Buick et bas coutures -24- Cours d’anglais

L’été 61 est terminé, cette année je rentre en cinquième et je découvre avec effroi que mon professeur d’anglais n’est autre que ma mère. Elle remplace la professeur titulaire qui est en congé maternité.

RADIO61

Dès le premier cours mes craintes sont confirmées. La classe dans laquelle elle fait cours possède un bureau ouvert, une grande table sur quatre pieds, qui donne une vue parfaite sur ses jambes et ses dessous. Je découvre que ma mère est affublée de deux surnoms par ses élèves, « miss jupe courte »  et «  jolie culotte », surnoms utilisés indifféremment. Je passe sur les nombreux cours pendant lesquels je ne sais plus où me mettre pour m’arrêter sur un cours consacré à l’automobile.

Ce jour là, elle porte un tailleur gris, une jupe droite avec veste assortie sur un chemisier blanc. Des talons aiguilles noirs et ses incontournables bas à coutures achèvent de donner un air habillé à sa tenue.

Comme à chaque cours, elle inscrit la date au tableau et le titre de la leçon du jour, le vocabulaire relatif à l’automobile, puis va s’asseoir à sa table.

Au début, tout se passe bien, elle fait venir un élève au tableau et lui demande de dessiner une voiture stylisée. Au fur et à mesure elle nous apprend les noms des différentes pièces constitutives. Roues, portières, carrosserie, moteur etc. C’est ensuite que ça se gâte. Il faut apprendre le vocabulaire de la conduite. Pour cela, quoi de mieux que de s’installer au volant et de partir pour une promenade ?

Pour bien nous faire comprendre, elle se lève et fait comme si elle montait dans sa voiture. Elle s’assied sur sa chaise pour simuler cette opération en prenant bien soin de traduire chaque mouvement.

– I open the door and I sit into the car. Aie, she sits into the car and the skirt gets up! Pardon, la jupe remonte, laissant apparaître quelques centimètres de jupon rose.

– Now, I will start the engine. I put my left foot on the clutch pedal (l’embrayage) and my right foot on the gas pedal (l’accélérateur).

Aïe, aïe ! Pour débrayer et accélérer en même temps il faut forcément écarter les jambes et montrer une culotte de nylon assortie au rose du jupon. Et écarter les jambes ça fait aussi remonter de quelques centimètres la jupe et le jupon découvrant ainsi le haut plus foncé des bas noirs.

– I insert the key and I switch it on. Then I try to start the engine by pulling the starter.

Accompagnant le vocabulaire du geste elle fait mine d’engager une clé dans le tableau de bord, puis de tirer sur un bouton situé un peu plus loin sur ce tableau de bord. Elle pousse le luxe jusqu’à assurer le bruitage de l’action « zonzonzonzonzonzon » en bougeant la tête en rythme et donne quelques coups d’accélérateur qui agitent le nylon de la culotte et font remonter un peu plus la jupe et le jupon qui commence à laisser voir le début d’une jarretelle rose.

– Oh, oh, it doesn’t start, it must be cold, I have to use the choke!

Et d’en profiter pour expliquer que ce que les Français appellent le starter se dit « choke » alors que le démarreur se dit « starter » chez les Anglais. Lors de son premier essai, elle tirait bien sur le démarreur, mais comme elle n’avait pas mis le starter, le moteur n’a pas voulu démarrer. Il est froid et il faut mettre le starter quand le moteur est froid. Ses explications montrent sa parfaite maîtrise de la mise en route d’une voiture !

– I pull the choke, (elle tire un bouton imaginaire), and I give it another try by pulling the starter. Zonzonzonzonzonzonzon… et elle accompagne le bruitage de coups d’accélérateur grandeur réelle. La jupe et le jupon continuent de remonter tranquillement. Maintenant les jarretelles sont bien visibles et les coups d’accélérateur font toujours plisser le nylon de la culotte rose. Elle continue ainsi à imiter le bruit du démarreur en faisant semblant de régler le starter.

Zonzonzonzonzonzonzonzon…..fait-elle en bougeant la tête. Décidément la voiture virtuelle n’est pas bien brillante en matière de mise en marche ! Enfin le zonzonzonzon… se termine par un vroum, vroum, vroum, accompagné d’un mouvement appuyé de la jambe droite sur l’accélérateur destiné à bien lancer le moteur.

vas-tu vas partir.wav

– The engine starts! I can go, but before I have to put it on the first gear (passer la première). Joignant le geste à la parole, elle enfonce la pédale imaginaire d’embrayage et agit sur un non moins imaginaire levier de vitesses. Accélération et embrayage simultanés donnent une vue parfaite sur les plis de la culotte qui changent d’orientation au fur et à mesure que l’action se déroule.

