Buick et bas coutures -19- Tranche de vie

Une fois par mois j’étais de corvée de coiffeur. Encore petit, ma mère m’accompagnait et restait avec moi à feuilleter des revues pendant la séance. Bien sûr, assise sur une chaise, elle montrait toujours plus ou moins ses dessous, et quelques fois plutôt plus que moins.

Un jour de cette fin d’année 59, alors qu’elle porte une courte robe de lainage rose, nous entrons dans le salon. Le coiffeur termine un client et nous nous asseyons tous les deux. En attendant, je constate très vite que le client regarde fixement la glace dans notre direction. Je jette un coup d’œil vers ma mère absorbée dans la lecture d’un magazine et je vois que sa robe et son jupon sont remontés à mi-cuisses découvrant cinq bons centimètres de sa jarretelle sur le dessus de sa jambe. J’imagine que c’est cela que le client peut voir dans la glace.

A ce moment, deux jeunes entrent dans le salon. Sans doute deux frères, le plus jeune de mon âge accompagné de son grand frère.

A peine entrés, le plus grand louche sur ma mère et va s’installer sur une chaise située le plus en face d’elle possible, avec son petit frère à côté. Je ne sais plus où me mettre car je vois le grand qui fait des signes au plus petit en souriant et tous les deux ne lâchent plus des yeux les jambes de ma mère toujours absorbée par la lecture de sa revue. Je n’arrive même pas à faire semblant de lire une bande dessinée tellement je sens leurs regards. Enfin le coiffeur, qui a pris tout son temps, finit de coiffer son client.

Arrive mon tour de m’installer sur le fauteuil du coiffeur et là je découvre ce que le client voyait réellement. Ce n’est pas seulement les jarretelles qui sont visibles. Ma mère a les jambes croisées très haut et on a une vue parfaite sur sa culotte blanche. Comme elle balance doucement son pied en lisant, la culotte a un mouvement régulier sur son ventre, elle plisse en cadence vers la droite puis vers la gauche. J’ai chaud soudainement et je vois dans la glace que je suis tout rouge. A un moment elle décroise et recroise tranquillement ses jambes faisant remonter un peu plus sa robe, mais elle ne fait rien pour la tirer sur ses cuisses.

Le coiffeur termine enfin avec moi, je descends du fauteuil et ma mère décroise ses jambes. Au lieu de se lever tout de suite elle prend son porte-monnaie dans son sac donnant ainsi une autre vue de ses dessous aux deux jeunes. Enfin elle se lève, paye, et nous quittons le salon de coiffure. Ce n’est qu’une petite tranche de vie quotidienne, il va encore falloir repartir en Buick en espérant que ma mère ne sera pas en train de tourner la manivelle quand les jeunes sortiront du salon !

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