Brigitte Fontaine – Comme A La Radio

birgitte fontaineEn 1970, alors que les feux de Wookstock n’étaient plus des braises encore fumantes, que la pop allait devenir une affaire presque purement commerciale, il y avait de quoi s’emm… un peu chez le disquaire du coin. Pourtant en fouillant bien dans les bacs, on pouvait mettre la main sur un album au cadre violet et une dame en photo avec un chapeau. L’album s’intitulait « Comme A La Radio ». A l’écoute ce n’était pas tout à fait comme à la radio. On pouvait découvrir une facette de l’underground français. Pas immédiatement captif à l’oreille, il avait quand même tout pour devenir un disque culte dans une discothèque d’un mélomane averti. Rien que le label sur lequel il est publié Saravah est déjà une référence, l’un des meilleurs qui n’aie jamais existé par ici. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est un compositeur mondialement connu pour une mélodie qui a fait le tour du monde « Un Homme Et Une femme », qui en est l’instigateur. Oui Pierre Barouh, c’est lui, un grand bonhomme qui a su utiliser son argent de manière intelligente, pour des plaisirs égoïstes. La musique de cet album? Elle va du bruit tapotement discret au grincement sorti d’un instrument à cordes allant à la rencontre d’un air folk oublié ou d’un lever d’orient. Brigitte Fontaine est une grande chanteuse, les musiciens des bigs, Areski le merveilleux, Leo Smith de l’avent et de la garde et l’Art Ensemble Of Chicago, excusez du peu. Chansons tortueuses ou surréalistes, cris d’amour dans le vague, couronnés par l’Académie Charles Cros. Un prix honorifique, mais bien pâle à coté de la reconnaissance internationale dont il est un fils chéri. Et puis ce petit scandale à sa sortie, cette fameuse « Lettre Ouverte A Mr Le Chef De Gare De la Tout De Carol », si savoureuse et toujours sans réponse.
Madame Fontaine, je vous aime, il n’y pas pas tant de ces chanteuses qui méritent que je leur dise mon amour platonique, celui que je distribue les soirs de bonne humeur. Vous vous en foutez? Alors là, vous voyez comme je comprends bien votre musique!

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Jet Harris – A l’ombre des Shadows

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En cliquant sur le lien bleu des chansons vous pourrez l’entendre directement

