Souvenirs de Charme

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J’aime beaucoup ouvrir mon blog aux souvenirs des autres. Pour autant qu’ils  les racontent, je les accueille avec autant de curiosité que de plaisir à les lire. Avouer qu’on aime le nylon et le témoigner est certainement la meilleure façon de convertir toutes celles qui peuvent douter de son effet magique sur la libido des hommes. Sans vouloir jouer les statisticiens, je constate que les témoignages émanent le plus souvent de personnes qui possèdent un certain niveau culturel. De là, à déduire que les admirateurs d’un certain charme se recrutent dans un milieu assez élevé est un pas que je ne franchirai pas. Par contre, ceux qui l’expriment de manière ouverte et élégante appartiennent plus probablement à cette catégorie. Cela n’a rien à voir avec le compte en banque, car on peut posséder une très grande culture et être clochard. J’en ai moi-même fait le constat. Tout ceci  m’arrange bien, car j’écarte tous les lourdauds qui peuvent assimiler bas nylon avec invitation au sexe de la part de celles qui en portent. Que l’on finisse dans la chambre à coucher d’une dame qui porte des bas est une éventualité qui peut se produire selon les circonstances. Mais que l’on imagine que ses bas servent de passe-partout pour y entrer, c’est certainement la plus grosse erreur que l’on puisse faire. Pour autant que l’on soit un peu psychologue, il y a d’autres signes qui sont annonciateurs de son désir de vous connaître un peu mieux. Eh oui, imaginez-vous que toutes les femmes qui portent une mini jupe sont prêtes à vous inviter chez elles? Bien sûr que non, alors je ne vois pas pourquoi il en serait autrement si elles porte des bas. L’une comme l’autre peuvent juste faire cela parce qu’elles aiment cela.

Il a choisi de paraître sous le pseudo de Charme et de nous raconter le début de ses aventures dans sa quête du nylon. Il le fait à sa manière avec ses mots, mais avec la sensibilité que son pseudo peut laisser supposer. Il a promis de revenir nous raconter la suite. En attendant, je lui donne la parole en le remerciant.

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Je viens de parcourir avec plaisir les différents témoignages des passionnés de tous sexes des bas nylons.

Je vais donc apporter ma pierre à l’édifice de la manière la plus courte possible car l’histoire est longue et elle continue.  

J’ai 52 ans et dès mon plus jeune âge j’ai été bercé, avec bienveillance, par une grand-mère couturière, sur les petits rien qui font que toutes les femmes sont belles à partir du moment où elles restent féminines. Tous les jeudis, j’étais mobilisé pour tenir la boite d’aiguilles ou la craie pour aider les petites mains de ma grand-mère pour rectifier ici une couture mal ajustée ou là, la longueur précise de la jupe droite.  J’ai tout connu des aléas de la mode des jupes au-dessus du genou ou en dessous du genou.  J’en ai vu défiler des dames de tous rangs, de toutes tailles et de toutes morphologies. Pour moi elles étaient toutes belles car ma grand-mère savait parfaitement accorder les formes et les teintes pour que tous les petits défauts soient gommés.  

C’était beau mais étant jeune je ne savais pas vraiment ce qui pouvait me passionner autant.  Souvent, j’ai entendu que je finirai avec un dé à coudre et que les tissus deviendraient mon quotidien.   Finalement,  j’ai préféré le métier des armes qui était nettement plus viril.   

Pendant longtemps les choses en sont restées là, jusqu’en 1982.  Cette année-là, j’ai rencontré une jeune femme de mon âge qui allait me faire découvrir ma passion enfouie.  

Nous avions décidé, avec un autre ami, d’aller passer la soirée au restaurant ensemble.  Nous étions passés la récupérer chez elle en début de soirée.   Elle s’était habillée d’une manière très élégante qui mettait sa silhouette en valeur.  Jolie brune aux cheveux courts et aux yeux sombres,  elle avait parfaitement accordé sa tenue avec sa beauté naturelle. Elle s’était présentée devant nous en imperméable beige noué à la taille par une ceinture.  Ce vêtement laissait paraitre de jolies jambes perchées sur des talons hauts.  Moi qui l’avait souvent vue en jeans, j’étais d’un coup fasciné par son charme qui m’avait si souvent échappé. 

