Tag-ada voilà les questions!

Comme certaines personne souhaitaient me voir répondre au questionnaire ci-dessous, bisous à Miss Legs et Cassiopée, je le fais avec grand plaisir. Vous connaissez sans doute pas mal de choses sur les préférences du Boss en matière de nylon et de musique. Mais pour le reste, nada! Alors vous aurez l’occasion de me voir (un peu)  par l’autre côté du trou de la serrure.

Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18, écrivez la quatrième phrase.

Comment pourrais-je assez dire merci à mon père

Sans vérifier, devinez l’heure

20h10

Vérifiez

20h 01

Que portez-vous ?

Une tenue confortable d’intérieur grise qui n’a rien de particulier, ni de sexy, désolé mesdames…

Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous?

Des dessins animés de Daffy Duck

Quel bruit, entendez-vous, à part celui de votre ordinateur ?

Mon ordinateur s’appelle « il silencio » je l’ai acheté justement parce qu’il ne fait aucun bruit. Refroidissement par bithure de couillognom, enfin un truc comme ça. Seul moyen pour se rendre compte qu’il marche c’est  de mettre la main dessus pour sentir une légère vibration. Cela me permet d’écouter en tout sérénité une station de radio Internet qui s’appelle « Beyond The Beat Generation » et qui ne diffuse que du garage punk sixties et du psychédélique. Un régal, rien que de la musique.

Quand êtes-vous sorti pour la dernière fois, qu’avez-vous fait?

A midi, je suis allé m’occuper d’oeuvres caritatives bénévolement

Quel est le dernier film que vous avez vu au cinéma ?

Il y a tellement longtemps que je suis pas allé au cinéma que je ne m’en souviens plus très bien. Je suis pourtant  très cinéphile pour ce qui concerne le cinéma des années 20 à 60. J’ai une collection en DVD de vieux films que je regarde à la maison.

Avez-vous rêvé cette nuit ?

C’est certain, mais de quoi, alors là, si quelqu’un se souvient d’avoir passé dans mes rêves, qu’il me contacte…

Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?

Je ris tous les jours et très souvent.  La dernière fois, il y a deux heures à propos d’une histoire où il était question d’un vibromasseur…

Qu’y a t’il sur les murs de la pièce où vous êtes?

Les murs sont cachés par des bibliothèques où sont rangés des centaines de disques. A une des rares places libres, j’ai une sérigraphie signée par Raymond Macherot, auteur de BD, qui reproduit la couverture de « Chlorophylle et les conspirateurs ».

Si vous deveniez millionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?

Je n’achèterais rien de particulier, mais j’arrêterais immédiatement mon boulot.

Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

Aujourd’hui non,  mais j’ai plusieurs fois assisté à des événements étranges, j’ai même vu mon voisin travailler.

Que pensez-vous de ce questionnaire ?

C’est plutôt plaisant, bien que les questions soient assez superficielles

Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas ?

Je suis un enfant très tardif,  je n’ai pas dit attardé,  je suis né alors que mon père avait 64 ans et j’ai une demi-soeur qui a 96 ans, née  de son premier mariage et qui vit toujours.

Quel serait le prénom de votre enfant si c’était une fille ?

Alors là désolé, mais c’est déjà attribué et je ne pense pas en faire d’autre.

Et si c’était un garçon?

Là aussi, c’est déjà fait

Avez-vous pensé à vivre à l’étranger ?

Si on arrive à me prouver qu’ailleurs l’herbe est plus verte, oui!

Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du Paradis ?

Ici les femmes ne portent pas de collants!

Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde, en dehors de la culpabilité et de la politique, que changeriez-vous ?

La connerie sous toutes ses formes. Mais ce pouvoir est déjà en nous, modestement on peut le faire travailler.

Aimez-vous danser?

On peut dire cela, mais il faut surtout que je « sente » la musique.

Quelle est la dernière chose que vous avez regardé à la télévision ?

Si quelqu’un avait pas oublié de l’éteindre!

