Le petit Chaperon voit rouge

Il était une fois une jeune fille très jolie qui était habillée tout en rouge, on l’appelait le Chaperon Rouge.

Un jour sa mère lui dit d’aller porter des bas à sa grand-mère qui habitait dans la forêt, car elle avait  avait filé sa dernière paire et il faisait très froid.

– Prends garde au loup, c’est un coquin, il rôde dans la forêt.

Elle alla dans sa chambre, enfila ses bas rouges, qu’elle fixa à  un porte-jarretelles de la même couleur et enfila une  petite culotte assortie.

Elle quitta sa maison, son petit panier à la main, contenant six paires de bas et se dirigea en chantonnant vers la maison de mère-grand.

Maître Loup errait dans les bois, il n’avait pas tellement faim, mais le printemps qui ne tarderait pas à venir le mettait dans de bonnes dispositions sentimentales. Alors, qu’il s’était arrêté pour rêvasser, il entendit un chant mélodieux  qui s’approchait de lui. Ecartant les buissons, il vit le Chaperon Rouge qui trottinait sur le sentier à travers bois.

– Diable, se dit-il, que voila une bien jolie fille, je ferais bien un brin de causette avec elle.

Sortant de sa cache, il l’aborda:

– Ou vas-tu donc comme ça jeune fille?

– Je vais chez mère-grand lui apporter des bas, car elle n’en as plus une paire entière, mais dis-moi, on raconte que tu voles le petites culottes qui sèchent au vent.

– C’est une bien triste réputation que l’on me fait là, je n’ai pourtant volé que des poules et des lapins, il faut bien manger.

– Ta mère-grand porte des bas, ce n’est plus très à la mode, les femmes portent des collants maintenant?

– Oh ce sont des idiotes, les bas sont plus sexy.

– Laisserais-tu entendre que toi aussi tu portes des bas?

– Oui j’en porte tous les jours, cela plait aux hommes. D’ailleurs il ne fait pas chaud aujourd’hui.

– Ah j’aimerais bien voir!

– Ce n’est pas pour les vieux loups comme toi, tu ne verras rien, je file chez ma grand-mère, salut!

Le loup qui connaissait bien les bois savait où se trouvait la maison de grand-mère. Il fila à toute vitesse dans sa direction en prenant un raccourci. Arrivé , il frappa à la porte.

– Qui est là, questionna une voix chevrotante?

Le loup adoucissant sa voix répondit:

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre, j’avais tellement froid aux jambes que je me suis mise au lit en t’attendant. Tire la chevillette et la bobinette cherra!

Le loup entra, se précipita sur la bonne femme, l’assomma, enfila ses vêtements, puis la fourra dans un placard. Il se glissa dans le lit et attendit.

Un peu après, on frappa à la porte.

– Qui est là demanda le loup?

– C’est le petit Chaperon Rouge qui t’apporte des bas!

– Entre et viens t’assoir près de moi.

Le loup se cacha sous les draps, tandis qu’elle entrait. Il souleva discrètement les draps pour jouir du spectacle. La Chaperon Rouge releva sa jupe, réajusta lentement  ses bas,  retendit les élastiques de son porte-jarretelles. Le loup n’en perdait pas une miette. Elle  se dirigea vers le lit et souleva les draps.

– Mère-grand comme vous avez une jolie nuisette!

– C’est pour mieux plaire aux hommes mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez une belle culotte!

– C’est pour être plus sexy mon enfant.

– Mère-grand, comme vous avez de jolies jarretelles!

– C’est pour mieux tenir mes bas mon enfant.

A ce moment le loup se précipita sur elle et voulut l’embrasser.

Mais le Chaperon Rouge qui avait pratiqué les arts martiaux, lui fit une prise qui l’envoya s’asseoir dans la cheminée ou brûlait un bon feu. Ses poils s’enflammèrent et il se précipita dehors pour se jeter dans le puits.  Ne sachant pas nager, il se noya et on entendit plus parler de lui.

Moralité: avoir le feu au cul deux fois de suite, c’est une fois de trop!

20 réflexions sur “Le petit Chaperon voit rouge

  1. J’avoue bien que travaillant tard à la nouvelle version de Nylon-mode.com, je flanais vers votre blog.

    Et là quelle rigolade, quel bonheur visuel et imaginaire sur votre chaperon rouge !!! SUBLIME RECIT !

