Du nylon très 50-60

Merci à toutes les dames qui aujourd’hui nous font le plaisir de porter de bas. Ce coup de coeur, je l’ai toujours au bord des lèvres.  Il y a cependant une chose que je regrette un peu et hélas, elles n’y peuvent rien! C’est en quelque sorte l’intendance qui ne suit pas. Je m’explique. Porter des bas aujourd’hui est une chose relativement facile si on veut bien le faire. Il faut bien sûr une paire de bas pour commencer. Ensuite de quoi les tenir, porte-jarretelles, serre-taille. guêpière. Vous connaissez la liste aussi bien que moi, vous messieurs, qui reluquez de travers quand un pan de robe se soulève, n’est-ce pas? Vous mesdames, qui êtes confrontées directement au problème « matériel » de la chose. De ce second cas, il faut bien vous procurer le nécessaire et aller à la bonne place pour votre achat. En passant, faites vous offrir le tout, je connais pas un homme qui ne sortirait son PORTE-monnaie pour offrir un PORTE-jarretelles à sa belle. Vous voyez le mot porte est très bien accompagné dans la langue française, bien que je trouve le second nettement plus sexy, quoique certaines femmes peuvent penser le contraire. Ne tombez pas dans le piège de la lingerie à bon marché, conseil que l’on ne peut que répéter encore et encore. Une bonne pièce de lingerie ne court pas les rues, il faut aller chercher dans des endroits qui mettent un point d’honneur à contenter une clientèle exigeante et connaisseuse. Ils existent mais sont en fin de compte assez peu nombreux, quelques fabricants que l’on peut conseiller à travers le monde dont vous connaissez les principaux. Cela provoque immanquablement une certaine uniformité, une ressemblance dans leurs créations. Soulignons en France le cas de Cervin qui produit des bas sur un authentique métier à tisser d’époque, ce qui donne à leurs bas une classe incomparable et par définition des jambes qui peuvent prétendre en bénéficier. Le vieux nostalgique que je suis dans ce domaine, sait au moins une chose. A l’âge d’or des bas, ces fournisseurs étaient de milliers avec chacun sa manière de faire. La diversité de l’allure d’un porte-jarretelles était presque infinie. C’est un peu comme le visage humain, vous avez remarqué tout les différence que l’on peut obtenir avec deux yeux, un nez, une bouche et deux oreilles. Autant dire que le spectacle offert par une femme qui exposait ses dessous était d’une variété folle. Ce n’était jamais deux fois exactement la même chose. Des bas tenus haut, bas, avec revers plissé, tendus de manière lâche, extrêmement tendus, des élastiques longs, courts, avec longueur réglable ou sans, des jarretelles petites, grandes,  cachées par des rubans ou visibles au premier coup d’oeil et j’en passe!

Je me suis replongé dans les photos d’époque, une récolte qui tourne autour de la fin des années 50 à la première moitié des années 60. Vous pourrez y admirer de jolies  filles et un spectacle qui souligne mes propos. Epoque bénie, mais remercions encore une fois les femmes actuelles qui perpétuent cet art de l’élégance à nul autre pareil. Petit jeu: parmi ces photos se cache une actrice très connue, l’une des rares qui avouait porter encore des bas quand ce n’était plus la mode. Saurez-vous la reconnaître?

Yes, oh yes!

L’âge d’or de la pop est ou peut sembler une chose lointaine et les musiciens qui l’alimentèrent sembler remonter à l’âge des dinosaures. Il y a pourtant pas mal de ces groupes qui tournent encore et même avec un certain succès. Le groupe anglais Yes en est un exemple vivant. Ils apparurent à la fin des années 60 et furent immédiatement rangés dans une musique classieuse qualifiée de progressive à l’époque. Il est vrai que leur musique n’était pas à proprement parler facile d’accès à la première écoute. Votre serviteur, assez vite lassé par le top 50 de l’époque mit quelques albums de Yes sur son bon vieux tourne-disque. L’histoire du groupe est assez tumultueuse, de nombreux changements de membres se produisit au fil des ans. Il se séparèrent se reformèrent au gré des humeurs pour finalement arriver jusqu’à nous. Malgré tous les rebondissements de personnel, il y a quand même trois membres que l’on peut qualifier de squelette stable du groupe, Jon Anderson le chanteur qui a renoncé il y a trois ans pour raisons de santé; Steve Howe, le guitariste; Chris Squire, le bassiste qui a traversé toute l’histoire; Alan White, le batteur. Depuis le départ de Anderson, c’est un franco-canadien relativement jeune , Benoît David, qui assure le chant avec une certaine classe. Il est assez rare que ces musiciens d’une autre époque aient encore une fibre créatrice, il se contentent de se produire sur scène.  Quand ils essayent de faire quelque chose de nouveau, on est le plus souvent déçu du résultat. Yes a tenté l’aventure et sorti un nouvel album »Fly From Here », tout récemment. Je voudrais dire de suite que je suis un peu sur le cul. Ah oui il peuvent et savent encore voler. Cela ne renie ne rien la musique de leurs débuts, c’est créatif, mélodieux, parfaits vocaux et harmonies. Je retrouve un peu de ma jeunesse avec ces ambiances musicales que j’adorais, un peu surréalistes. aux échos distants. Je ne résiste pas à vous en propose un extrait, le titre principal.  Cela dure longtemps, près de 24 minutes, à écouter au casque de préférence. Mais quel pied!