Plutôt que de citer un liste de noms de ceux que je voudrais bien voir répondre dont certains l’on déjà fait, je renverse le problème. Si vous avez envie de me poser des questions plus impertinentes, osez Joséphine! Certaines se grattent déjà la tête pour savoir dans quelle casserole, elles vont me faire cuire. Les anciens se rappelleront sans doute des interviews « descente de police » dans Rock & Folk, eh bien voilà un bon exemple. J’y répondrai avec plaisir et je n’ai pas peur, ah ah!  Il faudra juste qu’elles soient destinées à être publiées sur un blog ou un site de manière visible.

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Le Canard Ennylonné – 1er coin-coin


Ne cherchez pas, j’emprunte à un célèbre hebdomadaire que tout le monde devrait lire, l’idée de fond. Je ne vais pas revisiter le monde politique et ses travers, en fait tout va de travers dans ce monde là, je lui laisse le plaisir, il le fait si bien. Empruntant sa verve un peu sarcastique et non dépourvue d’humour, je vais essayer de méditer le monde du bas nylon en y apportant quelques commentaires du cru. Bien sûr je n’invente rien, les sujets seront puisés dans le vaste monde qui défile sur la Toile et devant mes (vos) yeux émerveillés et certains fixés dans ma mémoire pour un jour mieux en ressortir.  Ce canard ennylonné c’est un peu moi, un peu sarcastique, un peu fou. Animal et mot bien sympathique. On l’associe volontiers avec un journal, une personne que l’on aime bien, viens mon canard, un cas malheureusement beaucoup plus dramatique pour lui, l’orange. Il rime aussi avec bobard, alors si les canards ne disent que la vérité, moi je ne vais raconter que des bobards.

Boire le vin jusqu’à la lie…bido

Une copine d’enfance qui habitait la même maison que moi, se pavana un jour dans les escaliers en portant des bas. Aucun doute sur la chose, il manquait encore une ou deux lettres à collant pour qu’il nous envahisse. La vue de cette scène provoqua chez moi un certain émoi, étant déjà pas mal branché sur le sujet. Mon enthousiasme retomba un peu plus tard, seulement l’enthousiasme je ne saurais me le rappeler, par l’intermédiaire de sa frangine, frangine et rapporteuse. La porteuse de bas, sinon de bonnes nouvelles, était du genre assez crâneuse. Sa soeur, un peu plus jeune, mais nettement plus jolie et aussi moqueuse me mit au parfum. Pour faire comme les grandes dames, elle avait piqué une paire de bas à sa mère en son absence. Comme elle ne possédait pas de porte-jarretelles, là c’est maman qui décidait de cet achat stratégique, elle avait fait tenir ses bas avec des épingles de sureté à sa culotte genre jeune fille bien sage. Elle en profita pour faire la tournée des voisins, en espérant bien qu’il remarquent ce changement très important et en espérant qu’on allait lui donner du madame quand elle elle les quitterait. Quelle cafteuse cette soeur! Je crois me rappeler que je l’ai considérée pendant longtemps avec un certains mépris. C’est un peu comme si elle m’avait trompé sur la marchandise, voulant faire croire qu’elle roulait en Porsche alors qu c’était une 2cv. Ah les tourments de la puberté, de cette libido qui commence à nous donner des sueurs.
Cela permet aussi de revenir sur le cas de deux soeurs qui se suivent de près en âge. Le passage de la chaussette au bas était une étape primordiale dans la vie d’une jeune fille. Les garçons avaient le passage vestimentaire moins tourmenté. A peine si l’on se rendait compte que le short devenait pantalon, à la limite la cravate avait une certaine signification, aucune connotation érotique. Et puis, je suis d’une époque où on les jetait volontiers aux orties. Très différent pour les filles où ce fameux changement était souhaité avec une certaine impatience. La mère décidait presque toujours de donner le feu vert. Mais comment ne pas créer de tensions entre deux filles qui se suivent de près dans l’ordre d’apparition sur cette bonne vieille terre? Imaginez la jalousie et la rage de la seconde qui croit aussi y avoir droit. Pour l’avoir remarqué deux ou trois fois, le décision était de retarder le passage au bas de l’ainée, afin qu’il  s’effectue en même temps pour les deux. La vie était parfois dure pour les ainées. En général, c’était vers l’âge de douze ans, bien que dans certains cas plus tard, décision gouvernementale. Je crois que le passage aux collants fait moins de vagues maintenant, sans doute par le manque d’érotisme de l’objet. Si vous cherchiez à vous persuader, en voici une preuve.

