Le Boss en embuscade au coin du bas

N’ayant rien de mieux à faire en ce samedi après-midi, je me décide d’aller flirter dans les magasins. Une belle et sympathique partie de temps libre et de farniente. En général, ce sont plutôt les rayons musique, ordinateurs, qui attirent ma curiosité. Ma première visite a lieu dans un  grand magasin style un peu huppé. La clientèle y est plutôt en rapport, petite bourgeoisie ou niveau cadre. Bref des gens qui ont un peu d’argent à dépenser sans trop regarder. Mais on y trouve aussi des clients plus tout venant, comme moi. J’achète là une partie des habits, ceux qui sont un peu du genre élégant, car je m’habille parfois de manière élégante, bien que je sois plutôt style décontracté quand je ne suis pas ciblé veste en cuir noir et boots. La qualité des vêtements proposés est en général très bonne, voire supérieure. On y met un certain prix que l’on retrouve sur la durée. Mais c’est aussi le magasin qui offre le plus souvent des rabais ponctuels et intéressants. Il suffit de se pointer au bon moment. C’est aussi l’endroit où le personnel est très aimable avec la clientèle, il vous disent bonjour si vous les croisez dans les rayons, on a pas l’impression d’être juste un client dont a rien à fiche, sinon de lui tirer son pognon.  Le rayon lingerie est très couru par ces dames, et pour être honnête il est très bien achalandé. Parmi ceux que je connais dans la région, c’est certainement un des plus originaux. Bien sûr on y trouve de tout, les porte-jarretelles et autres guêpières ne sont pas absents des présentoirs et même dans une offre assez grande. La seule chose que l’on pourrait reprocher, c’est plus décoratif que pratique, ce qui constitue toujours un danger pour celles qui ne sont pas habituées et qui abandonnent la lingerie sexy par manque de confort. Toutefois, j’ai constaté que les gaines avaient fait leur apparition dans un présentoir au goût rétro. Une gaine assez enveloppante, blanche, assez fidèle a celles qui étaient fonctionnelles dans les années 50. Pour celles qui veulent se la jouer pin up rétro, je crois que c’est assez bien indiqué. Je vais surveiller si la pile diminue au cours des prochains jours, une bonne indication sur les tendances actuelles.

Changement de décor, un centre commercial assez dédié aux boutiques de vêtements. Un grand parking au sous-sol dans lequel je pose ma bagnole, direction la sortie. Là, je fais une très intéressante observation, toujours par ce fameux hasard qui me sert si bien. Juste devant moi, passe une dame qui se dirige aussi vers le centre. Plutôt petite, charmante, je remarque que ses jambes gainées de noir en dessus de ses bottines s’ornent de coutures sur l’arrière. Je suis sûr que ce n’est pas de vrais bas FF, mais un doute est quand même permis sur la réalité bas ou collant. Heureusement, un grand escalier roulant et montant offre une perspective intéressante. Je la laisse prendre une longueur d’avance et je la suis, l’oeil là juste où il faut. A un moment donné, elle se penche pour chercher quelque chose dans son sac. Ce mouvement fait remonter d’une bonne dizaine de centimètres l’arrière de sa jupe, ce qui me permet de voir un bout de peau et une lisière de bas assez mince. L’inclinaison de celle-ci ne laisse pas de doutes, les bas sont bien tenus par des jarretelles. Je me marre quand même, pas tellement pour ce que je viens de voir, mais je me rends compte que je ne suis pas le seul sur la piste. Un monsieur me dépasse  et vient doit se mettre devant moi, un peu derrière la dame. A voir la position de sa tête, il n’est pas en train de compter les ampoules au plafond. Je sais qu’à partir de maintenant, il faudra que je tienne compte des concurrents. D’ici qu’on se mette tous sur une ligne, en attendant le coup de pistolet du starter pour avoir la meilleure place, il n’y a qu’un pas! Au revoir madame, au plaisir de vous revoir!