La veuve soyeuse – 3

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait?  Elle figure en plusieurs épisodes.

Résumé – Deux amies d’enfance, Nicole et Claudine, se retrouvent à la mort de l’homme dont elles ont été l’épouse lors de ses deux mariages. Le défunt, grand amateur de lingerie et de bas, avait trouvé avec sa seconde femme une parfaite répondante à ses désirs. Elle initie et conseille l’ancienne épouse sur la manière de se rendre plus désirable avec des sous-vêtements plus aguicheurs.

Lire les deux premières parties

Claudine voulut s’éclipser pendant que Nicole se changeait, mais cette dernière lui demanda de rester. Bien qu’elles n’aient jamais touché aux amours saphiques, elles avaient quelquefois partagé leur intimité quand elles essayaient les habits chassés dans les boutiques de leur adolescence. Nicole détacha ses bas, ainsi que son porte-jarretelles. Elle enfila l’autre avec mille précautions, tandis que Claudine sortait de sa pochette une paire de bas à coutures en voile fin noir. Elle aida Nicole à attacher les bas en constatant sa maladresse. Une fois terminé, elle ne put s’empêcher d’aller se mirer dans le grand miroir de l’armoire. Elle fit deux ou trois tours en souriant toute étonnée du résultat.
– Ces bas me donnent des jambes parfaites.
– Tu es superbe ! Ils sont fabriqués à l’ancienne avec les diminutions. Jadis les bas étaient tous tissés de cette manière. Il n’est pas étonnant de voir ces jambes au galbe parfait sur les vieilles photos. Le tissage des bas moderne ressemble à des tuyaux de fourneau en nylon, comme si les jambes étaient une parfaite ligne droite.
– La sensation en les frottant l’un contre l’autre est tout autre, ils crissent, ce petit effet sonore est charmant. Bon si tu permets, je vais les mettre demain et les laisser pour ce soir. Je te dirai pour le porte-jarretelles, mais j’ai déjà l’impression d’être plus à l’aise.
– Attends encore un moment et tu auras complètement oublié que tu en portes un.
– Pour une fois que j’en ai un, il faut déjà que je l’oublie, sourit Nicole.
– C’est Philippe qui ne manquerait pas de te le rappeler.

