Nylon paparazzi (4)

En 1965, alors que la mode est à un tournant, une sorte de petite guerre commence via les modistes par journalistes interposés. Dans un numéro du Free Lance Star au début de l’année, nous retrouvons un commentaire dû à une chanteuse alors très populaire, Sandie Shaw. Cette chanteuse avait la particularité pour ceux qui s’en souviennent, de chanter les pied nus. Cette année là, c’est aussi l’apparition de plus en plus présente du collant, avec pour raison principale l’avènement de la mini jupe.
Voici l’article, avec comme toujours une traduction libre de votre serviteur.

Une journaliste de mode prédit que les adaptes de la mode ne porteront bientôt que deux sous-vêtements, sans préciser lesquels. Il apparaît que c’est le soutien-gorge et la slip. Selon l’avis de Sandie Shaw dans le Daily Sketch, le porte-jarretelles est condamné. Elle dit que les filles adoptent rapidement le bas auto-supporté (allusion au collant mais le mot n’est pas tout à fait passé dans les moeurs). Au pire cela fera plaisir aux détracteurs du corset  qui trouvent qu’ils sont mauvais pour nous, ajoute-t-elle. Mais si Miss Shaw a raison, elles garderont à l’esprit l’avertissement du professeur Alexander Boyd de l’université de Manchester. Il met en garde les filles qui portent de bas légers et des slips minces comme des feuilles de papier sur le risque qu’elles courent pendant les jours froids. Il conseille de porter des culottes épaisses à la mode ancienne avec des longs canons et des bas épais, sinon elles risquent d’attraper une maladie connue qui fait gonfler les jambes et rend la peau tachetée.

A propos de Sandie Shaw, la voici en 1964 sans le succès qui l’a révélée

Dans un journal américain de Chicago, période sixties, on s’inquiète de la sécurité routière, d’une manière assez farfelue.

Gaines et porte-jarretelles dangereux?

Les gaines et porte-jarretelles sont une menace pour la conduite automobile rapporte un fabricant britannique. La compagnie British Leyland a passé le mot au conseil de la sécurité. Les gaines sont dangereuses affirme la compagnie, parce qu’elles deviennent rapidement inconfortables et la conductrice se tortille derrière le volant.
Porte-jarretelles – L’enquête démontre que les pieds de la femme sont levés de l’accélérateur et en tentant d’inverser le mouvement commandé par le porte-jarretelles, elle appuie sur la pédale d’une manière inconsidérée. L’enquête conclut que le port du collant offre une meilleure sécurité.
A quand l’interdiction du port des bas en conduisant?

Dans le Rock Hill Herald en 1967, courrier des lecteurs…

Quand votre fille de 16 ans, va aux promotions de son école, elle doit porter une jarretière de fantaisie. Elle peut après la remettre comme souvenir à son escorte. Nous lui suggérons plutôt de donner un ruban de ses cheveux ou une fleur de son corsage. Nous avons toujours consldéré la jarretière comme une partie de sous-vêtement. Peut-être l’étape suivante, les garçons vont lui demander sa gaine ou son soutien-gorge. Que va-t-il arriver à notre belle jeunesse? – Une mère.

Chère mère – Donner à son escorte sa jarretière en souvenir, n’est ni nouveau ni méchant. Ne vous inquiétez pas des autres. Quand un jeune homme demandera une gaine ou un soutien-gorge, c’est qu’il aura le vent en poupe et l’envie de revenir.

Etes-vous un bon nylon paparazzi?

Savez-vous dans quel film on trouve cette scène?

Lesquelles de ces chansons ne font aucune allusion aux bas nylons?

1 – C’est Extra – Léo Ferré

2 – Chacun Fait Ce Qui Lui Plait – Chagrin d’Amour

3 – Le Diable Me Pardonne – Johnny Hallyday

4 – Elle Glisse – Pigalle

5- Bonnie And Clyde – Serge Gainsbourg & Brigitte bardot

Et bien sûr les pubs…


14 réflexions sur “Nylon paparazzi (4)

  1. Ah le temps qui passe est toujours délicieux à relire, par contre je m’inscris en faux pour le « passage » du journaliste de l’époque sur la gaine et le porte-jarretelles dangereux en voiture… D’abord parce qu’il n’y a pas que la conductrice qui se tortille quand elle en porte et que sa jupe remonte (la coquine, je parle de la conductrice), le passager aussi « se tortille »,
    et ensuite la dite dame ne se « tortille » pas « QUE » parce que l’on croit (croyait) que c’est inconfortable une lingerie couvrante (comme on dit aujourd’hui) ou un PJ, mais parce que le passager lui obéit (ben oui on est galant ou pas) quand elle lui glisse pour ne pas se départir de ses mains sur le volant : « Dit chéri, tu peux me remettre mon PJ et ma petite culotte en place, elle glisse un peu ? » Voyez comme on déforme la réalité chez les journalistes cher ami ? ! Bien à vous.

