Promenade à la lisière des bas en compagnie du commissaire

San-Antonio, vous connaissez? Oui bien sûr. Il a inventé une langue tellement vivante qu’elle en est presque insaisissable. Modestement, j’ai repris le thème d’un article précédent parlant d’une promenade à la lisière des bas, pour encore plus modestement essayer de le transcrire dans le style de San-Antonio. Essayé ou pas pu, il n’en reste pas moins que cet ardent défenseur du bas et de la jarretelle, reste l’un des plus grands inventeurs de la langue française aux siècles des siècles. Amen. Petit délire à lire sans délire.

Alors mes chauds de la rétine quand vous (échec) et matez une paire de guitares avec les cordes en nylon, ne me téléphonez pas qu’il ne transforment derechef vos périscopes en bouton de jarretelles, non? D’aventures en aventures comme on chante à la devanture d’une lamaserie, votre regard hagard où glande-t-il en crime time, comme dirait Béru? Comme je vous connais, vous flageolez de la cornée en vous posant en catastrophe sur l’étalon (Béru dixit), là ou le long Nil en nylon se jette à l’embouchure de la mère. Mais je sens que vos sens prennent de l’essence et comme vous avez la peau tellement tendue, quand une partie monte, le reste essuie.  Comme je sais que vous avez pris un billet avec correspondance à Sainte Prude, vous descendez à la station Dugenou pour voir si votre facteur n’a pas déposé un pli. Moi, rapide comme l’éclair (de notaires) je suis déjà en dessous de la ligne de flottaison, station Lisière. Là, je suis curieux comme Pinaud qui aurait trouvé un mégot intact sous le sapin de Noël, je décide le coup de la panne, pour une fois sans ma tire. Si c’est un collant, je pars sous les sunlights des tropiques faire l’ascension d’une forêt vierge. Mais si c’est des bas, priez pour moi mes biches, je cours acheter un futal (pluriel: des futaux) quelques tailles au-dessus histoire d’être à l’aise dans mes contemplations. Y’a pas à dire, on peut aimer le coucher de soleil sur les Alpes, mais la vue d’une jarretelle sous le crépuscule d’une jupe, doit autrement motiver les Japonais à jouer de la pellicule. Tiens t’as remarqué, ils sont partout ceux-là, à croire que plutôt que d’aller chez l’opticien, ils vont chez le photographe. Ils doivent se faire greffer des mirettes avec grand angle incorporé, doubleur de focale et flash automatique. Il paraît même qu’ils sont en train de mettre au point un objectif en forme de doigt pour aller oeiller sous les jupes. L’autre jour, Béru a descendu son froc face arrière à un fils de l’empire du soleil levant, Nikon ni con, en lui disant que son seul objectif, c’était que son cul reste du poulet. Brèfle comme dirait l’énorme, une paire de bas sur les jambes d’une donzelle dont la lisière tutoie le regard, quand tu joues aux dames, t’as forcément envie d’envoyer ton pion en faire une, si t’as le jeu pour…

Jeter une bouteille musicale à la mer (6)

The Sonics – USA Garage Punk – sixties seconde moitié

Autant ils furent ignorés à leur belle époque, autant ils gagnèrent une solide réputation à partir des années 80. Ils sont souvent considérés comme le premier groupe punk bien avant que cela ne déferle une dizaine d’années plus tard. Si cette renommée peut aussi être aussi attribuée à d’autres artistes, ils n’en reste pas moins que certains de leurs titres recèlent la recette qui leur vaut cet honneur. Un son lourd, rythmique souvent très basique et quelques chansons légendaires, le punk dans sa conception vintage. Quel régal monstrueux! 

Exotisme. Bien que sexagénaires maintenant, ils enchantent les foules qui ne sont pas spécialement constituées de gens de leur âge. Oui, ils se sont reformés et tournent dans le monde entier.

The Lemon Drops – USA – Psychédélique – sixties seconde moité

De ces zestes de citron qu’ils pressèrent, il en reste une goutte qui tient du nectar, une histoire de vie au printemps. Ecoutable des centaines de fois, je le sais par expérience, mais écoutons encore une fois, la première peut-être pour vous, espérons pas la dernière

The Evil – USA Garage Punk – sixties seconde moitié

Quand je disais que les Sonics n’étaient pas les seuls à faire du punk, en voici un bel exemple. Ecoutez plutôt le premier titre et le suivant aussi, c’est moins visible, mais tout aussi passionnant. Quel groupe!

The Bad Seeds – USA Garage sixties – sixties seconde moitié

Le Texas a toujours été un des états américains les plus prolifiques en musiciens, Johnny Winter, ZZ Top et des tas d’autres. Les Bad Seeds, aucune relation avec le groupe de Nick Cave, viennent de là aussi. Mais alors beaucoup moins connus, presque obscurs. Du garage très US, conventionnel en diable. Oui mais du garage conventionnel, c’est déjà beaucoup plus que rien. A déguster à travers trois titres, dont deux clips d’époques sauvés du déluge et un montage avec des filles aux allures de l’époque.

The Soup Greens – USA Garage sixties – sixties seconde moitié

Sous cette appellation bizarre, on y trouve autre chose que de la soupe, deux petites perles, deux faces d’un 45 tours. Un titre original et une reprise d’un fameux titre de Bob Dylan qui prouve que son oeuvre est transposable en garage. Pas de soupe dans le garage, mais quel bouillon!

The Boss Tweeds – USA Psychedelique, Garage sixties – sixties seconde moitié

Le plus beau film de Russ Meyer « Faster Pussycat Kill Kill » avait une bande sonore exploitée par ce groupe. La voici, garage basique. Mais écoutons aussi ce qu’ils ont fait un peu plus tard, plus psyché, ambiance tranquille aux relents plus nauséeux.

INSPIRATIONS

Il paraît presque impensable que les Fuzztones, groupe phare du garage revival, ne puise pas dans le répertoire des Sonics.

Les Cramps aussssssi…