– Je suis sûr que le changement lui plairait, dommage qu’il n’est pas venu, il aurait pu m’apercevoir une fois en tenue de grande parade !
Nicole se rhabilla complètement et elles regagnèrent le salon. L’heure était déjà bien avancée, mais elles n’avaient pas vraiment sommeil. De plus, rien ne pressait, les funérailles étaient prévues en début d’après-midi. Avant le début de la cérémonie, elles avaient prévu de faire une dernière visite à Gérard avant que l’on referme le cercueil. Aucun office religieux n’était prévu, le défunt avait toujours été un parfait athée. On se rendrait directement sur les lieux de l’ensevelissement. Devant une tasse de thé, la conversation se poursuivit.
– Toi qui porte toujours des bas, tu n’as pas été victime de gestes non sollicités ?
La question de Nicole n’était pas tout à fait innocente. Depuis un moment, elle ne savait pas trop pourquoi, sa vision d’elle dans le miroir, lui avait ouvert des horizons.
– Tu sais, pas plus que si j’avais porté des collants. Quand nous sommes dans le métro aux heures de pointe, si on homme a envie de te peloter, il va le faire de toute manière. L’histoire la plus bizarre qui m’est arrivée s’est déroulée ici dans la maison. J’avais mis mon linge à sécher dans la buanderie. Nous y avons accès un jour par semaine, moi c’est le jeudi. Je suis allé le chercher pour le remonter à l’appartement. Machinalement, j’ai tout mis dans la corbeille. Quand j’ai enfilé l’un deux qui faisait partie du lot, je me suis aperçue que les clips qui servent à régler la longueur des élastiques avaient été bougés. Pour celui-là, qui a plutôt les élastiques longs, il est toujours réglé pour les avoir le plus court possible. Quelqu’un les as bougés.
– Tu es sûre ?
– Certaine! De plus, le séchoir est fermé à clef, mais chaque locataire possède une clef.
– As-tu une idée sur la personne qui a fait ça ?
– Si je procède par élimination, pendant la journée de jeudi, il n’y a que le voisin du dessous et le couple de concierges qui sont présents toute la journée. Les autres travaillent et ne rentrent que le soir. Comme je suis remontée du séchoir vers six heures, cela s’est produit avant.  Je soupçonnerais plutôt le mari de la concierge, c’est le mieux placé pour voir les allées et venues. Je lui ai toujours trouvé un air bizarre. Quand je rentre, il sort toujours pour me saluer et ne perd jamais l’occasion de me regarder monter les escaliers, car comme tu l’as vu, nous n’avons pas d’ascenseur, la maison n’a que deux étages.
– Tu penses qu’il se fait mousser avec ta lingerie quand sa femme n’est pas là ?
– C’est une possibilité, pas une certitude. Mais je suis sûr qu’il est le plus intéressé par la chose. Je n’imagine pas sa femme, une grosse mémé avec trois mentons, lui faire ce genre de plaisir. Enfin passons, cela me gêne un peu, mais depuis je garde ma lingerie à sécher dans l’appartement. C’est bien fait pour lui.
Tard dans la nuit, elles décidèrent d’aller se coucher. En se déshabillant, Nicole ne put s’empêcher de regarder le nouvel effet de la lingerie sur son corps. Elle se trouvait tout simplement désirable. Elle était à la fois satisfaite et intriguée de ce qui lui semblait un nouveau pouvoir. De plus, elle devait s’avouer que depuis qu’elle avait enfilé le porte-jarretelles de son amie, elle n’avait senti aucun inconfort à le porter, contrairement à celui qu’elle avait cru bien d’acheter pour venir. Ce crissement qui accompagnait chaque croisement de jambes semblait lui rappeler qu’elle était un peu plus femme qu’avant. Décidément elle était conquise, elle en avait la certitude.

La nuit se passa, comme on passe une mauvaise nuit quand on sait que le jour qui vient n’est pas chargé de promesses agréables. Claudine resta éveillée presque continuellement. Elle ressassa les souvenirs de la vie avec son mari. Elle avait bien la sensation que sa vie n’était pas finie, mais que le temps pour en construire une nouvelle serait pénible et hasardeux. Sa seule certitude, elle avait la nette impression qu’aucun homme ne serait l’égal du précédent. Sa seule consolation, ils avaient bien profité des moments passés ensemble. Il ne lui restait plus qu’à effacer son désir de n’en  avoir pas connu plus. Il manquait celui qui aurait pu les lui procurer, parti accomplir son destin vers un ailleurs qu’il ne tarderait pas à découvrir, tout en croyant qu’il n’existait pas. Toutes ces pensées allaient, revenaient, se mélangeaient. Les rares moments où elle s’assoupissait, elle avait un sursaut qui la ramenait vers la réalité. Nicole, elle, n’eut pas autant de peine à trouver le sommeil. Il fut léger, presque sans interruption. L’homme qu’elle avait connu était un plus lointain souvenir, une croix qu’elle avait faite sur un moment de sa vie. De mari, il était devenu un ami que l’on avait du plaisir à revoir. Elle était quand même un peu triste, mais cette tristesse était toute relative. Elle avait bien conscience que la femme à qui elle avait laissé la place, fut ce que l’on pouvait admettre comme un changement profitable. Elle le découvrit même avec une certaine satisfaction, une sorte de pardon qui lui permit de mettre ses remords en berne et de ne pas regarder trop en arrière.

Suite

Art scénique et vieilles jarretelles

Intéressons-nous à quelques vieilles photographies qui datent des temps où la photo balbutiait et un peu après. De quoi se rincer l’oeil sur ces dames qui portaient des bas et dont l’objectif en a saisi le charme. Le texte d’introduction, je l’ai fait d’abord en argot. Pour ceux qui sont insensibles à son charme ou à sa compréhension, vous trouverez ensuite un texte plus académique ou la traduction si vous préférez. Remarquez que le second est nettement plus chiant.

