Buick et bas coutures – Les chapitres

Des histoires de souvenirs, il y en a des tas. Encore faut-il pour les partager, les écrire. Certains n’en voient pas la nécessité, d’autres un peu comme moi, ont la plume qui les démange. Un visiteur du blog, écrivain à ses heures, m’a contacté pour me soumettre un récit qu’il avait mis en forme et qu’il avait intitulé « Buick et bas coutures ». A sa lecture, j’ai tout de suite remarqué la qualité de ce texte et la justesse des propos qui collaient bien au titre. L’histoire commence en 1957, l’auteur âgé de 7 ans, a suivi ses parents qui travaillent dans l’enseignement. L’histoire serait une histoire de vie comme les autres, si une satanée bagnole, une Buick, ne venait rythmer la vie familiale au gré de ses caprices. De plus, une mère, pas franchement pudibonde, étale ses dessous tout au long du récit. Entre bagnole et bas coutures, l’histoire se déroule sous nos yeux tout en nous faisant revivre les us et coutumes de ces temps qui avaient une certaine saveur et un profond goût de nostalgie dans les souvenirs des gens d’un certain âge. Aide-mémoire pour les anciens, nos premiers émois, découverte pour les plus jeunes, ce récit a la goût de l’authentique et la saveur des passions nées dans l’enfance et qui nous suivent toute une vie.
Je suis flatté et honoré que l’auteur, Loudstart c’est ainsi qu’il a choisi de se nommer, élise mon blog pour y faire figurer son récit et qu’il m’en autorise la publication. Je l’en remercie sincèrement.
Ce texte prenant plus les allures d’un livre que d’un simple récit, j’ai choisi de le faire figurer, chapitre après chapitre au fil du temps. Il se lit un comme un polar et nul doute que les lecteurs seront impatients de découvrir la suite lors de chaque publication, la suite de cette charmante histoire de voiture bien capricieuse et des bas nylons qui s’exhibent de manière tout aussi charmante et selon les caprices de la dame qui les porte.

En bas de chaque chapitre vous trouverez un lien qui vous mènera directement au chapitre suivant

 

BUICK ET BAS COUTURES

La saga d’un passionné de voitures et de bas coutures

1 – Coup de foudre 2 et 3 – L’attente – Jour J

4 – Premier départ 5 -Crise de doute 6 – De mal en pis 7 – La solution

8 – L’escalade 9 -La Buick en France 10 – Retour au pays

11 – Des bas de luxe 12 – Amélie 13 – Au salon de coiffure 14 – Accident

15 – La punition 16 – Pique-nique 17 – Achat en Belgique

18 – Histoires de bonnes 19 – Tranche de vie 20 – L’abat-jour

21 – L’aéroport 22 – Ma première communion 23 – Vengeance

24 – Cours d’anglais 25 – Distribution des prix 26 – Dimanche aux courses

27 – Jour de gloire 28 -Lendemain de fête 29 – Appendicite

30 – Folie douce 30 – La fin – Retour sur un anniversaire très en nylon – Un jour de 61

