Jeter une bouteille musicale à la mer -2-

THE ELECTRIC PRUNES – USA Psychédélique – sixties seconde moitié

Le mouvement psychédélique, à part être un mouvement musical à l’évolution significative, était aussi assez percutant au niveau des paroles, accessoirement dans le nom d’artiste choisi. Les Prunes Electriques en sont un bon exemple. Très populaires le temps de quelques albums encore prisés aujourd’hui, ils eurent la bonne idée de créer le premier album pop de musique religieuse « Mass In F Minor ». Des ambiances assez diverses au fil des titres, des sonorités fouillées, planantes, agressives. Leur titre phare « J’ai Trop Rêvé La Nuit Dernière », résume bien le tout. Larges extraits des 3 premiers albums.

THE LEATHER BOY –  USA Garage sixties – seconde moitié

Ca, c’est l’exemple type de l’artiste obscure qui réussit à avoir une sorte de petit culte quelques années plus tard, par quelques très branchés.  Du cuir, fétichisme sans doute présent, des motos. Martin Milan de son vrai nom a réussi d’enregistrer deux titres qui ne laissent pas indifférents quand on les découvre. On aime ou on aime pas, la question est là. Les voici quand même.

JAKE HOLMES – USA Folk progressif – sixties seconde moitié

Une chanson pop parmi les plus connues au monde et pourtant 99,9 % de ceux qui la connaissent sont bien incapables de dire le nom du créateur. Je veux parler de « Dazed And Confused » mis en lumière dans un premier temps par les Yardbirds, période Jimmy Page et ensuite Led Zeppelin. Chanteur plus qu’intéressant, il mérite une reconnaissance qui tend enfin  à se manifester. Ouf!

THE CASTAWAYS – USA Garage sixties – milieu sixties

Un groupe local du Minnesota, de très jeunes garçons, qui réussit une percée dans le hit parade national à une très bonne place.  Aussi vite disparus qu’apparus, il laissent juste une trace. Titre accrocheur à la sauce onctueuse, c’est toujours plaisant à écouter même bien des années après.

COUNT FIVE – USA Garage sixties – sixties seconde moitié

Sans avoir créé une révolution musicale, ils ont au moins fait un titre avant-gardiste pour 1966, au titre prometteur « Psychotic Reaction ». Pour une bande de jeunes entre  16 et 18 ans, c’est déjà pas si mal. Un must absolu et quelques autres titres très intéressants.

THE ESQUIRES – USA Garage sixties – sixties seconde moitié

Celle-là je l’ai cherchée sans trop penser la trouver sur YouTube, pourtant à l’instar de ma collection, elle y figurait.  Le type même de ballade qui vous colle à l’âme les soirs de cafard. Oh que j’aime écouter ça quand la pluie tombe au dehors.

INSPIRATIONS

D’autres, bien plus tard, sont encore sous le charme et les mettent à leur répertoire. Rien ne se perd…

Debbie Harry alias Blondie n’hésite pas à tomber sous le charme des Castaways

Space Lady fait une confiture de prunes électriques en rêvant trop la nuit passée

Les Cramps, qui d’autre, pouvait remettre « Psychotic Reaction » au répertoire?

Le visiteur du soir

Cet histoire est beaucoup plus récente, bien qu’elle date déjà d’une vingtaine d’années. Elle concerne une de mes copines que nous appellerons Estelle. Elle est sans doute celle qui avait le plus le mot romantisme à fleur de peau. Perçue plutôt comme une femme du genre meneuse et fonceuse, à côté d’une grande culture, elle maniait l’art de s’habiller avec un classe certaine. La moindre de ses robes venait des meilleures boutiques de la ville. Nous formions un couple depuis pas mal de temps, tout en gardant chacun notre indépendance. Nous avions l’habitude de nous réserver des soirées pour nous seuls, avec bonne cuisine et bonnes bouteilles pour démarrer la soirée. Elle habitait dans une maison complètement en dehors, nous pourrions presque dire, de la civilisation. Une ferme isolée, servant de haras, que nous partagions avec les très discrets propriétaires. Ce fameux jour, j’arrivai en début de soirée comme convenu. Après la galoche d’usage et une petite balade le long de ses cuisses pour voir si je sentais la bosse d’une jarretelle, je constatai que c’était bien le cas. Elle n’était pas une inconditionnelle du bas, parfois des bas coutures, mais elle en mettait pratiquement toujours pour nos soirées intimes. Par contre elle n’aimait que les guêpières, elle n’avait aucun porte-jarretelles dans sa collection de lingerie.

