Art scénique et vieilles jarretelles

Intéressons-nous à quelques vieilles photographies qui datent des temps où la photo balbutiait et un peu après. De quoi se rincer l’oeil sur ces dames qui portaient des bas et dont l’objectif en a saisi le charme. Le texte d’introduction, je l’ai fait d’abord en argot. Pour ceux qui sont insensibles à son charme ou à sa compréhension, vous trouverez ensuite un texte plus académique ou la traduction si vous préférez. Remarquez que le second est nettement plus chiant.

N’esgourdez pas une jactance de mécolle, itou celles semées à tout vent par le professeur Larousse, mais ce dont à propos j’ai l’antenne réceptrice. Les portraits au ciseau, la barbouille en tube, le crayon baladeur ont bien sûr exposé leurs résultats aux œillades en trou de serrure. On reluque chez certains barbouilleurs, les donzelles en petites sapes. Le costume de naissance est mis en berne pour alimenter la marmite à faire bouillir la libido. C’est louf, mais les zizis taillés en pierre depuis l’antiquaille laissent le chaland censeur de marbre. Le barbouillage, le crayon à bonne mine, sèment parfois le bazar dans les chaumières préfectorales. Gribouiller une asperge entre deux noix ou un abricot poilu pouvaient faire un cavardiage de la brigade anti-gags.
Le clic-clic d’antan s’est borné à étaler ce que son cul de bouteille étalait comme la vérité vraie. Avoir un résultat sans branlette, ni brouillard, était déjà du trèfle à quatre, alors les bidonnages nada! On roule sur les jantes quant à savoir combien de fois Eros fut cité sur négatif dans les débuts. Les reliques ont disparu du bottin à turlutes. La photo amena un bain de jouvence postal, le bavardage timbré sans enveloppe, le mail omnibus. Les pans de manteau s’écartaient comme des braguettes pour exposer le menu du jour gros sel. Les baveux la jouaient frisquette, bobards, bondieuseries et tout le tralala. Les jours fastes, une pub de French Cancan faisait jacter les pipelettes, tandis que leur jules allait à confesse dans les lieux seins d’avant 1900. Au début, la tenue d’Adam était la plus côté aux bourses, mais les jambes affûtées en bas de soie étalent leurs vertus gaillardes sur des albums qui ne sont pas de famille. Alors, visionnons quelques à propos de quoi on jacte dans ce blog.

Je me demande bien à quand remonte la première photo coquine. J’imagine peu après l’invention de la photographie. A l’heure où les photos franchissent presque la vitesse de la lumière pour aller se poser sur des écrans anonymes, il est sans doute marrant de se rappeler le contexte des temps anciens et de ce que les moeurs permettaient ou pas à certains moments de notre bonne vieille histoire de la photo.
Je ne veux pas ici faire oeuvre d’historien, tout au plus donner un bref aperçu de ce que je sais sur la chose. La sculpture, la peinture, le dessin ont bien entendu montré l’érotisme sous diverses formes, le nu restant sans doute le plus prisé. On note chez certains peintres, l’idée de représenter la femme pas complètement nue, avec un voile qui cache telle ou telle partie du corps. On entre dans une sorte de suggestion érotique certainement plus aguicheuse que le nu intégral. Assez bizarrement, le nu en sculpture pratiqué depuis l’antiquité ne choque pas plus que cela. Le dessin ou la peinture est plus soumis à censure. Il n’y a pas si longtemps, représenter un sexe masculin ou des poils pubiens pouvait déclencher un scandale ou la saisie des oeuvres impliquées.
Pendant longtemps, la photographie s’est contentée de représenter la réalité. Aux temps héroïques, tirer une photo nette était déjà une réussite, alors les trucages on s’asseyait dessus. Difficile de savoir combien de photos érotiques furent prises aux premiers temps de la photographie, elles ont disparu de la circulation. La photo amena une nouveauté à grande diffusion, la carte postale. C’est là qu’a lieu la première vraie consécration sous le manteau de l’érotisme de plus ou moins grande série, aux environs de 1900. Les journaux étaient nases, l’impression de photos restait dans le domaine du banal, actualité, personnages, paysages, publicité. Tout au plus, on aurait pu voir une scène de French Cancan, un sommet de canaillerie publique avant 1900. Dans les premières tendances érotiques, le nu se taille la belle part, mais c’est aussi là que parfois les bas apparaissent sur les modèles. Alors partons à la découverte de quelques trouvailles tout à fait dans le ton du blog.

