On nous écrit ou comment en finir avec la fin du monde

J’imagine sans me tromper que vous avez tous lus le fameux récit « Buick et bas coutures » qui est un point fort de mon blog, en plus d’être une histoire authentique. Son auteur, Loudstart, m’a envoyé récemment une charmante lettre dans laquelle, il nous parle de SA fin du monde et surtout comme il l’a vécue, surtout avec plus d’humour que de peur. Voilà je vous la propose telle qu’il me l’a envoyée, merci à lui!

Les abeilles l’avaient prédit, qu’elle c…ruche je fis en les croyant. N’écoutant que mon espoir, voilà deux ans je m’installais à Bugarach et me préparais à faire partie des rares survivants de l’apocalypse annoncée. Mais d’apocalypse que nenni et mes espoirs envolés.

Eh oui ! Je m’étais raconté que de retour sur une planète dévastée, je pourrais contribuer modestement à redonner de la joie de vivre aux survivants. Pour cela, j’ai consacré ces deux ans à répertorier les métiers à tisser le nylon à plat encore en état de marche dans notre monde, persuadé que leur solidité leur permettrait de subir les tremblements et échauffement de notre vieille planète frappée par une météorite ou quelque démoniaque catastrophe.

N’imaginons pas un instant que les fabuleuses machines gavées de puces de silicium capable d’effectuer des milliards de milliards d’opérations par seconde, des terra flops comment disent les informaticiens qui n’ont jamais baissé les yeux vers une jambe gainée de nylon, puissent survivre à quelques degrés de chaleur supplémentaire, alors que les prodiges de technologie que sont les métiers à plat, en sont capables eux, enfin c’était mon hypothèse.

Alors il en reste de ces métiers, surtout en Angleterre, mais aussi en France (merci l’Arsoie et Cervin), en Italie, et aux Etats-Unis. Il s’agit quand même du top dix des nations et c’est rassurant quelque part de voir qu’on n’est pas au top sans raisons sérieuses. Ces merveilleuses machines doivent contribuer à notre redressement productif, il n’y a pas que des haut-fourneaux que diable. Certes, on imagine mal notre ministre du redressement productif arborant un porte-jarretelles et des bas avec une marinière et une cafetière, mais cela eût été courageux !

Dans l’attente de la fin du monde, je m’étais donc nommé commissaire au plan de la reconstruction de la terre (tant qu’à faire) et la ligne directrice de ce plan n’était autre que le bas couture. Celle-ci n’est-elle pas en elle-même une ligne directrice ?

 Le vrai bas couture, celui fabriqué à plat avec ses diminutions sur le mollet, ses renforts simples ou fantaisie au talon, son revers généreux et son œillet donnant l’élasticité indispensable au dit revers. Cette merveille de l’invention humaine qui, par quelques grammes, sublime les jambes des femmes.

Bien, je vous éviterai les fastidieuses étapes de ce plan, les emplois créés autour des métiers pour fabriquer les doux objets, les emplois induits dans l’industrie de la lingerie pour produire de quoi les attacher puis pour réaliser des parures assorties à ces ceintures, serre-tailles, bustiers et autres guêpières (Ah non, plus de guêpières, ça me fait trop penser à ces abeilles qui nous ont annoncé n’importe quoi !). J’imaginais la revitalisation d’une célèbre marque du massif central sauvée in-extrémis par un géant du luxe. J’imaginais la reconquête du savoir faire des porte-jarretelles confortables, pas comme ceux produits dans des pays à bas taux de main-d’œuvre qui découragent les femmes de porter des bas, juste par leur inconfort.

J’imaginais les industriels de la chaussure mettant au point de nouveaux modèles à talons symétriques aux renforts des bas, talons à l’assise confortable pour assortir à des renforts «Havana», talons élancés pour les «french heels» ou encore des talons vertigineux à porter avec des renforts «cubains».

Bref, j’imaginais.

Et surtout, j’imaginais une nouvelle planète ou on ne croiserait que des gens heureux de vivre, de marcher, d’aller au travail, de sortir, de vivre tout bêtement, car comment ne pas être empli de joie de vivre quand on croise des femmes parées de vrais bas coutures ? Vous imaginez aussi, j’en suis sûr.

Alors, plus d’espoir de fin du monde, plus d’espoir de gens joyeux, et toujours des journaux télévisés ou radiodiffusés qui nous égrènent leur lot quotidien de catastrophes et remplissent nos trottoirs d’hommes à la mine grise et de femmes en collants opaques, gais comme des cortèges funéraires.

