La veuve soyeuse -5-

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait? Elle figure en plusieurs épisodes.
Résumé – Deux amies d’enfance, Nicole et Claudine, se retrouvent à la mort de l’homme dont elles ont été l’épouse lors de ses deux mariages. Le défunt, grand amateur de lingerie et de bas, avait trouvé avec sa seconde femme une parfaite répondante à ses désirs. Elle initie et conseille l’ancienne épouse sur la manière de se rendre plus désirable avec des sous-vêtements plus aguicheurs.

Lire les premières parties.

Le service funèbre fut aussi bref que désiré. En une dizaine de minutes tout fut réglé, une vie toute entière s’effaça avec la terre qui cacha le cercueil. Les deux veuves s’en allèrent sans se retourner vers la tombe. Juste avant la sortie, elles s’arrêtèrent et s’assirent sur un banc. Pendant de longues minutes, aucune parole ne fut prononcée. Chacune méditait à sa manière sur les instants qu’elles venaient de vivre.
– Si nous allions nous changer les idées en ville ? proposa finalement Claudine.
– Si tu veux, je crois que nous en avons bien besoin et puis la vie doit continuer.
– Ce n’est peut-être pas le moment le mieux choisi, mais j’ai envie de faire un petit voyage pour me changer les idées, tu m’accompagnes ?
– Que penses-tu faire ? J’ai averti Philippe que je serais absente probablement quelques jours, le temps de t’accompagner un moment dans ton deuil qui est aussi le mien.
– A vrai dire, j’ai envie de voir la mer, on pourrait aller en Bretagne trois ou quatre jours. Je connais un hôtel très bien qui doit-être assez calme à cette saison, mais je sais qu’il est ouvert. Nous y sommes allés quelquefois avec Gérard.
– Tu ne crois pas que cela te rappellera trop de souvenirs ?
– Au contraire, je crois que cela m’aidera à supporter, j’aurai l’impression qu’il est encore un peu là. Tu seras là toi aussi, bien vivante, tu m’aidera à passer le cap. J’ai surtout peur de rester seule. Nous partirons demain.
– C’est d’accord, je suis de la partie. Cela nous permettra aussi de passer un moment ensemble. En fin de compte, il y a bien longtemps que nous n’avons pas connu un moment de solitude à deux, depuis notre adolescence en fait.
– Viens, on va prendre le bus et aller en ville.
– Elles quittèrent le cimetière et se dirigèrent vers la station de bus. C’est juste après que se produisit un incident qui changea le cours de la journée. En voulant monter dans le bus, une légère bousculade fit glisser Nicole sur la marche d’accès. Elle faillit tomber, mais grâce à Claudine qui la rattrapa, elle évita la chute. Claudine remarqua quand même un détail disgracieux, le bas de son amie avait filé sur une bonne dizaine de centimètres.
Elles s’assirent au fond du bus qui était libre d’occupants.
– Tu en seras pour t’acheter une nouvelle paire. A la limite un seul suffirait, c’est le côté pratique, mais ils ne se vendent que par paire. Nous passerons dans la boutique où je les achète d’habitude, ainsi tu trouveras exactement les mêmes.

Discrètement Nicole s’assura que son bas était toujours bien tenu, c’est l’impression qu’elle avait, mais elle ne voulait pas qu’il se mette à choir sur ses talons. En levant le coin de sa jupe, elle put constater que tout était en ordre. La vision de ces jarretelles pincées dans la lisière sombre lui rappela qu’en fin de compte, le port des bas n’était pas aussi redoutable qu’elle se l’était imaginé. A vrai dire elle prenait de plus en plus conscience qu’elle en portait. Sans se l’avouer tout à fait, il lui semblait que le regard des autres ne se posait pas de la même manière sur elle. Pendant qu’elles attendaient le bus un homme avait scruté ses jambes plusieurs fois, puis la fixait dans les yeux. Il s’était installé une sorte de dialogue muet entre eux. Il semblait chercher une réponse qu’elle ne sut donner, ne trouvant pas la manière. Mais la réponse était-elle celle qu’il attendait ? Tout cela était-il le fait de son imagination ? Elle en était songeuse, rêveuse même, elle aurait voulu répondre en donnant la bonne réponse à une question muette.
– Tu as l’air bien songeuse, questionna Claudine
– Oui, je pensais à l’homme de l’arrêt tout à l’heure, tu l’as remarqué ?
– Ah pour ça oui, d’ailleurs lui aussi avait remarqué ta présence, il ne te lâchait pas des yeux, tes jambes surtout. La couture de tes bas faisait son petit effet.
– Tu crois que c’était ça ?
– Tu sais j’ai l’habitude, je suis sûre que son imagination travaillait, il m’est arrivé bien souvent de me trouver dans pareille situation.
– Et que fais-tu dans pareil cas ?