N’esgourdez pas une jactance de mécolle, itou celles semées à tout vent par le professeur Larousse, mais ce dont à propos j’ai l’antenne réceptrice. Les portraits au ciseau, la barbouille en tube, le crayon baladeur ont bien sûr exposé leurs résultats aux œillades en trou de serrure. On reluque chez certains barbouilleurs, les donzelles en petites sapes. Le costume de naissance est mis en berne pour alimenter la marmite à faire bouillir la libido. C’est louf, mais les zizis taillés en pierre depuis l’antiquaille laissent le chaland censeur de marbre. Le barbouillage, le crayon à bonne mine, sèment parfois le bazar dans les chaumières préfectorales. Gribouiller une asperge entre deux noix ou un abricot poilu pouvaient faire un cavardiage de la brigade anti-gags.
Le clic-clic d’antan s’est borné à étaler ce que son cul de bouteille étalait comme la vérité vraie. Avoir un résultat sans branlette, ni brouillard, était déjà du trèfle à quatre, alors les bidonnages nada! On roule sur les jantes quant à savoir combien de fois Eros fut cité sur négatif dans les débuts. Les reliques ont disparu du bottin à turlutes. La photo amena un bain de jouvence postal, le bavardage timbré sans enveloppe, le mail omnibus. Les pans de manteau s’écartaient comme des braguettes pour exposer le menu du jour gros sel. Les baveux la jouaient frisquette, bobards, bondieuseries et tout le tralala. Les jours fastes, une pub de French Cancan faisait jacter les pipelettes, tandis que leur jules allait à confesse dans les lieux seins d’avant 1900. Au début, la tenue d’Adam était la plus côté aux bourses, mais les jambes affûtées en bas de soie étalent leurs vertus gaillardes sur des albums qui ne sont pas de famille. Alors, visionnons quelques à propos de quoi on jacte dans ce blog.

Je me demande bien à quand remonte la première photo coquine. J’imagine peu après l’invention de la photographie. A l’heure où les photos franchissent presque la vitesse de la lumière pour aller se poser sur des écrans anonymes, il est sans doute marrant de se rappeler le contexte des temps anciens et de ce que les moeurs permettaient ou pas à certains moments de notre bonne vieille histoire de la photo.
Je ne veux pas ici faire oeuvre d’historien, tout au plus donner un bref aperçu de ce que je sais sur la chose. La sculpture, la peinture, le dessin ont bien entendu montré l’érotisme sous diverses formes, le nu restant sans doute le plus prisé. On note chez certains peintres, l’idée de représenter la femme pas complètement nue, avec un voile qui cache telle ou telle partie du corps. On entre dans une sorte de suggestion érotique certainement plus aguicheuse que le nu intégral. Assez bizarrement, le nu en sculpture pratiqué depuis l’antiquité ne choque pas plus que cela. Le dessin ou la peinture est plus soumis à censure. Il n’y a pas si longtemps, représenter un sexe masculin ou des poils pubiens pouvait déclencher un scandale ou la saisie des oeuvres impliquées.
Pendant longtemps, la photographie s’est contentée de représenter la réalité. Aux temps héroïques, tirer une photo nette était déjà une réussite, alors les trucages on s’asseyait dessus. Difficile de savoir combien de photos érotiques furent prises aux premiers temps de la photographie, elles ont disparu de la circulation. La photo amena une nouveauté à grande diffusion, la carte postale. C’est là qu’a lieu la première vraie consécration sous le manteau de l’érotisme de plus ou moins grande série, aux environs de 1900. Les journaux étaient nases, l’impression de photos restait dans le domaine du banal, actualité, personnages, paysages, publicité. Tout au plus, on aurait pu voir une scène de French Cancan, un sommet de canaillerie publique avant 1900. Dans les premières tendances érotiques, le nu se taille la belle part, mais c’est aussi là que parfois les bas apparaissent sur les modèles. Alors partons à la découverte de quelques trouvailles tout à fait dans le ton du blog.