Ca vous grattouille ou ça vous chatouille?

Une jarretelle pour moi n’a jamais été un obstacle. Tout au plus, elle peut constituer une halte agréable avant d’aller plus loin vers une exploration de forêt pas toujours vierge, enfin cela dépend des cas. Bon passons à une autre approche de la chose. J’ai lu à quelque part que c’était un obstacle, oui notre bonne vieille jarretelle est un obstacle. Je vois d’ici les spécialiste jeter un regard étonné, voire angoissé, du style aurais-je oublié quelque chose? La belle main de monsieur se faufilant sous la jupe de madame, maudissant la nature de ne pas lui avoir mis un oeil au bout de chaque doigt ou madame attachant ses bas avec une délicatesse, qu’elle n’avait employée jusque là que pour piquer d’ail le gigot du dimanche. Rassurez-vous je crois que vous avez tout juste, si vous n’êtes pas un aoûtat. Non, il ne s’agit d’une espèce d’homme primitif vivant dans la brousse et copulant seulement au mois d’août, mais d’un insecte. Une sale petite bestiole de 2 à 3 mm et qui pique. Son but est de se faufiler partout afin d’atteindre votre épiderme et de se régaler de certaines substances dont il se régale. Il semblerait qu’il est malin et sait où se diriger pour trouver son casse-croûte. Pas flemmard, il peut parcourir une longue distance à votre insu pour aller là où il sait. Pas étonnant donc qu’il puisse se faufiler sous votre robe et franchir les obstacles dont votre sens de la séduction vous a pourvue, une jarretelle par exemple, pris tout à fait au hasard. Là vous avez compris, quand on est si petit, le genre d’obstacle que cela peut représenter. Le phénomène a déjà été étudié. En 1939, il a fait l’objet d’un article journalistique et voici ce que le journaliste et entomologiste a cru bon de narrer dans une partie de son texte…

Curieux à l’extrême, indiscrets comme pas un, mal élevés, sans-gêne, ils se jettent sur les plus jolis corps, qu’ils envahissent sans vergogne. Les obstacles que sont les jarretelles, les gaines, les soutiens-gorge, sont les seuls qu’ils connaissent. Ils s’y précipitent pour les forcer. Et c’est là que vous êtes le plus fortement démangés. Oh comme je vous plains, toutes et tous, quand, quelques heures après une promenade dans les champs, dans les prairies, tout le long d’une délicieuse rivière, vous n’avez pas assez d’ongles pour vous gratter.
C’est sans doute là les origines de la fameuse expression, le petite bête qui monte, qui monte.

La presse… purée

Vous recevez sans doute dans votre boîte aux lettres, des journaux en forme de pub pour des grandes chaînes de distribution. De temps en temps pour relever le niveau, là j’hésite entre culturel et et… il nous offrent des articles qui se veulent un reflet de la société. Ca tombe bien, il y en avait un qui parlait justement de… bas. Bien que ce charmant accessoire se prête assez volontiers aux jeux de mots, le bas en haut, le haut du bas, tomber bien bas, en rester bas bas, je classerais volontiers celui-ci dans les bas volent bas. Cela commence pourtant bien « des bas en nylon font rayonner les jambes des femmes et battre le coeur des hommes », j’en vais déjà la langue qui balayait les miettes sur la nappe de la table. Suivent quelques mots qui citent Wallace Carothers comme à l’origine de l’invention du nylon, ce qui n’est pas absolument faux. On se souvient de ces émeutes en 1940 qui virent la commercialisation du bas nylon. D’après l’article, en un jour il se vendit cinq millions de paires de… collants, très collants et très transparents. Oui vous avez bien lu, des collants. dans tous les cas si ça colle, ce n’est pas à la réalité historique. Alors, moi qui ne suis que très peu journaliste, je vais y aller de mes petites vérités. La corset a été inventé par Napoléon, un Corse c’est normal. La jarretière, admettons par un membre du tiers état dont sa femme avait les bas qui tire-bouchonnaient. Le porte-jarretelles par le fils à Guillaume Tell et la guêpière par un apiculteur qui avait une femme qu’il n’avait pas envie d’envoyer  en cure d’amincissement, par jalousie sûrement.

