Bas sauce napolitaine

Ceux qui me suivent régulièrement se rappellent d’une de mes visions, je n’ai pas de visions au sens fictif du terme, mais bien réel. Cette vision concernait la cliente d’un restaurant qui levait un pan de sa jupe pour se faire un injection avec une seringue. Non, pas une droguée, plutôt le diabète ou un truc comme ça. Ah je vois, il y en a qui suivent, bravo! Eh bien ce restaurant me porte chance, car au même endroit j’ai eu l’occasion, c’est tout frais, d’admirer un joli spectacle. Je me suis arrêté dans le but de casser une petite croûte. La dernière fois, c’était des avocats aux crevettes si vous désirez connaître le menu. Cette fois, j’ai opté pour une sorte de spécialité du coin qui consiste en un plat de légumes au choix, cuits en chausson. C’est délicieux, léger et plein de vitamines. Voilà pour les réjouissances de la bouche. Pour celles de l’oeil, il a fallu un hasard et surtout une maladresse. J’étais assis à la table la plus proche de l’endroit où les gens vont se faire servir, c’est un self vous l’avez compris. Arrive une dame du style plutôt classe, blonde, en réalité une employée du magasin à côté. Elle était vêtue en sombre avec des des talons du plus bel effet. Bien sûr, la partie visible de ses jambes, étaient recouvertes de nylon, dame ce n’est pas encore la saison de se promener avec les jambes nues.  L’éternelle question revient à l’esprit et vous savez laquelle « bazoucolan » pour parler moderne. De l’endroit où j’étais, malgré un jupe assez serrée, très difficile à dire et je n’allais pas sortir ma loupe pour aller inspecter les reliefs de la dame, d’autant plus que je n’avais pas mon chapeau à la Sherlock Holmes et pour être franc, ma loupe non plus. Mais voilà, le petit lutin du destin sort de sa cachette et frappe. La dame en question avait opté pour une assiette de pâtes à la napolitaine, vous connaissez la différence entre la sauce napolitaine et bolognaise? Oui, alors passons, cela n’a d’ailleurs aucune importance pour la suite du récit. L’assiette, au lieu de tenir comme un objet bien élevé, glissa des mains de la dame et le contenu se répandit sur la jupe pour aller finir parterre, respectant en cela les lois de l’attraction terrestre. Voici donc une charmante jupe décorée de rouge sombre. Madame est bien ennuyée, mais rassurez-vous, le personnel très serviable lui tend un linge pour minimiser les dégâts. Elle entreprend un nettoyage de secours en débarrassant les impuretés indignes d’un tissu de bonne confection. Au cours de l’opération, plaquant le linge sur la jupe, des marques deviennent visibles et il ne fait pas de doute, des bas jarretières se cachent là-dessous. J’en ai la confirmation quand la dame se baisse, heureusement dans ma direction, pour aider le personnel à nettoyer le sol. Elle écarte les jambes tout en accomplissant sa besogne. Mes amis quelle vue! On a beau vanter la baie de Naples, mais là, c’est autre chose, c’est plus près et ça ne coûte rien. Un grand merci à cette complice involontaire. Je ne regarderai plus jamais un plat de pâtes de la même manière. La seule question qui m’angoisse est celle-ci: et si elle avait commandé un sandwich?



Jeter une bouteille musicale à la mer (8)

Si l’Angleterre et les USA avaient un monopole quasi total et mondialement en matière de musique dans les années 60, certains artistes ou groupes parvinrent quand même à se forger une gloire locale et souvent pas la moindre. En imitant les autres le plus souvent, il devinrent des stars locales. Quelquefois leur réputation franchira les frontières. ou à défaut une de leurs chansons. Voyons à travers quelques pays quelques unes de ces idoles glorieuses dans un coin du monde. Commençons par l’Allemagne

The Rattles

Incontestablement le plus populaire groupe allemand et des talents certains. Gros succès dans le pays avec une percée sur le plan international en 1970 et la chanson « The Witch ». Leurs répertoire fut assez standard, mais avec pas mal de titres originaux. Le groupe connut d’innombrables changements de personnel.

