Du classique pour faire des classiques

Nos rassurez vous, je n’ai pas changé de veste et je ne vais pas tourner  fan de musique classique, mais lisez plutôt

Un aspect plutôt marginal de la musique pop fut de réinventer la musique classique avec tous les artifices disponibles à travers les amplificateurs et autres effets spéciaux. A partir de 1965, on observe un changement radical dans l’évolution musicale. D’une certaine manière, la seconde moitié des sixties seront celles qui révolutionneront complètement les oreilles de l’auditeur. Les nouveaux sons sont presque une trouvaille quotidienne en écoutant la radio ou en s’intéressant d’un peu près à ce que les maisons de disques publient. On peut presque dire qu’il y a un avant et un après 1965, phénomène assez visible chez les gens qui sont nés à la fin des années 40 et les dix années suivantes. Chez les plus âgés, si on s’intéresse avec plaisir au rock and roll, aux Shadows, à Cliff Richard, à la vague des chanteurs rock édulcoré version Frankie Avalon, Bobby Rydell, aux groupes de Liverpool, en 1965 on décroche. C’est l’avènement des musiciens qui vont pousser les choses plus loin, Cream, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Jefferson Aiplane, Doors, pour n’en citer que quelques uns. Les anciens marquent le pas, les Beatles ont déjà une certaine peine à suivre. Ils proposeront le « Sgt Peppers » pour tenter de s’accrocher, mais c’est nettement moins créatif en comparaison à certaines perles qui sortent chez les disquaires. D’ailleurs, il reviennent bien vite à une certaine tradition, « Lady Madonna » ou « Let It Be » sont beaucoup plus traditionnels et pas spécialement révolutionnaires. Avoir une douzaine d’années en 1965 présentait le risque de s’accrocher à la nouvelle vague et de trouver les antécédents ringards. Ce fut le cas pour la plupart. Ils trouvèrent en gestation le visage sonore des cinquante prochaines années musicales, pour autant qu’ils y prennent garde par la suite.
Une révolution ne se fait pas sans un regard vers le passé. La meilleure illustration est de prendre ce qui existe pour montrer ce qu’on peut en faire avec ce qu’il existe désormais. Sur le plan musical, l’inébranlable musique classique passe à la moulinette par le fait de quelques artistes qui en ont un peu marre de jouer cette musique comme on leur a appris. Passons en revue quelques originaux qui osèrent franchir le pas, qui s’attirèrent une certaine sympathie parmi les jeunes, mais fit passablement râler les puristes. On ne fait pas des omelettes musicales sans casser des notes.

Commençons par quelques précurseurs qui avant 1965, tapèrent dans le répertoire classique

Les Spotnicks.  Célèbre groupe suédois amène, en pleine conquête spatiale, un air extrait d’une  symphonie russe composée par Knipper. Chant plutôt guerrier devenu « Plaine Ma Plaine ». En Suède et en 1962 il devient « The Rocket Man ». Belle démonstration de la technique sonore en pleine évolution.

The Cougars – Groupe anglais qui en 1963 fit un titre spécialement pour la guitare et qui était emprunté à Tchaïkovski et son « Lac Des Cygnes ». Il devient, ce n’est pas évident, « Saturday Night »

Toujours en 1963, the Sounds un groupe de Finlande, emprunte la Danse Hongroise no 5 à Brahms pour en faire « Night Run »

Passons à la période post 65

Love Sculpture, dans lequel on retrouve le fameux Dave Edmunds, guitariste brillant, qui s’attaque de belle manière à la « Farandole » de l’Arlésienne  de Bizet en 1968. Un ancien classique devenu un nouveau classique. Un must de virtuosité!

Katchadourian n’évoque sans doute rien pour vous si vous n’êtes pas un féru de classique. Pourtant vous connaissez sans doute une de ses oeuvres, « La Danse Du Sabre », toujours exhumé par Love Sculpture. Ca entra même dans le hit-parade à l’époque.

Un autre musicien émérite, Keith Emerson, alors au sein des Nice revisite un pièce de classique toute récente, composée pour « West Side Story » par Leonrd Bernstein et sorte d’hymne à la vie de rêve vue par les Porto-Ricains, « America ». Version endiablée, bien moins barbante que l’original et les reprises variétés qu’elle engendra.

Les mêmes Nice et la 6ème symphonie de Tchaïkovski dite pathétique. Ici on va vers le jazz, franchement.

A peine plus tard, un groupe de Hollande qui va cartonner sec, Ekseption. Il  va remettre dans toutes les oreilles la fameuse 5ème de Beethoven.

Abordons maintenant un aspect beaucoup variétés, mais qui fait référence au classique dans l’inspiration.

