Les Doors – Strange Days

Sans doute un peu moins visible que le premier album pas mal aidé par le succès de « Light My Fire », le second de la discographie des Doors n’en constitue pas moins un opus dégoulinant du monde angoissé de Jim Morrison. On l’a souvent dit le groupe c’était Jim Morrison et les Doors. Oui si on veut, mais si les trois instrumentistes n’avaient pas enrobé de sons les poèmes de Morrison, nous n’en serions pas à honorer le poète maudit qu’il était et qu’il serait resté. Devenu un des chanteurs les plus charismatiques de toute l’histoire de la pop, il hésitera toujours entre l’ombre et la lumière, préférant sans doute la première. Cette ombre dans laquelle les poètes se sentent plus à l’aise, loin des foules qui empêchent le poète de poèter. Cet album est encore un voyage qu’il faut faire, un de ces lieux à visiter, encore hanté des mille fantômes surgis des ces jours étranges. Nous devenons les gens étranges de ces jours étranges, ces visages laids que regardent les solitaires. Les jours étranges nous ont trouvés, mais quand la musique sera finie… qui sait?

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Crosby Stills Nash & Young – Deja Vu


Dans nos jeunes années, souvent nos parents nous accusaient d’écouter de la musique sans queue, ni tête, pour reprendre une expression que j’ai quelquefois entendue. Et pourtant en écoutant cet opus, on a envie de les traiter de cons. Cette musique est bien loin d’un rock and roll à la Jerry Lee Lewis, c’est plutôt soft et mélodieux. Et puis rien qu’en écoutant les harmonies vocales, on peut rechercher parmi les artistes qui tirèrent les larmes aux yeux de nos géniteurs un équivalent, on en trouvera un ou deux, mais c’est tout. Et encore c’est pas sûr qu’ils aient fait mieux. Dont acte.
Cet album est le résultat d’une synthèse des voies ouvertes quelques années plus tôt par les Byrds, dont David Crosby fit partie. Groupe qui travailla passionnément un folk électrisé. Un outsider, Buffalo Springfield, aligna de belles harmonies vocales tout en ne reniant pas le style des Byrds. Ce fut le fief de Neil Young et Stepen Stills. Et puis il y a un Anglais de service, Graham Nash. Lui vient des Hollies, un groupe rival des Beatles, mais dans la catégorie sérieux. Et encore, il avaient aussi un petit air à se donner de la peine pour les vocaux.
La réunion des tous ces ingrédients ne pouvait que donner un album passionnant. De la pop baba cool, des mélodies apaisantes, des voix qui chantent la passion. Il y a quand même plus de trouvailles et de variations dans deux minutes de leur musique, que dans toute la carrière d’un rappeur. Je sais, cela va peut-être en faire bondir certains, c’est comme ça. Ce que comprends en musique est sans doute plus vaste que les murs gris des banlieues qu’il ne suffit pas de chanter pour pour qu’un arc-en-ciel se pose dessus.
Cet album sert juste un peu à me rendre la vie un peu moins chiante, mais pour ça il faut l’écouter. J’ai essayé et ça marche.

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Bo Hansson – The Lord Of The Rings


Avant que le Seigneur des Anneaux devienne un événement commercial et cinématographique, c’est d’abord un livre de J.R.R Tolkien qui intéressa spécialement les lecteurs branchés sur la fantasmagorie. Au tournant des années 60 et 70, l’apparition d’une musique basée sur les effets électroniques commence à devenir populaire. Le style est déjà exploité depuis longtemps par des musiciens comme Pierre Henry en France, Gershon Kingsley ou Mort Garson aux USA. A l’époque, on appelle souvent cela de la musique expérimentale. Le synthétiseur et ses dérivés commencent à faire des adeptes parmi les musiciens pop comme les Moody Blues, seconde époque. De plus en plus les albums sont thématiques, il racontent et tournent autour d’un sujet , d’une histoire. Des artistes deviendront très célèbres en exploitant ce style à leur manière. On pense à Mike Oldfield, Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre et bien d’autres.
Un des premiers, pour ne pas dire un des pionniers est un Suédois, Bo Hansson. Né en 1943, il est dès le milieu des sixties un musicien très connu dans son pays, qui a eu l’honneur de voir une de ses compositions « Tax Free », enregistrée par Jimi Hendrix. En 1970, comme musicien multi-instrumentiste, il compose un album dont la musique lui est suggérée par le livre de Tolkien, première oeuvre musicale inspirée par cette histoire. La publication d’un disque en fait un succès dans son pays. En 1972, sa publication par le label Charisma lui donne une résonnance mondiale qui confirme la beauté de la musique de Hansson auprès des amateurs. Malgré d’autres disques dans le même style, Bo Hansson sera toujours plus apprécié pour ce premier opus.
Musique intimiste, planante, prenante, elle ouvre la voie à d’autres albums devenus fameux par la grâce du maniement de l’électronique. Ce n’est qu’un des premiers à avoir exploré le style, mais c’est un excellent début, une référence connue des spécialistes, qu’ils soient littéraire ou musiciens.

