En classe nylon, témoignage

Notre ami Ludovic se rappelle de quelques souvenirs qui le ramènent sur les bancs de l’école. Il est question d’une prof de physique-chimie qui avait quelques habitudes vestimentaires et celles dont il aime à se souvenir s’arrêtent à la hauteur de ses jambes. L’invention du nylon est justement un résultat de la matière enseignée par la belle prof. Peut-être avait-elle envie d’en faire la démonstration? Peut-être se reconnaîtra-t-elle dans ce témoignage? Pour ce qui est de nous, elle vit à travers les mots de Ludovic, merci à lui!

Quand j’étais en première, j’ai eu comme prof de physique-chimie une jolie blonde d’environ vingt cinq ans aux jambes ravissantes, agrégée s’il vous plait, comme quoi il ne faut pas toujours médire des blondes.
De taille moyenne, elle avait toujours des talons hauts, s’habillait de préférence dans les tons bruns ou clairs, et avait le bon goût de ne mettre des pantalons qu’au plus dur de l’hiver, quelques jours par an à peine.
Je ne l’ai jamais vue jambes nues, même en septembre ou à la fin du mois de juin. Sous les jupes et les robes qu’elle portait la plupart du temps, ses jambes étaient toujours gainées de nylons fins. En hiver ses jambes tendaient vers le brun. Elles étaient plus claires au printemps et en été sous ses robes légères.
Détail merveilleux, elle mettait souvent de vrais bas à couture, des « fully fashioned » selon le terme consacré que j’ai appris depuis, bien reconnaissables aux talons en pointe et aux pointillés des diminutions sur le mollet. J’avais repéré ce détail parce que ma propre mère en a porté bien après que la mode en fût passée, avant de les abandonner définitivement plus tard, sujet dont bien entendu je n’ai jamais parlé avec elle. Dr Freud, est-ce là une explication de mon goût incontournable pour cet atour féminin ?Je reviens à ma jolie prof blonde. Quand, parfois, ses nylons étaient sans couture, on ne pouvait savoir, comme ses jupes étaient au genou, s’il s’agissait de bas ou de collants. On peut raisonnablement pencher pour la première hypothèse…
En cours d’année elle s’est mariée, sûrement avec un homme de goût puisque Mademoiselle C, une fois devenue Madame D, a continué de pratiquer la même élégante alternance. C’est à se demander si cet homme heureux n’était pas à l’origine de la façon dont la belle agrégée habillait ses jolies jambes…
Inutile de dire que j’étais d’une assiduité et d’une ponctualité proches de la perfection avec toujours cette délicieuse petite angoisse : « Alors, aujourd’hui, avec ou sans couture ? »
L’année suivante, en terminale, je l’apercevais dans les couloirs avec le même intérêt, puisqu’elle avait gardé ses bonnes habitudes. Malheureusement, ayant quitté le lycée une fois mon bac en poche, je l’ai depuis et à mon grand regret perdue de vue.