Catégories: Non classé

Buick et bas coutures

Des histoires de souvenirs, il y en a des tas. Encore faut-il pour les partager, les écrire. Certains n’en voient pas la nécessité, d’autres un peu comme moi, ont la plume qui les démange. Un visiteur du blog, écrivain à ses heures, m’a contacté pour me soumettre un récit qu’il avait mis en forme et qu’il avait intitulé « Buick et bas coutures ». A sa lecture, j’ai tout de suite remarqué la qualité de ce texte et la justesse des propos qui collaient bien au titre. L’histoire commence en 1957, l’auteur âgé de 7 ans, a suivi ses parents qui travaillent dans l’enseignement. L’histoire serait une histoire de vie comme les autres, si une satanée bagnole, une Buick, ne venait rythmer la vie familiale au gré de ses caprices. De plus, une mère, pas franchement pudibonde, étale ses dessous tout au long du récit. Entre bagnole et bas coutures, l’histoire se déroule sous nos yeux tout en nous faisant revivre les us et coutumes de ces temps qui avaient une certaine saveur et un profond goût de nostalgie dans les souvenirs des gens d’un certain âge. Aide-mémoire pour les anciens, nos premiers émois, découverte pour les plus jeunes, ce récit a la goût de l’authentique et la saveur des passions nées dans l’enfance et qui nous suivent toute une vie.
Je suis flatté et honoré que l’auteur, Loudstart c’est ainsi qu’il a choisi de se nommer, élise mon blog pour y faire figurer son récit et qu’il m’en autorise la publication. Je l’en remercie sincèrement.
Ce texte prenant plus les allures d’un livre que d’un simple récit, j’ai choisi de le faire figurer, chapitre après chapitre au fil du temps. Il se lit un comme un polar et nul doute que les lecteurs seront impatients de découvrir la suite lors de chaque publication, la suite de cette charmante histoire de voiture bien capricieuse et des bas nylons qui s’exhibent de manière tout aussi charmante et selon les caprices de la dame qui les porte.

 

 

Buick et bas coutures – 1 – Coup de foudre –

Tout commence en 1957, j’ai sept ans. Mes parents sont encore très jeunes, moins de trente ans chacun. Mon père est professeur de mathématiques au collège de Casablanca, quand à ma mère elle est surveillante dans ce même collège. Si lui, né dans le Nord est plutôt discret, voir effacé, elle, originaire du Sud de la France est franchement extravertie.

Mes parents se sont connus à Bordeaux pendant leurs études que ma mère n’a pas terminées. Malgré leurs deux salaires modestes de début de carrière, ma mère ne lésine pas à la dépense et affiche des goûts de luxe. Les sorties sont très fréquentes, elle va chez le coiffeur et l’esthéticienne une fois par semaine, et elle arrive à entretenir une gouvernante française, on disait une bonne, qui s’occupe du ménage, de la cuisine, et de moi évidemment.

La contrepartie de ces dépenses est que nous habitons dans un appartement de trois pièces au rez-de-chaussée d’un immeuble d’une cité modeste, essentiellement occupé par des enseignants et des fonctionnaires français. L’espace est compté, une pièce principale qui tient lieu de salon et de salle à manger, une chambre pour mes parents et la seconde chambre pour la bonne et moi. Le matin, comme la salle de bain est occupée par les parents, la bonne me fait faire ma toilette debout dans l’évier de la cuisine dont la fenêtre donne, à ma plus grande gêne, sur le large trottoir-parking devant l’immeuble.

Nous sommes bien installés dans cette vie plutôt facile et agréable, mon père partage ses loisirs entre la pêche et les cartes entre amis, ma mère se passionne pour les revues de mode et de beauté et passe beaucoup de temps à se confectionner ses propres vêtements.

La guerre a amené au Maroc de nombreux militaires américains qui sont restés pour entretenir des bases en Afrique du Nord. L’une d’elle est installée sur l’aéroport de Nouasseur à une vingtaine de kilomètres de Casablanca. Ces militaires fréquentent volontiers les occidentaux du Maroc, ainsi mes parents se sont-ils liés d’amitié avec un capitaine de l’armée américaine et sa famille, les Darrymore.

Un jour nous sommes invités chez eux à Nouasseur et, en arrivant dans notre petite Fiat noire, ma mère repère sur le parking de la base une grosse décapotable bleue et blanche. Elle nous fait faire un petit détour pour jeter un coup d’œil sur cette voiture que je trouve bien poussiéreuse et je l’entends dire à mon père, « mon rêve ! ».

Il lui répond qu’il leur faudrait faire un autre métier plus rémunérateur pour pouvoir s’en payer une et la conversation s’arrête là. En fin d’après midi, en repartant, ma mère nous entraîne à nouveau pour regarder cette voiture et je peux lire dessus qu’il s’agit d’une Buick. C’est vrai qu’elle est sacrément plus impressionnante que notre Fiat et qu’il doit être chouette de se promener sans toit au-dessus de la tête.

