En 1941, un Steven Spielberg très nylon

Tout le monde connaît Steven Spielberg, il n’est nul besoin de le présenter. Tous ses films font l’actualité depuis Les Dents de la mer en 1975.  Après Rencontres du troisième type, il change complètement de registre et aborde en 1979 le comique avec  1941. Ce fut un échec commercial et pour certains artistique. Depuis le film a été quelque peu réhabilité et ce n’est que justice. Si le principe d’un film comique est de faire rire, j’admets que ce film fait partie de ceux que je peux mettre dans mon musée. J’aime l’humour un peu déjanté, absurde, j’y trouve mon compte avec ce Spielberg.  Comme je ne suis pas insensible à la vision d’un bas et d’une jarretelle sur l’écran,  je crois que vous l’avez bien compris en venant ici, je suis aussi plutôt satisfait de ce côté là, car elles sont assez nombreuses.

Le titre du fil évoque l’année où les faits sont sensés se passer. Ce n’est pas complètement imaginaire, car les faits relatés se sont effectivement déroulés, au début 42, du côté d’Hollywood. De mystérieuses lumières, tantôt immobiles, tantôt mouvantes, apparaissent une nuit dans le ciel pendant une heure. On a jamais su l’origine exacte de ces lueurs, on parla aussi d’ovnis par la suite. On crut à une attaque des Japonais qui avaient bombardé Pearl Harbour, le mois précédent. Pendant une heure, projecteurs allumés,  des tirs de DCA pilonnèrent les fameuses lueurs sans résultat. Il en résulta une panique générale, tous les environs étaient en état de guerre. Mouvements de foule, de militaires, un joli bordel, quoi. Tout finit par rentrer dans l’ordre, mais que s’était-il passé dans le ciel, ça c’est encore un mystère, en sachant que les Japonais n’avaient pas la possibilité technique d’envoyer des avions sur les côtes de Californie. C’est en partant de ces faits que Spielberg construit son film, mais il ne fait pas mention de la cause réelle de la panique. Il arrange à sa manière les faits pour leur donner une crédibilité. Les personnages sont plus ou moins imaginaires,  ce qu’ils vivent correspond plus ou moins à la réalité, augmenté d’une bonne dose de fantaisie, d’absurde et bien sûr d’humour. A la décharge des Américains et de la vérité historique, ils avaient réllement peur d’une attaque japonaise.

Une photo des lumières apparues dans le ciel

Le film est magnifié par l’apparition d’une pléiade d’excellents acteurs  comme John Belushi, Dan Aykroyd, Ned Beatty, Nancy Allen, Christopher Lee, Warren Oates, Toshiro Mifume, Robert Stack, Mickey Rourke.
L’action commence par un sous-marin japonais qui aborde les côtes de Californie dans l’intention de s’attirer quelque gloire en détruisant Hollywood. Quand il fait surface,  une baigneuse qui se trouvait là se trouve accrochée en haut du périscope. Elle est témoin qu’il s’agit de Japonais. Elle donne l’alerte et l’histoire démarre. La panique gagne la ville entière par le bouche à oreille et chacun y va de ses suppositions. D’un sous-marin, on en arrive vite à la moitié de l’armée nippone qui se prépare à l’attaque. L’alerte est lancée et chacun organise la résistance à sa manière, encadrée par une armée aussi désorganisée que folklorique. Le film est lancé et les gags aussi. il n’y a pratiquement pas un truc de sérieux jusque à la fin, tout tourne en bourrique malgré tous les efforts, du simple citoyen ou général qui commande la place.

Quelques moments savoureux…

La secrétaire du général (Nancy Allen) est une pin-up canon. Elle a la réputation de ne pouvoir prendre son pied que dans un bombardier. Un capitaine (Tim Matheson), qui a envie de la draguer mais qui n’est pas pilote, réussit à l’emmener dans un bombardier. Il l’installe aux commandes et simule un départ de vol, avec en toile de fond les performances de l’appareil liées à ses prouesses sexuelles. La belle, qui manie le manche-à-balai entre ses jambes, fait peu à peu remonter  sa jupe, qui nous dévoile ses bas et un magnifique porte-jarretelles rouge. C’est la scène la plus érotique du film, entre la vision de ses jambes et ses soupirs d’extase, on est presque dans un film du genre pour quelques instants.

