Nylon paparazzi (17)

Comme je l’ai dit dans un précédent article, la fin des année 50 ne marque pas encore le tournant vers la fin du bas pour céder la place au collant. Si je fais appel à mes souvenirs, j’ai l’impression certaine de voir encore énormément de femmes en jupe ou en robe. Les pantalons restent une exception, notamment chez les femmes qui vivaient à la campagne, ce qui était mon cas. pas comme femme, mais habitant la campagne. Pendant les quatre premières années de mon passage à l’école, j’ai connu deux institutrices, jamais elles n’ont porté de pantalons, ce qui je crois aurait causé un petit scandale. De même les jambes nues étaient prohibées, même en été. Je les ai toujours vu porter des bas, parfois avec des coutures, ce qui était encore relativement courant. C’était toutefois encore une certaine idée de l’élégance, un rien déjà dans un certain esprit rétro.  Il est vrai que l’institutrice de l’époque avait encore une certaine aura, une sorte de dame ou de demoiselle qui savait tout, parallèlement à un monde composé essentiellement d’ouvriers peu qualifiés ou de paysans, terme qui avait un petite notion péjorative et que l’on employait presque comme une appellation moqueuse. Ma première pionne était vraiment issue de la classe bourgeoise, un mari assez haut placé dans la hiérarchie militaire et descendant d’une famille qui avait eu une particule, enlevée lors de je ne sais quelle infortune familiale. Il est clair quelle en était venu à l’enseignement un peu par désoeuvrement, les journées sont longues quand monsieur joue au soldat ou s’occupe de ses affaires. Elle était toujours habillée nickel, du bon et beau tissu acheté chez les meilleurs fournisseurs. Imaginez une Dalida des années 50 avec une robe et vous aurez un portrait bien représentatif. Parfois mon regard errait sur ses jambes et les coutures de ses bas quand elle déambulait dans la classe. C’était un regard curieux, qui ne me provoquait pas les sensations qui seront les miennes plus tard. Qu’elle aie contribué au développement de mon fétichiste, je ne saurais en être sûr, mais c’est probable. Je sais par indiscrétion qu’elle portait un corset. Lors d’une chute, elle s’était brisé la colonne vertébrale et depuis, tant bien que mal le corset lui servait d’armure, ayant échappé à une paralysie grave. Sa collègue était tout autre, la vieille fille dans l’acceptation générale du terme, la Mlle Bigoudi pour ceux qui ont lu les aventures de Fantômette en étant jeune. Elle n’en avait pas moins une certaine recherche dans son habillement, plus strict, mais qui lui permettait de conserver le bas à couture dans sa garde-robe. Il ne servait sans doute pas à séduire les prétendants qui ne devaient pas abonder au portillon, pas qu’elle soit moche, mais je crois que nous avons remplacé les enfants qu’elle n’a pas eus. A une exception près, que j’ai déjà racontée, je n’ai jamais vu  une fille de ma classe avec des bas à couture. Pour nous situer dans le temps et faire un parallèle avec ce fameux bas, j’ai épluché l’année 1959 dans les pages publicitaires d’un quotidien. J’ai trouvé une vingtaine de publicités, certaines redondantes, mais je vous soumets les plus belles, dont une qui parle de bas et de mode en général, une dédiée à la gaine, un au bas sans couture. C’est toujours plaisant de remonter le temps de cette manière. les images sont cliquables pour une meilleure vision.

Et pour commencer ce conseil qui s’adressait à la femme d’alors…

10 réflexions sur “Nylon paparazzi (17)

  1. Vos articles sur ce thème sont toujours savoureux et bien documentés, et nous parlent d’une époque que nous avons connue…ou non. Sourire. Merci à vous.
    Les publicités sont intéressantes, elles parlent plus du côté pratique et économique que de l’aspect esthétique , que l’on recherche surtout aujourd’hui en faisant le choix de porter des bas. Bien sûr , à l’époque, les femmes ne l’avaient pas vraiment ce choix!
    Heureusement que ces combinaisons sont jolies , car la gaine fait un peu peur! Le retour des gainettes d’aujourd’hui se fait vers des pièces de lingerie belles et seyantes, c’est une bonne chose pour nous et pour les yeux qui nous regardent.
    Un clin d’oeil pour le petit ange facétieux!

    • Merci Pamina,
      Vous avez raison, les pubs sont axées sur le côté pratique et économique. il fallait attirer le client en proposant moins cher et meilleur. Porter des bas était la question qu’on ne se posait pas, à moins de porter des pantalons ou aller les jambes nues, il n’y avait guère de choix. Un petite partie de la lingerie avait quand même un aspect moins austère, mais aussi plus fragile, c’était sensiblement plus cher, réservé à des personnes plus aisées. La lingerie d’aujourd’hui est presque systématiquement aguicheuse, très souvent au détriment du confort. Mais si on veut quelque chose de seyant et agréable à porter, c’est un peu plus difficile à trouver, cela reste quand même très différent de ce qui se portait autrefois, on y met une certaine fantaisie, ouf…
      Merci pour ce commentaire éclairé qui rejoint tout à fait mon opinion.
      Bien à vous et encore merci

    • Là je me me fais pas trop de soucis. les deux font la paire (de bas)…

      Je sais que contrairement à une certaine pub, votre gaine ne vous tue pas!
      Bisous avec ma dégaine habituelle…

  2. merci, pour ce bel article qui nous fait remonter dans le temps, à l’époque de nos mères et grands-mères… effectivement, il faut vérifier ses jarretelles, ou bien avoir des épingles doubles, je confirme ! pour avoir vécu une aventure avec un PJ vintage, sur lequel le caoutchouc de jarretelle trop vieux, a lâché au milieu de la journée !! 😦 La morale, vérifiez la solidité, et le confort de vos dessous, avant de sortir de chez vous, vintage ou pas !!! bizzzz

    • Je vois d’ici la scène, mais je pense que tu n’as pas paniqué, tu as maîtrisé la situation en experte, personne n’y a rien vu, sauf si tu voulais qu’ils le voient. Tu confirmes le bon conseil donné autrefois, vérifiez mesdames, vérifiez!
      A très bien bientôt
      Bizzzzzzz

  3. Toujours un moment délicieux que celui de lire un article du Boss sur les souvenirs d’enfance et sur le regard que nous avions alors, sur les jambes de nos maitresses, de nos mères et de nos grandes sœurs.
    Je les revois moi aussi ,toutes ces coutures qui grimpaient vers un obscur inconnu. Je revois aussi ces larges dentelles sur les combinaisons( qui faisaient des étincelles d’électricité statique dans la pénombre).
    Je revois aussi ces revers de bas et ces jarretelles mystérieuses…
    Je me souviens aussi de toutes ces réclames que l’on trouvait sur les revues féminines de l’époque…
    Ah!!! Douce époque!
    Merci Boss de remuer de si charmants souvenirs.
    Merci à vous toutes, Belles en nylon de prolonger le rêve, de faire ce geste si délicat qui est celui de dérouler un fin nylon sur vos jolies jambes…
    Daniel

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