Le Canard Ennylonné – 1er coin-coin


Ne cherchez pas, j’emprunte à un célèbre hebdomadaire que tout le monde devrait lire, l’idée de fond. Je ne vais pas revisiter le monde politique et ses travers, en fait tout va de travers dans ce monde là, je lui laisse le plaisir, il le fait si bien. Empruntant sa verve un peu sarcastique et non dépourvue d’humour, je vais essayer de méditer le monde du bas nylon en y apportant quelques commentaires du cru. Bien sûr je n’invente rien, les sujets seront puisés dans le vaste monde qui défile sur la Toile et devant mes (vos) yeux émerveillés et certains fixés dans ma mémoire pour un jour mieux en ressortir.  Ce canard ennylonné c’est un peu moi, un peu sarcastique, un peu fou. Animal et mot bien sympathique. On l’associe volontiers avec un journal, une personne que l’on aime bien, viens mon canard, un cas malheureusement beaucoup plus dramatique pour lui, l’orange. Il rime aussi avec bobard, alors si les canards ne disent que la vérité, moi je ne vais raconter que des bobards.

Boire le vin jusqu’à la lie…bido

Une copine d’enfance qui habitait la même maison que moi, se pavana un jour dans les escaliers en portant des bas. Aucun doute sur la chose, il manquait encore une ou deux lettres à collant pour qu’il nous envahisse. La vue de cette scène provoqua chez moi un certain émoi, étant déjà pas mal branché sur le sujet. Mon enthousiasme retomba un peu plus tard, seulement l’enthousiasme je ne saurais me le rappeler, par l’intermédiaire de sa frangine, frangine et rapporteuse. La porteuse de bas, sinon de bonnes nouvelles, était du genre assez crâneuse. Sa soeur, un peu plus jeune, mais nettement plus jolie et aussi moqueuse me mit au parfum. Pour faire comme les grandes dames, elle avait piqué une paire de bas à sa mère en son absence. Comme elle ne possédait pas de porte-jarretelles, là c’est maman qui décidait de cet achat stratégique, elle avait fait tenir ses bas avec des épingles de sureté à sa culotte genre jeune fille bien sage. Elle en profita pour faire la tournée des voisins, en espérant bien qu’il remarquent ce changement très important et en espérant qu’on allait lui donner du madame quand elle elle les quitterait. Quelle cafteuse cette soeur! Je crois me rappeler que je l’ai considérée pendant longtemps avec un certains mépris. C’est un peu comme si elle m’avait trompé sur la marchandise, voulant faire croire qu’elle roulait en Porsche alors qu c’était une 2cv. Ah les tourments de la puberté, de cette libido qui commence à nous donner des sueurs.
Cela permet aussi de revenir sur le cas de deux soeurs qui se suivent de près en âge. Le passage de la chaussette au bas était une étape primordiale dans la vie d’une jeune fille. Les garçons avaient le passage vestimentaire moins tourmenté. A peine si l’on se rendait compte que le short devenait pantalon, à la limite la cravate avait une certaine signification, aucune connotation érotique. Et puis, je suis d’une époque où on les jetait volontiers aux orties. Très différent pour les filles où ce fameux changement était souhaité avec une certaine impatience. La mère décidait presque toujours de donner le feu vert. Mais comment ne pas créer de tensions entre deux filles qui se suivent de près dans l’ordre d’apparition sur cette bonne vieille terre? Imaginez la jalousie et la rage de la seconde qui croit aussi y avoir droit. Pour l’avoir remarqué deux ou trois fois, le décision était de retarder le passage au bas de l’ainée, afin qu’il  s’effectue en même temps pour les deux. La vie était parfois dure pour les ainées. En général, c’était vers l’âge de douze ans, bien que dans certains cas plus tard, décision gouvernementale. Je crois que le passage aux collants fait moins de vagues maintenant, sans doute par le manque d’érotisme de l’objet. Si vous cherchiez à vous persuader, en voici une preuve.

Ca vous grattouille ou ça vous chatouille?