    La vie est plus douce ainsi

  2. Oh mon dieu, heureusement que j’ai lu votre prose avant l’arrivée du personnel, je n’aurais pas aimé qu’ils me voient me rouler par terre dans mon bureau, me soupçonnant de boire en cachette le matin ! Mais où allez-vous chercher tout ça, hein, où ? Enfin, l’important n’est pas que vous répondiez à ma question mais que vous n’oubliiez pas le chemin de cette zone bénite de votre cerveau fécond !
    Entre nous… vous feriez un loup tout à fait honorable, mais le cas échéant soyez plus malin 😉
    Amicalement et en rigolant

    • Merci Cassiopée,

      Je vais quand même essayer de répondre à votre question. Pour essayer de faire de l’humour, je pratique de deux ou trois manières. Soit, un fait de tous les jours vous passe sous le nez et il faut saisir le côté humoristique que l’on peut y trouver. Et puis il y a la réalité, une situation, que tout le monde connaît. Ici c’est un conte bien célèbre. Je l’ai simplement transposé en changeant un objet, le pot de beurre est devenu une paire de bas, le reste n’est qu’imagination. Les chronologie du récit est à peu près conservée, mais le fait de changer le beurre en bas offre des possibilités nouvelles que je n’ai pas manqué d’exploiter. Et par dessus tout, il y a les mots, les tourner, les associer, les décomposer, les faire se rencontrer d’une manière pas toujours grammaticale ou logique. Là, la meilleure aide est d’avoir un vocabulaire aussi vaste que possible. Imaginez ce que l’on peut faire par exemple avec vert, vers, ver, vair, mots semblables en prononciation mais pas en écriture. Il y a aussi une situation que l’on peut se donner comme absurde et qui aide à travailler l’imagination. Exemple: parler d’une boule de billard sans décrire ni la couleur, ni la forme. En faisant un texte à partir de ça, si vous indiquez le titre et que vous lisez votre texte à un auditoire, il serait bien malheureux que vous ne déclenchiez pas quelques rires. En fin de compte, elle peut en faire des choses cette boule. Une piste, on peut la faire parler, ce qui évite de la décrire. Imaginez une billard et tout ce qui put s’y passer. Raconté par la boule, cela peut devenir drôle.
      Voilà, comme vous l’avez compris, l’imagination est primordiale, mais on peut en avoir beaucoup et ne pas savoir l’employer. Il faut juste franchir un pas essentiel, l’écrire ou le raconter.
      Je suis en fin de compte flatté de faire rire mes visiteurs et d’aborder le bas nylon sur un ton léger. Pour moi qui gère un blog plutôt texte que photos, si j’en juge pas les nombre de visites, c’est sans doute qu’il aiment cela selon cette manière de faire.
      Encore merci
      Bien à vous avec humour

  3. Oooh sublime cette version du Petit Chaperon Rouge … J’ai bien ri encore une fois, merci pour cette délicieuse histoire. A bientôt.

    • Merci Dentelle,
      C’est disons, une version plus moderne d’une vieille histoire qui méritait un coup de peinture.

      A bientôt et encore merci de votre passage.

  4. Excellent, je me doutais que la chute me plairait, mais là j’adore, j’adore et je suis morte de rire… hummm quel grand gentil 😉 loup ne rêverait pas de voir l’innocente jeune fille réajuster ses bas… beau spectacle n’est-ce pas !! Mais au fait, et la grand mère dans tout ça, pensez à ouvrir le placard ;)) et respect à cette dame qui à initiée sa fille et petite fille à ce doux rituel et cette belle mise en beauté !!
    Bises soyeuses à vous gentil conteur pour grands enfants !

    • Merci Miss Legs,

      J’imagine très bien ce loup avec sa grande langue pendante se léchant les babines. Ah oui, cette pauvre grand-mère, oh elle est sortie de son placard et pour fêter ça, elle a vite enfilé une paire de bas pour se réchauffer et préparé un gâteau au beurre pour soigner son cholestérol.

      Bises soyeuses de la part du conteur

  5. Quand vous revisitez Perrault mon cher ami, on se sent pousser de grandes dents et on tire la langue (à défaut de chevillette), je vois en plus en cliché que vous savez choisir vos « chaperons », bonne soirée et amitiés.

    • Merci mon cher Valmont,

      Sans doute Perrault n’avait pas imaginé cette trahison, mais c’est un peu de sa faute, le texte est court. C’est sûr que je ne revisiterai pas les romans de Hugo ou Zola.
      Bonne semaine à vous et amitiés

  6. Et Blanche neige…
    Si timide découvre qu’elle aussi porte des bas et un porte jarretelles il va encore rougir jusqu’aux oreilles , le pauvre…

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