Nylon paparazzi (15)

Nous avions vu dans l’article précédent l’avènement de la mini-jupe à partir de 1965. Dans cet article nous allons voir que les fabricants de bas tentent de faire de la résistance en ne proposant pas que des collants. Ce dernier est bien sûr le complément de la jupe courte pour cause principale de non exposition des jarretelles qui deviennent un peu trop visibles, ainsi que les revers du bas. Les collants existent cependant depuis la fin des année 50, sous une autre forme que ceux destinés à la danse qui sont beaucoup plus anciens. C’est la modification de la fabrication du nylon sous sa forme de nylon crêpe qui permit la mise au point du collant tel que nous le connaissons aujourd’hui. Pendant quelques années, il reste très confidentiel dans sa distribution et peu de dames se soucient de lui. Tout au plus, c’est une pièce de vêtement le plus souvent en laine ou en coton destinée aux jeunes filles. Ce n’est qu’en adoptant la mini-jupe que les filles se convertiront. Il faut se rappeler que porter des bas avec des jarretelles est quelque chose de très fort dans l’esprit de la jeune fille d’alors. Avant d’adopter éventuellement la nouvelle mode, elles se soucient peu de collants. On peut presque dire que c’est les filles qui convertirent les mères, certaines ne le feront d’ailleurs pour ainsi dire jamais. Ce n’est que de guerre lasse, quand trouver des bas devint difficile, surtout ailleurs qu’en ville, qu’elles rendirent les armes.
On peut toutefois déceler que dans l’esprit des fabricants le bas, même quand la cente des collants explose,  reste quand même un atout pour la jambe et que le collant n’a pas toujours le côté pratique que l’on veut bien lui reconnaître. On peut aussi imaginer que les créateurs essentiellement masculins ont déjà une dent contre lui, alors on tente de sauver l’essentiel. Mais la bataille s’annonce difficile et il faudra du temps pour que l’article de transition qu’ils proposent devienne une transition réelle au bas traditionnel. Je pense bien sûr au bas-jarretière. C’est en effet en 1966, que les premières publicités apparaissent dans les journaux et magazines. En fin de compte l’idée est simple, on reprend la vieille mode du bas tenu par des jarretières, le tout étant compilé en un seul et même article. Je ne sais pas l’impact réel qu’il a eu à l’époque, ma vision n’étant pas agrémentée de rayons permettant de voir à travers les jupes, mais personnellement je n’en ai jamais devinés ou vus. Soit on passait au collant, soit on faisait de la résistance. Même le cinéma ne l’a pas trop exposé, la seule vision d’époque que j’ai vue étant Marlène Jobert qui en portait dans « Le Passager De La Pluie » au début des années 70. Ce n’est vraiment qu’à partir du milieu des années 80, qu’il a été progressivement adopté en une sorte de mode allant crescendo. Quoi qu’il en soit, il reste pour moi toujours un demi mal.

Nous allons voir à travers les publicités d’époque retrouvées, comment il  tentait de s’imposer sur le marché. Toutes datent de 1966-67. Pour une meilleure vision, le photos sont cliquables.

En 1964, la première publicité que j’ai trouvée dans ce qui me sert d’archives, pour un collant qui ressemble à ceux d’aujourd’hui.

En 1966, commentaires d’une journaliste de mode qui souligne la visibilité du bas à travers les modèles du défilé auquel elle assiste.

On voit très bien ici que Le Bourget est un ancêtre du bas jarretière. Remarquez comment ils avaient imaginé la chose. Le bas n’a pas de lisière comme celles actuelles doublées de silicone à l’intérieur.  C’est un élastique réglable qui entoure la jambe et se ferme grâce à un crochet. Ce qui a la limite pouvait provoquer un inconfort dans la circulation du sang. C’est encore aujourd’hui un des reproches qui lui est fait.

Une version à peine différente par une marque concurrente et surtout à meilleur prix par rapport à la précédente. Sourions à l’idée que la pub suggère un cadeau pour la fête des mères. Je dois dire qu’il venait assez peu à l’idée à un fiston d’offrir ce genre de cadeau à sa mère, une fille à la rigueur, pour autant qu’elle n’aie pas envie de les porter elle-même. Quant au mari, un dernier espoir de voir sa femme porter des bas?

Deux publicités de deux magasins différents, mais sans illustrations. On mentionne pour les bas concernés « bas sans jarretelles ». On voit aussi l’apparition du collant, encore nommé bas collant. Comme vous le voyez la situation n’est pas encore très claire dans la guerre entre bas et collant.

Dans un article de 1968 consacré à la lingerie, vous voyez dans la première partie que l’on parle encore de porte-jarretelles, alors que dans la seconde on parle de jupe-culotte, une autre invention des années 60.