California Dreamin’ – Le rêverie californienne

Début 1966, l’hiver était là. J’ai toujours aimé la ronde des saisons, chacune m’apportant son lot de réjouissances. Une chanson arriva via les ondes de la radio, « California Dreamin ». Je regardais de ma fenêtre la nuit qui tombait, illuminant d’une teinte orange la neige qui recouvrait la vallée. Cette scène, je m’en souviens encore très bien, elle fait partie d’un hier très lointain et pourtant si proche. Si cette vision pourra s’effacer de ma mémoire avec le temps, la mélodie qui l’accompagnait, je peux toujours l’écouter telle que je l’ai entendue. Facile, il suffit de sortir un disque de sa pochette et la féérie peut recommencer.
La Californie faisait alors rêver pour son soleil, ses Beach Boys, ses planches de surf. Il y a quelques chansons qui sont autobiographiques, « California Dreamin » en est une. La rêverie californienne est née à New York en 1963, un jour d’hiver où il neigeait. Le compositeur, John Philips, avait sa femme auprès de lui, Michelle. Ils tournent sur les scènes folk. Ils regrettaient le climat doux de la Californie et décidèrent de coucher sur papier les quelques paroles qui devinrent la chanson. Oh rien de bien compliqué, toutes les feuilles sont brunes et le ciel est gris, je suis parti faire une promenade un jour d’hiver, je serais mieux au chaud à Los Angeles à rêver de ces journées d’hiver etc…
La mélodie suivra et la chanson regagna sa patrie inspiratrice avec les bagages du couple. Deux ans plus tard, ils retrouvent une vieille connaissance, Barry McGuire. Ce dernier fit partie d’un groupe assez célèbre, les New Christy Minstrels. Il entame une carrière solo en 1965 et sous la houlette de Dunhill records, enregistre un des premiers cartons de la chanson contestataire « Eve Of Destruction ». C’est à ce moment qu’ont lieu les retrouvailles avec John Philips. Ce dernier propose sa fameuse chanson à McGuire qui l’adopte immédiatement, conscient de l’extrême qualité de la chanson, apte à faire un successeur digne à son hit.  Elle est enregistrée avec comme choristes ceux qui sont devenus entretemps les Mamas And Papas, John Philips, Denny Doherty, Michelle Philips, Mama Cass. Le disque est prêt, mais le producteur et patron de Dunhill, Lou Adler se ravise. Il décide de faire une nouvelle prise avec seulement le groupe sans McGuire, donnant une suite au 45 tours que les Mamas And Papas ont déjà enregistré pour Dunhill sans grande réussite. Ce sera cette version qui sera publiée en premier. Le titre devient un hit imparable et les fait connaître dans le monde entier. En France, il est adapté par Richard Anthony, « La Terre Promise » qui restera une de ses meilleures ventes.
La chanson fera son chemin dans l’imaginaire des gens et deviendra une sorte d’hymne à la Californie. Elle restera comme un enregistrement qui avoisine la perfection, tant musicalement, que vocalement. Les choeurs sont magnifiques et ne sont pas pour rien dans son succès. Elle sera reprise par d’innombrables artistes de pointe, Beach Boys, Nancy Sinatra, Jose Feliciano et figurera dans la bande sonore de nombreux films. Mais à mon avis, aucune version ne surclasse l’original, on peut en qualifier quelques unes d’intéressantes.  A l’époque, en termes de ventes, le disque suivant « Monday Monday » fut une réussite encore plus marquante et le seul n0 1 pour le groupe. Si je me penche sur les statistiques de YouTube, « California Dreamin » dans les différents clips des Mamas And Papas proposés, la chanson a été regardée plus de 20 millions de fois. L’autre hit  « Monday Monday, 1,5 million de fois environ. Le temps est un métronome imparable sur la manière dont une chanson peut entrer dans l’histoire et nous montrer comment elle franchit le temps. Du groupe original, il ne reste dans ce monde que Michelle, les autres sont partis, mais ils ne doivent pas se retourner dans leur tombe et continuer de rêver à la Californie.

La version originale en playback

La version de Barry McGuire, l’accompagnement est absolument identique sauf le solo du milieu, ici à l’harmonica

La version française de Richard Anthony en playback

La version de Jose Feliciano, l’une de celles que l’on peut qualifier d’intéressantes

Autres versions.

Cervin fait peau neuve sous un voile de nylon

Ca bouge chez Cervin. Les gambettes c’est fait pour bouger me direz-vous. Oui bien sûr, surtout si elles paradent revêtues de leurs fameux bas, elles ne demandent que cela. Le dire c’est bien, mais le voir c’est encore mieux. Pour cela, la grande prêtresse Sandrine Rimbaud, vous invite sur son nouveau blog, ainsi que sur la boutique officielle en ligne new look. Penser d’y aller c’est bien, mais le faire c’est encore mieux.