Environ un mois et demi plus tard, nous sommes de nouveau en visite chez les Darrymore et, en arrivant, la grosse voiture est à la même place, encore plus poussiéreuse que la dernière fois. Ma mère la voit tout de suite et fait remarquer qu’elle ne semble pas avoir bougé. Cette fois encore nous avons droit au détour pour la regarder et pendant le déjeuner ma mère questionne les Darrymore sur cette merveille qui semble abandonnée.

Effectivement, Monsieur Darrymore lui répond qu’elle appartenait à un jeune GI’s qui l’a beaucoup bricolée, comme tous les jeunes américains, puis l’a laissée là, à la fin de son service militaire. Très intéressée, ma mère demande si elle ne serait pas à vendre ? Pour lui faire plaisir, les Darrymore nous accompagnent sur le parking pour voir la voiture de plus près. Monsieur Darrymore qui à l’air de s’y connaître en matière d’automobile, montre les transformations les plus flagrantes que le GI’s a faites.


Il ouvre la portière du conducteur qui n’est même pas fermée à clef et explique que le sens d’ouverture a été modifié pour que la porte s’ouvre de l’avant vers l’arrière. Cela vient de la mode des courses en ligne droite vers une falaise lancée par un film de James Dean. Deux conducteurs s’affrontent et freinent au dernier moment avant d’atteindre la falaise, le gagnant est celui qui s’arrête le plus près du bord de la falaise.

Bien sur, il s’agit d’un jeu très dangereux et, en fait, peu pratiqué, mais lorsque l’optimisme du chauffeur ou qu’une défaillance des freins ne permettent pas de s’arrêter, alors la seule issue pour le concurrent consiste à sauter par la portière et abandonner sa voiture au vide. C’est ainsi que les plus inconscients, ou les plus frimeurs, inversent le sens d’ouverture des portières s’interdisant ainsi la possibilité de sauter car ils seraient happés par la porte ouverte. Le coté dangereux de cette transformation est traduit par le nom de « portes suicides » donné par les jeunes à ces portières inversées.

Ma mère est très amusée par cette histoire et examine l’intérieur de la voiture.

– Tu as vu tous ces boutons, il y a même la radio, dit-elle à mon père. Celui-ci semble moins enthousiaste et indique qu’avec un jeune fou comme propriétaire le moteur doit avoir sérieusement souffert. Monsieur Darrymore va vers l’avant et lève le capot. Il sourit, appelle mon père et lui dit. –

C’était un sacré bricoleur notre militaire, regardez, c’est un vieux moteur de Chevrolet d’avant guerre qu’il a installé. Avec ça il ne risquait pas de faire d’excès de vitesse, c’est très rustique mais ça consomme nettement moins que le moteur d’origine de la Buick qui est un gros huit cylindres.

On continue d’examiner la voiture, dans le coffre il y a un tas de pièces mécaniques. Enfin ma mère demande si on peut ouvrir la capote, ce que mon père et monsieur Darrymore font sans trop de mal. Elle se recule, admire la voiture en s’extasiant sur sa ligne quand la capote est baissée puis finit par s’installer au volant en faisant semblant de conduire le coude à la portière.

– Qu’est-ce que vous en pensez ? Cela m’irait bien comme voiture, non ?

– Une vraie actrice d’Hollywood, si ça vous intéresse, je peux me renseigner pour savoir si son propriétaire a laissé les papiers à quelqu’un pour la vendre, propose monsieur Darrymore. Les jeunes militaires font souvent ça entre eux, mais il y aura pas mal de travail à faire dessus car elle est plutôt en mauvais état. Ma mère acquiesce, enthousiaste.

– Oh oui ! Ce serait bien si elle était à vendre pas trop cher, je la trouve vraiment superbe.

