Mort du légendaire Mick Green


Mick Green, un magicien de la guitare Fender est décédé le 11 janvier 2010, des suites de maladie à 66 ans.
Il a fait partie avant tout des légendaire Pirates de Johnny Kidd, créateur de l’immortel « Shakin’ All Over », qu’il rejoint en 1962 âgé de 18 ans. La réputation des musiciens et de l’orchestre de Johnny Kidd est grande, d’un haut niveau instrumental. On y retrouve des personnages qui feront partie du gratin de la pop sous d’autres noms. Mick Green occupera son poste pendant 2 ans. Il quittera Kidd pour se joindre aux très populaires Billy J Kramer et les Dakotas. Ce groupe aligne quelques tubes mémorables dont le fameux « Train Boats And Planes », connu chez nous dans sa version française par Claude François, « Quand Un Bateau Passe ». Ce n’était sans doute pas ce qu’il préférait, mais il assurait une bonne rentrée d’argent. Comme les Dakotas avaient aussi l’habitude d’enregistrer en solo, il participe aux troisième single avec le fameux « Oyeh », sa manière de jouer est bien présente dans ce titre qui deviendra un classique des pubs, notamment quand il sera relancé par le premier album de Dr Feelgood sur lequel il figure. Cela restera sans doute le meilleur souvenir que l’on peut rattacher à son passage avec Kramer.

Mais Green est plus ambitieux, il domine sa guitare et son jeu est particulier, presque unique. Il joue rythmique et solo, deux en un. On retrouve Green au sein de Shangai pour 2 albums, un groupe qui tourne en ouverture de Status Quo. Il écrira plusieurs titres pour Quo en collaboration avec Alan Lancaster. Dans le milieu des années 70, il reforme en trio les Pirates avec Frank Farley, batterie; Johnny Spence, basse et vocal, Green assumant le reste. Au fil des albums, on découvre un groupe étonnant qui va se faire une réputation grandiose à travers les pubs, c’est puissant et sans bavure. Un des meilleurs élèves dans ce genre sera Dr Feelgood, le premier guitariste, Wilko Johnson, étant un fan et imitateur de Green. Ce dernier fera quelques apparitions avec le Docteur, tant sur scène que dans la discographie. En 1979, on verra les Pirates au fameux Rockpalast Festival en Allemagne.

Le groupe continuera d’exister épisodiquement pendant trente ans, selon les opportunités. De temps à autre un album, principalement du live sera édité. Green est en fin de compte très occupé ailleurs, il est demandé comme musicien de session par des grands noms comme Paul Mc Cartney, Brian Ferry, Van Morrison. On peut noter son nom sur pas mal de disques, au long d’un parcours qui s’étend jusqu’à aujourd’hui. Il joua aussi avec les British Invasion All Stars, groupe monté par le batteur des Yardbirds, Jim Mc Carty et qui réunit comme son nom l’indique, quelques noms qui ont fait la légende des sixties musicalement. Citons Ray Philips, chanteur des Nashville Teens, Eddie Philips, guitariste de Creation; Mathew Fisher, claviers de Procol Harum dans leur immortel tune « A Whiter Shade Of Pale »; Don Craine et Keith Grant des Downliners Sect. Quelle affiche!

Mick Green avait tout pour devenir une star de la guitare. Il a réussi, mais sa réussite se limite surtout aux gens du métier. En fin de compte, peu de gens connaissent son nom. Mais chez les spécialistes, il sont quand même très nombreux, son nom restera gravé dans les souvenirs. Et ce n’est pas juste une formule, mais une réalité.

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Théatre des Variétés – 1954

Dans un coin de Paris, proche du coeur, le Théatre des Variétés est né quelques années après la Révolution, en 1807. Il vit défiler de nombreuses vedettes dont Sacha Guitry et Fernandel. C’est l’endroit où l’on y joue plutôt des concerts ou des représentations qui tiennent l’affiche avec des artistes déjà confirmés. En nous penchant sur un de ses programmes imprimé, on va retrouver une page de la vie de cette ville qui fait et défait les vedettes
Du 2 avril au 31 mai 1954, c’est au tour de Patachou de faire son récital. Cette dame qui s’est lancée dans la chanson un peu par hasard en prenant la direction d’un cabaret qui lui donnera son nom d’artiste, est un des meilleurs produits d’exportation de la chanson française de cette époque. Au début des années 50, après les passages obligés de Paris, l’ABC, Bobino, elle va vite devenir une star d’envergure internationale se produisant dans les lieux les plus prestigieux des capitales les plus renommées. Grâce à son flair artistique, son cabaret va devenir le lieu d’envol pour un chanteur alors inconnu, Georges Brassens. Elle est la première à interpréter ses chansons sur scène, Brassens avait tellement le trac sur scène qu’il préférait être compositeur, plutôt qu’interprète. L’histoire finira autrement, mais c’est bien à elle qu’il doit d’avoir trouvé la force de devenir le chanteur qui entrera dans toutes les chaumières.
Printemps1954, Patachou va faire son récital au Théatre des Variétés. C’est un événement qui fait courir le tout Paris, diable la télévision est encore un boîte à images que tout la monde ne possède pas. En pénétrant dans les lieux, on imagine entendre la voix d’un employé lançant un « demandez le programme! ». Un programme justement il en existe un, accessible au prix de 200 francs de l’époque. C’est de lui dont je veux parler, comme témoignage de ce qu’il était de bon ton de présenter jadis. Et puis en le parcourant, on a un peu l’impression de remonter le temps, de flâner un temps avec la chanson de tradition française, celle qui partait à la conquête des pays encore un peu lointains et de remonter aux débuts d’un certain Georges Brassens dont on a souvent l’impression qu’il a toujours existé.
La page de couverture est assez banale