To bas or not to bas

Dans les forums certains se glissent sous des prétextes futiles pour soigner leur petite curiosité. Je me mets à la place des dames qui veulent acheter une perceuse à leur mari bricoleur. Le marchand saura sans doute vous conseiller ou une petite recherche sur la toile vous sera utile. Dans un registre plus intime, un monsieur se renseigne,  pour offrir le top en matière de nylon à sa copine. A sa copine ou a sa curiosité. A chacun sa méthode, mais il y en a qui sont lourdes, en mettant une majuscule, on peut espérer un miracle. Voici ce message qui n’a reçu aucune réponse, la copine doit aller les jambes nues depuis, atchoum!

Bonjour aux filles

pouvez nous dire ce que vous portez en bas aujourd’hui?
type ( string, culotte… ?), couleur et tissu? si photo du modèle en plus possible ( bien sûr je ne vous emande pas de vous prendre en photo mais plutôt un lien vers une photo)

En fait le but est de voir ce que les femmes portent en général pour ensuite m’en inspirer pour offrir un ensemble à ma copine.

Merci d’avance

Au fond à gauche

Dans tous les domaines je trouve qu’il y a des poètes. Leur poésie va jusque dans les endroits les plus secrets, exemple suivant chez un amateur de musique…

Gageons que le perfectionnement va jusqu’à jouer « Constipation Blues » en cas de séjour prolongé ou « L’Ouverture De Guillaume Tell » en cas d’urgence. Je me suis laissé dire que l’inventeur de cette chose a touché une grosse commission!

D’autres canards en nylon

Nylon paparazzi (8)

Qu’étaient nos bas adorés aux temps anciens, comment en parlait-on? Pour le savoir, il est nécessaire d’aller fouiller dans les archives des différentes époques où par la grâce des journaux ou des livres, on peut se faire une idée plus précise du sujet. Plus que maintenant, le bas était un objet de consommation courante. La vraie différence, c’est que le bas seul n’était rien, il lui fallait des accessoires pour qu’il tienne en place. Il représentait certainement un côté coquin moins érotique que maintenant. On ne choisissait pas entre un bas et un collant, la première possibilité était la seule possible, ou alors se promener les jambes nues, ce qui était franchement indécent dans les moeurs anciennes. Précisons toutefois que les jupes étaient aussi beaucoup plus longues, faisant presque office de balai. Apercevoir une cheville au temps des rois de France était une jolie vision qui ne manquait pas de réjouir les amateurs de sensations coquines. Ce n’est qu’au tournant du 20ème siècle que les robes ont peu à peu diminué de longueur, donc il fallait cacher ce nu que l’on ne savait voir. Distinguons aussi la femme bourgeoise de celle de milieux plus modestes, cette dernière portant des vêtements par forcément à la mode, mais destinés à durer.

Une publicité de janvier 1934 nous renseigne sur la lingerie portée cette année-là. Disons-le tout de suite, elle s’adresse à une clientèle au minimum de condition moyenne. A titre de comparaison, un vélo coûtait environ 150 francs de l’époque. Certains articles de la vente avoisinent de moitié ce prix-là, donc ils font partie de la lingerie plutôt luxueuse.

25 janvier 1934
Jeudi, à LA GRANDE MAISON DE BLANC!, place de l’Opéra, journée spéciale de lingerie pour dames. Chemise nansouk jours et polo brodée 19.50; la culotte, 19,75; chemise nansouk rosé jours fin et broderie, 29 fr; la culotte 28 fr; parure soie et dentelle, la chemise, 29 fr; combinaison jupon soie point turc, 87 fr; culotte bord côtes 29 fr; porte-jarretelles satin, 9,75; douillette pompadour soie naturelle, 145 fr; exceptionnel mouchoirs linon vignettes pour dames, 17,50 la douzaine; pour hommes. 27fr la douzaine.

