, de quoi nous rappeler une époque révolue, mais combien charmante.
En voici, descendues tout droit de leurs machine à remonter le temps. Les bas, le porte-jarretelles et le reste, me paraissent tout à fait avoir un goût d’authenticité, spectacle tel que nos pères et nos grand-pères purent le contempler jadis.
Merci à ces dames de nous le rappeler.

Savoy Brown – Shake Down

savoy brown
Assez bizarre le destin modeste de cet album. Les disques Decca qui croyaient sans doute un peu plus que les autres et fort de la réussite de John Mayall, en l’avenir du blues revisité, lançaient Savoy Brown avec ce premier album en 1967. Menés par le très compétent guitariste Kim Simmonds, ils enregistrent cet opus avec les vocaux de Bryce Portius, sa seule apparition au sein du groupe. On y retrouve une des habitudes de l’époque, quelques titres originaux qui placent la capacité du groupe à composer et les quelques reprises qui mettent en lumière quelques titres puisés dans le vaste répertoire des bluesmen américains et noirs. Avec le temps « I Ain’t Supertitious » figurera dans d’autres albums, une sorte de presque inévitable composition de Willie Dixon qui se doit faire partie d’un répertoire bien pensé. Très belle reprise de « Black Night » de Arthur Alexander, très intimiste. Et que dire de « Rock Me Baby », « Pretty Woman » venus d’autres horizons et que vous connaissez sûrement par d’autres. De reprises en originaux, tout semble délectable à l’écoute et au final ça l’est.
L’album ne connut qu’un modeste succès à sa sortie, plaisir égoïste de quelques curieux. Il ne lui a manqué qu’une promotion un peu plus poussée et un ou deux passages radio pour attirer l’attention. Il aurait pu connaître un destin d’album culte et le groupe devenir un Led Zeppelin ou un Fleetwood Mac. Mais non, il est resté Savoy Brown pour le meilleur et pas tellement pour le pire. De nombreux albums et changements de personnel suivront, seul Simmonds restant immuable. Du beau boulot en résumé dont « Shake Down » est le premier déballage d’outils.

Ecouter gratuitement et télécharger Savoy Brown – Shake Down sur MusicMe.