Cette histoire de concurrence m’en rappelle une autre, pas vraiment un concurrent qui m’empêchait de voyeuriser en rond, mais plutôt un collègue. Ceux qui connaissent Paris et les Champs-Elysées doivent situer l’endroit. Sur le côté gauche quand on descend, il y a de nombreuses galeries perpendiculaires à la rue. L’une d’elles a la particularité d’avoir un restaurant au centre avec de chaque côté différentes boutiques qui offrent leurs spécificités. Il y a une quinzaines d’années, je me promenais dans cette galerie en pénétrant depuis les Champs. C’est plutôt long, je dirais un cinquantaine de mètres. Je léchais les vitrines, comme on dit. Sans faire vraiment attention, tout à l’autre bout, je vis un bonhomme avec une serviette qui regardait quelque chose dans une vitrine. Comme il n’y avait presque personne, il était d’autant plus repérable. A un moment donné, il est parti pour revenir un peu après. Parfois on hésite sur un achat, c’est normal. Là où j’ai commencé d’être intrigué, c’est qu’il a plusieurs fois recommencé son manège. Je me suis douté qu’il y avait quelque chose de bizarre dans son comportement et je me suis approché pour essayer de comprendre. La boutique qui l’intéressait était en fait un magasin de lingerie, mais de là à faire un cirque pareil, il y a un pas. Je crois que cela m’est arrivé assez souvent pour ne pas trouver cela exceptionnel, à moins d’être un grand timide. Je me suis planqué dans un coin pour comprendre. Le monsieur tellement  absorbé pas sa quête n’a pas fait attention à moi. C’est alors que j’ai tout compris. Dans l’unique vitrine de la boutique, le fond était bandes de papier  crêpe, pendus par des ficelles. Un ventilateur rotatif posé sur le comptoir, faisait voler les papiers, permettant une vision momentanée à l’intérieur. Il y avait justement une cliente qui était en train d’examiner des soutiens-gorge avec la gérante. Le bonhomme pour ne pas se faire repérer, s’en allait et revenait pour noyer le poisson. C’est là qu’il avait tort, car sinon je n’aurais jamais fait attention à lui. Dommage qu’il ne s’intéressait pas à quelques portes-jarretelles, sinon on aurait pu former un duo. Inutile d’aller vous rincer l’oeil sur place, cette boutique n’existe plus. Qui sait, la gérante lit peut être ces lignes, elle pourra authentifier mon témoignage et confirmant que son fond de vitrine était bien tel que je l’ai décrit.

Revenons à notre centre commercial. Un autre magasin, habits en tous genres et un rayon lingerie plutôt jeune. C’est dans ce genre de truc que l’on achète de la jarretelle, je dirais de décoration. Ce sont plutôt les jeunes demoiselles qui sont parmi les plus fidèles clientes. Très souvent les prix défient toute concurrence. Cette fois-ci, en promotion, des guêpières pour une dizaine d’euros. Assez tape à l’oeil par ailleurs, des rouges, des noires, des bleus, des blanches, des vertes et des plus mûres. Elles ont même des jarretelles métalliques, malheureusement supportées par des élastiques qui tiennent plus de la ficelle qu’autre chose. Juste à côté un rayon bonnes affaires, mais là plutôt masculines, dans lequel  je suis précisément. Arrive une jeune dame, qui commence à farfouiller dans le lot. Je me dis que celle-là ne va pas partir bredouille, je le sens. A voir la manière dont elle examine compare, elle ne fait pas cela pour passer le temps. J’observe donc, toujours dans le but de m’instruire sur les goûts en la matière. Pour finir, elle en a trois sur les bras. Je crois qu’elle va aller les essayer, mais non, elle se dirige vers la caisse, puis revient en arrière. Elle a changé d’avis, du moins j’imagine. Mais non, l’étourdie a oublié les strings qui vont aller avec. Elle en choisit trois, pas tellement assortis au reste. Mais bon, je ne crois pas que le mec qui va en profiter va jouer les pénibles.  Trois d’un coup, peut-être qu’ils les bouffent après? Une guêpière rouge, noire, bleue, pour peu qu’elle en choisisse une blanche, elle pouvait faire le drapeau français en invitant des copines.

18 réflexions sur “Le Boss en embuscade au coin du bas

  1. Mes lundis matins ne se démentent jamais par ici, bravo Boss !
    Mais, dites, vous parlez sans aménité de ces PJ-déco… et vous nous en collez un en plein milieu de la page ? Z’êtes malade ? La grippe, forte fièvre et tout ça ?
    Ou bien, la demoiselle étant fort jolie et ses jambes aussi délicieusement galbées que son reste, alors c’est un exercice… c’est ça, hein !!!
    Enoncé : « rhabillez correctement la demoiselle »
    Réponse : bah y’a pas grand chose à faire finalement, on fait péter ce truc-machin noir et on le remplace par… hummmm attendez que je réfléchisse… ça : http://www.loliebelle.com/gaine-taille-haute-jarretelles-old-pink-vargas-pi-4008.html
    Bisous tout roses, Boss !

