La veuve soyeuse -4-

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait?  Elle figure en plusieurs épisodes.

Résumé – Deux amies d’enfance, Nicole et Claudine, se retrouvent à la mort de l’homme dont elles ont été l’épouse lors de ses deux mariages. Le défunt, grand amateur de lingerie et de bas, avait trouvé avec sa seconde femme une parfaite répondante à ses désirs. Elle initie et conseille l’ancienne épouse sur la manière de se rendre plus désirable avec des sous-vêtements plus aguicheurs.

Lires les trois premières parties

Quand fut venu le moment de se lever à l’appel de Claudine, elle repensa à sa paire de bas. Après un passage prolongé dans la salle de bains, elle sortit de sa valise ce qu’elle avait prévu de mettre pour les funérailles, un tailleur sombre. La jupe était plutôt ajustée à sa silhouette et elle eut un moment d’hésitation. Les attaches du  porte-jarretelles de Claudine ne manqueraient pas d’être visibles.  D’un autre côté, elle n’osait pas décevoir son amie et ne pas le mettre. Finalement elle franchit le pas, elle l’enfila, ajusta ses bas en mettant la couture bien droite et finit de se vêtir. Elle eut finalement la même sensation que le soir précédent, elle se sentait désirable et belle. Ses jambes perchées sur ses talons hauts avaient le goût de l’élégance sobre et de bon ton.  Elle rejoignit Claudine qui était déjà prête et presque le reflet d’elle. On aurait dit deux sœurs ou de fausses jumelles. Elles se regardèrent en ayant la même sensation soulignée pas un sourire complice.

Comme prévu, elles se dirigèrent  vers le pavillon funéraire où Gérard reposait. Il avait été décidé que ce serait la dernière visite  et que Claudine  refermerait elle-même le cercueil en exigeant que plus personne ne l’ouvre. Le cimetière municipal était malgré tout, un des endroits les plus charmants de la ville. Le calme propre à ces lieux semblait multiplié par dix. Les sons étouffés de la ville s’arrêtaient à la porte dans une sorte de respect pour les locataires. Seuls les oiseaux avaient droit à la parole. Cela n’avait rien de vraiment triste, tout au plus un philosophe aurait trouvé que sous le soleil qui brillait, c’était presque gai. Malgré tout, on venait ici rarement pour le plaisir. Quelques rares personnes avaient l’air de chercher des réponses en interrogeant silencieusement une pierre tombale.

Le pavillon faisait une tache claire dans la verdure sombre des arbres pointés vers l’azur. Ils se balançaient, paresseusement poussés par une brise caressante. Il semblait les attendre tout en ayant l’air de leur dire que l’éternité pouvait patienter  encore un instant. Elles pénétrèrent dans la chambre où chacune redoutait à sa manière cette dernière rencontre, simplement parce que ce serait la dernière fois que leur regard se poserait sur un être qui avait compté dans leur vie.  Gérard, figé dans son linceul, avait la beauté de la mort quand elle vous apaise après de longues souffrances. Son visage semblait dire que le repos éternel prodiguait ses premiers effets de plénitude silencieuse. Instinctivement elles se donnèrent la main et s’approchèrent de la dépouille. Dans une communion muette elles fixèrent le visage de Gérard, tandis que des larmes perlèrent à leurs yeux. Pendant de longues minutes, le silence fut presque total, l’émotion était trop forte et qu’importe les paroles, elles seraient inutiles. Claudine fouilla dans son sac et en ressortit un bas qu’elle glissa autour des mains jointes de son mari.  Ses mains qui semblaient l’expression d’une prière silencieuse, la première qu’il fit depuis longtemps. Claudine regarda son amie avec un sourire triste.

– Je pense que sa dernière volonté aurait pu être celle-là. Jamais plus ses mains ne caresseront mes jambes, mais au moins il aura un semblant de la sensation qu’il aimait tant. Qui sait ce qu’il se passe réellement après la mort. Les Egyptiens mettaient bien à manger dans le tombeau des pharaons.

Claudine demanda l’aide de Nicole, ensemble elles refermèrent le cercueil lentement, comme si elles voulaient voir ce visage un instant de plus. Elles quittèrent la chambre et sortirent d’un pas lent.