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St James Infirmary – Du cafard pour l’éternité

st james infirmaryUne des plus grandes chansons de l’histoire de la musique, à la longévité exceptionnelle. Ses obscures origines remontent très probablement au 18ème siècle, en Angleterre. Elles connut bien des évolutions, notamment les paroles ne sont pas universelles, mais diffèrent un peu selon les interprétations. Ses compositeurs restent inconnus. A l’origine, c’est une histoire de marin qui fréquentes les prostituées et meurt d’une maladie vénérienne. Les paroles modernes parlent d’un homme qui est dans un bar et parle de la mort de sa copine à l’hôpital. Le ton fait penser à une époque ou l’on venait y crever plus que s’y faire soigner. Elle fut pour une grande partie rendue populaire par Louis Armstrong en 1929. Bien qu’il s’agisse d’une chanson de folklore, elle est traitée par lui dans le style de la Nouvelle-Orléans et elle subira les influences de ce style pendant longtemps. Selon les interprètes, elle sera plus tard traitée en blues ou en folk et même en pop. D’innombrables versions seront enregistrées par des vedettes ou des chanteurs plus obscurs. On en trouve des enregistrements par Cab Calloway, Artie Shaw, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Django Reinhardt, pour n’en citer que quelques uns parmi les anciens. Mais les chanteurs plus modernes l’interprètent aussi, Janis Joplin, les Doors, , Joe Cocker, Stray Cats, White Stripes. En pleine Beatlemania, les anglais de Cops’n Robbers en font une très belle version au traitement dans l’ère de l’époque. En 1967, Eric Burdon et les New Animals en font une version pop et assez déjantée, qui échappe au style habituel. En France, on la retrouve par Colette Magny et Joe Dassin, dans des versions chantées en anglais. Eddy Mitchell en fit un succès avec son adaptation « J’avais Deux Amis », en hommage à Eddie Cochran et Buddy Holly. Une chanson immortelle!

La version de Cab Calloway dans les années 30

La version de Eddy Mitchell

La version psyché de Eric Burdon et les Animals

Version de Joe Cocker en 1972

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The Andrews Sisters – Raz-de-marée dans les 40’s

andrew sistersDe nos jours, musicalement, il nous semble que beaucoup plus d’artistes noirs ont obtenu le statut de légende avant 1950. C’est en grande partie vrai et pour la bonne raison que la musique que nous écoutons maintenant, le blues, le rock and roll, la soul, sont directement dérivés de l’apport des noirs et de leurs traditions musicales ancestrales. Pourtant quelques artistes typiquement blancs parviennent à se glisser dans cette suprématie, surtout en recyclant la musique noire, il est vrai. Benny Goodman, Glen Miller sont les plus connus, mais on peut leur opposer la grande gloire que connut un trio vocal féminin, les Andrews Sisters.
Les soeurs Andrews, ce sont LaVerne Sophia (1911-1967) contre-alto; Maxene Angelyn (1916-1995) soprano; Patricia Marie (1918-) mezzo-soprano. Le groupe est fondé vers le milieu des années 20. Avant leur avènement, elles chantent et sont imitatrices dans diverses formations, elles font aussi du vaudeville. Ce n’est qu’en 1937 qu’elles obtiennent leur premier grand succès « Bei Mir Bist Du Schon », l’adaptation d’un air yiddish. Il s’en vendra un million de copies et elles seront le premier groupe féminin a obtenir un disque d’or. Pendant plus de dix ans le succès ne les lâchera pas, elles seront immensément populaires et se produisent avec les plus grands noms de l’époque, notamment Bing Crosby avec qui elles enregistrent. Nombre de leurs chansons sont ancrées dans les mémoires « Boogie Woogie Bugle Boy », pour n’en prendre qu’une. On les verra au cinéma et un peu partout spécialement durant la seconde guerre mondiale ou elles seront un emblème pour l’effort de guerre. A partir de 1953, le groupe se dissout et se reforme au gré des évènements, fâcheries et réconciliations. A la mort de l’ainée en 1967, les choses seront plus calmes, bien que les survivantes n’abandonnent pas tout à fait. Elles sont remises à la mode par Bette Midler qui reprend « Boogie Woogie Bugle Boy ».
Le grand mérite des Andrews Sisters est d’avoir créé un style vocal qui fait encore référence aujourd’hui. Toujours imité, jamais égalé, est une formule qui convient bien. L’appellation de swing est faite pour elles, bien qu’elles savent aussi chanter à merveille des chansons plus lentes et romantiques. Leur succès est comparable à ce que sera la beatlemania vingt ans plus tard. Il inclut non seulement la musique, mais aussi le reste, les prémices de la pinup, le spectacle de cabaret et tout ce qui peut faire le bonheur des rêveurs qui les écoutent au clair de lune.