En rentrant, elle n’a qu’un sujet de conversation, la Buick à qui elle ne trouve que des qualités.

– Bien sur elle aura besoin d’un coup de peinture et d’un bon nettoyage, mais elle en vaut la peine. Mon père est plus préoccupé par la mécanique.

– Tu as entendu, c’est un vieux moteur de Chevrolet qui est installé dedans.

– Oui, Jack a dit que ça ne consommait pas beaucoup.

– Justement, rétorque mon père, le moteur doit manquer de puissance par rapport à cette énorme voiture, il paraît bien perdu sous ce grand capot.

– De toutes façons, tu n’as pas l’intention de faire les 24 heures du Mans, coupe ma mère qui continue de rêver.

Quelques jours plus tard, un coup de fil de Jack Darrymore annonce qu’il a trouvé les papiers de la voiture et que le nouveau propriétaire est prêt à discuter une vente éventuelle.

Dès le dimanche suivant, nous nous retrouvons sur la base de Nouasseur pour discuter avec un jeune soldat américain qui ne parle pas un mot de français, mais ma mère a fait deux années d’anglais à l’université et c’est elle qui mène la négociation. Je ne comprends pas à quel chiffre ils arrivent, mais de toute évidence ce ne doit pas être bien cher car même mon père se laisse convaincre, alors qu’il était resté très réservé jusque-là.

Les Darrymore ne sont pas là, peut-être monsieur Darrymore aurait-il tempéré l’enthousiasme de mes parents, mais le marché est conclu et rendez-vous est pris pour la semaine suivante afin de matérialiser la transaction et d’emmener la voiture. Le vendeur suggère à mon père de venir avec une batterie neuve car il a constaté que celle de la voiture était morte et qu’il ne pouvait pas la faire démarrer. Il avoue que depuis que son copain lui a laissée, cela fait plus de quatre mois, il n’a pas eu le temps de s’en occuper. Mon père regarde sous le capot, c’est du six volts dit-il, c’est tout de même un vieux moteur !

Encore une semaine et nous nous retrouvons à Nouasseur pour le troisième dimanche consécutif. Cette fois, informés de la conclusion de l’achat, les Darrymore nous attendent. Mes parents remplissent des formulaires avec le vendeur et lui remettent une enveloppe d’argent liquide en échange des papiers de la Buick. Après un café, tout le monde rejoint la voiture pour la remettre en marche avec la batterie neuve que nous avons amenée. Son montage est rapide, et mon père s’installe au volant. Le jeune américain lui explique comment on passe les vitesses avec le levier derrière le volant, mais de toute évidence, il n’en sait guère plus sur le maniement de la voiture.

Mon père met le contact et un gros voyant rouge s’allume sur le tableau de bord. Avec l’aide de monsieur Darrymore il trouve le bouton du starter, mais rien ne semble commander le démarreur. Il tire sur différents boutons, en pousse d’autres, en tourne certains ce qui permet de trouver les commandes de phares, d’essuie-glaces, de clignotants, bref tout semble fonctionner sauf le démarreur.

Le jeune soldat américain et monsieur Darrymore regardent dans le moteur et concluent rapidement qu’il n’y a tout simplement plus de démarreur dans le moteur. A ma surprise, c’est ma mère qui trouve la solution.

– Il y a des pièces dans le coffre, peut être qu’il y est, dit-elle.

Visite immédiate du coffre, ponctuée par un yeeaaah… américain. Le jeune vendeur brandit une grosse pièce cylindrique noire avec des fils électriques, qui de toute évidence, est le démarreur. –

Impossible de l’installer maintenant, dit Jack Darrymore, on va la pousser, vous le ferez remonter par le garage qui réalisera les travaux de remise en état.

