Du nylon très 50-60

Merci à toutes les dames qui aujourd’hui nous font le plaisir de porter de bas. Ce coup de coeur, je l’ai toujours au bord des lèvres.  Il y a cependant une chose que je regrette un peu et hélas, elles n’y peuvent rien! C’est en quelque sorte l’intendance qui ne suit pas. Je m’explique. Porter des bas aujourd’hui est une chose relativement facile si on veut bien le faire. Il faut bien sûr une paire de bas pour commencer. Ensuite de quoi les tenir, porte-jarretelles, serre-taille. guêpière. Vous connaissez la liste aussi bien que moi, vous messieurs, qui reluquez de travers quand un pan de robe se soulève, n’est-ce pas? Vous mesdames, qui êtes confrontées directement au problème « matériel » de la chose. De ce second cas, il faut bien vous procurer le nécessaire et aller à la bonne place pour votre achat. En passant, faites vous offrir le tout, je connais pas un homme qui ne sortirait son PORTE-monnaie pour offrir un PORTE-jarretelles à sa belle. Vous voyez le mot porte est très bien accompagné dans la langue française, bien que je trouve le second nettement plus sexy, quoique certaines femmes peuvent penser le contraire. Ne tombez pas dans le piège de la lingerie à bon marché, conseil que l’on ne peut que répéter encore et encore. Une bonne pièce de lingerie ne court pas les rues, il faut aller chercher dans des endroits qui mettent un point d’honneur à contenter une clientèle exigeante et connaisseuse. Ils existent mais sont en fin de compte assez peu nombreux, quelques fabricants que l’on peut conseiller à travers le monde dont vous connaissez les principaux. Cela provoque immanquablement une certaine uniformité, une ressemblance dans leurs créations. Soulignons en France le cas de Cervin qui produit des bas sur un authentique métier à tisser d’époque, ce qui donne à leurs bas une classe incomparable et par définition des jambes qui peuvent prétendre en bénéficier. Le vieux nostalgique que je suis dans ce domaine, sait au moins une chose. A l’âge d’or des bas, ces fournisseurs étaient de milliers avec chacun sa manière de faire. La diversité de l’allure d’un porte-jarretelles était presque infinie. C’est un peu comme le visage humain, vous avez remarqué tout les différence que l’on peut obtenir avec deux yeux, un nez, une bouche et deux oreilles. Autant dire que le spectacle offert par une femme qui exposait ses dessous était d’une variété folle. Ce n’était jamais deux fois exactement la même chose. Des bas tenus haut, bas, avec revers plissé, tendus de manière lâche, extrêmement tendus, des élastiques longs, courts, avec longueur réglable ou sans, des jarretelles petites, grandes,  cachées par des rubans ou visibles au premier coup d’oeil et j’en passe!

Je me suis replongé dans les photos d’époque, une récolte qui tourne autour de la fin des années 50 à la première moitié des années 60. Vous pourrez y admirer de jolies  filles et un spectacle qui souligne mes propos. Epoque bénie, mais remercions encore une fois les femmes actuelles qui perpétuent cet art de l’élégance à nul autre pareil. Petit jeu: parmi ces photos se cache une actrice très connue, l’une des rares qui avouait porter encore des bas quand ce n’était plus la mode. Saurez-vous la reconnaître?

Yes, oh yes!