    • Merci mon cher Valmont,

      Ah oui c’est journalistes, quels rigolos. Il s’agissait sûrement ici d’un journaliste à la solde des fabricants de collants. Si on résume l’époque, toutes les femmes portaient des bas et conduisaient au début des années 60. Moi même habitant au bord d’une route très fréquentée à cette époque, je ne me rappelle d’avoir vu que deux femmes impliquées dans un accident, pour je ne sais plus combien d’hommes, 20,30. Je n’avais pas non plus l’impression que les femmes se tortillaient. Le grand risque était que le passager promène sa main ailleurs que sur le tableau de bord disons… de la voiture!
      Je trouve savoureux ces articles d’un autre temps, où l’on parlait de bas comme un reflet de l’actualité, car c’était d’actualité. Heureusement la liberté de presse existait et ce qui nous permet d’en rire maintenant.

      Amitiés

  2. Je viens de découvrir que je suis un danger public au volant !!! Au moins si je me fais arrêter pour excès de vitesse je pourrais invoquer le prétexte du porte-jarretelles ;))… j’imagine la tête du policier, parce que bien sûr il faut toujours prouver dans ces cas là !
    Baisers soyeux à vous !!

    • Merci Miss Legs
      Bien qu’à une époque de ma vie j’ai été ambulancier, je peux vous rassurer, il y avait peu de femmes impliquées et à ma connaissance aucune avec un porte-jarretelles. J’espère que cela vous rassure et puis surtout continuez…

      Bises soyeuses à vous

  3. la dame sur le vélo ======le film c’est «  »Malicia » » avec Laura Antonelli et Alesandro Mono mais ici il sagit de Tina Aumont sur la bicyclette

    • Bravo Marcel!

      C’est en effet bien ce film là, je m’étonne que personne n’aie trouvé. Enfin, sans doute nous avons vu chacun de notre côté ce film à sa sortie. J’avais juste l’âge pour y aller. Maintenant on le projette presque dans les écoles. Mais à l’époque, rares étaient les films qui offraient autant de visions de bas et de jarretelles en 1h30. En plus c’était drôle. Pour l’actrice, c’est bien Tina Aumont, la fille de Jean-Pierre.

      Encore bravo!

  4. Ah!!! Que je les ai maudit ses années 68/69/70.
    Mary Quant venait de passer par là avec ses minijupes et signait ainsi l’arrêt de mort des bas et des porte jarretelles.
    Bien sûr, la mini jupe nous a permis de voir de belles gambettes, mais à quel prix?
    Encore gamin, je profitais journellement des femmes de ma famille qui ôtaient, ou mettaient leurs bas sans même se poser la question de savoir si le petit dernier (moi) était dans les parages ou non.
    Pour sûr, que je m’arrangeais pour être toujours à l’affût.
    Des années de bonheur!
    Puis, en arrivant, la minijupe a amené dans ses bagages les affreux collants.
    Un jour comme les autres, ma grande sœur a dû se pencher et mon oeil comme à l’habitude, se préparait à se repaitre du spectacle des jolis revers de ses bas.
    Quelle surprise!
    Je ne voyais rien. Pas de revers…et pourtant ses jambes étaient couverte de nylon…
    Je me souviens m’être dit que peut être portait elle des bas plus long, qui montaient plus haut…
    Je voulais en avoir le coeur net.
    Une inspection rapide du panier à linge me fit malheureusement découvrir la triste réalité.
    Il n’y avait plus de porte jarretelles ni de bas dans la panière.
    Il n’y aurait plus de bas à sécher sur le fil à linge de la salle de bain.
    J’étais désemparé. Perdu.
    Me répétant sans cesse: « Je ne verrais plus de bas ».
    Heureusement, je ne mis pas longtemps à me rassurer car maman, elle, n’avait pas cédé à la mode de ces affreux collants.
    Pour combien de temps.
    A propos de temps, celui ci me manque ce soir et je vous dit à demain pour la suite de ma réponse.
    Daniel

    • Bonsoir Daniel,

      Oui des années maudites. Je n’avais pas la change d’avoir des éléments féminins chez moi, à part ma mère qui ports des bas sans jamais passer au collant, pour juger de l’évolution de la chose. Mais peu à peu j’ai constaté que les bas disparaissaient. En étant large, je dirais que jusqu’au début 1969, c’était encore le cas ici ou là chez mes copines d’école. Mais de plus en plus rarement. Les dames d’un certain âge mirent plus longtemps à passer ce cap, certaines ne le franchirent jamais. J’ai encore vu l’année passée une dame dans les 80 ans qui portait de vrais bas à coutures. Elle a certainement jamais mis des collants. Elle devait avoir une petite quarantaine à l’époque du changement. Comme j’ai pu le comprendre, ce n’est pas tellement par souci d’élégance ou d’aguichage, mais elles trouvaient les bas plus pratiques et agréables. C’est encore une chose à faire admettre aux plus jeunes, bien que certaines nouvelles converties soient du même avis que les anciennes. Ceci et le reste font que les bas, c’est quand même une chose qui mérite d’être souligné avec un gros trait.