Mon père se remet au volant, mais ma mère lui dit qu’elle aimerait bien conduire pour ramener la voiture à l’appartement, qu’elle a bien regardé comment il faut faire pour passer les vitesses et que ce sera encore plus facile que sur la Fiat puisque, sur cette voiture, il n’y en a que trois au lieu de quatre. Mon père lui répond qu’il vaut mieux qu’il s’occupe de la mise en marche, mais qu’ensuite elle pourra essayer la voiture pour voir si elle peut la conduire pour rentrer. Et nous voilà tous en train de pousser avec entrain. Quelques hoquets et de nombreuses pétarades trahissent la longue immobilisation de la voiture qui finit par démarrer.

Ma mère applaudit visiblement ravie alors que les autres semblent plutôt inquiets.

– J’ai l’impression qu’elle à besoin d’une bonne révision, dit Jack Darrymore. A votre place je ne repartirai pas avec cette après-midi vous risquez de caler au premier croisement, et sans démarreur vous serez bien embêtés. Si vous voulez, je vous la ferai mettre sur une dépanneuse dans la semaine pour l’amener chez votre garagiste, ce n’est pas un problème pour moi, nous avons ce qu’il faut à la base. Mon père approuve et remercie, mais ma mère est terriblement désappointée.

– On ne peut pas repartir avec ? Elle marche !

– Elle tourne tant que j’accélère mais elle va caler si je lâche l’accélérateur. Et joignant le geste à la parole mon père lève le pied et le moteur s’arrête aussitôt.

– C’est parce qu’il faut qu’elle chauffe un peu, tente ma mère. Mais Jack Darrymore trouve les mots qu’il faut.

– Qu’allez vous faire d’une voiture sans démarreur devant chez vous? Il faudra la pousser pour qu’elle reparte. Il vaut mieux qu’elle passe d’abord chez le garagiste et que vous la rameniez quand elle sera impeccable.

Cet argument atteind ma mère, mais elle demande quand même à faire un tour dans la Buick capote baissée avant de repartir. Mon père et Jack Darrymore décapotent la voiture, puis mes parents s’installent, ma mère laissant finalement le volant à mon père.

Les Darrymore, l’Américain et moi poussons la voiture qui pétarade longuement avant de redémarrer dans un nuage de fumée. Sans la laisser ralentir, mon père fait deux ou trois tours sur le parking de la base avec ma mère ravie qui nous fait des signes de la main. Enfin ils ramènent la voiture à sa place. Rendez-vous téléphonique est pris avec Jack Darrymore pour lui donner l’adresse du garagiste où amener la voiture et nous partons en lui laissant les clefs.

Le retour est joyeux, ma mère convient que c’est bien plus raisonnable de faire comme ça et imagine déjà l’arrivée triomphale de la grosse Buick repeinte à neuf devant notre immeuble. Elle ne se lasse pas de nous lire et relire la carte grise et c’est ainsi que j’apprends qu’il s’agit d’une Buick Roadmaster de 1948.


 