Beaucoup de scènes impliquent le capitaine Buffalo Bill Kelso (John Belushi, l’un des Blues Brothers), un pilote complètement survolté qui n’hésite pas à poser son appareil sur une route pour aller faire le plein à un station service, elle explose d’ailleurs peu après, des suites de son passage. Son cigare toujours au coin de la bouche, il manie son avion comme s’il était dans une attraction foraine et voit des Japonais partout, causant plus de dégâts pour son propre pays que pour l’ennemi.

Un concours de swing a lieu le fameux soir. Grâce à la rivalité de deux prétendants pour la même fille, la salle finit par être complètement détruite. Les scènes de danse sont excellentes, cerise pour les voyeurs, les jupes volent haut et ne cachent rien de ce qui se trouve dessous.

Le général (Robert Stack), malgré la situation,  prend le temps d’aller voir le dessin animé de Walt Disney, Dumbo. Tantôt en larmes ou riant selon les scènes, il envoie balader une ordonnance qui lui fait un rapport sur la gravité de la situation.

Le vendeur de sapins de Noël (Slim Pickens) est capturé par l’équipage du sous-marin pour lui faire dire où se trouve Hollywood. Vaillant patriote, il avale la boussole qu’il a sur lui, la leur étant ne fonctionnant pas. Pour la récupérer, les Japonais lui font prendre un laxatif, l’installent sur les wc en attendant que la boussole veuille bien réapparaître.

Des soldats choisissent le jardin de la maison d’un citoyen (Ned Beatty) pour y installer un canon de DCA. Il doit se farcir un cours express pour apprendre à le manier. Il finit par l’installer dans son salon qui a vue sur la baie, malgré les protestations de sa femme « Je viens de cirer le parquet, si tu oses tirer un seul coup de canon, je demande le divorce »

Quelques dialogues dans la version française

Le général répondant à un rapport:

– Le service de contre-espionnage devrait verser du bromure dans les réservoirs de la ville. La population se calmerait et nous laisserait faire la guerre en paix.

Une ordonnance au général qui vient d’éviter la mort lors d’une explosion:

– Le cuistot demande si vous préférez des haricots verts ou des carottes

Dans le sous-marin japonais,  l’attaché militaire allemand critique les compétences de l’équipage:

-Chez-nous, chaque enfant, même au berceau, sait piloter un sous-marin!

Un sergent  ayant perdu son char fait son rapport au général:

– En voulant disperser une émeute à bord de mon char, j’ai perdu… connaissance.

Un char de combat sillonne les rues de la ville. L’observateur de la tourelle donne l’ordre:

-Suivez cette fille!

Bande-annonce

Le concours de swing

6 réflexions sur “En 1941, un Steven Spielberg très nylon

  1. Merci à vous Sandrine,

    Je pense que cela vous plaira, je trouve que l’époque est bien restituée dans le détail. Parfois on voit des trucs qui ne collent pas, accessoires, costumes, mais là tout m’a l’air ok

    Amitiés

  2. Je ne connaissais pas, mais je suis enthousiasmé par l’idée de voir et de rire sur un chapitre aussi loufoque.

    MERCI mille fois pour tant de détails et de précisions, votre esprit est toujours riche et partageur, MERCI !

    MERCI

    Wolford

    et si le film existe en DVD, je suis emprunteur.

    Nylonement

    • Merci à vous l’ami Wolford,

      Oui il existe en DVD, pas trop difficile à trouver.
      Pour être loufoque, il l’est assez, rire garanti. Et puis pour les amateurs de nylon, il y a quelques scènes, celle dans le bombardier est la plus piquante, mais il y en a d’autres. Entre les scènes dédiés, le temps passe vite en riant. Je ne comprends pas le peu de succès de ce film à sa sortie, les gags ne sont pas trop réchauffés et les dialogues de la version française sont drôles. Vous aimerez…
      Amitiés

  3. Bonjour

    Il faut que je regarde ce film à nouveau. Je ne souvenais pas des scènes « nylon » de ce film. Merci pour cette info. Connaissez vous d’autres films ayant de telles scènes?
    Cordialement.

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