    • En forme dès le matin, grâce à qui?

      Ben oui le pj déco c’était pour illustrer le sujet, j’allais quand même pas mettre la photo d’une tondeuse à gazon…
      Tout à fait d’accord pour le remplacement par… ça a quand même une autre allure, la mzelle n’en sera que plus attirante. Pas besoin de le faire péter, il le fera bien tout seul. Je pense par ailleurs que cette photo est ancienne, ce que nous voyons correspond assez bien au standard des années 60, bas mousse, pj pas assorti, mais cela faisait quand même rêver…

      Bisous de toutes les couleurs

  2. Cher Ami,

    Mille mercis pour ce moment partagé.
    Non, l’autre mec, ce n’était pas moi…, rassurez-vous!
    Dites-nous si la pile des gaines style pin-up diminue: ce sera un excellent indicateur de l’impact réel de ce retour annoncé!

    • Merci mon cher Léo,

      Oui le leçon est à retenir. J’ai eu un doute un instant, j’ai dit « mais c’est Léo » et il n’a pas bougé…
      Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l’évolution de la pile.

      Amitiés

  3. Cool ce post, j’en tire une leçon: quand je vais au centre commercial, je regarde si persone ne me suit, surtout dans l »escalatore!!! Si je suis suivie, je demande: »C’est vous le boss? » Et si l’homme répond oui, c’est avec plasir que je lui montrerai si je porte collant, bas jarretière ou PJ!!! (sourires)
    Ensuite je l’emmènerai au rayon lingerie où je suis certaine il sera de bon conseil
    Il est où votre grand magasin?.

    • Chère Pussy,

      Vous m’en voyez ravi, surtout si c’est moi. Il y a des faux boss, méfiez vous des imitations!!!
      Le cas échéant, je me ferai un plaisir de vous conseiller et même de vous offrir un présent digne de vous pour fêter cette rencontre, l’avarice ne fait pas partie de mes défauts, loin de là. Même si parfois je cherche le prix le plus bas (rire)

      Bisous en attendant notre future rencontre

  4. Toujours amusée par vos chroniques!…si bien troussées!

    … et leur ton mi amusé, mi désabusé.

    Vous nous tiendrez au courant pour vos statistiques!

    Bonne fin de semaine Monsieur Basnylonmusiquerétro !
    ( désolée, je ne peux vous appeler Le Boss…pour moi, il n’y en a qu’un et un seul! :-))))) )

  5. Merci Isa,

    Votre commentaire me flatte.
    Il est vrai que j’observe le monde avec un oeil au bal, l’autre au cimetière, mais les deux me font sourire.
    Je vous tiens au courant pour les statistiques.

    Bonne fin de semaine à vous aussi

    • Si j’étais curé, je vous donnerais l’absolution immédiate.

      Ben, j’espère aussi vous croiser, il fait bien longtemps que ne nous sommes plus rencontrés.

      Bisous Miss

      • Oui bien longtemps c’est vrai… mais vous habitez à l’autre bout du pays… à moins que ce ne soit moi qui habite bien loin de chez vous ;)) Plein de bisous Boss !

      • Ah si nous étions voisins qu’est ce qu’on rigolerait.
        Mais à l’occasion on peut organiser une rencontre ou se revoir dans une manifestation ciblée nylon

        Bisous tout plein la Miss

  6. Ahh le petit magasin de la galerie des Champs Élysées!
    Il s’est vendu des tonnes de bas et de porte jarretelles dans ce sanctuaire qui a effectivement disparu.
    Je me demande maintenant avec le recul si ce n’est pas moi que vous avez observé mon cher Boss.
    A chaque passages dans ce quartier, je ne manquais pas de guetter discrètement le fond de ce magasin.
    Personnellement il m’est aussi arrivé de faire mes « emplettes dans cette boutique. De bons souvenirs.

    • Ah je vois que vous vous rappelez de l’endroit.

      Honnêtement, je ne pense pas que c’est vous que j’ai vu pour plusieurs raisons…
      L’histoire doit remonter à 1995. La personne qui faisait son petit manège devait avoir une bonne cinquantaine d’années. Et puis ce que je sais de vous, me font dire que physiquement cela ne correspond pas. Et puis je crois que vous seriez entré directement dans le magasin, non?
      Amitiés

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