Chapitre suivant

100 000 en nylon ou en musique


Cent mille visiteurs, c’est le nombre incroyable, pour moi, d’internautes  qui sont venus sur ce blog.  J’étais bien loin de m’imaginer lorsque l’idée saugrenue de commencer ce genre d’entreprise a germé dans mon esprit, d’en arriver là. Je sais, il y en a qui font ce résultat en un mois, une semaine, un jour. mais ce résultat est pour moi une grande satisfaction.  Des modestes débuts où j’étais content d’avoir 15 visiteurs, au présent qui en voit défiler des centaines tous les jours, je me demande si tout cela est vrai. Je défends  deux causes  à travers mes écrits, l’une la musique et l’autre le bas nylon. La musique, je la défends avec passion, le bas nylon avec élégance, du moins c’est l’idée que j’en ai. Pour le faire, mes moyens sont modestes, je n’ai pas la facilité et l’appel d’une pin-up qui expose ses photos personnelles, mais je crois que le message passe bien à travers mes écrits.
Cent mille, qui sont-ils, d’où viennent-ils? Je n’en sais rien, je les imagine seulement en me représentant une foule correspondante dans un stade de foot. Je suis l’arbitre qui siffle le début du match. Des visages anonymes, des hommes, des femmes, cachés derrière un écran et que peut-être je croise dans la rue, le monde est si petit. Si petit, que certains visiteurs qui se sont manifestés, ne savent pas qu’ils font partie de mes connaissances, oui cela existe, c’est arrivé. Je ne sais pas s’ils sont venus ici pour la musique ou pour le nylon, la musique si j’en crois les commentaires qu’ils ont laissés. Il est vrai que dans ce domaine, je connais pas mal de monde et pas que des inconnus.
Si je ne peux pas savoir qui ils sont, par contre d’une certaine manière je peux dire comment ils sont venus. Plus loin , je liste quels critères ont été tapés sur les moteurs de recherche pour obtenir le lien qui indique ce blog. Je n’ai gardé que les plus significatifs, ceux qui figurent au moins 30 fois dans liste. Evidemment, si l’on compte le nombre total d’entrées dans la liste, on est loin des fatidiques 100.000. C’est normal, car les autres viennent certainement ici d’une manière directe, en utilisant les favoris, en venant d’un autre blog, en cliquant un lien qui se promène à quelque part. Cela veut dire d’une autre manière que les fidèles sont là. Si j’en connais virtuellement quelques uns qui partagent la même passion, les autres restent une énigme. Une brève analyse des critères de la liste, n’est pas surprenante en soi. On y trouve les mots traditionnels du folklore nylonesque. Un peu plus étonnant sont les définitions plus précises qui mènent vers un type précis, secrétaires, bas nylon à couture ou porter des bas tous les jours etc…  Constatation amusante, le mot porte-jarretelles n’est jamais orthographié correctement, il manque toujours le s. Ce que l’on peut considérer comme des noms propres y figurent aussi. Là, c’est la musique qui l’emporte avec Scramin’ Jay Hawkins, sous trois orthographes différentes, ce qui le met nettement en tête, plus de 250  au total et qui le classe même 4ème au général. Belle performance pour un chanteur que seuls une poignée d’initiés connaissaient dans les années 50 et 60. Jimi Hendrix est également bien classé, spécialement en relation avec une autre icône de la guitare, Dick Dale.
Plus proche du nylon, nous avons justement Miss Nylon, dont la réputation chez nous n’est plus à faire. Justice pour cette ardente passionnée de bas à coutures, qui le fait savoir d’une si élégante manière.  J’imagine que ceux qui sont d’abord venus ici, ne la connaissent pas directement, mais que les milliers  d’autres vont directement chez elle, les coquins. Juste derrière elle, un autre défenseur de la cause mais masculin celui-ci, Monsieur Yves Riquet, dont je me targue d’avoir été le premier bloguer  à lui consacrer quelques mots. Ce fut un de mes premiers articles. C’est un peu l’homme par qui le sc…,non , nous n’allons pas faire de la pub pour une autre marque, il arrive avec Cervin et c’est très bien, qu’il en soit encore une fois remercié.

Les détails

bas nylon 750
bas nylon et musique retro 509
bas nylons retro 407
bas nylon à couture 245
bas nylon retro 190
bas nylon couture 161
screamin jay hawkins 152
jimi hendrix repris par dick dale 101
bas nylon en anglais 89
bas nylons 82
nylon 68
porte jarretelle mode d’emploi 66
bas retro 60
miss nylon 59
bas nylon noir 57
femme en bas nylon 53
yves riquet 53
bas nylon et musique 53
bas nylon musique 53
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screaming jay hawkins 52
secretaire en bas nylon 49
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porter des bas 49
secretaire en bas 48
screamin’ jay hawkins 48
porte jartelle mode d’emploi 47
sodibas 45
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bas nylon secretaire 36
blog bas nylon à couture 36
miss nylons 2010 35
femmes en bas nylon 34
belles jambes nylonnées 34
bas nylon musique retro 33
bas dames nylon 33
bas nylons et musique retro 32
porter des bas tous les jours 32
porte jarretelle 31
mode d’emploi porte jarretelle 31
defile bas couture retro           30

Et l’avenir?