A moins que… Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que nos informateurs ont toujours sous la main leur lot d’experts en tous genre pour nous expliquer ce qu’ils n’avaient pas prévu ou nous annoncer ce que nous aurons oublié qu’il ne s’est pas passé quand ils viendront doctement nous expliquer le contraire de ce qu’ils avaient annoncé quand cela ne s’est pas produit. D’accord, avec des phrases comme celle-là je ne suis pas prêt d’avoir le Goncourt, et tant qu’à faire je préfèrerais le Femina (on ne change pas comme ça !)

Alors pour 2013, imaginons que des experts viennent nous apprendre que le collant est mauvais pour la santé, qu’il est fait de fibres élastomères inavouables, qu’il comprime la jambe et entrave la circulation du sang et de l’air, et que si les femmes veulent garder leurs jambes de 20 ans jusqu’à la fin du monde elles doivent porter des bas nylons fabriqué à plat qui ni ne compriment, ni n’étouffent. Alors peut-être, imaginons.

Voilà cher Boss,  ce que m’a inspiré cette longue retraite, et si je ne devais garder qu’un souvenir de 2012, ce serait la découverte du boson de Higgs. Cette particule élémentaire (pas de celles de Houellebecq) qui ouvre un nouveau champ d’avancées aux scientifiques, imaginée en 1964 par une équipe de physiciens sans doute inspirés par les Frogs, les Turtles, les Stones ou simplement les Beatles. A une époque ou en baissant le nez on pouvait voir de fins plis sur les chevilles des élégantes et où les hommes  pouvaient imaginer l’avenir autrement que comme une succession de catastrophes annoncées.

 A bientôt cher ami et continuez votre super travail qui nous réjouit les yeux et l’esprit.

 PS. J’avais emporté quelques boites de vieilles photos à Bugarach, si vous vous souvenez, dans Buick et bas coutures après l’été 60 (voir « l’aéroport ») nous avions acheté une 4cv. Je vous joint une photo de cette merveilleuse petite voiture avec ses portières suicides (voir l’explication de cette appellation dans le premier chapitre du récit). Là encore ce sont des experts aveugles qui décrétèrent ce sens d’ouverture dangereux et nous privèrent de ces belles descentes !

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Avis à notre aimable clientèle.

Le récit « Buick Et Bas Coutures » fera probablement l’objet d’une édition en livre dans le courant de cette année. Pour pimenter sa présentation, des photos originales en couleurs feront partie de l’édition avec une dame qui jouera le rôle de la mère de l’auteur. Il ne s’agira pas d’une édition quelconque, mais d’un véritable livre, et pour ceux qui ont oublié de quoi a l’air un livre, avec des pages et une couverture. Il sera disponible sur la Toile et très probablement sur Amazon. Cette année, parmi mes projets,  j’ai l’intention de m’établir un peu comme éditeur, tout en restant dans le style de mon blog, fétichiste et nylon. Cela ne changera en rien ma présence sur mon blog qui continuera d’exister. Pour l’instant, je suis en train de mettre en forme le texte original, de corriger les éventuelles coquilles et de choisir les extraits qui feront l’objet d’une mise en scène. C’est du travail, le texte fait 118 pages et plus de 63000 mots, mais j’attaque d’un coeur vaillant, 20 pages sont déjà en forme.

Pour les photographies, je suis à la recherche auprès d’un collectionneur sur Paris et banlieue d’une Peugeot décapotable années 50 avec une calandre en dents de requin. Je suis disposé à la louer à un prix raisonnable. Il pourra lui-même conduire son véhicule et nous le laisser à disposition dans des endroits divers pour les séances. Une journée devrait suffire. Me contacter via le mail. Merci d’avance.

Vous serez tenus au courant de l’évolution de l’avancement des travaux.

4 réflexions sur “On nous écrit ou comment en finir avec la fin du monde

  1. Bravo pour ce projet.
    « Buick et bas coutures » nous a enchanté alors pourquoi ne pas le faire revivre.
    Merci égalementpour le petit historique sur les métiers à tisser à plat..
    Bon! J’ai passé un bon moment. N’est ce pas là le principal.
    Merci à Lourdstart pour sa fin du monde.
    Et bien sûr tous mes encouragements au Boss qui s’est attelé à un rude boulot.
    Daniel

    • Bonsoir Alain et merci,

      Je pense que nous avons déjà un lecteur!
      La photo est authentique.
      Celle qui jouera son rôle pour le livre est tout aussi séduisante.

      Bien à vous

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