Jimi Hendrix – 40 ans

Avant la guitare était belle, avec Hendrix elle devint merveilleuse. En trois mots, c’est l’impression qu’il me laisse. Il a fait le grand saut, 40 ans déjà, une paye. Je n’ai jamais été un nécrophage. Je ne me suis pas précipité pour acheter ses disques à l’annonce de sa mort, je les avais déjà. Je me souviens de ce jour, je ne fus pas autrement étonné, je dirais presque que je le savais déjà, que je l’attendais. Il faisait partie de ces icônes qui vivaient à cent à l’heure, qui brûlaient la chandelle par les deux bouts. On expérimentait toutes sortes de choses, on cultivait les utopies du monde meilleur. Il y avait les charismatiques visionnaires des tranches de vies qu’ils nous distillaient au fil de sillons de leur labeur semés sur les galettes vinyliques, Jim Morrison bien sûr, le poète maudit. Jimi Hendrix ne parlait pas tant, il donnait la parole à sa guitare, comme elle causait bien. Il savait parler certes, mais rien que pour dire des banalités comme vous et moi. Il avait besoin de ses cordes pour aller dans une autre dimension et on le suivait, fidèlement, aveuglément. Sa vie de star on l’a racontée, de quoi en remplir des bibliothèques, je ne vais pas le faire ici. Peu importe comment il a vécu, il a vécu. Trop peu de temps, c’est sûr. J’ai égoïstement prolongé mon séjour ici rien que pour le plaisir de l’écouter au fil de toutes ces années passées sans lui. Sa guitare parle, parle toujours grâce à la magie de la technique, sa guitare parle, écoutons là. Elle raconte de si belles choses…