Bon vous imaginez que je n’allais pas appeler la police. D’autant plus que la femme de caractère que tout le monde connaissait, changeait du tout au tout en devenant câline et très branchée sur les ambiances feutrées. Pour le début de la soirée, elle portait une de ses robes amples, un peu style années cinquante et plutôt en dessous du genou avec des bas noirs. Nous avons mangé et discuté de choses et d’autres. La littérature et la philosophie revenaient assez souvent dans nos conversations. Quand nous passions au salon, elle s’éclipsait un moment et revenait dans une autre tenue, plus sensuelle. Elle avait un jupe serrée qui avait la particularité d’être fendue très haut sur le devant. Bien sûr pour moi c’était un régal, en même temps qu’une invitation. Cela ne cachait presque rien de la lisière de ses bas, à l’entrejambe. Je n’aurais presque rien de plus à raconter, si un événement imprévu n’avait troublé le cours de la soirée, sous la forme d’un coup de sonnette à la porte. Dans son entourage, il y avait un mec qui lui tournait autour depuis des années, espérant un signe d’invite de sa part, qu’il attend toujours. Ce mec était gentil, un peu balourd et toujours fringué aux soldes. Il nous rendait pas mal de services, en étant un très bon bricoleur. C’était sa manière à lui d’avoir ses entrées chez ma copine, mais cela s’arrêtait sur le seuil de la chambre à coucher. Vis à vis de moi, Estelle, m’avait clairement dit ce qu’il représentait pour elle, une bonne amitié, mais rien de plus. Alors je me foutais pas mal de la savoir dans les environs quand je n’étais pas là. Exception faite de ce soir là, car c’est lui qui était derrière la porte. Il avait décidé de s’inviter pour voir si par hasard un robinet n’était pas en train de fuir, on ne prend jamais assez de précautions. Estelle connut un moment de panique, car vous savez qu’elle était sa tenue à ce moment là. Pendant que je faisais entrer le bonhomme, elle gagna au pas de course la chambre à coucher. Elle résolut le problème en enfilant sous sa jupe une paire de leggins, qui cachait l’essentiel et revint nous tenir compagnie.

Même si ma copine portait des bas, elle ne l’aurait jamais dit ouvertement ou montré à un autre homme et lui aurait probablement tourné une baffe si d’aventure il lui avait posé la question. Nous avons prétexté une virée le lendemain et un coucher avancé, tu parles, pour qu’il n’installe pas sa toile de tente dans le salon. On lui a quand même offert un verre, tout au plus nous espérions que le visiteur n’aurait pas trop soif. Mais parfois il y a un petit lutin qui s’amuse à nous jouer des tours. Ce petit lutin arriva sous la forme d’une chatte, compagne attitrée de l’occupante des lieux. Paisible animal qui se réveillait après un bon petit roupillon, et qui se sentit soudain en manque de caresses avant de partir pour sa ballade nocturne, rendre visite aux souris des environs. D’autorité elle manifesta l’intention de sauter sur la table pour faire sa tournée et le fit. On dit que les chats retombent toujours sur leurs pattes, c’est sans doute vrai, mais ce que la demoiselle n’avait pas prévu, c’était l’encombrement sur la dite table. Entre les verres et les bouteilles, le cendrier et les reliefs du repas, la brave bête ne trouva pas une piste d’atterrissage à sa mesure et il y eut un mouvement de panique qui lui fit renverser un verre, celui qui était devant Estelle. Le contenu du verre alla généreusement se répandre sur ses jambes. Dans un réflexe pas du tout calculé, elle se leva et remonta sa jupe en la levant par les deux pans, avec l’espoir de minimiser les dégâts. Oui bien sûr il y avait les leggins, mais vous connaissez la particularité de ces derniers, c’est de bien coller au corps. Et ce qu’il y avait dessous devint plutôt visible, comme une carte de géographie en relief. Je pense que l’invité n’en perdit pas une miette, mais n’en souffla mot. Dignement, histoire de cacher sa gêne, Estelle opéra un retraite et revint un peu plus tard sans ses leggins et en arborant une robe plus traditionnelle, qui ne laissait rien soupçonner. On discuta de l’incident après le départ de notre invité. Au moment fatidique, tout se déroula très vite dans sa tête. Elle pensa qu’elle pouvait lever sa jupe et que les leggins assuraient un bon camouflage. Mais une fois la jupe levée, elle vit bien que tout devenait extrêmement visible. Elle réalisa que notre ami pouvait tout deviner sur ses secrets vestimentaires et elle en ressentit une certaine panique sur le moment. Je la rassurai et elle finit bien par admettre que peut-être il n’avait rien vu. Et que si c’était le cas, eh bien il savait qu’elle portait parfois des bas, que j’y étais sensible et que cela m’était destiné.

