Buick et bas coutures -16- Pique-nique

L’année 1959 est bien entamée. Désormais, mon père accepte tout de ma mère qui se complait dans ses extravagances. Aujourd’hui nous participons à l’un des nombreux pique-niques organisés le dimanche midi au CAF. Chacun se balade sous le soleil en grappillant quelques lichettes de méchoui ou, pour les plus affamés, des gros sandwichs aux merguez. Dans l’après-midi, après avoir finalement bien bu et bien mangé, les uns se livrent à quelques sports pour faciliter la digestion, pétanque, bellotte, tandis que d’autres se reposent sur des couvertures à l’ombre des arbres.

Les enfants traînent entre les groupes cherchant à s’occuper. J’en fais partie avec quelques copains, quand nous nous trouvons soudain face à un groupe de femmes qui discutent sous des bouleaux. Ma mère est là, et je découvre un tableau qui me glace jusqu’aux os. Elle a mis une robe grenat mi-large et, pour ne pas l’abîmer, l’a relevée au-dessus de ses fesses et s’est assise en jupon.

Rien d’anormal jusque là, j’ai maintenant pris l’habitude de la voir relever sa robe jusqu’à la taille quand elle s’assoit, mais la position assise par-terre a fait glisser son jupon rose vers le haut de ses jambes et on découvre complètement le reste de ses dessous assortis au rose du jupon. Les interminables jarretelles de dentelle qui tentent vaille que vaille de retenir les bas attirés vers les genoux par les jambes repliées sous le menton et surtout, nous profitons d’une vision panoramique sur sa large culotte de nylon qui fait de nombreux plis entre le haut des cuisses.

Je fais celui qui ne voit rien, malheureusement les autres garçons, de toute évidence, trouvent le spectacle intéressant et s’assoient à cinq mètres dans le bon axe pour, soi-disant, discuter un peu. Impossible de m’échapper sans montrer ma gêne et, bien obligé, je m’assoie avec eux comme si de rien n’était. On parle de choses et d’autres, de rien en réalité car ils sont surtout intéressés par les changements de position de ma mère, qui à chaque fois, permettent d’apprécier les mouvements du nylon de sa culotte trop grande.

A un moment elle s’accoude sur le côté et allonge une jambe en gardant l’autre repliée vers le haut. Le résultat est immédiat, nous voyons toute la culotte rose depuis les fesses, la bande plus étroite encombrée de dentelles entre les cuisses qui s’épanouit largement sur le ventre pour se mélanger plus haut avec la dentelle du porte-jarretelles. Je parviens à patienter quelques minutes espérant un changement de position qui ne vient malheureusement pas. Alors sans rien dire, je me lève et je fais celui qui doit aller aux toilettes, mais je sais que je ne reviendrai pas les rejoindre.

Hélas, j‘entends la voix de ma mère qui m’appelle.

-Mon chéri, tu veux bien aller me chercher un verre de jus d’orange au buffet ? Sans rien dire, je vais chercher son verre et le lui rapporte. Elle me remercie et s’adressant cette fois à mes amis elle ajoute.

-Ne restez pas comme ça en plein soleil, venez à l’ombre avec nous, vous allez attraper une insolation.

Les copains ne se le font pas dire deux fois et se rapprochent des femmes qui reprennent leurs papotages. Je m’assois avec eux à deux mètres de ma mère qui en plus du spectacle de ses dessous, nous fait profiter des effluves du parfum dont elle s’est inondée.

Au bout d’un bon moment, je ne peux plus supporter de voir sa culotte qui continue de bouger avec ses mouvements et je me lève pour aller me réfugier à l’intérieur des salons du CAF où je fais celui qui s’intéresse aux joueurs de belote.

La fin de l’après midi me parait effroyablement longue, pourtant je tiens en faisant des vœux pour que la voiture démarre bien et que mes copains n’assistent pas en plus à une panne.

Bientôt, le moment de partir arrive. En continuant de plaisanter avec leurs amis mes parents rejoignent la Buick qui est restée décapotée par ce beau temps. Après être monté, je m’aperçois que trois ou quatre gamins sont juste dans l’axe de la portière de ma mère et je les vois sourire quand elle retrousse sa robe en s’asseyant.

Au lieu de s’installer normalement, elle entreprend de se remaquiller dans le rétroviseur extérieur en laissant une jambe dehors. Je suis un peu surpris car d’habitude elle ne se livre à ce genre d’exercice que lorsqu’une séance de démarrage de la voiture commence à durer. Les copains continuent de ne pas en perdre une miette.

Pendant ce temps, mon père finit sa discussion et rentre dans la voiture. Il procède au rituel du démarrage, starter, pompage régulier sur l’accélérateur pour appeler l’essence et il tire sur le bouton du démarreur.
Premier coup, deuxième coup, troisième coup, quatrième essai très long, pendant ce temps ma mère continue de se pomponner, totalement indifférente à l’opération de démarrage en cours. Pour l’avoir déjà vu, j’imagine les mouvements de la grande culotte rose agitée par les vibrations du lourd démarreur. Les gamins, toujours en face, semblent de plus en plus réjouis alors que je voudrais disparaître sous mon siège. Après une pose pour pomper plus fort sur l’accélérateur, mon père recommence à tirer sur le démarreur et finalement, la batterie rend l’âme obligeant mon père à prendre la manivelle.

Pendant qu’il essaie de démarrer à la manivelle, je vois mes copains qui se rapprochent pour proposer de nous pousser. Comme les coups de manivelle secouent encore plus la voiture, je n’ose imaginer les plissements du nylon de la culotte rose qu’ils ont maintenant en vue rapprochée. Heureusement, après encore quelques essais de plus en plus prometteurs le moteur consent enfin à tourner et ma mère à rentrer sa jambe.

Sur le chemin du retour, je m’aperçois que son jupon est remonté jusqu’à la taille. Elle a du le retrousser pendant son maquillage à la plus grande joie de mes copains qui étaient au spectacle pendant que je suppliais dans ma tête ce satané moteur de démarrer.


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