Un fait divers tragique d’octobre 1907, traité dans « Le Petit Parisien » est éloquent sur le respect de la vie privée. Lisez l’histoire, reproduite en entier pour la bonne compréhension, vous ne manquerez pas d’être étonnés sur la manière dont les enquêteurs étalent l’intimité de la victime. Imaginez mesdames, qu’aujourd’hui on cite le contenu de votre valise de lingerie en guise d’indices pour retrouver votre identité. Il donne aussi une idée de la composition d’une garde-robe en ces temps reculés.


La rue des Comédiens, à Bruxelles, a été le théâtre d’un affreux suicide. Une dame correctement vêtue, ayant l’accent parisien très prononcé, se présentait, il y a quelques jours, dans une pension bourgeoise de la rue des Comédiens et y louait une chambre pour une semaine. Elle déclara arriver de Paris, qu’elle était couturière et qu’elle était venue ici pour y trouver de l’occupation. Cependant, elle attira bientôt l’attention de tous les autres pensionnaires par ses allures. Elle paraissait en proie à un très grand chagrin et ses joues portaient encore les traces de larmes. C’est à peine si elle touchait aux aliments qu’on lui servait. Elle se faisait d’ailleurs monter ses repas au deuxième étage, qu’elle occupait. Or, hier,l’inconnue s’est précipitée par la fenêtre et est allée se briser le crâne sur les dalles du trottoir.
L’identité de la malheureuse n’a pu être encore établie, car on n’a trouvé sur elle aucun papier. De plus, afin de dépister les recherches, elle avait pris soin d’enlever la coiffe de son chapeau. Son cadavre sera photographié demain. Voici, en attendant qu’on ait pu l’identifier, le signalement officiel de la désespérée et aussi quelques renseignements de nature à aider les recherches.
Agée de 30 à 40 ans, taille 1 m. 60, cheveux noirs, yeux bruns, nez gros, bouche assez grande; oreilles ordinaires, corpulence moyenne. Vêtue d’une chemise et d’un pantalon de toile blanche non marqués, bas noirs, jarretelles rouges, jupon de dessous en flanelle rouge, jupon en brocart de soie noire avec dentelles noires, corsage en flanelle blanche pointillée rouge.
Dans sa chambre, parmi du linge non marqué on a trouvé un mouchoir marqué M au fil blanc, un mouchoir fantaisie marqué D au fil rouge un jupon gris fer à rayures obliques, un petit paletot, un manteau d’astrakan avec doublure en soie à Heurs couleur rouge passée, un corset noir, une fourrure tour de cou en marire, une paire de bottines en chevreau glacé avec bouts vernis et une pièce sur l’une des semelles, un pantalon de toile blanche marque au coton rouge des lettres V D, lettres mal faites. On a également découvert la somme de 1088 francs, plus 95 centimes en monnaie

Foyer Domestique, 1905, conseil gestion ménagère

Le corset.

On vous a parlé du corset et vous vous demandez qui a raison, s’il faut porter un corset ou s’il n’en faut pas porter. Réfléchissez, raisonnez et vous arriverez sans doute h, une solution satisfaisante. Lorsque vous travaillez sérieusement, que vous frottez le plancher ou les meubles, le corset vous gêne-t-il? Oui, par conséquent n’en mettez pas. Mais lorsque vous allez vous promener, ou que vous voulez visiter quelqu’un, la besogne que vous faites est peu fatigante, rien ne vous empêchera alors de mettre un corset; je dirai plus, en mettant un corset peu baleiné et peu serré, les femmes un peu fortes paraissent toujours plus propres et surtout plus ordonnées. En agissant avec notre bon sens, en ne travestissant pas les indications que nous donne la nature, il est rare que nous n’arrivions pas à nous diriger sûrement.

Les jarretelles.

Que vaut-il mieux employer pour retenir nos bas : des jarretières ou des jarretelles! Déjà vous avez répondu, n’est-ce pas? Pour que les jarretières retiennent bien le bas il faut qu’elles soient assez serrées et par conséquent elles peuvent causer une gêne circulatoire; nous donnerons donc la préférence aux jarretelles.

Félicien Champsaur (1858 -1934)

Un écrivain passablement retourné à l’obscurité. Il aborda un peu tous les genres littéraires. Avant tout un observateur de la vie artistique parisienne, il fut un précurseur de l’écriture moderne. Il laisse d’innombrables écrits. Voici un extrait d’un écrit paru en 1926.

