Cinébas, ça continue

Il y a bien longtemps que je n’avais pas aligné quelques mots sur un film que l’on peut qualifier de nylonesque.
Une nouvelle fois, arrêtons-nous sur le cinéma italien, très prodigue en films érotiques de bonne facture. Nous avons vu Tinto Brass dans des chapitres précédents. Cette fois-ci posons notre regard sur Salvatore Semperi. S’il est un peu moins connu internationalement que Brass, il est quand même célèbre pour son fameux « Malizia » en 1973. C’est l’époque où la révolution sexuelle de la fin des années 60 commence à marquer les esprits. Cette comédie que l’on peut taxer de fétichiste ouvrira la porte à des films légers et érotiques, parallèlement à l’univers pornographique qui se développe de son côté. Une chose m’a toujours fait sourire dans l’évolution des moeurs. Quand on avait à ses côtés des femmes qui arboraient par obligation toute la petite panoplie de la pin-up, bas, porte-jarretelles, on prisait les photographies de nu. Quand le nu est devenu presque une norme, on a cherché l’inverse. Dans « Malizia », Semperi a bien filmé tout cela. Le désir tout masculin à l’intérieur de cette famille qui ne regarde que la bonne sous toutes les coutures de ses bas. C’est sans aucun doute un départ de nostalgie pour une très grande partie des hommes, j’en suis une victime heureuse…
Dans les années 80, Semperi revient quelque peu dans le concept qui lui valut son succès. Cette fois le film s’intitule « La Bonne » titre international du film. Dans « Malizia » la bonne subit plutôt, ici c’est elle qui mène le bal. Les Italiens sont très forts  pour extérioriser leurs sentiments. Quand il s’agit de mettre cela dans un film, c’est le naturel qui s’exprime. Même quand il s’agit d’un film érotique, il est très souvent placé dans un contexte social précis, époque, également explorés dans l’histoire.

Nous sommes ici en 1956 à Vicence, nom de ville que je ne connais mieux dans sa langue d’origine, Vicenza. C’est l’après-guerre, l’Italie se relève lentement de ses suites. L’époque est encore assez troublée. D’une part une grande partie de la politique se veut de droite, très contestée par les communistes assez puissants et pas mal virulents. Nous entrons dans une de ces familles qui se veut bourgeoise et gauchiste. La belle Anna (Florence Guérin) est le femme d’un avocat plus âgé qu’elle. Elle mène un vie morne entre un mari toujours absent et une belle-mère acariâtre qui ne lui laisse rien passer. Pour respecter la coutume, ils ont une bonne, Angela (Katrine Michelsen, 1966-2009. Miss Danemark 1984 ), plutôt du genre délurée. Un jour, Anna la surprend en train de se faire peloter par un soldat dans un coin d’escalier. En ressent-elle un trouble qui la tétanise, elle va peu à peu se laisser entraîner par Angela à la découverte de sensations qu’elle ignore. C’est une lente montée vers certains plaisirs qui se payent au prix d’une certaine débauche. Le film nous guide à travers cette initiation.
Sans être un égal de « Malizia » , l’humour est ici absent, du moins visible au premier degré, le film est plutôt plaisant et raconte une histoire. Ce n’est pas juste un prétexte à montrer quelques belles images érotiques. L’étude des moeurs bourgeoises ne manque pas de sa petite touche d’acidité et le contexte social de l’époque assez bien restitué, presque un documentaire de ce point de vue. Bien sûr, comme nous sommes en 1956, les dames s’habillent à la mode du temps. Bas et porte-jarretelles sont bien présents dans quelques belles scènes, le tout présenté avec de belles images, qui vont vers la caméra de Tinto Brass, sans toutefois l’égaler.
Ce film a passé à la télévision française il y a quelques années. Il existe en DVD, mais semble assez difficile à trouver en version française, mais existe. Personnellement je l’ai regardé en version italienne, à mon avis plus succulente. Comme le titre est français, si vous en trouvez un copie, bien vérifier que c’est une version française, pour autant que la compréhension de l’italien vous pose un problème. La musique du film fait appel à Riz Ortolani, qui composa dans les années 60 la musique mondialement célèbre du film « Mondo Cane ». Un Ennio Morricone d’avant l’heure.