Il est fait de tout et de rien, mais aucune raison de s’arrêter en si bon chemin.  Ma passion pour la musique me permettra de remplir encore des centaines de pages. Celle pour le nylon ne saurait fléchir, des souvenirs, des histoires, des articles, sûr qu’ils seront également présents, je n’ai pas épuisé mes réserves. Il y aura aussi des surprises et de nouvelles rubriques, toujours en relation avec les sujets.

Alors à 200 000 et merci pour les 100 000 premiers!!!

Le vainqueur catégorie musique en quelque sorte

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I Put A Spell On You – Un sort qui envoûte toujours.

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Alexis Korner – Une légende dans la légende

Il faut un début à tout. Quand quelque chose se produit à l’autre bout du monde, si personne n’en parle aux antipodes, l’événement en restera certainement là. En musique, c’est pareil. Nous avons maintenant l’habitude d’être informé presque instantanément de chaque fait à travers le monde, à la vitesse de la lumière. Si on remonte quelques dizaines d’années en arrière, disons 1950, l’ensemble des médias étaient une série de moyens qui progressaient à une vitesse plus proche de celle de l’escargot. Quelques chaines de radios d’état, peu en avance sur leur temps, une télévision assez archaïque, quelques appareils domestiques qui permettaient de se faire une petite sérénade privée. Le fameux tourne-disques, d’abord en 78 tours et ensuite en 45 ou 33 tours, pièce d’un certain luxe social. Le support destiné à cet appareil, le disque, était au bon vouloir de vendeur qui voulait bien le proposer dans son magasin, les radios de le diffuser ou du quidam d’en faire profiter son entourage. Bref, on avançait prudemment et d’une manière très guidée. Toute la musique moderne doit son avènement à ses origines américaines, qui sont aussi une rencontre entre les ethnies blanches et noires. En Europe, le jazz a été considéré pendant longtemps et par une majorité, comme de la musique de sauvages. En Amérique, c’était un peu la même chose, mais on avait une longueur d’avance dans l’assimilation de cette musique. Discrètement d’abord, plus ouvertement ensuite, le jazz devint un langage commun qui sortit des ghettos. Il finit par arriver chez nous dans les années 30, dans une vision malgré tout assez édulcorée. Le blues authentique, son frère de sang, mit plus longtemps a conquérir un public européen et blanc et encore fallut-il quelques personnages d’envergure pour attirer l’attention sur lui. Incontestablement, le blues a débarqué en Angleterre d’abord, et le personnage clef de ce mouvement est Alexis Korner.
Alexis Korner est né à Paris d’un père Autrichien et d’une mère Grecque, en 1928. Il parcourt en famille la Suisse, l’Afrique du nord pour finalement atterrir en Angleterre en 1940, au début de la guerre. Rien de spécial pendant les dix années suivantes, sinon qu’il apprend à jouer du piano et de la guitare et perfectionne le chant.  En 1949, il intègre l’orchestre de Chris Barber, alors un musicien de jazz traditionnel très en vue pour les années 50, son véritable âge d’or. L’événement principal pour Korner, n’est pas tellement de faire partie de ce groupe, mais de rencontrer Cyril Davies, un harmoniciste, partenaire essentiel dans ce qu’il va mettre en train. Ils sont les deux mordus de blues et estiment que cette musique mérite d’être présentée de manière plus visible en Angleterre. Ils vont passer plusieurs années à faire tourner des artistes noirs, ouvrir un club dédié en 1955 et faire quelques disques assez confidentiels. L’essentiel reste toutefois leur acharnement à défendre la cause du blues pur et dur. Ils s’y emploient très bien et pour finir ils deviennent une attraction avec laquelle on veut s’accoquiner. Leur travail prendra encore plus de valeur quand le Alexis Korner Blues Incorporated sera fondé et un contrat chez Decca signé. Tournant autour de l’astre lumineux, on va retrouver quelques personnages qui vont devenir des têtes d’affiches plus tard, Mick Jagger, Long John Baldry, Jack Bruce, Ginger Baker, Graham Bond, Charlie Watts, Dick Heckstal-Smith, Rod Stewart, John Mayall, que du beau monde à faire frissonner les connaisseurs. Membres d’un instant ou d’un moment, ils sont là. Sa discographie sera loin d’être pléthorique pendant quelques années. Un premier album en 1962 pour Decca, « R&B From The Marquee », sera une belle introduction à son héritage musical. On y retrouve les premiers classiques de cette vision du blues revisité par cette Angleterre conservatrice en pensées, mais pas tellement en actes. Ce sera l’occasion pour John Baldry de s’essayer à quelques vocaux et surtout d’entendre la voix de Cyril Davies qui meurt prématurément en 1964.