Nuit de fête 1926.

Dans un coin du hall, une péripatéticienne s’asseyait un instant, et, pour aguicher un monsieur en habit noir qui la regardait impassible, levait rapidement sa jupe en corolle au-dessus de ses mollets élégants, deux fripons pistils, comme pour arranger une jarretière.

Le monsieur en habit noir:

– Vous portez encore des jarretières ? J’ai du goût pour ces attaches de ma grand-mère.

– Je n’aime pas les jarretelles ça tire et déchire les bas.

– Tu es économe et jolie. Alors, je vais t’épouser.

Vous pourriez tomber plus mal, monsieur. Je connais une princesse qui aime les bas très longs et ne porte ni jarretelles ni jarretières.
– Comment fait-elle tenir ses bas ?

– Avec des épingles à cheveux.

Le monteur en habit noir ajouta

– Au nid soit qui mâle y pense.

Puis il se perdit dans la cohue bariolée.

Comme vous le remarquerez dans les deux derniers textes les avis sont à l’opposé. Le premier est une évaluation qui peut se comparer à un avis de consommateur d’aujourd’hui. Mais le texte de Champsaur n’est probablement pas sorti de complètement de son imaginaire. La conversation a peut-être eu lieu réellement. Si l’on tient compte qu’il y a 20 ans entre les deux articles, on peut imaginer combien l’évolution entre le passage de la jarretière à la jarretelle a été long. Une sorte de guerre en dentelles, chacune défendant son camp. L’histoire de la princesse qui tenait ses bas avec des épingles à cheveux, m’a fait ressurgir un souvenir d’adolescence que je vais profiter de vous narrer en quelques mots.

Une pub de 1965 dans un journal anglais. Une gaine, article entre très porté à l’époque pas forcément par les grands-mères.

100 % pure énergie!

Comme vous le savez je ne suis pas sectaire en musique. Je peux aussi bien écouter des trucs très calmes ou alors complètement déjantés, question d’humeur. Pour cette fois, je vais aller plutôt dans la deuxième catégorie.

Un des albums de rock and roll les plus énergiques reste celui de Jerry Lee Lewis au Star-Club de Hambourg. C’est en 1964 et il est vraiment en pleine forme. Pour s’en persuader cet extrait parle de lui-même.

Toujours le rock and roll quelques années plus tard un certain Chuck Berry n’en croit pas ses oreilles, un certain Jimi Hendrix attaque un de ses classiques le laissant songeur. On est loin de sa version et de celle qu’en firent les Chaussettes Noires (Eddie Sois Bon). On peut aimmer l’original, mais c’est quand même moins énergique! De quoi bouffer sa guitare!

Vers la fin 68, alors que je commençais (déjà) à trouver que la pop tournait un peu en rond, j’ai découvert le premier album d’un groupe de Detroit, MC5. J’étais sur le cul en écoutant ça et je le suis toujours plus de 40 ans après. J’ai trouvé un merveilleux document de la grande époque en live. C’est toujours aussi brûlant!

Une année plus tard, les Stooges viennent dans ma discothèque avec bien sûr l’incontournable Iggy Pop. Une de ses bonnes idées c’est d’avoir reformé le groupe original. Bien des années après c’est toujours aussi diaboliquement bruyant et l’Iguane toujours aussi remuant malgré son âge. Un clip récent où le guitariste Ron Asheton est encore présent, décédé depuis. On a pas tous la santé du chef, mais les vétérans se portent bien, merci pour eux.

Bien que Aerosmith a un répertoire qui lui est tout à fait propre, le groupe ne dédaigne pas revisiter certains classiques. Comme ce « Baby Please Don’t Go » du très calme Big Joe Williams déjà revisité plus énergiquement par Them en 1965 et Amboy Dukes en 1966. La version de Aerosmith permet à Mr Tyler d’exprimer toute sa rage vocale.