Réalisé par Salvatore Samperi (1987) avec Florence Guérin (Anna); Katrine Michelsen (Angela)

Quelques scènes orientées

Extraits vidéos (éventuellement désactiver le filtre parental, si cela ne passe pas pour le second)

6 réflexions sur “Cinébas, ça continue

  1. Mamizia fut une révélation pour moi. Quelque chose de très fort. L’expression au cinéma des fantasmes qui furent les miens quelques années plus tôt, préadolescent un peu gauche que j’étais;
    Joli post
    Olivier

    • Merci Olivier,

      Rassurez-vous, je fus dans le même cas. je m’étais attardé un peu auparavant sur « Percy » un film anglais qui montrait quelques scènes plus conventionnelles. Ce qui m’avait surtout attiré c’était la musique du film interprétée par les Kinks, un de mes groupes préférés alors.
      J’étais aussi adolescent, mais sans doute moins gauche, j’avais déjà eu quelques copines et m’étais déniaisé avec l’une d’entre elles de passage. Ce qui ,m’attira vraiment vers « Malizia » ce fut l’apparition à l’écran de bas et jarretelles, choses qui avaient pratiquement disparues à l’époque. Quel régal. Je dus attendre une bonne quinzaine d’années pour l’attraper en vidéo sur une chaine allemande et en allemand, Mais bon seules les images comptaient.
      Encore merci de ces souvenirs qui sont aussi un peu les miens.
      Amitiés

  2. Cher ami je suis un inconditionnel de Tinto Brass, et ce film fait partie de ses créations cul-tes, où le plaisir visuel comme toujours et l’imaginaire largement vedettes, j’aime bien le « père » du « Déclic » si vous voyez ce que je veux dire un peu en adéquation avec le film « Oh my God » d’ailleurs (sourire), que je développe de mon coté… Amitiés.

    • Merci Mr Valmont,
      Je suis aussi un inconditionnel de Brass, enfin la plupart de ses films. C’est pour moi le cinéma érotique dans sa version sensuelle. Certains on fait leur choux gras avec Russ Meyer, bien que plus ancien, mais je trouve plutôt vulgaire. Des femmes un peu trop bien fournies en atours, qui mâchent de la gomme et parlent comme des charretiers. Par contre, et là c’est culte chez moi, « Faster Pussycat » est une réussite indéniable, histoire et photographie. le mérite de Meyer est d’avoir pavé le chemin pour la suite. je crois que les Italiens ont bien tiré leur épingle du jeu. C’est aussi plus ressenti chez eux, douceur, sensualité et pas mal de femmes qui mènent les hommes, juste retour de l’objet sexuel, si cher aux Amerloques.
      Amitiés à vous

  3. Les connaisseurs sont au rendez-vous ;)… L’actrice brune ne m’est pas inconnue, je l’ai déjà vu dans un film mais je ne saurais dire s’il s’agit de celui-là ! Je note le titre et ne manquerai pas de voir ce film si un jour il est rediffusé ! Les costume et les décors ont une grande importance, surtout dans les films érotiques, j’adore quand les bas et jarretelles sont mis à l’honneur !!

    Plein de bisous Boss !

    • Merci Miss Legs,

      Je crois que vous y trouverez bien du plaisir. Nul doute que vous connaissiez l’actrice, elle est d’ailleurs Française et tourne régulièrement.
      Si je parle de ce film, c’est qu’il est intéressant du point de vue bas et jarretelles. On en trouve forcément plus dans les films qui parlent d’histoires qui se passent avant la milieu des années 60. Ne vous inquiétiez pas, j’en ai une bonne réserve pour de futurs articles, certains pas forcément connus par les plus jeunes que moi.

      Bisous du Boss cinéphile en nylon et aussi tout court.

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