L’âge d’or de la pop est ou peut sembler une chose lointaine et les musiciens qui l’alimentèrent sembler remonter à l’âge des dinosaures. Il y a pourtant pas mal de ces groupes qui tournent encore et même avec un certain succès. Le groupe anglais Yes en est un exemple vivant. Ils apparurent à la fin des années 60 et furent immédiatement rangés dans une musique classieuse qualifiée de progressive à l’époque. Il est vrai que leur musique n’était pas à proprement parler facile d’accès à la première écoute. Votre serviteur, assez vite lassé par le top 50 de l’époque mit quelques albums de Yes sur son bon vieux tourne-disque. L’histoire du groupe est assez tumultueuse, de nombreux changements de membres se produisit au fil des ans. Il se séparèrent se reformèrent au gré des humeurs pour finalement arriver jusqu’à nous. Malgré tous les rebondissements de personnel, il y a quand même trois membres que l’on peut qualifier de squelette stable du groupe, Jon Anderson le chanteur qui a renoncé il y a trois ans pour raisons de santé; Steve Howe, le guitariste; Chris Squire, le bassiste qui a traversé toute l’histoire; Alan White, le batteur. Depuis le départ de Anderson, c’est un franco-canadien relativement jeune , Benoît David, qui assure le chant avec une certaine classe. Il est assez rare que ces musiciens d’une autre époque aient encore une fibre créatrice, il se contentent de se produire sur scène.  Quand ils essayent de faire quelque chose de nouveau, on est le plus souvent déçu du résultat. Yes a tenté l’aventure et sorti un nouvel album »Fly From Here », tout récemment. Je voudrais dire de suite que je suis un peu sur le cul. Ah oui il peuvent et savent encore voler. Cela ne renie ne rien la musique de leurs débuts, c’est créatif, mélodieux, parfaits vocaux et harmonies. Je retrouve un peu de ma jeunesse avec ces ambiances musicales que j’adorais, un peu surréalistes. aux échos distants. Je ne résiste pas à vous en propose un extrait, le titre principal.  Cela dure longtemps, près de 24 minutes, à écouter au casque de préférence. Mais quel pied!

La veuve soyeuse – 3

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait?  Elle figure en plusieurs épisodes.

Résumé – Deux amies d’enfance, Nicole et Claudine, se retrouvent à la mort de l’homme dont elles ont été l’épouse lors de ses deux mariages. Le défunt, grand amateur de lingerie et de bas, avait trouvé avec sa seconde femme une parfaite répondante à ses désirs. Elle initie et conseille l’ancienne épouse sur la manière de se rendre plus désirable avec des sous-vêtements plus aguicheurs.

Lire les deux premières parties

Claudine voulut s’éclipser pendant que Nicole se changeait, mais cette dernière lui demanda de rester. Bien qu’elles n’aient jamais touché aux amours saphiques, elles avaient quelquefois partagé leur intimité quand elles essayaient les habits chassés dans les boutiques de leur adolescence. Nicole détacha ses bas, ainsi que son porte-jarretelles. Elle enfila l’autre avec mille précautions, tandis que Claudine sortait de sa pochette une paire de bas à coutures en voile fin noir. Elle aida Nicole à attacher les bas en constatant sa maladresse. Une fois terminé, elle ne put s’empêcher d’aller se mirer dans le grand miroir de l’armoire. Elle fit deux ou trois tours en souriant toute étonnée du résultat.
– Ces bas me donnent des jambes parfaites.
– Tu es superbe ! Ils sont fabriqués à l’ancienne avec les diminutions. Jadis les bas étaient tous tissés de cette manière. Il n’est pas étonnant de voir ces jambes au galbe parfait sur les vieilles photos. Le tissage des bas moderne ressemble à des tuyaux de fourneau en nylon, comme si les jambes étaient une parfaite ligne droite.
– La sensation en les frottant l’un contre l’autre est tout autre, ils crissent, ce petit effet sonore est charmant. Bon si tu permets, je vais les mettre demain et les laisser pour ce soir. Je te dirai pour le porte-jarretelles, mais j’ai déjà l’impression d’être plus à l’aise.
– Attends encore un moment et tu auras complètement oublié que tu en portes un.
– Pour une fois que j’en ai un, il faut déjà que je l’oublie, sourit Nicole.
– C’est Philippe qui ne manquerait pas de te le rappeler.

