Jet Harris – A l’ombre des Shadows

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Etre bassiste dans un groupe est fréquemment assimilé dans l’esprit de beaucoup de personnes comme être un personnage de second plan. Pourtant la réalité nous dit souvent le contraire. Des noms comme Paul Mc Cartney avec les Beatles, Lemmy avec ACDC sont bel et bien des personnages loin de se contenter d’un faire-valoir. Le personnage qui nous intéresse ici en est un autre, il s’agit du fameux Jet Harris qui se rendit célèbre au sein des Shadows, avant de partir vers d’autres horizons et créer un style assez original et personnel.
Né en 1939, Terence Harris est un pur londonnien. Son surnom de Jet lui vient de sa rapidité à la course de vitesse. Adolescent, il fait partie comme bassiste et parfois vocaliste de nombreuses formations qui hésitent entre le jazz et le skiffle comme style définitif. En 1959, il a la chance d’intégrer les Drifters qui servent d’accompagnateurs à la vedette qui monte, Cliff Richard. Quand il ne jouent pas ce rôle, il enregistrent aussi sur leur propre nom. La même année, ils ont l’occasion de publier deux simples, l’un vocal et l’autre instrumental. Pour une raison de double emploi avec le groupe américain du même nom, le groupe doit changer son patronyme et c’est ainsi qu’ils deviennent les Shadows. Au sein du groupe, Jet Harris est le leader. Il compose le fameux « Jet Black ». On connaît bien la suite. En 1960, l’autre fameux « Apache » devient l’hymne de toute une génération de futurs guitaristes, faisant des Shadows la référence ultime avant l’arrivée des Beatles. Pendant trois ans ils seront sans rivaux et alignent une série de classiques qui se jouent encore très fréquemment aujourd’hui. En 1962, Jet quitte le groupe, l’entente avec les autres n’étant pas toujours la meilleure. Mais il ne reste pas sur le carreau, car c’est avant tout un musicien qui veut aller de l’avant. Il est signé par Decca, tout heureux d’accueillir cette vedette. Il cherche aussi quelque chose de plus personnel et mettra au point son style, où la guitare basse remplace la guitare solo, essentiellement une basse à six cordes. Une première illustration de ce style en gestation est sa reprise du fameux « Besame Mucho »où sa basse vrombissante fait merveille. Le disque fait une apparition dans les classements et pave la route pour la suite. Son deuxième est également une reprise, le thème du film « The Man With The Golden Arm », dans le même style. Il se classe à nouveau et frise le top ten, avec dix places de mieux que son prédécesseur. Fin 1962, son ancien copain des Shadows Tony Meehan, qui a quitté le groupe avant lui, le rejoint en devenant le batteur du duo, Jet Harris et Tony Meehan. Le titre qu’ils enregistrent, « Diamonds », est une composition de Jerry Lordan qui se targue d’avoir déjà composé « Apache ». En janvier 63, le titre démarre très fort et est no1. La légende veut qu’un certain Jimmy Page ait participé comme bassiste à la session. Ils remettent ça avec « Scarlett O’Hara », du même Lordan qui monte à la deuxième place au printemps 63. En septembre, ils confirment avec « Applejack », qui arrive à la quatrième place. Malheureusement le destin le rattrape, il est victime d’un grave accident de voiture avec sa copine du moment, la chanteuse Billie Davis. Remis tant bien que mal, il revient au début 1964. Le duo ayant explosé, il enregistre « Big Bad Bass » en solo. Cette fois-ci, ce n’est pas un succès, les Beatles sont commercialement plus en vue. Il ne sera plus jamais une idole de premier plan. Des problèmes personnels, une descente dans l’alcoolisme, le verront tour à tour, maçon, chauffeur de bus, enregistrant ici et là quelques titres assez obscurs. Vers le milieu de années 80, avec le soutien de ses fans les plus irréductibles, il revient peu à peu dans les studios d’enregistrements et commence une carrière assez fructueuse dans les circuits nostalgiques, jalonnés de nombreux disques en collaboration avec d’autres groupes ou en solo. Il fera aussi quelques apparitions avec Cliff Richard et les Shadows, tout en étant aussi un photographe passionné. Tout semble aller pour le mieux, pour ce septuagénaire légendaire.
Jet Harris est un cas à part dans la musique. Il fut membre d’un groupe parmi les plus prestigieux. Comme un vrai musicien, il affirma sa personnalité, et parfois son caractère poussif, en explorant un style innovateur pour l’époque. Globalement son style pourrait se situer dans une sorte de musique qui trouverait assez bien sa place comme bande sonore d’une série tv. Ce n’est pas tellement dans les titres les plus connus qu’il est le plus original. Mais toute la saveur de son originalité se retrouve dans des titres comme « Rave », très blues-jazz ou « Man From Nowhere », parfait pour une série du même nom, qui sont autant de perles dont il peut faire un beau collier. Tony Meehan est décédé des suites d’un accident en 2005.

Ecouter gratuitement et télécharger sur MusicMe les titres période Decca 1962-1964 de Jet Harris et Tony Meehan.

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