Arrivés au restaurant, elle dégrafa son imperméable pour le disposer sur le dossier de sa chaise.  Je ne pouvais pas la quitter des yeux tellement je l’ai trouvée belle et je me dépêchais pour me retrouver à côté d’elle.   Dans l’ambiance détendue et souriante, je ne manquais pas de la féliciter sur sa tenue et de la complimenter sur son glamour.   Séduite par mes propos, elle se livra un peu et expliqua qu’elle adorait la touche hyper féminine allant jusqu’à mettre des sous-vêtements vintage, en commençant par les bas.  En 1982 quand on parlait de bas, ( il n’y avait pas de dim-up à l’époque )  on parlait vraiment  de séduction car ces ustensiles ne servaient plus que pour des jeux de séduction privés. J’étais sous le charme, et d’un seul coup, elle me ramenait 15 ans en arrière dans les salons d’essayage de ma grand-mère.  La conversation n’en resta pas là.  Me montrant très curieux, elle n’hésita pas une seconde à dévoiler, très discrètement,  le haut de ses cuisses pour nous faire découvrir la beauté des bas fixés à son porte-jarretelles.  J’étais comme un fou.  L’ami qui nous accompagnait n’en manquait pas une miette.  

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Sur le retour, dans la voiture,  elle nous livra encore la beauté de ses jambes en les glissant entre nos sièges.    A partir de cet instant,  l’idée des bas devint mon obsession, j’en étais convaincu.  

Ma fiancée de l’époque l’était un peu moins mais j’allais trouver les arguments pour la convertir.   Sans être accroc autant que je l’étais, elle fit quand même  des efforts, même si elle trouvait ça inconfortable.  Heureusement Dim passa par là quelques années plus tard, apportant un bas joli, facile à mettre et confortable.   Merci Dim…. 

De temps en temps Gerbe passait par là pour mon plus grand plaisir.   Mais dans ma conquête du Graal,  je me devais de convertir d’autres femmes.  Je commençai donc par quelques amies avec plus au moins de réussite. Puis arriva internet ce facilitateur de rencontres. Par ce biais, j’en ai fait de belles et c’est pour ça qu’aujourd’hui je suis là.

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Bettie Page, la pin-up éternelle

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Bettie Page, on l’a tous vue, on la reconnait, mais on ne sait pas vraiment qui elle est. Elle incarne plus que tout autre, l’idée de la pin-up idéale, celle dont on se sert de modèle. Elle l’est parce qu’elle vient d’un autre âge, un monde différent du nôtre, avec son mode de vie, son regard d’alors. On ne fabrique plus maintenant une bombe sexuelle avec les mêmes ingrédients, on ne se pose plus les mêmes questions pour y parvenir. Devenir une pin-up dans les années 40 ou 50 est un chemin qu’il faut paver, on a peu ou pas de références, il  faut créer du neuf, partir de presque rien. La dame d’aujourd’hui qui veut l’imiter, doit prendre en considération des choses en plus. Pour reproduire l’original, il faut faire entrer dans son jeu des accessoires qui existent toujours mais qui ont subi l’altération de l’évolution du temps. Prenons une simple paire de bas, on imagine pas un bas en fausse couture tenu par des jarretelles en plastique. Au temps de sa splendeur, elles étaient en métal, les véritables bas à coutures étaient fabriqués au kilomètre, le soutien gorge était plus porte obus que décoration utile. Une imitatrice qui n’est pas consciente de cela se paiera certainement un bide devant les spécialistes. Bien sûr, on est pas obligés de reproduire dans tous les détails, on peut s’inspirer de, mais c’est toute la différence entre un sirop fait maison et un mélange fabriqué industriellement. C’est pourquoi je pense que consciemment ou inconsciemment, elle est tant encore présente dans l’imaginaire comme le modèle parfait.