10 réflexions sur “Art scénique et vieilles jarretelles

  1. Dois-je le dire mais cette époque et ce type de photos ne m’a jamais intéressé.
    Pourquoi, car leur érotisme est très relatif, trop suranné à mon goût, et loin de mes rêves de féminité. Je les regarde car il y a juste matière à réflexion pour un expert ès jarretelles, pour comprendre la rugosité des bas de coton, les premières jarretelles larges, la composition des dessous, la hauteur de port du bas sur la cuisse… juste de la technique, et un très bon article mon cher.

    • Merci Gentleman W,

      Oh je suis bien d’accord avec vous, je suis aussi peu accroc à ces vieilles photos. mais le but était de faire un retour vers les débuts de la photo érotique pour en apprécier la suite plus pleinement. Peut-être la grande différence alors, c’était que ces photos n’étaient que peu visibles et s’échangeaient sous le manteau avec des regards complices. On rigole bien avec ce que l’on voit aujourd’hui sur la Toile.
      Amitiés

  2. Exposé n° 1 : rien compris, bien rigolé quand même.
    Exposé n° 2 : tout compris et… rigolé un peu aussi.
    Comme quoi, il arrive que cerveau et zygomatiques fassent chambre à part, même si souvent ils se rejoignent… timidement d’abord dans le couloir… vous connaissez la suite pour en être un expert, je ne parle que d’humour bien évidemment 😉
    Quant aux photos, marrantes aussi mais un peu froides à mon goût, trop posées, quoi. Et puis, avouons-le : je préfère la façon de porter le bas aujourd’hui, bien tendu sur la jambe, à celle de l’époque, trop souvent tire-bouchonné dans la jarretelle… vive l’élastique moderne !
    Amicalement

    • Merci Cassiopée,

      Vous pensez bien que si j’ai mis la « traduction » dessous, c’est que je pensais bien que tout le monde n’allait pas saisir le sens du premier. Normal, l’argot est une langue qui en fait ne se parle pas vraiment. Tout au plus on en glisse quelques mots dans les phrases. Un des charmes de l’argot est de détourner les mots courants pour leur donner un autre sens et une connotation drôle. Un sexe masculin = une asperge; un cul de bouteille = un objectif d’appareil photo; la jouer frisquette = être timide, discret. Il a bien sûr son propre vocabulaire ou expressions, il y en a des centaines. Une des bibles de l’argot est la fameuse « Méthode à Mimile », véritable cours de leçon d’argot. Paris est sans doute la ville où il est le plus employé, c’était presque la règle dans certains milieux pas toujours recommandés à découvrir. Cela permettait de parler sans trop se faire comprendre de tout le monde. Cela est assz visible et audible dans les films de gangsters des années 40, 50, 60.
      Mais revenons aux bas. Je préfère nettement la manière de les porter des années 40, 50, 60, celle plus ou moins encore en vigueur aujourd’hui. On a plus l’impression sur les vieilles photos d’avoir à faire à un vêtement qui en est juste un, aucune ou peu d’envie de séduire avec. J’aime à le rappeler, mais c’est depuis qu’il a disparu et (un peu) réapparu, qu’il est vraiment devenu un objet de séduction. Avant on le regardait avec un autre oeil, c’était presque normal, toutes les dames en portaient. Pour les jeunes filles, c’était le passage au stade suivant, mais peu avaient vraiment l’idée de son pouvoir « magique ».

      Amitiés

  3. Coucou !!! heureusement que parfois la traduction me venait en aide !!! ;))
    Quant aux photos moi j’avoue être charmée… charmée car cela me plait de penser qu’à cette époque certaines femmes osaient de telles images un rien coquines (mais imaginez en ce temps temps là ce que cela représentait !!!!)et sans vulgarité, dévoiler ses charmes comme elles le faisaient devant un objectif où le mot traitement de l’image, prise en rafale, recadrage et retouche d’image n’existaient pas… Oui moi je suis plus que charmée par leur audace et leur féminité de l’époque, avec les tissus, lingerie, mode et chaussures d’époque… car au final : chapeau Mesdames !!!
    Plein de doux baisers Boss pour ce beau post !!!!