Au tournant des seventies, un certain Miguel Rios venu d’Espagne, ex rock and roller, connaît un succès quasi mondial avec sa reprise d’un célèbre passage de Beethoven  et de sa 9ème symphonie, « A Song Of Joy ».

Le « Te Deum » de Charpentier a gagné en célébrité lorsqu’il devint le thème de l’Eurovision à la télé. Miguel Rios s’en inspire pour une version vocale « United ».

Un autre Rios, Waldo de Los, un Argentin vivant en Espagne connaît lui aussi un succès mondial en 1971 avec un arrangement de la 40ème symphonie de Mozart.

Il récidivera un peu plus tard avec l’opéra et ce sera bien la première fois qu’un air de cette musique franchira allégrement le hit-parade et tournera dans les jukeboxes à n’en plus finir. Nabucco de Verdi devient un hit à retardement.

Une initiative française et quasiment privée du début des années 70, Alepf , sauf erreur de ma part Laurent Petitgirard,  prit à son compte la Toccata de Back pour une version vocale.

Terminons comme on l’a commencé ce survol de classique revisité avec le groupe pop grec Axis qui fut assez populaire en France. Sans l’avouer ouvertement, ils s’accrochent à « Plaine Ma Plaine » pour une version résolument moderne et slow de ce thème. Assurément un grand disque qui passa assez inaperçu.

On pourrait citer encore un tas d’exemples, mais basta l’article est déjà assez long. Pour vraiment terminer, on pourrait aussi passer un vrai morceau de musique classique, c’est aussi de la musique rétro. C’est juste une question d’humeur, il y a aussi de très belles pièces dans cette musique. A écouter avec une oreille un peu différente et surtout une ouverture d’esprit. L’une des plus belles pièces que je connaisse est le célèbre 4ème mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. Tout le monde la connaît, sans pouvoir la nommer. Assez bizarrement, mes inséparables, les oiseaux, se mettent volontiers à siffler quand ils l’entendent. Auraient-ils une oreille très musicale? C’est possible, ils ne se manifestent pas si j’écoute Led Zeppelin.

Alors allons-y

Buick et bas coutures -8- L’escalade

En 1958, si l’on ouvrait la radio ou mettait une pièce dans le jukebox, on pouvait entendre cela (extraits)

Jukebox 1958

Depuis l’achat de notre nouvelle voiture, ma mère a considérablement changé dans son apparence extérieure. Outre des vêtements dignes des stars du cinéma hollywoodien, elle a largement accentué son maquillage et ne quitte plus ses chapeaux et ses chaussures à talons aiguilles. Ses ongles naturels ont maintenant suffisamment poussé pour qu’elle ne soit plus obligée d’en porter de faux, en revanche les faux-cils sont devenus des accessoires incontournables lors des sorties du soir ou du dimanche.

Au cours de ce printemps 1958 elle va ajouter une note supplémentaire à son élégance, des dessous à la hauteur. Déjà, elle porte une attention particulière à ses culottes, je pense qu’elle a compris qu’on les voit largement quand elle monte ou qu’elle descend de la Buick, son attention va en plus se focaliser sur les jupons, il est vrai très à la mode à cette époque.

Un jour, alors que nous venons de faire le plein d’essence, la voiture ne veut pas redémarrer et le pompiste dévoué s’affaire sous le capot. Ma mère entreprend alors de nettoyer ses lunettes de soleil avec son jupon. Pour cela, elle retrousse sa jupe large jusqu’à la taille afin de pouvoir utiliser le nylon du jupon au-dessus de la dentelle et s’applique à frotter consciencieusement les verres de ses lunettes. Je vois le pompiste jeter régulièrement des coups d’œils furtifs sur la scène qui se déroule dans la Buick. Il ne doit pas voir tous les jours une élégante jeune femme utiliser le haut de son jupon pour nettoyer ses lunettes !

Le chant du départ version Buick.wav

Quand la voiture accepte finalement de repartir, ma mère ne prend pas la peine de tirer sa jupe vers ses genoux et reste ainsi en jupon pendant tout le trajet, s’amusant même à jouer avec la dentelle blanche. Quand nous arrivons à l’appartement, elle descend sans tirer sa jupe auparavant, la laissant retomber toute seule sous les regards des voisins qui discutent sur le trottoir.

Quelques temps plus tard, un dimanche midi alors que nous nous préparons pour une journée au CAF, je remarque que plusieurs centimètres de dentelle blanche dépassent de sa robe noire. Au moment de partir, alors qu’elle ajuste son petit chapeau noir triangulaire orné d’une plume, j’entends mon père lui dire.

– Tu perds ton jupon ma chérie.