Vous remarquerez que deux noms d’artistes y figurent, Patachou et Jean Rigaux. La première partie est en effet dédiée à ce conteur d’histoires drôles, alors très populaire. Il adorait égratigner le monde politique à la manière du Canard Enchaîné. Par la suite il se dirigea vers un répertoire d’histoire plus coquines où, ma foi, les bas et les jarretelles volent dans sa bouche. On le verra aussi au cinéma dans une trentaine d’apparitions dont René la Canne . Il a aussi publié un livre de souvenirs Eh ben ça va très bien (1975 Robert Laffont), formule qu’il avait l’habitude de placer au début de ses shows. Il s’y présente comme un chaud lapin, ce qui n’est pas impossible. Son témoin de mariage n’est autre que François Mitterrand. Il est mort en 1991. ll est mort en 1991, âgé de 82 ans.
Après une page de pub sur la discographie de Patachou et le menu du programme, deux textes, l’un de Pierre Mac Orlan et l’autre de Georges Brassens, présentent l’artiste.
La suite est consacrée à Rigaux avec un texte manuscrit de Marcel Pagnol.

Une pub parfumée modèle 1954

La répertoire du récital de Patachou

On remarque que Charles Aznavour, Léo Ferré figurent déjà dans son programme.

Une pub pour des bas est tout à fait dans les moeurs de l’époque. Il y a des dames dans la salle. Admirez la présentation du produit. On commence à parler de bas sans coutures

Le programme profite aussi pour présenter quelques photos de Patachou avec quelques vedettes de l’époque qui ne sont pas sans importance, Bing Crosby, Gary Cooper, Marlène Dietrich, Edward G. Robinson, que du beau monde nourri aux hamburgers, l’Amérique fait encore beaucoup rêver. Et bien sûr, c’est la moindre des choses, Georges Brassens, qui commence vraiment à voler de ses propres ailes et deviendra bien plus populaire que celle qui l’a lancé. Une légende à côté d’un mythe.

Voié pour l’essentiel de ce programme qui mentionne aussi que les chemisiers de Patachou sont de chez Raffaelle et qu’elle est coiffée par Gérard, choses indispensables à savoir pour les dames qui veulent « être comme ellle ». Ce sont quelques pages qui résument l’ambiance d’une époque, sans que l’on ressasse le bon vieux temps, Des souvenirs pour les amateurs de chansons bien de chez nous, un air de musette le long des quais. Même si Patachou est éclipsée par la grande Edith Piaf, elle se construisit un répertoire qui demeure dans les mémoires. Son fils, Pierre Billon, lui aussi dans la chanson, perpétue l’héritage maternelle.

La voici où elle interprète Montand d’une manière pétillante et à l’évidence, sait occuper une scène.

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The Pentangle – Basket Of Light

Ce qu’il y a de bien avec les Anglais, c’est qu’ils sont conservateurs, mais jamais en retard pour aller de l’avant. Leurs racines celtiques, toujours présentes dans les chants à la sortie des pubs après plusieurs rappels dans les tournées de stout, pointent vers la tradition. Enregistrer un album de folk en 1969, voilà quelque chose de banal, de bien british. Stop! Pas de ça ici! Voici Pentangle, un groupe qui se veut folk, mais qui le revisite à sa manière. Il y en a quelques uns comme ça, Fairport Convention, Steeleye Span. Leur but est de garder le répertoire traditionnel à l’oreille de chacun, tout en lui ajoutant quelques trucs du cru, mais en bousculant un peu les schémas connus. Pentangle est sans doute d’une courte longueur, le meilleur. Formé en 1967, il compte dans ses rangs un immense guitariste, Bert Jansh, essentiellement acoustique, pas de Fender avec des tas de micros et des couleurs pétantes. A ses côtés, son alter-égo, John Renbourn. Déjà, rien qu’avec ces deux là, il y a de quoi écouter toutes les notes de l’univers en extase. Mais il y a encore, Jacqui Mc Shee, la merveilleuse, la pure, là je fais allusion à sa voix. On ne sait pas si à l’instar de John Baez, elle arrive à faire péter le verre, mais elle doit certainement le faire fondre. Un des grandes voix du folk et même ailleurs. Il y a encore Danny Thompson, l’homme qui riff sur sa contrebasse et Terry Cox, le batteur, eh oui il y a aussi des batteurs dans le folk, c’est pas réservé à la pop. Ils ont un passé chargé, Alexis Korner, Duffy Nucleus et tant d’autres. Mais venons en aux faits comme dirait le commissaire Maigrelet. Signés par l’excellent label Transatlantic, ils sortent ce bel opus « Basket Of Light » en guise de troisième album et de consécration définitive. Le titre principal est un succès récupéré comme thème par une série TV. Mais le reste est là aussi, des titres que l’on connaît déjà pour certains, « Once I Had A Sweetheart », « House Carpenter », « The Cuckoo », « Sally Go Round The Roses », la perle des Jaynets. De l’extase de « Haunting Song » au jazzy « Train Song », en passant par le grégorien « Like Walk Dirge », il y a de quoi remonter les chaussettes à pas mal de folkeux. Nul doute que cet album ouvrit la voie à pas mal de passions pour le folk, du moins en tant qu’auditeur. J’en fus une victime, et je dois dire que je n’ai pas encore trouvé de rappeur qui me trouve une antidote.

Un extrait de l’album en live

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