Un sourire à la fois attendri et gentiment moqueur illumina la face de Claudine.
– Ma chère, je vais parfaire ton éducation de porteuse de bas, il est vrai que tu débutes un peu dans ce domaine. Tu sais qu’envers Gérard j’ai toujours été une épouse fidèle, je ne l’ai jamais trompé. Cela ne m’empêche de m’amuser au détriment de ces messieurs. La plupart rêvent d’une épouse qui ne porterait pas que des collants. Tu le remarqueras, si ce n’est fait,  que souvent les femmes parlent de bas alors qu’elles pensent collants. Et si tu glisses le mot bas dans la conversation, elles se mettent à parler de collants. Je crois que c’est une manière de mépriser les bas. Elles te font sentir que si tu parles de bas tu imagines qu’elles ne portent que cela. Elles veulent bien le laisser croire venant de leur bouche, mais se remettent en collants dès que cela vient de toi. Pensant sans doute que tu les imagines en putes arpentant les trottoirs à la recherche d’aventure, là elles reculent et jouent à la femme libérée en collants si pratiques. Elles s’imaginent que l’on est un objet dans l’imaginaire des hommes. Nous savons qu’il n’en est rien et que le plus souvent, ce sont eux qui sont des jouets dans nos mains. Il suffit d’avoir la manière et d’accéder à leurs désirs tout en ayant jouant donnant-donnant. J’en reviens au sujet. Pour moi porter des bas et un goût personnel avant tout. Je sais que les hommes sont attirés par cela, c’est même une chose très courante. J’utilise cela comme un jeu dans lequel ils croient être gagnants, mais c’est moi qui fixe les règles. Je devine dans leur regard que certains soupçonnent que je porte des bas. Selon la situation, je leur donne une petite preuve que c’est bien le cas. Ils peuvent quelquefois voir les bosses de mes jarretelles à travers la jupe, c’est une certitude pour eux si cela est bien visible. Tu les laisses mariner dans leurs fantasmes à la limite en rendant la chose encore plus visible. Si rien n’est visible, tu fais un geste dans le genre remettre une jarretelle en place à travers la jupe, tu le répète une ou deux fois en changeant de jarretelle. Tu peux aussi faire semblant de regarder si la couture de ton bas est droite, tout en remontant le long de la jambe et donner un petit coup de réajustement aux jarretelles. Tu verras sans doute leur yeux s’illuminer, si ce n’est pas le visage qui se congestionne. Je n’ai jamais eu de crise cardiaque, mais ce n’était pas loin dans certains cas. Si tu es assise dans un endroit public, le jeu est un peu différent, tu laisses entrevoir la lisière de ton bas avec un soupçon de jarretelle, encore plus visible avec des jarretelles blanches et des bas noir. Il risque d’y avoir un sacré défilé devant toi. En ayant l’air de rien, certains repasseront plusieurs fois. J’en ai même vu un qui avait planté sa femme dans coin pour aller chercher je ne sais quoi, ni où, dans un chemin qui passait toujours par devant moi. Si tu es en privé, là tu joues les étourdies qui laissent remonter leur jupe tellement tu es prise dans l’ambiance ou la discussion. Un copain de Gérard nous avait invités à dîner. J’étais assise en face de lui en faisant causette avec sa femme, la pauvre n’arrêtait pas de regarder son mari qui ne pouvait détacher ses yeux fixés sur mes jambes. Elle savait très bien que je portais des bas, le lui ayant dit dans la conversation. Nous n’avons plus été invités. Je me doute que si les invitations que nous lui avons faites par la suite n’ont jamais abouti, ce n’est pas qu’il n’en avait pas envie.
Comme le bus arrivait à destination, la conversation s’arrêta sous le regard admiratif de Nicole.