En regardant, je constate que la position relevée des bras de ma mère pour ajuster son chapeau devant la glace de l’entrée a fait remonter sa robe qui découvre ainsi quinze bons centimètres de la dentelle blanche du jupon. Sans avoir l’air le moins du monde étonnée, elle répond.

– Oui, je sais, il est plus long que ma robe. Mais de toutes les façons, au prix ou je l’ai payé, ce serait vraiment dommage de le cacher !

– C’est vrai qu’il est très joli ! Sourit mon père et la mise en place du chapeau étant terminée, il prend le bras de ma mère pour partir.

Ce jour là, en montant dans la voiture, je vois pour la première fois ma mère relever sa large robe au-dessus du dossier avant de s’asseoir, dévoilant ainsi tout l’arrière de son nouveau jupon dans le mouvement. Dans la journée, je remarque encore à plusieurs reprises qu’elle laisse voir largement la dentelle du jupon lorsqu’elle est assise, mais c’est vrai qu’il est très joli.

Au cours des semaines qui suivent, elle étoffe sa garde robe en jupons de formes et de couleurs variées, les laissant volontiers dépasser de ses robes ou de ses jupes et les dévoilant largement quand elle est assise. Pendant cette période elle prend l’habitude de relever systématiquement ses jupes larges avant de s’asseoir, sans doute pour éviter de les froisser.

Une nouvelle étape est franchie une après midi alors que nous partons en ville. Ma mère papote sur le trottoir avec un couple de voisins pendant que mon père essaye sans succès de faire démarrer la Buick avec la manivelle. Au bout d’un moment la conversation étant sans doute à court de sujet, elle salue les voisins et se dirige vers sa portière. Comme elle va s’asseoir, le voisin qui s’est rapproché en même temps qu’elle, demande à mon père s’il veut qu’il l’aide à pousser la voiture qui semble ne pas vouloir démarrer. C’est ma mère qui répond.

– Merci, elle est juste un peu froide, elle va partir toute seule. Et elle s’assoit en relevant soigneusement sa robe au-dessus de sa taille. Mais cette fois-ci elle porte une robe grise étroite qui découvre la totalité de son jupon rose quand elle la retrousse. La voiture finit effectivement par démarrer et quand il regagne son siège, mon père dit.

– Tu nous fais admirer tes dessous ? Ma mère rit de bon cœur et se contente d’étaler le jupon rose sur la banquette de chaque coté de ses jambes croisées.


Elle continue à jouer avec la dentelle en chemin et, au retour, elle retrousse de nouveau sa robe étroite jusqu’à la taille avant de s’asseoir dans la Buick, en faisant un large sourire à mon père qui lui tient sa portière. Il ne répond pas et se dépêche d’aller tourner la manivelle. Ma mère laisse sa portière grande ouverte, le bras gauche allongé sur le dossier, avec sa main droite elle fait glisser son jupon pour caresser ses cuisses de bas en haut devant les nombreuses personnes qui passent sur le trottoir. En ramenant la manivelle mon père lui dit.

– Tu n’es pas gênée ?

– Pas du tout !

– Eh bien moi si, tu aurais pu refermer ta portière au moins ! Répond-il fâché.

Ainsi de jour en jour les jupons se font de plus en plus visibles et les jupes, qu’elles soient larges ou étroites se retroussent régulièrement au gré des caprices de la voiture.


Cette manie va me faire connaître une étrange émotion. Un dimanche après-midi nous allons à la fête de la gymnastique au Lycée et mes parents m’emmènent avec quatre copains. Je suis assis devant à côté de ma mère qui a relevé sa robe et étale son large jupon de nylon blanc autour d’elle. Sans y faire attention, elle a posé le côté droit du jupon sur ma jambe gauche. Pendant que mon père tire sur le démarreur je sens le nylon du jupon qui bouge en rythme avec la Buick sur ma cuisse nue, les gamins portent des shorts à cette époque. La batterie rend vite l’âme obligeant mon père à aller tourner la manivelle ce qui fait encore plus bouger la voiture que le démarreur et accentue le mouvement du jupon sur ma cuisse.

Je ressens une sensation inconnue, mélange de plaisir et de honte. Plaisir de la caresse du nylon et de la dentèle sur ma peau et gêne due aux regards des quatre copains qui se sont accoudés à la banquette inquiets du démarrage laborieux et qui en profitent pour loucher sur les dessous de ma mère.

Au retour, je remonte à côté de ma mère qui étale de nouveau son jupon et je sens encore le plaisir naître au bas de mon ventre en même tant qu’une boule d’angoisse se développe au creux de l’estomac au fur et à mesure que mes amis regardent pendant que mon père tourne la manivelle. Finalement, je ne sais pas si je suis soulagé ou déçu quand le moteur démarre !

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