Après cette magistrale démonstration de mise en route d’une voiture par matin froid et de départ pour une destination inconnue, la pédagogie veut que l’enseignante fasse une pose afin de vérifier par quelques questions que les élèves ont bien assimilé le vocabulaire nouveau qui vient d’être vu. Pour cela elle arrête sa simulation de conduite et croise les jambes ce qui a le mérite de ne plus exposer la totalité de sa culotte aux élèves passionnés par la démonstration précédente même si cela présente l’inconvénient de montrer une belle longueur de jarretelle le long de la cuisse.

– Any questions ? Un premier élève se risque à poser une question, et ça ne rate pas.

– Madame, comment on dit quand une voiture est en panne ?

– Well, you can say my car won’t start, mais une panne se dit “breakdown”. L’élève insiste.

– Qu’est ce qu’on fait si la voiture ne veut pas démarrer ?

– Eh bien, il faut la pousser, you have to push your car.

– Mais si vous êtes toute seule, madame, vous ne pourrez pas arriver à la pousser. Qu’est-ce que vous allez faire alors ? Quelques sourires discrets laissent entendre que certains élèves ont compris que ces questions visent notre Buick.

– Oh, it is very easy! In the car there is a crank that I can use when the engine doesn’t start. The crank is, “la manivelle”, and it does the same work that the starter. We have to use it when the weather is cold or when the battery is weak. The battery can be weak if you have not use the car for a couple of days or if you have given too much tries with the starter. The crank is also very useful when the engine is flooded, “quand le moteur est noyé”.

– Comment fait-on avec la manivelle, madame ? Aussitôt demandé, aussitôt exécuté. Elle décroise les jambes, se remet en position de mise en marche, un pied sur l’accélérateur et l’autre sur l’embrayage et explique.

– I insert the key, I pull the choke and I try to start my car by pulling the starter. Zon, zon, zon,zon, zoon, zoooon, zoooooon. Elle imite à la perfection le bruit d’un démarreur qui ralentit à cause d’une batterie qui se vide.

– Oh, oh, my battery seems too weak! Cette nouvelle démonstration achève de faire remonter le jupon et la classe dispose maintenant d’une vue parfaite sur la culotte rose qui continue à plisser de gauche à droite au gré des coups d’accélérateur imaginaires.

– I guess that my car will not start today. I will just give it a last try, but I am sure it will not start. Zoooooon…… zooooooooooon………. zoooooooooooooooooooooon. Cette fois la batterie est vidée, elle n’imite plus que quelques à-coups d’un démarreur en train de rendre l’âme.

– My car will not start now, I have not enough battery, and so I will start it with the crank. Et ma mère se penche sur la droite pour saisir un objet imaginaire devant la place du passager, puis elle se lève ou plutôt elle descend de voiture car elle pousse le luxe jusqu’à simuler l’ouverture de la portière et sort une jambe après l’autre, comme dans la réalité, devant la classe passionnée.

Elle fait le tour de son bureau et en nous tournant le dos, elle simule l’introduction de la manivelle dans la calandre.

– I put the crank into the engine and I turn it. Pour cela, elle se penche en avant et la jupe un peu courte remonte laissant passer le jupon rose mais surtout dévoilant le haut des bas jusqu’à la limite de la peau. Silence attentif dans la salle.

– Crank, crank, crank….  Fait-elle en tournant la manivelle imaginaire et, se retournant vers nous, elle précise que le terme « crank » utilisé pour désigner la manivelle provient tout simplement du bruit produit lorsqu’on l’utilise. C’est une onomatopée. Enfin elle se retourne, redonne quelques « crank » et termine par un vrooouuum signalant le démarrage du moteur.

– Ouf my car is working, we will not have to push it today, and I can go now!

Cela tombe bien, car c’est à ce moment que la cloche sonne l’heure de la fin du cours et que nous aussi, we can go !

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6 réflexions sur “Buick et bas coutures -24- Cours d’anglais

  1. La prof d’anglais est une grande pédagogue, on ne saurait mieux captiver ses élèves. Si j’avais eu des enseignants aussi intéressants je parlerais anglais couramment aujourd’hui ! Un tailleur gris, des dessous roses, des bas nylons noirs à coutures, heureux élèves. Ils devaient aimer cette prof. Bravo pour ce chapitre. En plus je sais maintenant d’où vient le terme « cranking » qui tag quelques sites de demoiselles en détresse.