      A bientôt

  5. Bonjour.
    Je viens terminer ma lettre ou je disais me trouver désespéré de la disparition des bas.
    Oh bien sûr celle ci ne s’est pas faite du jour au lendemain et dans ma famille, mère, cousines ne cédèrent pas tout de suite et jamais pour certaines.
    Je me souviens à ce sujet là, d’une publicité dans les revues de l’époque( l’écho de la mode) peut être ou l’on voyait une énorme paire de ciseaux qui s’apprêtait à couper net le ruban d’une jarretelle. Le slogan: « Fini les jarretelles » Porter le bas*$_^;:…
    C’était en fait l’ancêtre du bas dim up. Je haïssais cette publicité car j’avais compris que les créateurs voulaient supprimer la belle lingerie.
    J’ai du me rendre à l’évidence. Le bas que je chérissais disparaissait.
    La longue traversée du désert commençait pour moi.
    Les notes (pam pam pam pam!!!!) de la pub pour les collants dim me vrillaient les oreilles et je pleurais le souvenir de leurs ancêtres » les bas Dimanche ».
    mes seuls refuges étaient quelques films en noir et blanc où l’on apercevait parfois une belle actrice mettre ou ôter un bas devant la caméra…(Merci F. Truffeau et les quelques autres qui n’abdiquèrent jamais devant les dictats de la nouvelle race de couturier. (p.Rabanne…etc…
    Ah!!! La jarretière…Arletty a eu cette parole magique en disant:
     » La jarretière! C’est le dernier obstacle avant le bonheur. »
    Elle avait tout compris.
    Si j’avais regarder cette rubrique plus tôt, j’aurais rapidement répondu à la question sur la photo du film Malicia.
    Ce film fût pour moi, un véritable bonheur.
    La belle Laura Antonnelli a déclenché en moi une vague de bonheur, quand je l’ai vu perchée sur son escabeau, tout en sachant que le jeune fils de la maison regardais sous ses jupes, les magnifiques bas à couture qu’elle portait avec tant de naturel et d’élégance aussi.( Ce jeune acteur, a perdu dans le film sa virginité avec la belle Malicia, mais je crois qu’il a aussi perdu la vie en se suicidant quelques années plus tard…Amoureux de Malicia ou peut être de ses jolis dessous??)
    Ce film (vu des dizaines de fois) me donna le goût pour les films Italiens de l’époque…Oh bien sûr, pas des grands films mais ou la place des femmes avec leurs jolis dessous n’était jamais oubliée.
    Et puis il y a eu le film culte: « La Clef ».
    Un autre vrai bonheur de voir la délicieuse Stéfania Sandrelli évoluer dans des tenues d’une rare élégance, et qui laisse le vent soulever sa robe sur la plage ou dans une gondole pour nous laisser admirer ses jambes magnifiques que de merveilleux bas noirs ennylonnent de la plus exquises des façons.
    Pour finir mon trop long propos ( c’est plus fort que moi dès qu’il s’agit de bas…) ceux qui disaient que les gaines, corsets et autres porte jarretelles étaient dangereux pour la femme et sa manière de conduire, ne sont que les descendants de ceux qui nous expliquaient que le train tuerait tout le monde et qu’il était impossible de respirer à plus de 40 km/h…

    • Bonsoir Daniel,
      A propos de films, je me souviens bien de « Malicia », un des premiers films en grande diffusion avec des bas bien exposés. Mais j’en avais découvert par hasard un autre deux ans avant qui faisait aussi une belle part aux bas. Il s’agissait du film anglais « Percy ». Je suis allé le voir pour une toute autre raison, la bande sonore du film avait été interprétée par les Kinks, un groupe que j’adorais. Il y a quelques belles scènes, mais assez téléphonées. Enfin on prenait ce qui venait.
      Ah oui, « La Clef » et plusieurs Tinto Brass. C’est vraiment un cinéaste que j’adore dans son genre et je crois l’un des meilleurs, sinon le meilleur. Il y a aussi, un peu oubliés, « Le Dortoir Des Grandes » nombreuses scènes fétichistes et « Les Bijoux De Famille » qui n’est pas mal non plus.

      A bientôt et encore merci

  6. Mille pardons.
    Dans l’enthousiasme d’envoyer ma « bafouille » j’en ai même oublier de dire:
    A bientôt.
    Daniel

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