Rêveries en rouge

Petite flânerie dans un magasin le vendredi après-midi, ça tombe bien c’est jour de paye. Après m’être restauré d’un excellent repas composé d’une excellente viande et surtout d’une salade aux choux rouges parfumée à l’huile d’olives et d’un filet de vinaigre balsamique, je digère. J’ai une passion pour le choux, en choucroute ou en salade. Je dois en avoir mangé des tonnes, de plus il paraît que c’est excellent pour la santé. Alors si j’ai la forme, ne vous étonnez pas, c’est le chou. Je n’ai pourtant pas la tête du célèbre compositeur-chanteur, loin s’en faut. Les repas dans les restaurants permettent une observation discrète de la clientèle et je ne m’en prive pas. En face de moi, une charmante dame blague avec une copine. Des jambes encore plus charmantes sous un voile noir sont une invitation à la contemplation. Ce voile me plaît particulièrement, car il correspond à une brillance et une nuance que j’adore, noir cendré. Et qui sait, mes yeux vont peut-être apercevoir cette fameuse lisière, orée de tous les délices, qui termine toute paire de bas qui se respecte. A moins qu’elle ne remonte sous son menton, vous imaginez la scène, rien en vue. Bah tant pis, on peut pas gagner à tous les coups, j’aurai de la chance à l’Euromillions sûrement, c’est d’ailleurs ce soir. Les dames s’en vont, moi aussi. Bien, maintenant il me faut mon petit noir, rassurez-vous il s’agit seulement de café. Et puis, quand j’ai le temps, un petit journal pour voir ce qui se passe dans le vaste monde. Un petit bar bien accueillant, juste un peu plus loin, voici le café et le journal. Bla bla bla, deux sucres, le bourse en baisse, excellent ce caf, beau temps pour ce week-end, mots-croisés, en quatre lettres, quand il est humain n’est pas annoncé par la météo, réponse vent, départ…
Comme c’est la paye, errons dans les rayons en recherche de rêve accessible pour quelques thunes. Dans ce qui me concerne directement, le rayon parfumerie est l’endroit où je fais volontiers une escale. Je teste les effluves qui vont me transformer en dieu olfactif auprès de ces dames. C’est un peu comme les grands vins, tout le charme n’apparaît qu’au bout d’un instant. Conseil de spécialiste, toujours se méfier de la première impression. Souvent femme change comme dirait l’autre qui avait des malheurs dans son couple, mais le parfum c’est bien pire. Un senteur agréable au premier abord, peut devenir un relent indéfini au bout de quelques minutes. Autre conseil, le tester sur la peau, sur la main, sur le bras, attendre et puis vous jugerez en connaissance de cause. Mon incursion dans  le rayon me permit de passer à un tout autre sujet. Les rayon collants et bas est juste un peu plus loin. Il m’arrive parfois de me renseigner discrètement sur les tendances des achats entre un  et l’autre. Quand on anime un blog où il est fortement question de nylon, il faut un peu avoir l’oeil investigateur pour confirmer ce que je crains pas, l’augmentation des achats de bas. Il y a deux sortes de clientes, celles qui vont droit au but, qui savent par avance quel sera leur choix. Celles-là ne sont pratiquement que des  clientes  pour les collants. Les autres, prennent leur temps, fouillent, comparent. Elles sont beaucoup plus intéressantes et sont potentiellement des acheteuses de bas, surtout si le rayon offre un choix un peu étoffé. Il est vrai que cet achat nécessite un peu plus d’attention, spécialement pour celles qui sont des occasionnelles de ce genre d’acquisition. Il faut faire jouer deux ou trois paramètres, la taille spécialement. Alors on hésite, compare et tout le reste. Il y a justement une cliente qui s’attarde dans le coin. La trentaine, blonde, assez charmante, elle est en talons et en jeans. Je me méfie et me rapproche l’air de rien, il y a justement quelques paires de chaussettes en promotion juste à coté. Je  vois effectivement la dame qui a l’air de s’attarder du côté des bas. Pour finir, elle part avec une paire dont le haut  le haut est en dentelle. Elle s’arrête un peu plus loin et je remarque qu’elle a posé sur son bras gauche quelques articles qui n’ont pas l’air de mouchoirs, elle n’a pas l’air triste, mais de la lingerie. Je peux observer la scène à loisirs et constater qu’elle veut jouer la grand jeu. Dans un charmant rouge pétant, elle a un soutien-gorge,  petite culotte et  porte-jarretelles  assortis. En prime, une nuisette noire accompagne le tout. Je comprends l’achat  des bas, suite logique du reste. Je dois avouer que j’ai quand même un peu la température qui monte, d’accord le magasin est bien chauffé, mais cela n’explique pas tout. Je ne sais exactement pourquoi, mais l’inattendu de ce spectacle est un moment de rêverie. J’imagine la dame revêtue de ces achats  dansant devant moi. Je ne vais certainement pas aller lui demander de la faire, je m’estime suffisamment heureux avec ce que je viens de voir. Mais je ne puis m’empêcher de penser au moment où j’écris ces lignes, que la dame est sûrement en train de rendre un homme heureux. Ami inconnu, tu as bien de la chance, mais sans que tu le saches, un inconnu de passage en aura bien profité avant toi. Peut-être que même, simple supposition, la dame pensera un instant à cet inconnu qu’elle ne peut ne pas avoir remarqué. Au fait je n’ai rien acheté dans le magasin, mais la vie est quand tellemnt belle les jours de paye où l’argent n’apporte pas le rêve accessible à trois thunes…