Une jarretelle pour moi n’a jamais été un obstacle. Tout au plus, elle peut constituer une halte agréable avant d’aller plus loin vers une exploration de forêt pas toujours vierge, enfin cela dépend des cas. Bon passons à une autre approche de la chose. J’ai lu à quelque part que c’était un obstacle, oui notre bonne vieille jarretelle est un obstacle. Je vois d’ici les spécialiste jeter un regard étonné, voire angoissé, du style aurais-je oublié quelque chose? La belle main de monsieur se faufilant sous la jupe de madame, maudissant la nature de ne pas lui avoir mis un oeil au bout de chaque doigt ou madame attachant ses bas avec une délicatesse, qu’elle n’avait employée jusque là que pour piquer d’ail le gigot du dimanche. Rassurez-vous je crois que vous avez tout juste, si vous n’êtes pas un aoûtat. Non, il ne s’agit d’une espèce d’homme primitif vivant dans la brousse et copulant seulement au mois d’août, mais d’un insecte. Une sale petite bestiole de 2 à 3 mm et qui pique. Son but est de se faufiler partout afin d’atteindre votre épiderme et de se régaler de certaines substances dont il se régale. Il semblerait qu’il est malin et sait où se diriger pour trouver son casse-croûte. Pas flemmard, il peut parcourir une longue distance à votre insu pour aller là où il sait. Pas étonnant donc qu’il puisse se faufiler sous votre robe et franchir les obstacles dont votre sens de la séduction vous a pourvue, une jarretelle par exemple, pris tout à fait au hasard. Là vous avez compris, quand on est si petit, le genre d’obstacle que cela peut représenter. Le phénomène a déjà été étudié. En 1939, il a fait l’objet d’un article journalistique et voici ce que le journaliste et entomologiste a cru bon de narrer dans une partie de son texte…

Curieux à l’extrême, indiscrets comme pas un, mal élevés, sans-gêne, ils se jettent sur les plus jolis corps, qu’ils envahissent sans vergogne. Les obstacles que sont les jarretelles, les gaines, les soutiens-gorge, sont les seuls qu’ils connaissent. Ils s’y précipitent pour les forcer. Et c’est là que vous êtes le plus fortement démangés. Oh comme je vous plains, toutes et tous, quand, quelques heures après une promenade dans les champs, dans les prairies, tout le long d’une délicieuse rivière, vous n’avez pas assez d’ongles pour vous gratter.
C’est sans doute là les origines de la fameuse expression, le petite bête qui monte, qui monte.

La presse… purée

Vous recevez sans doute dans votre boîte aux lettres, des journaux en forme de pub pour des grandes chaînes de distribution. De temps en temps pour relever le niveau, là j’hésite entre culturel et et… il nous offrent des articles qui se veulent un reflet de la société. Ca tombe bien, il y en avait un qui parlait justement de… bas. Bien que ce charmant accessoire se prête assez volontiers aux jeux de mots, le bas en haut, le haut du bas, tomber bien bas, en rester bas bas, je classerais volontiers celui-ci dans les bas volent bas. Cela commence pourtant bien « des bas en nylon font rayonner les jambes des femmes et battre le coeur des hommes », j’en vais déjà la langue qui balayait les miettes sur la nappe de la table. Suivent quelques mots qui citent Wallace Carothers comme à l’origine de l’invention du nylon, ce qui n’est pas absolument faux. On se souvient de ces émeutes en 1940 qui virent la commercialisation du bas nylon. D’après l’article, en un jour il se vendit cinq millions de paires de… collants, très collants et très transparents. Oui vous avez bien lu, des collants. dans tous les cas si ça colle, ce n’est pas à la réalité historique. Alors, moi qui ne suis que très peu journaliste, je vais y aller de mes petites vérités. La corset a été inventé par Napoléon, un Corse c’est normal. La jarretière, admettons par un membre du tiers état dont sa femme avait les bas qui tire-bouchonnaient. Le porte-jarretelles par le fils à Guillaume Tell et la guêpière par un apiculteur qui avait une femme qu’il n’avait pas envie d’envoyer  en cure d’amincissement, par jalousie sûrement.