C’est ici pour le charme

C’est ici pour les bonnes affaires… et pas ailleurs!


Nylon paprazzi (7)

En fin 1941 on peut considérer que la France est en guerre, elle est même envahie et le gouvernement français siège à Vichy. On a souvent l’impression quand on écoute les témoignages que la vie était bien triste, les loisirs inexistants, les informations peu crédibles. Pourtant en lisant certains journaux, on a vite un peu l’impression du contraire. Je suis tombé un numéro du « Figaro » datant du 11 novembre 1941 et suis très étonné du contenu, pas vraiment l’idée que je m’en faisais. Bien sûr le contenu est un tantinet propagandiste, on souligne les victoires allemandes, qui à cette époque sont nombreuses. Bien que le journal ne contienne que 4 pages, une est entièrement dédiée à la femme, la mode évidemment et les petits conseils de beauté. A ma grande surprise on y parle de bas nylon, avec une grande question: les Américaines porteront-elles des bas de coton?
Le ton de l’article en est presque tragique. Résumons la situation. Le bas nylon est inventé, mais le bas de soie est encore très populaire. Après avoir remplacé le bas de coton, qui est plus un cache jambe qu’un article d’élégance, il a le vent en poupe, le nylon ne l’ayant pas encore supplanté. Mais la guerre est là. Le principal fournisseur de coton est le Japon. Historiquement, nous sommes à quatre semaines de l’attaque de Pearl Harbour, mais les relations commerciales sont rompues. Le nylon est dans la pratique une soie artificielle, obtenue chimiquement. Les produits nécessaires à sa confection sont bien évidemment utilisés majoritairement pour le matériel de guerre. Entre la soie qui n’arrive plus et le nylon qui se fait rare dans la confection, vient s’ajouter un phénomène totalement inconnu et mystérieux. A Washington, des femmes constatèrent que leurs bas de soie, les derniers sauvés, se transformaient en écumoires. J’imagine déjà leur parler nasal sortir un chapelet de « shit », tout en pestant contre la qualité des produits qu’on leur fourgue. Une étude approfondie du phénomène révéla que de l’aide sulfurique entourait les déchirures. On attribua la cause à une usine qui envoyait de l’acide dans l’atmosphère, qui par réaction chimique perçait des trous dans les bas. On ne chercha pas vraiment laquelle, secret défense, pas plus qu’on ne remboursa les dégâts. Bonjour l’air pur!
Voilà de quoi parlait le « Figaro » ce beau jour de l’automne 41. On peut aussi lire entre les lignes et penser que si les Françaises n’avaient plus trop de bas à se mettre sur la jambe, l’air d’ici était au moins respirable.

Mesdames, mesdemoiselles, pas vous messieurs, qui portez des bas aujourd’hui… enfin j’espère, que représente pour vous cet vêtement et ses indispensables accessoires qui servent à les tenir bien en place, je veux parler de ces coquines jarretelles et autres vêtements destinés à fixer les bas? J’imagine que vous êtes moderne, in, branchée, chébran, tout le folklore actuel quoi. Il ne vous a pas fallu plus d’un claquement de doigts pour franchir le gué qui vous mène vers cette sensation, à la fois voluptueuse et coquine, de vous sentir autre. Imaginez les doutes, les questions, d’une dame des années 30, qui considère la lingerie avec l’air aussi étonné et curieux que si un ovni était venu se poser dans son jardin. Un article paru dans « La Mode et la Maison », publié en mars 1936, m’y fait songer. Tout ne semble pas encore clair dans l’esprit de certaines dames de l’époque. Cela va du nombres de jarretelles nécessaires au bon usage de la chose à la manière de mettre en pratique le bon fonctionnement de cette « machine » à tenir les bas. Article sur les conseils d’une journaliste publié sous le titre « Chez la corsetière ».

La corsetière me fait attendre, mon essayage n’est pas prêt. Elle me donne quelques revues à feuilleter et m’installe, pour les regarder, dans une minuscule salle d’attente, juste entre le magasin et le salon d’essayage. Excellent poste d’observation, eu somme, j’en profiterai pour m’instruire.

Voici justement une jeune fille mince et sportive qui arrive. II lui faut une ceinture — oh simplement pour soutenir ses bas — les jarretières sont peu pratiques et les « mi-bas » pour dame terminés par un élastique ne lui inspirent pas confiance. Pourtant, elle se rend compte qu’une ceinture, si petite soit-elle, dès qu’elle s’appuie à la taille on aux hanches pour soutenir les bas, modifie l’équilibre du corps et doit être bien étudiée. Elle demande conseil.