  2. Merci à vous Alain,

    S’il y a bien un domaine où je suis nul en anglais, c’est bien le folklore, l’argot, qui se rapporte aux bagnoles, à part les marques. L’auteur semble avoir en tous cas beaucoup plus de connaissances que moi, et ma foi, ce cours m’a aussi été profitable. Je vois que nous sommes deux.
    A bientôt

    • Moi c’était un, alors il n’y avait pas trop de fantaisie de ce côté là, il avait d’ailleurs le nom d’une eau minérale. Mais j’ai connu au moins deux institutrices qui portaient des bas, ce n’était pas exceptionnel, c »était comme ça, le collant n’était pas vraiment inventé ou à la mode.
      Merci de la visite

      • Quelle longue histoire!
        cette femme affiche ses dessous en toute décontraction. Je me souviens moi aussi d’une bonne qui travaillait chez ma cousine . Il y avait une épicerie. Souvent c’était elle qui montait sur un escabeau pour compléter les rayon de boites de conserves. Il fallait lui passer une par une et c’était un peu long mais j’adorais que ma cousine me fasse confiance. J’étais au pied de cet escabeau et tant d’années après je revois avec précision les dessous de cette bonne qui ne se souciait pas beaucoup de me dévoiler tous ces trésors.
        Ma cousine lui donnait ses bas filés mais peu importe elle les portait encore un peu.Elle avait de jolis jupons ou aussi des combinaisons en indémaillable. Quelle douceur pour mes petites mains quand j’en trouvais une qui séchait ou qui était en attente d’être lavée…
        Curieusement comme j’étais encore très jeune je ne m’intéressais pas beaucoup aux culottes et encore moins à ce qu’elles cachaient.
        Ce qui me fascinait, c’était les bas coutures, les bas noirs de fin nylon et les jarretelles qui les tendaient vers le haut. Toujours 4 jarretelles (c’est peut être pour cela que je porte essentiellement des PJ et serre taille à 4 jarretelles) c’est ce que je trouve le plus beau.
        J’ai passé ainsi de longs moments au pied de cet escabeau que je bénissais. Et puis il il avait une cave à vins dans laquelle on accédait par une trappe.Je me suis toujours demandé pourquoi ma cousine pour remonter l’escalier en bois très vertical,passait la première.
        Souvent par la suite, j’ai eu envie de lui en parler mais je n’ai jamais osé. Je suis sûr qu’elle prenait plaisir à me montrer les dessous de sa jupe…la bonne aussi…
        Puis j’ai eu aussi les institutrices…
        L’une d’elle, était très sévère et nous prenions des gifles très souvent.
        Elle passait dans les rangs de la classe et moi, j’admirais ses talons aiguilles ,ses bas à couture, ses jupes serrées qui dévoilait l’emplacement de ses jarretelles.
        Eh bien, si je l’admirais discrètement, je la haïssais aussi. Elle donnait aussi de très sévères fessées sur nos petites fesses déculottées devant les autres.
        Je peux vous dire que personne ne bronchait. Ensuite elle nous envoyait sous son bureau…
        Alors là, je tenais ma vengeance. Je regardais ses jambes dans la pénombre. Je les humais. Quel parfum émanait de ses jambes. Un vrai bonheur.
        Elle devait être très agitée et elle se levais puis regagnait sa chaise.
        Sa jupe remontait et me dévoilait les dentelles de ses jupons et il n’était pas rare qu’elle soit assise avec la jupe très remontée me dévoilant le revers de ses bas et les magiques jarretelles. Je regardais ces rubans tendus et la boucle des jarretelles qui pinçaient le revers me transportaient de joie. Je tenais ma vengeance, sous son bureau à admirer ses dessous…Bien d’autres émotions suivirent pour mon plus grand bonheur.
        A bientôt.
        Daniel

  3. Bonsoir Daniel,

    A nouveau merci pour ce témoignage qui me rappelle aussi des souvenirs un peu semblables, une institutrice en particulier, vieille fille, mais qui avait parfois des petits instincts sadiques, il me semble.
    Continuez de nous faire part de vos souvenirs, j’en ferai un condensé illustré, c’est promis. On ne va pas laisser ces souvenirs dans un coin.

    A bientôt

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