La veuve soyeuse -5-

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait? Elle figure en plusieurs épisodes.
Résumé – Deux amies d’enfance, Nicole et Claudine, se retrouvent à la mort de l’homme dont elles ont été l’épouse lors de ses deux mariages. Le défunt, grand amateur de lingerie et de bas, avait trouvé avec sa seconde femme une parfaite répondante à ses désirs. Elle initie et conseille l’ancienne épouse sur la manière de se rendre plus désirable avec des sous-vêtements plus aguicheurs.

Lire les premières parties.

Le service funèbre fut aussi bref que désiré. En une dizaine de minutes tout fut réglé, une vie toute entière s’effaça avec la terre qui cacha le cercueil. Les deux veuves s’en allèrent sans se retourner vers la tombe. Juste avant la sortie, elles s’arrêtèrent et s’assirent sur un banc. Pendant de longues minutes, aucune parole ne fut prononcée. Chacune méditait à sa manière sur les instants qu’elles venaient de vivre.
– Si nous allions nous changer les idées en ville ? proposa finalement Claudine.
– Si tu veux, je crois que nous en avons bien besoin et puis la vie doit continuer.
– Ce n’est peut-être pas le moment le mieux choisi, mais j’ai envie de faire un petit voyage pour me changer les idées, tu m’accompagnes ?
– Que penses-tu faire ? J’ai averti Philippe que je serais absente probablement quelques jours, le temps de t’accompagner un moment dans ton deuil qui est aussi le mien.
– A vrai dire, j’ai envie de voir la mer, on pourrait aller en Bretagne trois ou quatre jours. Je connais un hôtel très bien qui doit-être assez calme à cette saison, mais je sais qu’il est ouvert. Nous y sommes allés quelquefois avec Gérard.
– Tu ne crois pas que cela te rappellera trop de souvenirs ?
– Au contraire, je crois que cela m’aidera à supporter, j’aurai l’impression qu’il est encore un peu là. Tu seras là toi aussi, bien vivante, tu m’aidera à passer le cap. J’ai surtout peur de rester seule. Nous partirons demain.
– C’est d’accord, je suis de la partie. Cela nous permettra aussi de passer un moment ensemble. En fin de compte, il y a bien longtemps que nous n’avons pas connu un moment de solitude à deux, depuis notre adolescence en fait.
– Viens, on va prendre le bus et aller en ville.
– Elles quittèrent le cimetière et se dirigèrent vers la station de bus. C’est juste après que se produisit un incident qui changea le cours de la journée. En voulant monter dans le bus, une légère bousculade fit glisser Nicole sur la marche d’accès. Elle faillit tomber, mais grâce à Claudine qui la rattrapa, elle évita la chute. Claudine remarqua quand même un détail disgracieux, le bas de son amie avait filé sur une bonne dizaine de centimètres.
Elles s’assirent au fond du bus qui était libre d’occupants.
– Tu en seras pour t’acheter une nouvelle paire. A la limite un seul suffirait, c’est le côté pratique, mais ils ne se vendent que par paire. Nous passerons dans la boutique où je les achète d’habitude, ainsi tu trouveras exactement les mêmes.

Discrètement Nicole s’assura que son bas était toujours bien tenu, c’est l’impression qu’elle avait, mais elle ne voulait pas qu’il se mette à choir sur ses talons. En levant le coin de sa jupe, elle put constater que tout était en ordre. La vision de ces jarretelles pincées dans la lisière sombre lui rappela qu’en fin de compte, le port des bas n’était pas aussi redoutable qu’elle se l’était imaginé. A vrai dire elle prenait de plus en plus conscience qu’elle en portait. Sans se l’avouer tout à fait, il lui semblait que le regard des autres ne se posait pas de la même manière sur elle. Pendant qu’elles attendaient le bus un homme avait scruté ses jambes plusieurs fois, puis la fixait dans les yeux. Il s’était installé une sorte de dialogue muet entre eux. Il semblait chercher une réponse qu’elle ne sut donner, ne trouvant pas la manière. Mais la réponse était-elle celle qu’il attendait ? Tout cela était-il le fait de son imagination ? Elle en était songeuse, rêveuse même, elle aurait voulu répondre en donnant la bonne réponse à une question muette.
– Tu as l’air bien songeuse, questionna Claudine
– Oui, je pensais à l’homme de l’arrêt tout à l’heure, tu l’as remarqué ?
– Ah pour ça oui, d’ailleurs lui aussi avait remarqué ta présence, il ne te lâchait pas des yeux, tes jambes surtout. La couture de tes bas faisait son petit effet.
– Tu crois que c’était ça ?
– Tu sais j’ai l’habitude, je suis sûre que son imagination travaillait, il m’est arrivé bien souvent de me trouver dans pareille situation.
– Et que fais-tu dans pareil cas ?