Etre bassiste dans un groupe est fréquemment assimilé dans l’esprit de beaucoup de personnes comme être un personnage de second plan. Pourtant la réalité nous dit souvent le contraire. Des noms comme Paul Mc Cartney avec les Beatles, Lemmy avec ACDC sont bel et bien des personnages loin de se contenter d’un faire-valoir. Le personnage qui nous intéresse ici en est un autre, il s’agit du fameux Jet Harris qui se rendit célèbre au sein des Shadows, avant de partir vers d’autres horizons et créer un style assez original et personnel.
Né en 1939, Terence Harris est un pur londonnien. Son surnom de Jet lui vient de sa rapidité à la course de vitesse. Adolescent, il fait partie comme bassiste et parfois vocaliste de nombreuses formations qui hésitent entre le jazz et le skiffle comme style définitif. En 1959, il a la chance d’intégrer les Drifters qui servent d’accompagnateurs à la vedette qui monte, Cliff Richard. Quand il ne jouent pas ce rôle, il enregistrent aussi sur leur propre nom. La même année, ils ont l’occasion de publier deux simples, l’un vocal et l’autre instrumental. Pour une raison de double emploi avec le groupe américain du même nom, le groupe doit changer son patronyme et c’est ainsi qu’ils deviennent les Shadows. Au sein du groupe, Jet Harris est le leader. Il compose le fameux « Jet Black ». On connaît bien la suite. En 1960, l’autre fameux « Apache » devient l’hymne de toute une génération de futurs guitaristes, faisant des Shadows la référence ultime avant l’arrivée des Beatles. Pendant trois ans ils seront sans rivaux et alignent une série de classiques qui se jouent encore très fréquemment aujourd’hui. En 1962, Jet quitte le groupe, l’entente avec les autres n’étant pas toujours la meilleure. Mais il ne reste pas sur le carreau, car c’est avant tout un musicien qui veut aller de l’avant. Il est signé par Decca, tout heureux d’accueillir cette vedette. Il cherche aussi quelque chose de plus personnel et mettra au point son style, où la guitare basse remplace la guitare solo, essentiellement une basse à six cordes. Une première illustration de ce style en gestation est sa reprise du fameux « Besame Mucho »où sa basse vrombissante fait merveille. Le disque fait une apparition dans les classements et pave la route pour la suite. Son deuxième est également une reprise, le thème du film « The Man With The Golden Arm », dans le même style. Il se classe à nouveau et frise le top ten, avec dix places de mieux que son prédécesseur. Fin 1962, son ancien copain des Shadows Tony Meehan, qui a quitté le groupe avant lui, le rejoint en devenant le batteur du duo, Jet Harris et Tony Meehan. Le titre qu’ils enregistrent, « Diamonds », est une composition de Jerry Lordan qui se targue d’avoir déjà composé « Apache ». En janvier 63, le titre démarre très fort et est no1. La légende veut qu’un certain Jimmy Page ait participé comme bassiste à la session. Ils remettent ça avec « Scarlett O’Hara », du même Lordan qui monte à la deuxième place au printemps 63. En septembre, ils confirment avec « Applejack », qui arrive à la quatrième place. Malheureusement le destin le rattrape, il est victime d’un grave accident de voiture avec sa copine du moment, la chanteuse Billie Davis. Remis tant bien que mal, il revient au début 1964. Le duo ayant explosé, il enregistre « Big Bad Bass » en solo. Cette fois-ci, ce n’est pas un succès, les Beatles sont commercialement plus en vue. Il ne sera plus jamais une idole de premier plan. Des problèmes personnels, une descente dans l’alcoolisme, le verront tour à tour, maçon, chauffeur de bus, enregistrant ici et là quelques titres assez obscurs. Vers le milieu de années 80, avec le soutien de ses fans les plus irréductibles, il revient peu à peu dans les studios d’enregistrements et commence une carrière assez fructueuse dans les circuits nostalgiques, jalonnés de nombreux disques en collaboration avec d’autres groupes ou en solo. Il fera aussi quelques apparitions avec Cliff Richard et les Shadows, tout en étant aussi un photographe passionné. Tout semble aller pour le mieux, pour ce septuagénaire légendaire.
Jet Harris est un cas à part dans la musique. Il fut membre d’un groupe parmi les plus prestigieux. Comme un vrai musicien, il affirma sa personnalité, et parfois son caractère poussif, en explorant un style innovateur pour l’époque. Globalement son style pourrait se situer dans une sorte de musique qui trouverait assez bien sa place comme bande sonore d’une série tv. Ce n’est pas tellement dans les titres les plus connus qu’il est le plus original. Mais toute la saveur de son originalité se retrouve dans des titres comme « Rave », très blues-jazz ou « Man From Nowhere », parfait pour une série du même nom, qui sont autant de perles dont il peut faire un beau collier. Tony Meehan est décédé des suites d’un accident en 2005.

Ecouter gratuitement et télécharger sur MusicMe les titres période Decca 1962-1964 de Jet Harris et Tony Meehan.

Johnny Winter – The Blues Progressive Experiment

johnny winterNul n’est trop besoin de présenter ce guitariste l’un des meilleurs de son temps. Enregistré en 1968 pour la label texan Sonobeat, il ne devra sa propulsion au niveau mondial que grâce à la réputation que se fit Winter lors de son premier album pour Columbia en 1969. C’est basiquement un trio, Winter à la guitare, Uncle John Turner à la batterie, Tommy Shannon à la basse, et puis vu le résultat, pas besoin de monde en plus. Oui c’est du blues très classique, Sonny Boy Willamson II, Muddy Waters, Slim Harpo, Howlin’ Wolf, Johnny Winter,avec cette touche insufflée par les blancs et les guitaristes de talent, d’un air de dire que l’on peut jouer la musique noire comme ça, mais sans moquerie, ni air de supériorité. A cette époque Winter n’était pas vraiment un débutant, il avait déjà fréquenté pas mal de monde, ces sessions constituent une sorte de réglage avant de s’emvoler vers la gloire qui ne le lâche plus. Si l’album ne vaut que pour un titre, ce serait cette fameuse version de « Rollin’ And Tumblin », ouvrage déjà remis sur le métier, mais sans lui apporter cette petite touche géniale qui pouvait la rendre plus que présentable aux oreilles innocentes. Un tube raté sûrement, le seul de sa carrière, mais il en a pas besoin, il est au-delà des horizons du succès, il est johnny Winter et comme carte de visite, c’est amplement suffisant.
Un album pas tout à fait comme les autres à redécouvrir ou simplement découvrir d’urgence…

Indisponible pour l’instant…

Ecouter gratuitement et télécharger Johnny Winter- The progressive Blues Experiment sur MusicMe.