Les jarretelles ne doivent pas être seulement placées devant, ce qui ferait remonter la ceinture dans le dos et accentuerait la cambrure des reins. Elles doivent être réparties deux devant, deux sur les côtés et deux derrière. Le fait d’en avoir six permet d’ailleurs de les tendre beaucoup moins, ce qui épargne a la fois l’élastique et les bas. Les « systèmes » de ces jarretelles ne doivent pas blesser: pour cela, pas d’angles vifs et un isolant en peluche ou en caoutchouc. Ils ne doivent pas non plus arracher les bas, mais ceci est difficile a apprécier; en les voyant, force nous est d’acheter en confiance. Mais rares sont celles qui se contentent de porter une ceinture simplement pour maintenir leurs bas. Les autres lui demandent, soit de paraître plus minces, soit la correction de tel ou tel point défectueux de leur silhouette.

Pour paraître plus mince une ceinture élastique suffit, pourvu qu elle soit bien choisie, c’est-à-dire :
– Qu’elle serre assez mais pas trop, la tension excessive ayant pour effet de la déformer plus vite, et de la déplacer vers la taille sensiblement plus mince que les hanches. On compte trop souvent sur les jarretelles pour remédier à ce dernier inconvénient, et de fait elles maintiennent la ceinture en place non sans gêne tant qu’on se tient debout, mais ne jouent plus le même rôle dès qu’on s’assied par exemple.

– Il faut que sa matière soit telle qu’on puisse la porter sur la peau et la laver facilement. Les ceintures de gomme pure dites amaigrissantes se lavent et s’essuient instantanément. On les enfile facilement pourvu qu’elles soient légèrement saupoudrées de talc mais, comme elles ne laissent pas passer l’air, elles donnent chaud. C’est d’ailleurs le secret de leurs vertus amincissantes. Enfin, elles font un usage assez irrégulier, parfois très long, parfois assez court, elles finissent toujours par se déchirer brusquement de façon irréparable. L’été, elles présentent l’avantage de rester parfaitement en place sans le secours des jarretelles et peuvent se porter sans inconvénient sous le costume de bains.
Les ceintures de tricot élastique font un bien plus long usage, se lavent facilement avec une brosse et du savon, mais ne sèchent pas instantanément. Il est recommandé, d’ailleurs, de ne pas les exposer au soleil.
Vous voilà, j’espère, rassurées. Vous aurez sans doute remarqué un petit détail. En comptant le nombre de jarretelles préconisé, vous arriverez à douze. De quoi s’assurer contre toute chute de bas imprévue. La tendance est aussi au très serré. Comme cette dame à qui son docteur conseillait d’avaler une pilule au saut du lit.
– Vous n’y pensez pas docteur, après je ne pourrai plus enfiler mon corset!

Je ne résiste pas  à la tentation de poursuivre mes explorations journalistiques dans quelques journaux oubliés, mais bien franchouillards. Un des plus célèbres fut « Le Petit Parisien », quotidien qui exista jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Journal politique de droite avant tout, il savait aussi ratisser plus large en publiant des articles plus récréatifs. En voici un extrait d’un numéro de février 1928, intitulé « bas de soie ». Bien sûr, le nylon n’était pas encore inventé, mais il n’empêche que certaines dames avaient déjà compris tout le pouvoir de séduction qu’elles pouvaient tirer d’une paire de bas. Même si la fortune ne les attendait pas dans leurs lits.