The Lords

Les nos 2, très populaires sans jamais égaler le succès des Rattles. Coupes de cheveux en mop, ils puisaient une bonne partie de leur répertoire dans le folk auquel ils ajoutaient une touche beat. Un de leurs premiers hits, une version rock du fameux « Greensleeves ».

Casey Jones & Governors

De vrais anglais, ce groupe intégra un certain Eric Clapton qui décida de rester dans son pays quand le groupe voulut aller en Allamagne. Clapton rejoignit les Yardbirs et connut le succès que l’on sait par la suite. Quant aux autres, ils ne réussirent pas trop mal en Allemagne et devinrent l’un des groupes les plus en vue. Base très rock and roll

The Liverbirds

J’ai toujours été fasciné par les groupes féminins, j’entends par là pas seulement les groupes vocaux, mais ceux qui s’coompagnent instrumentalement. Pas de quoi m’extasier, ils sont assez rares. En voici un des plus beaux exemples en ce qui concerne les sixties. Quatre jeunes anglaises qui vont tenter leur chance en Allemagne. Et cela marche plutôt bien. Elles enregistrent deux albums et quelques singles.
La bassiste marie Frank Dostal des Rattles pour les faits mondains et pour la musique, elle ne font pas dans la guimauve, mais s’inspirent plutôt de Chuck Berry ou Bo Diddley. Sans être exceptionnels, leur enregistrements méritent la mention bien.

Lee Curtis & All Stars

Un autre anglais qui trouva en Allemagne de quoi voler plus haut. Il commence en Angleterre chez Decca et enregistre sans grand succès. Son principal atout, il a un type de voix à la Presley et est plutôt beau mec. Il file en Allemagne et fait du célèbre Star-Club de Hambourg son fief. Il y chante quasiment tous les soirs et plusieurs fois. Il serait, d’après ses dires, entré sur la scène plus de 7000 fois. Il rencontre toutes les stars qui s’y produisent, les Beatles, Johnny Kidd, Jerry Lee Lewis, Jimi Hendrix, c’est une encyclopédie vivante. Un accident de voiture en 1967, dans lequel il n’est pas blessé, met un terme à sa carrière. Il vend tout son matériel pour payer les frais d’hôpitaux des autres passagers. Il rentre en Angleterre et finira comme directeur d’une chaîne d’hôtels. Il revient sur scène régulièrement surtout en Allemagne où il est encore très apprécié.

Ian & Zodiacs

Toujours des Anglais pour les mêmes raisons, le marché national est saturé. Ian et les Zodiacs fut un groupe très en vue et ma foi plutôt bon. Deux titres, le premier « All Of Me », un standard du jazz modulé pour en faire quelque chose de plus appréciable par le génération beat, une belle réécriture. Le second, un original de très bonne facture « No Money No Honey ». Ils se produisent encore.

The Remo Four

Un groupe qu’on ne peut pas passer sous silence, tant pour ses qualités que pour le succès relativement important qu’il a connu. Ils sont de Liverpool et marchent sur les traces des Beatles à la fameuse Cavern. Ils deviennent les accompagnateurs de Tommy Quickly et Johnny Sandon sur disques. C’est encore une fois l’Allemagne qui les adoptent. Dans leurs rangs on compte Tony Ahston, plus tard célèbre dans le trio Ashton Gardner & Dyke et un guitariste soliste assez talentueux Colin Manley. Ils seront recrutés par George Harrison en 1967 pour son premier essai solo « Wonderwall », musique de film. Ils se séparent définitivement vers la fin des sixties. Quelques beaux titres enregistrés en Angleterre et surtout en Allemagne laissent de bons souvenirs et surtout un potentiel mal exploité par les producteurs.

The Rainbows

Cette fois-ci c’est vraiment un groupe germanique. Ils trouvèrent l’astuce d’enregistrer un titre très élémentaire, très accrocheur, des paroles simplistes. Ce fut un cyclone en Allemagne et pas mal de pays alentours. D’innombrables versions en furent enregistrées et fut au répertoire de tous les groupes sur scène. Succès autant grand que sans lendemain.  Alors écoutons ce fameux « Balla Balla ».

The Yankees

Quelques groupes chantaient aussi en allemand, c’est normal quand on est citoyen du pays. Un peu la même recette que le précédent, accrocheur et dansant. Ecoutez et vous verrez, même si vos détestez l’allemand.