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Dans les années 30, à l’heure ou l’Europe se dévergonde gentiment avec des spectacles plutôt aguichants, l’Amérique est couverte d’un voile de pudibonderie. On peut renverser un Noir avec sa bagnole, le ramasser et le mettre dans son coffre sans que personne ne trouve cela choquant ou fasse un geste pour intervenir. Si je parle de cette scène, c’est qu’elle a été vue à New York par mon père, alors résident américain. Par contre, montrer une paire de seins peut vous conduire en prison ou provoquer un scandale. Comme dans tout interdit, l’odeur de la bravade n’est pas en reste dans certains coins plus ou moins recommandables. Le fric n’y est pas étranger, passer outre un interdit lui donne encore plus de valeur au marché des changes. Un de ces interdits est justement la publication de toutes sortes de photos, films, spectacles, qui n’ont rien à voir avec Charlot qui lance des tartes à la crème. Il existe un peu de tout dans ces exhibitions de spectacles qui se déroulent habituellement entre quatre murs et dans l’intimité d’un couple. A l’échelle des moeurs du moment, cela va de la pornographie au dévergondage le plus abject, quand on sait que certains états interdisent, sans rire, la sodomie. Ce qui nous donne en langage courant, érotisme et pornographie. Cela s’achète sous le manteau ou sous le comptoir au titre de photos ou films artistiques en clignant bien de l’oeil à l’adresse du vendeur. C’est dans ce contexte mouvant que Betty Page deviendra une authentique star, en gommant le côté sulfureux des images un peu trop crues, mais en les suggérant à sa manière. On fait travailler l’imagination, ça c’est permis, bien que cela lui vaudra quelques ennuis malgré tout. Certains ont l’imagination plus fertile que les autres et si en plus on est homme de loi, aie!

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Bettie Mae Page est née en 1923 dans une famille de 6 enfants. Dans cette course à la natalité, elle arrive seconde. En tant que fille, la libération de la femme est encore loin, elle devra s’occuper du ménage et de la marmaille. Ses parents ne sont pas un couple idéal, ils divorcent quand elle a 1o ans. Elle continue de vivre avec son père qui finit en tôle, ayant la main un peu trop  lourde et pas seulement la main. Avec ses deux soeurs, elle fera un séjour à l’orphelinat. Durant son adolescence, elle s’intéresse aux icônes féminines de l’époque en se coiffant comme elles  et se met à coudre et confectionne des vêtements. Par la suite, ses costumes seront ceux qu’elle a conçus pour une bonne part. Cela aura une incidence sur son futur. Elle est loin d’être cancre dans les écoles qu’elles fréquente et termine ses études presque brillamment en 1940. Elle pense un temps devenir enseignante, mais rêve aussi à une carrière dans le cinéma. Il faut dire qu’elle est plutôt jolie. Selon les canons de l’époque, elle est mince tendance plus et possède un corps bien en formes. Elle gagne sa vie comme dactylo. En 1943, elle se marie avec un copain de classe juste avant qu’il  soit enrôlé dans l’armée. Ils divorcent en 1947. Cela aura aussi une grande incidence sur la suite de sa vie. De San Francisco en passant par Nashville et Haiti, elle finit par arriver à New York. En 195o, elle rencontre un officier policier qui lui servira de détonateur. Intéressé par la photographie, il l’engage comme modèle et constitue ce qui sera pour elle son premier portefeuille de pin up, on imagine qu’il est très sage. Un peu partout, il existe des studios qui font de la photographie artistique de manière officielle et de des photos un peu plus salées de manière officieuse, c’est la photo glamour qui tisse son vintage.

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Bettie Page a un avantage, elle a un sens de la pose et n’est absolument pas intimidée par l’objectif. Elle posera pendant cinq ans pour Irwing Klaw, un photographe qui vend son matériel par correspondance, et ma foi, il a une assez nombreuse clientèle. Ce sera sous sa houlette qu’elle deviendra renommée dans une spécialité un peu plus salée, les scènes de bondage et de fétichisme. Avec lui, on va encore un peu plus dans la suggestion, un sorte de carrefour qui conduit vers une sexualité plus crue, plus déviante. Tout à fait le genre, après vous faites ce que vous vous voulez.  Le visage de Bettie Page deviendra connu de pas mal d’amateurs qui feront d’elle le modèle no 1 dans la spécialité, notamment  du côté de New York, lui apportant un notoriété certaine. Klaw la fait aussi figurer dans les petits films qu’il tourne avec les mêmes recettes. Elle prend des cours d’actrice, lui faisant décrocher quelques petits rôles mineurs sur scène et à la télévision, mais c’est assez oublié aujourd’hui. Klaw n’a pas de contrat d’exclusivité avec Page, cette dernière étant son propre agent, elle fera d’autres séances avec d’autres photographes comme Jan Caldwell. Elle devra à ce dernier ce que l’on peut considérer comme son plus beau titre de gloire, faire la page centrale de Playboy en janvier 1955, elle devient ainsi une Playmate. La même année, elle est élue « Miss Pinup Girl Of The World ». On la désigne aussi comme « Reine Des Courbes », « Ange Sombre ». La grande réussite de Page, c’est d’avoir traversé toute cette période en étant constamment présente sur les photos, dans les revues,  avec son rôle restrictif de pin-up. Elle n’a jamais figuré dans des scènes sexuellement explicites, le nu restant sa carte de visite la plus osée.  C’est un cas unique dans le genre.