Il était bientôt midi. Il fut décidé d’aller manger quelque chose dans un petit restaurant de quartier, pas très loin du cimetière. Quand elles pénétrèrent dans la salle, la clientèle essentiellement masculine, se tourna vers elles. Ils avaient l’air surpris de voir deux dames seules, élégantes, atterrir en ces lieux. Les regards allaient de haut en bas, s’attardant longuement sur les jambes. Seul le patron, un homme au dialogue facile et débonnaire, devinait qu’il s’agissait de deux dames en deuil. Son regard n’en fut pas moins scrutateur. Depuis les années qu’il était derrière son comptoir, il avait quelquefois une clientèle qui venait s’attabler dans son bistrot après une cérémonie funéraire. Son établissement avait d’ailleurs une très bonne réputation de quartier, on y mangeait une cuisine de marché toujours bien apprêtée par sa femme qui gouvernait derrière ses casseroles. Il s’approcha de la table.

– Ces dames désirent manger ? Aujourd’hui nous avons de la blanquette de veau. Ce n’est pas impossible que le commissaire Maigret vienne vous tenir compagnie. Il paraît qu’il enquête dans le quartier, glissa-t-il avec malice.

Après un échange de regards amusés, elles optèrent pour la proposition.

-Vous verrez, ma femme est une déesse de la blanquette. Je l’ai demandée en mariage juste après y avoir goûté.  C’est autre chose que ces machins d’Hambourg à la sciure. Et avec ça, je vous conseille un Fleurie que je fais venir moi-même du producteur. Oui ? C’est parfait !

Bien que l’appétit ne fût pas trop au rendez-vous, le repas tint ses promesses. Elles furent étonnées de finir la plat presque sans s’en apercevoir.

La cérémonie se déroula comme prévu. Aucune connaissance n’y assista

Lire la suite

10 réflexions sur “La veuve soyeuse -4-

  1. Le jour où vous sortirez cette histoire en livre, j’en veux la première dédicace.

    je lis depuis le début et je ne m’en lasse pas, même j’attends la suite, malgré qu’il soit déjà mort 😉

  2. Les aventures de Nicole et Claudine…. je suis cette histoire chapitre après chapitre, au fil de votre inspiration et à chaque fois vous nous laissez sur notre faim… je veux dire fin, même si une blanquette savoureusement préparée c’est délicieux ! 😉 Juste un souhait, ne nous faites pas languir, j’ai hâte de lire la suite, car forcément on sent bien que Nicole succombe à cette nouvelle forme de féminité, se sentir femme et ressentir la caresse du nylon sur ses jambes, le soyeux, la douceur, la transparence qui habille et sublime… vite le prochain chapitre !!
    Plein de baisers Soyeux Boss !!!

  3. Merci Miss Legs,

    Pour la faim, vous avez quand même pu humer une délicieuse blanquette. C’est vrai que c’est bon, j’adore!
    Pour la fin, pour une fois je la ferai justifier les moyens. Que vont-elles faire ensuite? Moi je la sais et j’essayerai de ne pas vous faire languir trop longtemps. Alors à bientôt…

    Bisous, bisous, du Boss bien évidemment!

  4. Les émotions creuses c’est bien connu (sourire), eh oui ce petit « cadeau » pour passer de vie à trépas est peut-être plus apprécié que l’on croit par le « des fins » (deniers), j’espère qu’il est bien « mort » parce que des fois le couvercle… Merci pour cette suite M. Le Conteur… Amitiés.

    • Merci Mr Valmont,

      Rassurez-vous, si je puis dire, il est bien mort. J’en suis le seul responsable. Peut-être son fantôme viendra me rendre visite une nuit… brrr…
      Bien à vous

      Amitiés

  5. Mais oui c’est vrai, ça, qu’est-ce qu’elles vont faire, hein, quoi ? Vont pas se gaver des blanquette jusqu’à la fin de l’histoire, elles ne rentreraient plus dans leurs serre-taille, alors quoiiiiiiiiiii ?
    Voui OK, j’attendrai…
    Baisers frustrés !

    • Ah la blanquette n’est pas spécialement un repas diététique, donc je suis un peu obligé de faire attention sinon elle vont prendre du poids. Prochain repas, une biscotte et de la salade verte. Pour le reste on verra, mais je crois que votre frustration disparaîtra…

      Bisous sans trop de calories mais avec une pincée de coeur…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s