Un bonheur ne vient jamais seul. Il suffit d’attendre juste le lendemain. Nous sommes donc samedi. Ce jour-là, il y a des puces. Non pas celles qui adorent se promener sur les toutous, mais celles qui rassemblent tous les objets qui n’ont plus de propriétaire sentimental. Le rouge est la couleur qui semble être à l’honneur dans mes rêveries du moment. Justement il y a une dame vêtue d’une belle jupe rouge et que je connais. Elle fouine parmi les objets proposés à  la recherche de ses petites trouvailles qui rendent le monde un peu moins con pour quelques sous. Je la salue avec mon sourire 32 bis, celui que je réserve aux jolies dames. On discute trouvailles et on décide d’aller se boire un jus. Il y a justement un coin aménagé en une sorte de petit bar et si l’on n’y trouve pas du whisky de 20 ans d’âge, le café est supérieur à du jus de chaussettes. Une table et quelques chaises pour poser son popotin nous accueillent sans un mot de protestation. Assis du même côté, nous nous faisons face. Au cours de la conversation, mes yeux dévient vers ses jambes en clin d’oeils rapides et précis, chaque fois qu’elle détourne le regard. Ses jambes croisées sont parées d’un voile fin couleur chair qui n’est pour me déplaire. Sa jupe de longueur raisonnable me laisse dubitatif, il me semble que le début d’une lisière de bas est perceptible. Je n’en suis pas certain, mais j’ai un sérieux doute, les ombres nous jouent parfois de tours. Par politesse et discrétion, je n’ose poser mon regard de manière plus soutenue, ah c’est rageant! Mais voilà mon petit lutin qui décide, après une longue absence, de venir mettre son grain de sel dans mes aventures nylonesques. Il se manifeste sous la forme d’une dame qui connaît mon interlocutrice. Vous voyez le genre d’échanges, vous zici, je vous croyais zailleurs, je vous prézente, z’est un plaizir, merzi. Les voilà plongées dans leur petit monde et moi je peux  me consacrer à des investigations plus soutenues sur la face cachée de ses atours. Le lutin décide alors de lui court-circuiter la pudeur. La voilà qui attrape les bas de sa robe, sans doute dans l’idée de la remettre quelque peu en place. Mais ce faisant,  elle la soulève plus que nécessaire m’offrant un magnifique spectacle, composé de bas jarretières et d’une petite culotte dont je peux voir la couleur rouge sans me tromper sur sa composition en pur nylon. Je ne pense pas que ce spectacle était prémédité, mais on ne sait jamais. Volontaire ou pas, j’ai passé deux journées où je n’ai pas vu rouge au sens figuré du terme, mais bien la vie en rouge. Manque plus qu’en rentrant, je croise le petit chaperon rouge…