A suivre

14 réflexions sur “La veuve soyeuse -5-

  1. Ah oui alors, quel jeu sympathique ! Je reste d’ailleurs persuadée, quand j’y repense la tête froide, que lorsque j’y joue au fin fond de ma campagne personne ne le remarque… mais peu importe, j’ai longtemps été fille unique et je sais m’amuser toute seule (oui, oui, à toutes sortes de jeux, vous pouvez dégainer les imaginations).
    Il est vrai, aussi : souvent les femmes disent « bas » pour parler de collants… ben voui, même le mot est tellement moche qu’on n’a pas envie de l’utiliser !!!
    J’adore cette histoire, j’espère qu’elle ne finira jamais. Donc la semaine prochaine, nous partons tous ensemble en Bretagne ? OK, je prépare la valizànylons, si vous avez une amie à convertir n’hésitez pas à l’amener : mon Ange, my Escarpinette et moi nous en chargerons 😉
    Baisers avec des petites bosses sous la jupe, Boss

    • Chère Cassiopée,

      Je vous imagine jouant votre jeu dans le fond de votre campagne. Délicieux!
      Vous pensez bien que ce récit est en partie fait de constatations personnelles. L’histoire collants-bas employé dans le mauvais sens est le résultat d’une écoute attentive de conversations. Je suis parfois bavard, mais il m’arrive le plus souvent d’être un observateur ce qui est riche d’enseignements. On peut voir avec les oreilles!
      Je ne sais pas si mon histoire sera infinie, je verrai au 1347 épisode si elle continue. Oui je vais situer une partie de l’histoire en Bretagne. Il y a une raison à cela, cette région un creuset de visiteurs pour mon blog avec le sud de la France. les gens y sont-ils plus coquins ou plus romantiques qu’ailleurs, c’est possible. Il y a aussi une autre raison, musicale celle-là, je suis un féru de folklore celtique.
      Vous pouvez préparer la valizanylons, et d’aventure je vous enverrai des élèves, si je n’arrive pas à les convertir moi-même. Je sais que vous serez de bons professeurs.

      Le Boss accepte avec les bosses avec grand plaisir et vous retourne bien évidemment des baisers soyeux

  2. Toujours très agréables ces histoires à suivre. On attend le prochain épisode comme quand plus jeune on attendait le numéro hebdomadaire de notre journal de BD préféré. Et on imagine déjà la belle brise bretonne jouant les espiègles autour de jambes nylonées!
    A bientôt et merci encore.

  3. Oui oui ma Cassio, tu passes me chercher avec Sandrine… ma valise est prête !!! ;))))

    Grrr satané bus, déjà arrivé… Hâte aussi de découvrir la suite !!!
    Sinon tous vos écrits sonnent tellement vrais, un petit jeu que j’adore : ajuster, lisser, vérifier, aligner, croiser, décroiser… hummm ;))

    Bisous Boss et ne nous faîtes pas trop languir, vite la suite, surtout que la Bretagne, la mer, les hôtels… J’adore !

    • Merci Miss Legs,
      On verra ce que je peux faire pour ne pas trop vous faire languir.
      En attendant, ajustez, lissez, vérifiez, croisez, décroisez, je suis tout oeil et ouìe… mmmmmhhhh….

      Bisous, bisous

    • Merci Mr Valmont,

      Je trouve le noir toujours très sexy. Le deuil le serait-il aussi? J’en sais trop rien, mais dans mon histoire certainement.

      Excellente semaine à vous!

    • Merci Aurélie,

      Si tu as envie de mettre des bas et de prendre le bus, il ne faut pas hésiter. Il y aura un semblant de réalité dans mon histoire.

      Très flatté de ton appréciation…

    • Ah tu vois, les conseils de boss futé mènent à quelque chose, même vers le 7ème ciel. Une femme qui a envie de mettre des bas après m’avoir lu, ne mérite que ce ciel là.

      Merci de m’avoir écouté, j’en suis très fier…

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