1959 – Il y a 50 ans à travers la radio

oldradioSi vous tourniez le bouton de la radio en 1959, vous aviez la chance, ou la malchance c’est selon, d’entendre les succès de l’année en cours. A supposer que cette station fut française, le programme tournait volontiers autour de quelques crus bien du terroir. L’accès à la musique anglo-saxonne ne se faisait qu’à travers les reprises concoctées par des artistes francophones, avec quelques exceptions. De l’autre côté, il y avait plus de chances d’écouter quelque chose qui était accessible à un adolescent. Force est de constater que le rock and roll était peu à peu remplacé par des ballades plus tranquilles côté anglophone et qu’il n’avait pas encore vraiment le droit d’exister en France. Il faudra encore patienter un peu, mais le volcan était prêt à entrer en éruption. Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, n’allaient pas tarder à se manifester. En attendant, la chanson française dominait largement, mais peu à peu les hits devenaient des emprunts à des musiques venues d’ailleurs. Dalida, Edith Piaf, les Compagnons de la Chanson, triomphaient à côté d’artistes plus traditionnels comme Jacques Brel ou Georges Brassens.
Voyons quelques des ces tubes qui captèrent le coeur des auditeurs de tous âges.

En cliquant sur le titre de la chanson, vous l’entendrez intégralement

Angleterre – USA
Bobby Darin – Dream Lover
Le type même de la chanson qui s’adresse aux adolescents.
The Browns – The Three Bells
Celle-là, elle devient un tube international, mais c’est la ameuse chanson de Piaf « Les Trois Cloches », vieille de plus de 10 ans.
The Fleetwoods – Come Softly To Me
Deux filles, un garçon qui cartonnent avec ce slow.
Ritchie Valens – Donna
L’année de sa mort et son plus grand succès, qui n’est pas « la Bamba » comme un certain film pourrait nous le faire croire.
The Platters- Smoke Gets In Your Eyes
Ils sont toujours là et frappent un grand coup.
Craig Douglais – Only Sixteen
Un Anglais pas très original qui reprend des chansons américaines, mais qui cartonne avec cette ballade.
Henri Mancini – Peter Gunn
Un chef d’orchestre assez visionnaire, sera immortel un peu plus tard pour une certaine panthère de couleur rose.
Frankie Avalon – Venus
Son année d’or, mais sera balayé plus tard par l’arrivée des Beatles.
Barrett Strong – Money
Historiquement très important, le premier hit de l’équipe Tamla-Motown et un standard que les Beatles et les Rolling Stones ne manqueront pas d’enregistrer
Eddie Cochran – Somethin’ Else
La mort le guette au coin d’une route, mais en attendant il savoure son succès.
Johnny And The Hurricanes – Red River Rock
Pas très original, mais efficace. Pas leur meilleur, mais le plus connu.
Santo & Johnny – Sleepwalk
Un autre gros hit instrumental de l’année, avec une guitare hawaïenne

France

Marcel Amont – Bleu Blanc Blond
Faire chanteur la Provence sur un hit américain, il fallait le faire, il l’a fait!
Les Compagnons de la Chanson – Le Marchand De Bonheur
Les 9 connaissent un de leur innombrables succès de la décennie
Hugues Aufray – La Complainte De Mackie
Pas encore le chanteur folk que l’on connaît, une mélodie très connue quand même.
Gilbert Bécaud – Pilou Pilou Hé
Pour l’époque, c’est assez en avance par rapport au reste, déjà un petit air yéyé.
Sacha Distel – Scoubidou
La manière de parler d’un gadget à la mode, tout le fonde s’amusait à faire des scoubidous, lui en chanson.
Dalida – Ne Joue Pas
Le slow à l’accent italien, toujours très apprécié sur les pistes de danse.
Edith Piaf – Milord
L’un de ses plus grand succès, et celle-là on l’a entendue pratiquement en boucle.