– Je suis sûr que le changement lui plairait, dommage qu’il n’est pas venu, il aurait pu m’apercevoir une fois en tenue de grande parade !
Nicole se rhabilla complètement et elles regagnèrent le salon. L’heure était déjà bien avancée, mais elles n’avaient pas vraiment sommeil. De plus, rien ne pressait, les funérailles étaient prévues en début d’après-midi. Avant le début de la cérémonie, elles avaient prévu de faire une dernière visite à Gérard avant que l’on referme le cercueil. Aucun office religieux n’était prévu, le défunt avait toujours été un parfait athée. On se rendrait directement sur les lieux de l’ensevelissement. Devant une tasse de thé, la conversation se poursuivit.
– Toi qui porte toujours des bas, tu n’as pas été victime de gestes non sollicités ?
La question de Nicole n’était pas tout à fait innocente. Depuis un moment, elle ne savait pas trop pourquoi, sa vision d’elle dans le miroir, lui avait ouvert des horizons.
– Tu sais, pas plus que si j’avais porté des collants. Quand nous sommes dans le métro aux heures de pointe, si on homme a envie de te peloter, il va le faire de toute manière. L’histoire la plus bizarre qui m’est arrivée s’est déroulée ici dans la maison. J’avais mis mon linge à sécher dans la buanderie. Nous y avons accès un jour par semaine, moi c’est le jeudi. Je suis allé le chercher pour le remonter à l’appartement. Machinalement, j’ai tout mis dans la corbeille. Quand j’ai enfilé l’un deux qui faisait partie du lot, je me suis aperçue que les clips qui servent à régler la longueur des élastiques avaient été bougés. Pour celui-là, qui a plutôt les élastiques longs, il est toujours réglé pour les avoir le plus court possible. Quelqu’un les as bougés.
– Tu es sûre ?
– Certaine! De plus, le séchoir est fermé à clef, mais chaque locataire possède une clef.
– As-tu une idée sur la personne qui a fait ça ?
– Si je procède par élimination, pendant la journée de jeudi, il n’y a que le voisin du dessous et le couple de concierges qui sont présents toute la journée. Les autres travaillent et ne rentrent que le soir. Comme je suis remontée du séchoir vers six heures, cela s’est produit avant.  Je soupçonnerais plutôt le mari de la concierge, c’est le mieux placé pour voir les allées et venues. Je lui ai toujours trouvé un air bizarre. Quand je rentre, il sort toujours pour me saluer et ne perd jamais l’occasion de me regarder monter les escaliers, car comme tu l’as vu, nous n’avons pas d’ascenseur, la maison n’a que deux étages.
– Tu penses qu’il se fait mousser avec ta lingerie quand sa femme n’est pas là ?
– C’est une possibilité, pas une certitude. Mais je suis sûr qu’il est le plus intéressé par la chose. Je n’imagine pas sa femme, une grosse mémé avec trois mentons, lui faire ce genre de plaisir. Enfin passons, cela me gêne un peu, mais depuis je garde ma lingerie à sécher dans l’appartement. C’est bien fait pour lui.
Tard dans la nuit, elles décidèrent d’aller se coucher. En se déshabillant, Nicole ne put s’empêcher de regarder le nouvel effet de la lingerie sur son corps. Elle se trouvait tout simplement désirable. Elle était à la fois satisfaite et intriguée de ce qui lui semblait un nouveau pouvoir. De plus, elle devait s’avouer que depuis qu’elle avait enfilé le porte-jarretelles de son amie, elle n’avait senti aucun inconfort à le porter, contrairement à celui qu’elle avait cru bien d’acheter pour venir. Ce crissement qui accompagnait chaque croisement de jambes semblait lui rappeler qu’elle était un peu plus femme qu’avant. Décidément elle était conquise, elle en avait la certitude.

La nuit se passa, comme on passe une mauvaise nuit quand on sait que le jour qui vient n’est pas chargé de promesses agréables. Claudine resta éveillée presque continuellement. Elle ressassa les souvenirs de la vie avec son mari. Elle avait bien la sensation que sa vie n’était pas finie, mais que le temps pour en construire une nouvelle serait pénible et hasardeux. Sa seule certitude, elle avait la nette impression qu’aucun homme ne serait l’égal du précédent. Sa seule consolation, ils avaient bien profité des moments passés ensemble. Il ne lui restait plus qu’à effacer son désir de n’en  avoir pas connu plus. Il manquait celui qui aurait pu les lui procurer, parti accomplir son destin vers un ailleurs qu’il ne tarderait pas à découvrir, tout en croyant qu’il n’existait pas. Toutes ces pensées allaient, revenaient, se mélangeaient. Les rares moments où elle s’assoupissait, elle avait un sursaut qui la ramenait vers la réalité. Nicole, elle, n’eut pas autant de peine à trouver le sommeil. Il fut léger, presque sans interruption. L’homme qu’elle avait connu était un plus lointain souvenir, une croix qu’elle avait faite sur un moment de sa vie. De mari, il était devenu un ami que l’on avait du plaisir à revoir. Elle était quand même un peu triste, mais cette tristesse était toute relative. Elle avait bien conscience que la femme à qui elle avait laissé la place, fut ce que l’on pouvait admettre comme un changement profitable. Elle le découvrit même avec une certaine satisfaction, une sorte de pardon qui lui permit de mettre ses remords en berne et de ne pas regarder trop en arrière.

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