Le seul dégât consistait en une jupe qui avait une légère odeur de whisky. Quant à la chatte, elle ne fut même pas privée de pâtée et eût plus tard un joli toutou comme compagnon de jeu. Avec lequel elle s’entendait fort bien d’ailleurs.

Jeter une bouteille musicale à la mer – Introduction

Rêver d’une femme en crinoline et bas coutures en écoutant autre chose que du rock and roll, c’est possible.

Cette séries d’ articles se veut un peu ironique, mais ne le prenez pas mal, si vous faites partie des personnes concernées par cette ironie. C’est au contraire une antidote à un certain manque de connaissances musicales. Je connais bien le monde des collectionneurs, ceux qui font comme moi oeuvre d’encyclopédistes, ceux qui comme les scientifiques datent au carbone 14, l’évolution musicale de ce formidable 20ème siècle. On peut, c’est  certain, être un fan de Johnny Hallyday ou Claude François et n’aimer que cela, ce n’est pas une tare. Cela peut paraître un bon bagage tant que l’on est dans le même milieu. Mais une fois sorti de ce dernier, il y a beaucoup de vide. Tandis qu’avec les encyclopédistes, la discussion est sans fin, des nuits entières, des pages couvertes d’encre, des heures d’écoute, de plaisir. On fait toujours une nouvelle découverte. Il faut juste aimer la musique et une certaine envie d’en découvrir un peu plus. On va explorer différentes époques au gré des humeurs, différents styles. Je situerai vaguement l’époque, le style auquel on peut les rattacher, années 50, 60, etc, en précisant juste première ou seconde moitié. Il n’est pas très important de savoir que tel titre est sorti en 1967 ou en 1968 ou en 1974. Parfois vous trouverez une petite note exotique, une curiosité liée au sujet
Tous les artistes que je vais mettre en évidence, ne sont pour la plupart que des inconnus du grand public. Vous n’y retrouverez pas les Doors, Jefferson Airplane, Beatles et j’en passe. Sans m’attarder non plus sur les musiciens, quelquefois légendaires, qui ont fait partie de telle ou telle formation. Ayant enregistrés quelques disques dont le plus grand mérite est d’avoir été vendus à 100 exemplaires lors de leur publication, certains ont eu le plaisir de jouir d’une admiration tardive et se produisent aujourd’hui devant des foules plus que considérables. C’est un peu au travail des encyclopédistes qu’ils le doivent. Alors profitez de leur travail, si vous vous sentez une attirance pour l’un ou pour l’autre, approfondissez, et je suis sûr que vous trouverez des oreilles complaisantes pour vous écouter et des bouches pour vous répondre. Et parfois se noueront de véritables amitiés à travers vos rencontres. Que du bonheur…

J’ai choisi comme illustrations musicales, des clips extraits de YouTube, dans ce que j’ai pu trouver, en vérité pas mal de choses. Ces fameux encyclopédistes sont derrière cela sans aucun doute. Parfois, la qualité sonore est un peu légère, parfois excellente. Il se peut aussi qu’un clip présent au moment de la rédaction disparaisse, ma foi c’est le risque.

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