Mme Schpim était dans la joie en faisant ses comptes du mois, elle s’était trouvée à la tête de cent francs d’économies. Peuh! dites-vous dédaigneusement.. Cent francs, qu’est-ce que c’est que ça. Essayez donc, avec vos cent francs, d’acheter une malheureuse petite livre sterling.
N’empêche que Mme Schpim était bien contente, et qu’à sa place vous l’eussiez été tout autant, chère madame.  Car son billet de cent francs n’était pas un billet comme les autres, ceux qu’elle consacre, chaque mois, à l’acquisition de tous les accessoires qui font marcher sa maison, boeuf mode, poireaux, camembert, confitures, savon, huile, balais, robes, chaussures et gaz d’éclairage
C’était un billet qui ne devait rien à personne, un billet de rabiot. Et l’on sait que tout ce qui est de rabiot ne peut être remis en compte.
Le rabiot est sacré. Il est hors budget. Il est destiné à une emplette de fantaisie, de luxe, à quelque chose d’agréable qu’on ne s’offrirait pas avec ses ressources ordinaires.
Et c’est cela qui faisait la joie de Mme Schpinn
Avec ses cent francs de rabiot, qu’allait-elle s’acheter ?
Bien entendu, il ne pouvait être question de faire un cadeau à son mari. Un mari, c’est fait pour travailler et apporter l’argent nécessaire au ménage, double et noble satisfaction, bien suffisante, par conséquent. Un mari ne saurait donc prétendre profiter du rabiot que son économe épouse a réussi à faire en grattant par-ci par-là sur certains chapitres de dépenses, fût-ce les chapitres à lui consacrés. Il ne manquerait plus que cela!
J’ai trouvé! s’écria mentalement Mme Schpim. Depuis longtemps, j’ai envie d’une paire de bas de soie. J’ai de très jolies jambes. Elles méritent mieux que les bas de fil dont je les habille ordinairement. Je vais donc m’offrir une paire de bas de soie. Des beaux, très fins. Mes jambes y gagneront encore. Et qui, en somme, en aura de la satisfaction ? Mon mari. Car pour qui une femme cherche- t-elle à se faire belle ? Pour son mari. Tout de même, Alfred en a-t-il de la chance que j’aie fait cent francs d’économie.
Et, son précieux billet soigneusement enfoui dans un compartiment spécial de son sac à main, Mme Schpim courut, joyeuse comme un enfant, au « Paradis retrouvé », qui, comme on le sait, vend les plus beaux bas de tout Paris.
– De beaux bas de soie ? Parfaitement, madame, j’ai votre affaire. En voici à 135 francs. Magnifiques. Baguette brodée,  entièrement diminués et sans défaut. – Cent trente-cinq francs ?  C’est un peu cher.
– En voici à 80 francs, de très bonne qualité également et bien plus avantageux.
Ils étaient à 1oo francs il y a huit jours, mais on les a démarqués.
Mme Schpim prit les bas à 80 francs. Quelle veine! Il me reste 20 francs sur mon billet! Que vais-je bien pouvoir m’offrir avec ce nouveau rabiot ? Des jarretelles brodées de petites roses. Dame! avec de beaux bas. Justement, en voici de ravissantes.
– Combien ces jarretelles, mademoiselle ?
– Cinquante francs.
– Heu. Vous n’en auriez pas de démarquées ?-
– Si. Il me reste celles-ci. Elles étaient à 60 francs. Aujourd’hui, 40.
Mme Schpim réfléchit.
– Quarante francs. Et je n’ai plus que 20 francs sur mon billet. C’est trop cher de 20 francs. Il est vrai que, sur mes bas j’ai gagné 20 francs, puisque ce sont des bas de 100 francs que j’ai payés 80, moins 20 ôté de 40, reste 20. Les jarretelles ne me coûteront donc que 20 francs.
– Je les prends, mademoiselle.
Mme Schpim, de plus en plus ravie, emporta les jarretelles avec les bas et se dirigea vers la sortie.
Chemin faisant, elle se dit:
Quelles bonnes affaires j’ai faites.  Pour 120 francs, j’ai des bas de soie de100 francs et des jarretelles de 60, c’est- à-dire 160 francs de marchandises. C’est donc 60 francs que je gagne. Et si j’avais pris les bas de 135 francs au lieu de ceux de 80, j’aurais dépensé 55 francs de plus et 60, ça fait 115. 115 francs qu’on n’a pas dépensés, c’est 155 francs gagnés. Oh les amours de souliers Des jambes comme les miennes, avec de beaux bas et de jolies jarretelles, doivent être chaussées convenablement. Et puisque à mes 100 francs de rabiot j’ai ajouté 115 francs d’économies, je puis bien m’offrir ces petits souliers. Combien, mademoiselle ?
– Deux cents francs, madame. Voulez-vous me les essayer, s’il vous plaît ?
– Ils me vont à ravir. Je les prends.
C’est Alfred qui va être content!
Charmante histoire, nest-ce pas? Je verrais assez bien le tout comme problème mathématique dans les écoles. Combien madame Schpim devra-t-elle économiser le mois prochain pour rentrer dans son budget?  Sachant que son mari va perdre 100 francs aux courses, mais en gagner 125 à la loterie pendant qu’une malheureuse fuite de gaz domestique augmentera la facture de 23%, en tenant compte d’une basse réelle de son prix de 2,5% à partir du mois prochain.