12 réflexions sur “Nylon paparazzi (15)

  1. Collants, jupe-culotte, bas-garrots… y’aurait pas un moyen de les faire disparaître de l’histoire, ces foutues années 60 ??? 🙂
    En tous cas, merci pour la dos-cul-mentation Boss, et bisoussssss

    • C’est vrai que c’est le vilain côté de ces années 60, mais pour le reste ce fut des années extraordinaires, on rigolait bien avec pas grand chose, il y avait de l’enthousiasme et des beaux films à la télé!

      Bisous comme au bon vieux temps

    • Merci Pierre,

      Oui je sais c’est un peu décousu chronologiquement, mais bon je découvre ces archives au fur et à mesure. Mais par la suite, j’y remettrai bon ordre…

      Amitiés

  2. Oh là là comme Cassiopée a raison! Encore plus intransigeante que moi…Mille bisous étoilés, belle Cassiopée. Merci.
    Comme elle furent terribles ces années là.
    en revoyant la pub pour le bas Top le Bourget j’ai eu un coup au coeur.
    Un instant je me suis revu entrain de feuilleter les pages d’un « elle » ou de « jour de France »…complétement désespéré par cette stupide invention.
    Une autre de ces pubs était encore plus explicite et montrait une énorme paire de ciseau qui coupait le ruban d’une jarretelle et la légende qui me criait: « En finir avec les jarretelles »…
    « O Tempora, O mores » disait Cicéron…moi je le crie encore aujourd’hui, et je rajoute:
    Comment ont ils pu..?
    Why..?
    La lutte était inégale. La bataille était perdue d’avance.
    Aujourd’hui encore, je me souviens de quelques femmes qui sont restées à l’époque,fidèle aux bas malgré l’insistance de leurs filles, malgré la pression de la pub de l’époque. Parmi elles ma maman, puis des tantes, des actrices qui le disaient haut et fort, dont la délicieuse Régine déforges que j’ai eu le grand plaisir, un jour, du coté de Saint germain des près ,de complimenter sur sa tenue (elle portait ce jour là des bas noirs à couture) puis des femmes adorables rencontrées, qui sans rien dire à personne, laissaient aux élus du moment la bonne surprise d’une peau douce au dessus d’un revers encore tendu par la magique petite boucle…
    merci à vous toutes, Belles parmi les Belles d’être restées fidèles au délicieux petit système de Féréol Dedieu.
    Ce génial inventeur ne mérite il pas une statue en marbre..?
    Et puis tient, nous la placerions au milieu de toutes celles du musée Rodin…il le mérite tellement.
    A bientôt.
    Daniel

    • Merci Daniel

      Quelle chance voir Régine Deforges en bas à couture. Ce n’est pas à moi que cela arriverait, ouais il faut dire que dans mon trou, j’ai peu de chances de la rencontrer. Mais bon tout à fait par hasard j’ai quand même croisé Jean-Luc Godard, Raymond Devos, Jacques Duby, Bernard Haller, Ricet Barrier, mais pour les jambes c’était pas terrible…

      Amitiés

  3. Eh oui, parmi elle ma maman aussi, qui a résisté jusqu’à il y a environ 10 ans, quand les bas autofixants sont devenus VRAIMENT autofixants. Je regrette qu’elle ait abandonné les jarretelles, mais grâce à elle, toute petit déjà en fourrageant dans son armoire j’ai fait connaissance avec les jajas : la graine était semée, même si elle mit fort longtemps à germer 🙂 Merci maman !
    Et des bisous, voui, tout plein, rien que pour Daniel
    (Boss… pas jaloux, pas mordre)

  4. Une belle érudition et des morceaux choisis…Un régal historique!
    Merci Monsieur BNMR!

    Et au risque de recevoir vos foudres et celles de certains de vos commentateurs, le plus bel hommage fait aux femmes est justement de leur laisser la liberté de choix….et mais une réelle liberté, avec des états d’esprits en harmonie. Que chacune puisse selon le moment, selon son humeur, selon son goût , choisir entre porte jarretelles avec véritables bas, bas jarretières ou collants! Et que chacune de ces trois solutions de lingerie soit totalement et facilement accessible avec des produits de qualité.

    Et qu’aucun jugement à l’emporte pièce ne soit fait à son sujet selon le choix qu’elle fait…le regard de certains ou de certaines sur les porteuses de bas n’étant pas toujours des plus respectueux.

    A part cela…

    Continuez à nous divertir, en nous intéressant!

    • Merci Isa,
      Il est bien évident que pour moi, elles sont libres du moment que ce n’est pas toujours collants, collants. Son choix reste son choix, mais il est vrai que certains regards ne sont pas toujours très cordiaux envers les porteuses de bas.
      En tout cas chez moi, ils ne peuvent susciter que de l’admiration.

      A bientôt pour la suite

      Bien à vous

  5. Comme quoi le message a fini par passer doucement et l’évolution aussi mon cher ami, mais il a mis le temps, les années 1980 ne sont pas si loin (sourire) ! J’adore le côté glamour et érotique de ces « vieilles » pubs, je l’ai souvent dit aussi chez Gentleman W ! Amitiés.

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