Buick et bas coutures -8- L’escalade

En 1958, si l’on ouvrait la radio ou mettait une pièce dans le jukebox, on pouvait entendre cela (extraits)

Jukebox 1958

Depuis l’achat de notre nouvelle voiture, ma mère a considérablement changé dans son apparence extérieure. Outre des vêtements dignes des stars du cinéma hollywoodien, elle a largement accentué son maquillage et ne quitte plus ses chapeaux et ses chaussures à talons aiguilles. Ses ongles naturels ont maintenant suffisamment poussé pour qu’elle ne soit plus obligée d’en porter de faux, en revanche les faux-cils sont devenus des accessoires incontournables lors des sorties du soir ou du dimanche.

Au cours de ce printemps 1958 elle va ajouter une note supplémentaire à son élégance, des dessous à la hauteur. Déjà, elle porte une attention particulière à ses culottes, je pense qu’elle a compris qu’on les voit largement quand elle monte ou qu’elle descend de la Buick, son attention va en plus se focaliser sur les jupons, il est vrai très à la mode à cette époque.

Un jour, alors que nous venons de faire le plein d’essence, la voiture ne veut pas redémarrer et le pompiste dévoué s’affaire sous le capot. Ma mère entreprend alors de nettoyer ses lunettes de soleil avec son jupon. Pour cela, elle retrousse sa jupe large jusqu’à la taille afin de pouvoir utiliser le nylon du jupon au-dessus de la dentelle et s’applique à frotter consciencieusement les verres de ses lunettes. Je vois le pompiste jeter régulièrement des coups d’œils furtifs sur la scène qui se déroule dans la Buick. Il ne doit pas voir tous les jours une élégante jeune femme utiliser le haut de son jupon pour nettoyer ses lunettes !

Le chant du départ version Buick.wav

Quand la voiture accepte finalement de repartir, ma mère ne prend pas la peine de tirer sa jupe vers ses genoux et reste ainsi en jupon pendant tout le trajet, s’amusant même à jouer avec la dentelle blanche. Quand nous arrivons à l’appartement, elle descend sans tirer sa jupe auparavant, la laissant retomber toute seule sous les regards des voisins qui discutent sur le trottoir.

Quelques temps plus tard, un dimanche midi alors que nous nous préparons pour une journée au CAF, je remarque que plusieurs centimètres de dentelle blanche dépassent de sa robe noire. Au moment de partir, alors qu’elle ajuste son petit chapeau noir triangulaire orné d’une plume, j’entends mon père lui dire.

– Tu perds ton jupon ma chérie.

En regardant, je constate que la position relevée des bras de ma mère pour ajuster son chapeau devant la glace de l’entrée a fait remonter sa robe qui découvre ainsi quinze bons centimètres de la dentelle blanche du jupon. Sans avoir l’air le moins du monde étonnée, elle répond.

– Oui, je sais, il est plus long que ma robe. Mais de toutes les façons, au prix ou je l’ai payé, ce serait vraiment dommage de le cacher !

– C’est vrai qu’il est très joli ! Sourit mon père et la mise en place du chapeau étant terminée, il prend le bras de ma mère pour partir.

Ce jour là, en montant dans la voiture, je vois pour la première fois ma mère relever sa large robe au-dessus du dossier avant de s’asseoir, dévoilant ainsi tout l’arrière de son nouveau jupon dans le mouvement. Dans la journée, je remarque encore à plusieurs reprises qu’elle laisse voir largement la dentelle du jupon lorsqu’elle est assise, mais c’est vrai qu’il est très joli.

Au cours des semaines qui suivent, elle étoffe sa garde robe en jupons de formes et de couleurs variées, les laissant volontiers dépasser de ses robes ou de ses jupes et les dévoilant largement quand elle est assise. Pendant cette période elle prend l’habitude de relever systématiquement ses jupes larges avant de s’asseoir, sans doute pour éviter de les froisser.

Une nouvelle étape est franchie une après midi alors que nous partons en ville. Ma mère papote sur le trottoir avec un couple de voisins pendant que mon père essaye sans succès de faire démarrer la Buick avec la manivelle. Au bout d’un moment la conversation étant sans doute à court de sujet, elle salue les voisins et se dirige vers sa portière. Comme elle va s’asseoir, le voisin qui s’est rapproché en même temps qu’elle, demande à mon père s’il veut qu’il l’aide à pousser la voiture qui semble ne pas vouloir démarrer. C’est ma mère qui répond.

– Merci, elle est juste un peu froide, elle va partir toute seule. Et elle s’assoit en relevant soigneusement sa robe au-dessus de sa taille. Mais cette fois-ci elle porte une robe grise étroite qui découvre la totalité de son jupon rose quand elle la retrousse. La voiture finit effectivement par démarrer et quand il regagne son siège, mon père dit.

– Tu nous fais admirer tes dessous ? Ma mère rit de bon cœur et se contente d’étaler le jupon rose sur la banquette de chaque coté de ses jambes croisées.


Elle continue à jouer avec la dentelle en chemin et, au retour, elle retrousse de nouveau sa robe étroite jusqu’à la taille avant de s’asseoir dans la Buick, en faisant un large sourire à mon père qui lui tient sa portière. Il ne répond pas et se dépêche d’aller tourner la manivelle. Ma mère laisse sa portière grande ouverte, le bras gauche allongé sur le dossier, avec sa main droite elle fait glisser son jupon pour caresser ses cuisses de bas en haut devant les nombreuses personnes qui passent sur le trottoir. En ramenant la manivelle mon père lui dit.

– Tu n’es pas gênée ?

– Pas du tout !

– Eh bien moi si, tu aurais pu refermer ta portière au moins ! Répond-il fâché.

Ainsi de jour en jour les jupons se font de plus en plus visibles et les jupes, qu’elles soient larges ou étroites se retroussent régulièrement au gré des caprices de la voiture.


Cette manie va me faire connaître une étrange émotion. Un dimanche après-midi nous allons à la fête de la gymnastique au Lycée et mes parents m’emmènent avec quatre copains. Je suis assis devant à côté de ma mère qui a relevé sa robe et étale son large jupon de nylon blanc autour d’elle. Sans y faire attention, elle a posé le côté droit du jupon sur ma jambe gauche. Pendant que mon père tire sur le démarreur je sens le nylon du jupon qui bouge en rythme avec la Buick sur ma cuisse nue, les gamins portent des shorts à cette époque. La batterie rend vite l’âme obligeant mon père à aller tourner la manivelle ce qui fait encore plus bouger la voiture que le démarreur et accentue le mouvement du jupon sur ma cuisse.

Je ressens une sensation inconnue, mélange de plaisir et de honte. Plaisir de la caresse du nylon et de la dentèle sur ma peau et gêne due aux regards des quatre copains qui se sont accoudés à la banquette inquiets du démarrage laborieux et qui en profitent pour loucher sur les dessous de ma mère.

Au retour, je remonte à côté de ma mère qui étale de nouveau son jupon et je sens encore le plaisir naître au bas de mon ventre en même tant qu’une boule d’angoisse se développe au creux de l’estomac au fur et à mesure que mes amis regardent pendant que mon père tourne la manivelle. Finalement, je ne sais pas si je suis soulagé ou déçu quand le moteur démarre !

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