Notes noires contre notes blanches

Le problème du racisme a longtemps pourri les relations musicales américaines. L’immense partie de la musique telle que nous la connaissons maintenant est le résultat du métissage entre les Blancs et les Noirs, ces derniers étant plus les inspirateurs que les inspirés. Pendant longtemps, il a fallu que chacun joue dans son coin. Si quelquefois les races se mélangeaient dans les studios, elles n’apparaissent pas sous un même nom en public dans un lieu en vue. Les Blancs n’étaient pourtant pas insensibles au charmes de la musique noire. Alors on s’empara de la musique des noirs pour lui donner une version plus ou moins blanchie et ethniquement présentable devant les foules. Ne nous y trompons pas les grands succès de Glenn Miller ou Benny Goodman sont de la musique d’inspiration noire jouée par des blancs. Vous seriez bien en mal d’apercevoir dans les documents d’époque un seul noir dans leurs orchestres respectifs. Ce n’est pas que le chef d’orchestre ne voulait pas, mais on ne leur laissait pas le choix. Goodman s’engagea d’ailleurs assez fortement dans cette lutte en invitant des Noirs dans son orchestre, notamment Lionel Hampton. Pendant deux décennies les choses bougèrent peu. Les débuts du rock and roll ne changèrent pas directement cet état de fait. Il y a les idoles blanches, Elvis Presley, Bill Haley, Gene Vincent, Jerry Lee lewis, Buddy Holly, Eddie Cochran et les noires, Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino. Tout au plus. on interprète les chansons de l’autre clan. Mais on voit quand même apparaître dans la seconde moitié des années 50, des artistes ou plutôt des groupes qui s’affichent noir et blanc. Il faudra surtout attendre que les années 60 éclatent pour que le phénomène devienne courant et que la jonction se fasse définitivement.
Voyons en un bref résumé et bien sûr incomplet, parmi les plus connues, quelques unes de ces tentatives qui virent noir et blanc sur la même scène.

1957 – The Dell Vikings – Groupe de doo wop. Ils ont même un Allemand dans leurs rangs, Gus Backus. Ils connaissent deux gros succès cette année-là, dont le fameux « Whispering Bells ».

1958 – The Crests – Un Blanc et des Noirs avec pour résultat un slow inoubliable « Sixteen Candles »

1959 – Johnny Otis – Un chef d’orchestre blanc et un orchestre noir. Un champion de l’anti-racisme. Il aura son propre show à la tv., dont est extrait ce fameux « Willie And The Hand Jive »

1962 – Booker T And The MG’S. Un orchestre instrumental qui servira beaucoup par la suite pour accompagner les stars de r’n’b. Mais on ne peut oublier leurs propres créations et cet inusable « Green Onions ».

Le Boss à nu, enfin presque

AVIS DE TEMPETE

Le Boss du blog Bas nylon et Musique rétro a bien voulu (devrais-je dire réclamé ?) se prêter au jeu de questions très personnelles. Sur son ton habituel, mêlant l’humour à la sincérité, il a sans ciller (enfin, qui sait, je n’y étais pas) passé l’épreuve avec brio et ma tentative de laisser, par la forme de mes questions, une grande liberté au propos a fonctionné à merveille pour donner de grands propos libres comme j’aime.
Je ne résiste pas à sa suggestion d’illustrer ses réponses de mes clichés.

Depuis la création de mon blog, j’ai laissé pas mal entrevoir ma personnalité à travers mes écrits. Une énigme à laquelle je ne suis pas arrivé à répondre, c’est de savoir qu’elles questions pouvaient se poser les dames à mon propos. Si je pouvais en deviner quelques unes, certaines restaient un mystère. Avec la complicité de la belle Cassiopée, dont j’aime les écrits et les gentilles impertinences de son blog, nous avons formé un duo de choc. Elle, pour les questions qu’elle a bien voulu me poser selon sa curiosité, moi, pour les réponses  faites dans un esprit d’honnêteté absolue. Ce n’est pas le questionnaire de Proust, mais bien mieux. De plus, elle a illustré les situations suggérées par mes réponses avec des photos personnelles, de manière tout à fait divine, si, si, et je m’y connais! Comme promis, je lui laisse la parole. Alors, si vous voulez que le Boss se dévoile pour vous, il vous faudra se rendre sur place. Merci à elle de m’accueillir…

SONNEZ ET ENTREZ

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