    • Coucou Miss Legs,

      Vous avez raison, je pense qu’il fallait avoir un esprit bien coquin pour poser pour ce genre de photos, il y a cent ans. Ma mère qui était dans une école religieuse dans les années 20, me racontait qu’on les obligeait à porter deux paires de bas pour que l’on ne voie pas la peau des jambes, alors vous pensez…

      Merci et plein de bisous

  4. C’est l’âge d’or de l’érotisme, merci pour ce rappel en mots et en photos, dont pour ma part de je suis friand, je vois notamment une photo (du coup de la panne), n’y-a-t-il personne pour l’aider un pneu, un peu… Amitiés.

    • Mon cher Valmont,

      Bien que j’aie de la peine à trouver de l’érotisme sur une représentation de la femme des cavernes, je ne suis pas insensible au charme de ces vieilles images d’une époque bien plus récente. Je remonte le temps et essaye d’imaginer tout ce qu’elles pouvaient représenter dans l’imaginaire de ces messieurs qui portaient guêtres et gilets. Ce qui est le plus remarquable, c’est sans doute le visage de ces femmes de jadis, capté par une lumière qui semble éclairer différemment de celle d’aujourd’hui. J’ai parfois l’impression en avançant dans l’âge que la lumière se modifie avec le temps, fiction ou réalité, je n’en sais rien, juste une impression.

      Merci à vous, amitiés.

  5. Proche de Miss Legs pour le jugement de ces belles photos.
    Il faut se souvenir des appareils photos de l’époque. On n’imaginait pas le numérique et tout son pouvoir, aujourd’hui, de rectifier n’importe quel mauvaise prise de vue.
    Quand aux femmes de l’époque, je les nommes souvent les élégantes.
    Les beaux dessous, pour les plus riches étaient en soie, satin, rayonne et…et…
    Que de nobles matières elles utilisaient!
    Bien sur, la perfection des dessous de maintenant n’a rien à voir avec les corsets, jupons et autres falbalas d’antan mais pourtant ils étaient de confection irréprochable et de bonne qualité.
    Souvent les intérieurs de corset étaient doublés d’un fin velours pour ne pas blesser la peau laiteuse des demoiselles. A ces belles, je leur trouve cette douceur dans le visage que nos modèles maintenant n’ont plus pour certaines.
    Les bas, même en soie étaient épais et les jarretelles pas toujours placées correctement pour les soutenir et les empêcher de vriller et aussi de plisser.
    Puis, pensons à la difficulté que pouvaient avoir les styliste et les créateurs de lingerie de l’époque.
    En 1920, car je ne parle même pas d’avant en 1900 et 1910,
    en 1920 donc la tendance est à la mode « garçonne.
    Cheveux courts, poitrines effacée et même pantalon pour les plus courageuses.
    1940Coiffure élaborée, jupes à mi mollet et robe ample.
    1950/60 ce que l’on sait et que nous adorons tous. La femme magnifiée par Dior, Chanel et tous les autres…
    Tout ça pour dire qu’en 4 dates rapprochées les stylistes durent trouver 4 styles très différents.
    D’où peut être à l’époque un manque de « perfection » dans les dessous.
    Des jolies bottines, des bas de coton ou de soie, de nombreux jupons
    des corsets et gaines un peu « épais » faisaient tout le charme de cette époque et puis …et puis…n’oublions pas qu’il fallait avoir de la conversation avec ces dames, car le déshabillage durait…durait…
    Ah les magiques petites agrafes et les merveilleux petits lacets et rubans à dénouer…Frou frou…frou frou…par son jupon la femme…!
    Daniel

    • Merci Daniel,

      En effet c’était toute une expédition de faire des photos coquines en ces temps reculés. Je crois bien volontiers que la photo coquine est aussi vieille que la photographie elle-même. Seulement voilà assez peu sont arrivées jusqu’à nous, du moins je l’imagine, disparues suite à des causes comme les décès, les débarras de greniers ou même on peut imaginer des saisies, des destructions pour cause d’atteinte aux bonnes moeurs et j’en passe.
      Il est vrai que les dessous en général avaient ce côté un peu négligé dans la présentation, des bas accrochés un peu n’importe comment, des vêtements sans doute pas toujours très propres par manque de moyens à disposition. Plus qu’aujourd’hui, se vêtir avec élégance était réservé à une petite tranche de la population, celle qui pouvait se le permettre.
      Il n’en reste pas moins que ces époques avaient leur charme, je n’en suis pas un mordu, mais je ne déteste pas. C’est toujours les années 50 ou 60 qui m’intéressent le plus, sans doute pour l’avoir vécu. Après on peut discuter, mais le charme de ces années là est ailleurs.
      Encore merci pour ce commentaire fouillé.

      Amitiés

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