To bas or not to bas

Dans les forums certains se glissent sous des prétextes futiles pour soigner leur petite curiosité. Je me mets à la place des dames qui veulent acheter une perceuse à leur mari bricoleur. Le marchand saura sans doute vous conseiller ou une petite recherche sur la toile vous sera utile. Dans un registre plus intime, un monsieur se renseigne,  pour offrir le top en matière de nylon à sa copine. A sa copine ou a sa curiosité. A chacun sa méthode, mais il y en a qui sont lourdes, en mettant une majuscule, on peut espérer un miracle. Voici ce message qui n’a reçu aucune réponse, la copine doit aller les jambes nues depuis, atchoum!

Bonjour aux filles

pouvez nous dire ce que vous portez en bas aujourd’hui?
type ( string, culotte… ?), couleur et tissu? si photo du modèle en plus possible ( bien sûr je ne vous emande pas de vous prendre en photo mais plutôt un lien vers une photo)

En fait le but est de voir ce que les femmes portent en général pour ensuite m’en inspirer pour offrir un ensemble à ma copine.

Merci d’avance

Au fond à gauche

Dans tous les domaines je trouve qu’il y a des poètes. Leur poésie va jusque dans les endroits les plus secrets, exemple suivant chez un amateur de musique…

Gageons que le perfectionnement va jusqu’à jouer « Constipation Blues » en cas de séjour prolongé ou « L’Ouverture De Guillaume Tell » en cas d’urgence. Je me suis laissé dire que l’inventeur de cette chose a touché une grosse commission!

D’autres canards en nylon

10 réflexions sur “Le Canard Ennylonné – 1er coin-coin

    • Merci Gemtlemanw,

      Bien que le bas nylon soit une affaire très sérieuse pour vous et moi, il n’en reste pas moins que l’humour à sa part de richesse, je sais que vous êtes d’accord avec moi

      Amitiés

  1. De la même époque ou il manquait des lettres au mot collant, je lis toujours avec beaucoup de plaisir les rubriques de « bas nylon et musique rétro ».
    La nostalgie des froufrou et des nylons nous fait un peu souffrir, mais l’évocation ci dessus me fait plutôt sourire.
    Ah, les filles et leur première paire de bas…toute une histoire.
    Amicalement.
    Daniel

    • Merci Daniel,
      Oh oui qu’elle nous fait souffrir cette nostalgie, mais heureusement les souvenirs sont autant d’anti-douleurs. Seuls ceux qui ont vécu cette époque savent combien elle était merveilleuse. Et puis, il nous reste le sourire pour souligner que l’on pense à elle.

      Amitiés

    • Merci Sandra,

      Mon canard et le vôtre partagent la même passion pour l’humour. Comme vous le voyez, un sourire sur un fond de rock and roll et la vie est belle. Je suis flatté que vous appréciez ma prose, un peu moqueuse, en fin de compte tendre mais toujours ode à la féminité.

      Des bisous pour toute la semaine

  2. Qu’il est bon de vous lire, vous devriez voir la tête de vos lecteurs, moi je ne cesse de sourire et certains passage sont un pur bonheur !!! Bon je signe où… car ce qui est sûr c’est que je m’y abonne à votre coin- coin ! Bisous dans tous les coins Boss !!
    Ps : c’est vrai qu’être l’aînée ne doit pas être toujours juste, moi j’ai eu la chance d’être la n°2 ! 😉

  3. Merci Miss Legs,

    Ah il vous plait mon canard, eh bien j’en suis tout heureux. Pour les abonnements, pas de problèmes, c’est gratuit pour toutes les dames qui portent des bas!
    La deuxième? J’espère que la première est comme vous!
    La tête de mes lecteurs, oui j’aimerais bien voir. J’imagine surtout certains qui ne doivent pas pleurer en me lisant, c’est un peu le but, sauf certains qui pourraient se reconnaître, spécialement la première histoire, je les vois assez souvent, mais chut…
    De bisous dans tous les coins, je dirais même plus, les coins-coins!

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