Un sourire à la fois attendri et gentiment moqueur illumina la face de Claudine.
– Ma chère, je vais parfaire ton éducation de porteuse de bas, il est vrai que tu débutes un peu dans ce domaine. Tu sais qu’envers Gérard j’ai toujours été une épouse fidèle, je ne l’ai jamais trompé. Cela ne m’empêche de m’amuser au détriment de ces messieurs. La plupart rêvent d’une épouse qui ne porterait pas que des collants. Tu le remarqueras, si ce n’est fait,  que souvent les femmes parlent de bas alors qu’elles pensent collants. Et si tu glisses le mot bas dans la conversation, elles se mettent à parler de collants. Je crois que c’est une manière de mépriser les bas. Elles te font sentir que si tu parles de bas tu imagines qu’elles ne portent que cela. Elles veulent bien le laisser croire venant de leur bouche, mais se remettent en collants dès que cela vient de toi. Pensant sans doute que tu les imagines en putes arpentant les trottoirs à la recherche d’aventure, là elles reculent et jouent à la femme libérée en collants si pratiques. Elles s’imaginent que l’on est un objet dans l’imaginaire des hommes. Nous savons qu’il n’en est rien et que le plus souvent, ce sont eux qui sont des jouets dans nos mains. Il suffit d’avoir la manière et d’accéder à leurs désirs tout en ayant jouant donnant-donnant. J’en reviens au sujet. Pour moi porter des bas et un goût personnel avant tout. Je sais que les hommes sont attirés par cela, c’est même une chose très courante. J’utilise cela comme un jeu dans lequel ils croient être gagnants, mais c’est moi qui fixe les règles. Je devine dans leur regard que certains soupçonnent que je porte des bas. Selon la situation, je leur donne une petite preuve que c’est bien le cas. Ils peuvent quelquefois voir les bosses de mes jarretelles à travers la jupe, c’est une certitude pour eux si cela est bien visible. Tu les laisses mariner dans leurs fantasmes à la limite en rendant la chose encore plus visible. Si rien n’est visible, tu fais un geste dans le genre remettre une jarretelle en place à travers la jupe, tu le répète une ou deux fois en changeant de jarretelle. Tu peux aussi faire semblant de regarder si la couture de ton bas est droite, tout en remontant le long de la jambe et donner un petit coup de réajustement aux jarretelles. Tu verras sans doute leur yeux s’illuminer, si ce n’est pas le visage qui se congestionne. Je n’ai jamais eu de crise cardiaque, mais ce n’était pas loin dans certains cas. Si tu es assise dans un endroit public, le jeu est un peu différent, tu laisses entrevoir la lisière de ton bas avec un soupçon de jarretelle, encore plus visible avec des jarretelles blanches et des bas noir. Il risque d’y avoir un sacré défilé devant toi. En ayant l’air de rien, certains repasseront plusieurs fois. J’en ai même vu un qui avait planté sa femme dans coin pour aller chercher je ne sais quoi, ni où, dans un chemin qui passait toujours par devant moi. Si tu es en privé, là tu joues les étourdies qui laissent remonter leur jupe tellement tu es prise dans l’ambiance ou la discussion. Un copain de Gérard nous avait invités à dîner. J’étais assise en face de lui en faisant causette avec sa femme, la pauvre n’arrêtait pas de regarder son mari qui ne pouvait détacher ses yeux fixés sur mes jambes. Elle savait très bien que je portais des bas, le lui ayant dit dans la conversation. Nous n’avons plus été invités. Je me doute que si les invitations que nous lui avons faites par la suite n’ont jamais abouti, ce n’est pas qu’il n’en avait pas envie.
Comme le bus arrivait à destination, la conversation s’arrêta sous le regard admiratif de Nicole.

A suivre