Nylon Jazz Cool

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Pour moi, la musique qui symbolise le plus une paire de bas nylon sur les jambes d’une dame, c’est le jazz et aussi  le rock and roll.  Si j’ai trempé dans le rock and roll très vite, je suis né avec, le jazz a mis plus longtemps à s’imposer dans mon esprit et surtout dans mes goûts. Le jour où j’ai enfin compris que sans le jazz, le rock and roll n’existerait pas. De même que si les races  blanches et noires ne s’étaient pas mélangées, le jazz n’existerait peut-être pas, du moins il aurait mis plus de temps à naître.  Ce qu’il y a de merveilleux dans la musique quand on s’y intéresse d’un peu plus près que la simple écoute, on y trouve des physionomies qui sont l’équivalent d’un croisement de race, comme un enfant qui aurait la peau chocolat à la suite d’un mélange entre un couple noir et blanc. Quand on écoute de la musique celtique, il est évident que certaines chansons ont des influences arabes, pas partout mais ça existe. Ces peuples qui furent des grands navigateurs ont sans doute mélangé la musique par musiciens interposés lors de rencontres fortuites et culturelles. Pour moi, il n’y a pas de musique supérieure à une autre, elles ont toutes leurs charmes.  La seule chose que je permets, c’est d’en apprécier certaines plus que d’autres.

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Le décor étant posé, revenons au jazz. Ce qui peut m’épater le plus dans cette musique, c’est la grande part d’improvisation qu’elle peut avoir. C’est aussi une musique très coup de coeur, j’aime ou n’aime pas, sans détester. Je considère Sydney Bechet comme quelque chose d’aimable, sans lui dénigrer ses qualités de musiciens. De même, quand je vois des jeunes d’aujourd’hui s’intéresser au jazz rétro, ils sont d’abord attirés par les grosses ficelles, Glenn Miller, Benny Goodman, musiques que je considère assez légères, pas inintéressantes, mais qui s’écoutent avec une certaine facilité. C’est unh début qui peut être suivi de belles trouvailles. Il en va tout autre pour le tout premier disque de jazz que j’ai possédé au début des années 70. Si vous avez le courage de l’écouter, allez-y, il s’agit d’un disque de Archie Shepp avec Philly Joe Jones, « The Lowlands », enregistré par ailleurs en live à Paris. C’est du free jazz, complètement déjanté, pas mélodieux pour u sou. Je me suis dit que si le jazz avait pu accoucher d’un « bordel » pareil, la base devait être une étude intéressante. Plus étrange encore, quand j’ai écouté cette musique, j’ai vu défiler dans mon esprit des images de ghettos, de misère. Quand j’ai pris la peine de lire les notes de la pochette, il était mentionné que la musique faisait allusion à cela. Comme quoi la musique peut parler à l’esprit. Petit à petit, j’ai remonté le temps et j’ai découvert des noms comme John Coltrane, Charlie Parker, Charles Mingus, Chet Baker, Miles Davis, qui font partie de ce que j’écoute maintenant, quand j’écoute du jazz.

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Quand je disais plus haut que le jazz est pour moi une vision de jambes en nylon, je suis assez près de la vérité, du moins celle qui m’est propre. Quand j’écoute le saxo de Coltrane ou Parker, la trompette de Baker, la basse de Mingus, je vois volontiers un défilé de jambes en nylon. Des jarretelles qui pointent sous l’épaisseur d’une jupe, des coutures qui montent droit vers les brouillards vaporeux d’un culotte cachée dans l’ombre d’une robe. Des talons qui martèlent la nuit d’une rue aux pavés mouillés, luisants de la lueur d’un réverbère. Des talons qui vont à la rencontre d’une main fiévreuse qui cherchera la bosse d’une jarretelle qu’elle sait présente. Comme Ferrat chantait: « Le jazz ouvert dans la nuit et sa trompette qui nous suit dans une rue de Paris, c’est beau la vie ».

Je vous propose une petite vidéo avec une musique de fond jazzy, que j’ai mise en notes.

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