Malheureusement, Decca ne semble pas avoir saisi toute l’importance du personnage et les titres des sessions suivantes attendront tois ans avant de voir le jour, surtout quand on s’apercevra que pas mal de monde se réclame élève de Korner, un certain Mick jagger par exemple. En 1964, c’est pour le label Oriole, moins en vue mais renommé, qu’un second album voit le jour, « At The Cavern ». C’est un résumé des concerts dans ce fameux endroit qui fit honneur aux Beatles. Les musiciens du moment sont sans doute moins prestigieux, ce qui n’enlève rien à la qualité, Davies est parti pour un ailleurs incertain. C’est encore un label secondaire, mais tout aussi prestigieux en devenir Transatlantic, qui leur offre un troisième album « Red Hot From Alex ». On sent très bien toutes les innovations que Korner tente d’apporter à ce blues si cher à son coeur. Il sera coiffé au poteau par le réputation grandissante de son ami John Mayall, qui oeuvre pour la même cause, cette fois-ci avec le soutien total de Decca qui a enfin compris l’importance du mouvement. Les années filent et Korner a l’occasion d’enregistrer d’autres albums, un par an. Mais si sa réputation est grande, les disques sont d’une présence plus confidentielle dans les bacs des disquaires. Il est vrai que le personnage est sans doute plus un homme de scène que de studio. En cinq ans, le paysage musical s’est tellement transformé, que la tradition revisitée et améliorée ne suffit plus. Korner en est bien conscient et il va à sa manière enfin connaître les honneurs du hit-parade. En 1970, avec quelques requins de studio, dont le chanteur Peter Thorup, il fonde le groupe CCS (Creative Consciousness Society), sorte de big band. Ils vont connaître le succès avec une reprise instrumentale du fameux « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin couplé à une reprise de « Boom Boom » de John Lee Hooker, originale et succulente. Le célèbre Mickie Most, producteur efficace est derrière. Ils vont remettre cela avec un suite d’albums à la réputation flatteuse. Ils seront à quelque part les premiers à rendre hommage à Michael Jackson en reprenant « I Want You Back » des jeunes Jackson 5. Les années 70 défileront en voyant la légende se forger, CCS, des tas de disques avec des gens prestigieux, sans doute plus stars que lui, mais le nom de Korner domine le tout, c’est lui la vedette. Son ultime grande participation sera avec Rocket 88, qui préfigure de bien des années le Charlie Watts All Stars, une réunion de ce dernier avec Korner, Chris Farlowe, Ian Stewart et un tas d’autres, des musiciens de pointe à l’évidence. Ambiance très jazz. Un album marquera l’existence de ce groupe.
En 1984, l’homme avec la cigarette toujours au coin de la bouche, tousse une dernière fois. C’est une perte immense pour le monde des musiciens liés d’une manière ou d’une autre avec ce monument qu’on ne pourra jamais déboulonner de son socle.

Sans doute la première version de « Hoochie Coochie Man » enregistrés en Angleterre

CCS