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Jerfferson Airplane – Surrealistic Pillow

jefferson airplane
– 1967, le monde explose. Ce n’est pas la bombe atomique tant redoutée, ni la poudre qui parle. Si poudre il y a, elle ne s’allume pas avec une mèche, bien que le pétard ne soit pas loin. Non c’est musical, social, pacifiste. Depuis quelques mois, quelques albums voient le jour tout en proposant plus ou moins des nouveaux sons, une nouvelle vision de la musique teintée d’étrange et de concepts innovateurs. C’est ainsi que paraît l’Oreiller Surréaliste de Jefferson Airplane. Ce n’est pas leur premier album, mais le second. Certains prémices peuvent s’entendre dans la première livraison. Mais l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, Grace Slick va bouleverser la donne. Elle va prendre une part majeure dans l’avènement du groupe, chose assez rare dans un groupe aux 4/5 masculin. 40 ans plus tard, c’est même le nom dont on se rappelle en premier. Les autres? Ah oui, il y a Paul Kantner, Marty Balin, Jack Casady, Jorma Kaukonen.
La belle Grace va charmer de sa voix des millions d’auditeurs. L’album contient un tube, « Somebody To Love » qui aidera la légende à s’installer sur son piédestal. Il restera dans les mémoires, mais pas autant que la composition de la chanteuse « White Rabbit », allusion au lapin de Lewis Carroll dans Alice, mais surtout cachant la pilule de LSD dans les paroles pour la vigilante censure qui n’y verra que des lapins en civet. Un album intégralement beau du début à la fin, planant ou moins calme, musique compliquée ou simple, c’est à découvrir la tête posée sur son oreiller (surréaliste) en regardant passer ces drôles de voitures.

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Test consommateur: bas nylon et porte-jarretelles

bas nylon testOn arrête pas le progrès! Après la purée en boîte, le coin-coin pour les wc, les arômes (sur)naturels, voici que les organisations de consommateurs s’intéressent au bas nylon et au porte-jarretelles. Tant il est vrai que ce sont des (produits) que l’on ne peut pas acheter les yeux fermés. Les dames qui portent des bas régulièrement savent très bien quel article choisir, ceux qui ont un bon rapport qualité-prix, par exemple. Elles n’ont nullement besoin d’aide pour trouver ce qui les fera belles et sexy, ce qui attirera l’oeil pour autant qu’elles le désirent. Pour les débutantes, il en va autrement. En général, elles se font piéger avec des accessoires pas très adaptés, souvent attirées par les prix relativement bon marché de l’offre des grandes surfaces, et encore pas toujours. En passant à la pratique, elles sont très vites déçues par la manque de confort et le peu de fiabilité de leurs achats. Passe encore pour les bas, mais le porte-jarretelles se révèle bien vite un instrument de torture et d’angoisse, quand un bas se décroche, ou carrément la jarretelle qui se brise. Parfois elles sont si fines, qu’il est absolument impossible d’insérer un bas et de la fermer sans tout faire éclater. Si d’aventure certaines dames lisent ces lignes, cela doit bien leur rappeler quelques souvenirs, si on jour elles ont débuté dans cet exercice de haut-vol.
Les clip que j’ai vu diffusé par la tv allemande, malheureusement plus disponible, est à l’évidence une promotion pour ce fameux matériel douteux, sans doute sponsorisé par un fabricant. A travers les images on en devine l’essentiel, les articles proposés appartiennent bien à la catégorie grande consommation. Enfin, c’est le prétexte pour visionner quelques images coquines pour les messieurs et les dames qui se sont fait une idée sur les dessous des dessous, pour autant qu’elles n’aient jamais vu un reportage là-dessus ou plutôt la-dessous.
Pour les débutantes rappelons quand même quelques conseils élémentaires. Achetez votre lingerie dans un endroit spécialisé, adoptez des jarretelles métalliques. Le porte-jarretelles mis à plat doit former un demi-cercle, il s’adapte mieux à votre morphologie et plus il est large, plus il tiendra mieux. La longueur des élastiques doit pouvoir être réglée, les bas ne sont pas toujours de la même longueur, surtout si vous changez de marque. Le port de bas vintage est plus difficile, car il se sont pas stretch, ils nécessitent des porte-jarretelles à six jarretelles, surtout si ce sont des bas à couture. Ils empêchent la couture de tourner. Si vous suivez ces conseils, vous débuterez d’un bon pied, pour ne pas dire d’une belle jambe, dans un monde très glamour.

Voici un clip drôle tourné dans une célèbre boutique spécialisée à Londres, What Katy Did, le genre d’endroit recommandable pour un achat de lingerie rétro.