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En 1957, des ennuis avec la justice lui reprochant ses photos de bondage, mettra un coup de frein dans son désir de continuer sa carrière. De plus, elle est frappée par une crise de mysticisme qui la feront entrer dans une secte d’obédience chrétienne en 1958. Elle se se remarie mais connaîtra une vie sentimentale assez agitée. Nouveau divorce en 1963. Remariage avec son premier mari, divorce suivi d’un dernier mariage en 1967, qui durera cinq ans. Pendant ces années elle devient une militante chrétienne et collabore avec un prêcheur.  Le reste de sa vie reste assez obscur, on lui attribue des troubles mentaux qui la conduiront en séjour psychiatrique. Elle semble malgré tout avoir fini sa vie plus paisiblement, donnant quelques interviews, mais refusera de se laisser photographier afin que les gens gardent une image d’elle sans l’altération des ans. Elle meurt en décembre 2008, âgée de 85 ans.

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Pendant une vingtaine d’années, on semble l’avoir oubliée. La fin des années 70 seront propices à une redécouverte qui s’amplifiera au fil des ans. La manque de glamour de toutes ces années n’est pas étranger à cela. De timides compilations de ses photos voient le jour. Mais elle finissent par relancer le phénomène de belle manière. Dans les années 80, pratiquement aucun modèle féminin ne fait une quelconque référence à Bettie Page, on pourrait presque dire aucune n’est capable d’assumer ouvertement le potentiel érotique de son héritage. Les hommes n’en ont cure, à défaut de succession, on se concentre sur l’original, en rêvant. Il faudra encore patienter avant que ces dames s’y mettent. Quand elles voudront bien considérer, aidés par quelques modèles comme Dita Von Tease, que Betty Page est un excellent modèle quand on veut jouer la séduction, la jonction sera faite. L’avènement d’Internet y parviendra, on rivalise pour savoir qui sera la plus ressemblante. Et puis si on a pas exactement un physique ressemblant, on peut toujours admirer et porter des bas à couture, par exemple. C’est merveilleux!  Bettie Page  a fait de son vivant une carrière d’une petite dizaine d’années, mais maintenant elle est surtout partie vers une carrière éternelle.

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Le film – The Notorious Bettie Page (2005 – Canada). Réalisé par Mary Harron avec Gretchen Mol,  Chris Bauer, Jared Harris, Lili Taylor etc… En 2005, donc de son vivant, Betty Page aura droit à un film qui retrace sa carrière. Je suis toujours très sceptique devant ce genre d’aventures. Mais pour une fois, je dois reconnaître que c’est plutôt réussi. Les images sont artistiquement très belles, le noir et blanc alterne avec quelques passages en  couleur. J’avais vraiment l’impression de voir un film tourné il y a bien longtemps. Je n’ai pas vu d’anachronismes, genre un mec qui porte une montre digitale en 1955. On a même pas oublié les bosses des jarretelles sous la jupe d’une dame qui ne dévoile pourtant pas qu’elle porte des bas tout au long du film, soin du détail fidèlement reconstitué.  De plus l’actrice principale, Gretchen Mol, est très ressemblante à son modèle. J’imagine que l’histoire est reconstituée avec une vérité proche de l’historique. Certains personnages, un peu allumés sont bien tels qu’ils étaient à l’époque. Et puis, pour tous les amateurs de scènes en bas, elles sont très présentes, c’est de l’érotisme rétro en images très fidèlement reproduites. Je n’ai pas trop de peine à croire que la réalisatrice voulait laisser un témoignage de son admiration pour le sujet de son film. Je conseille vivement.

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Le trailer du film et des extraits photos

L’un de ces petits films coquins tourné en couleur

Saint Valentin

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Saint Valentin

Je la vois arriver sur les rivages de l’amour

Là, où le coeur a trouvé sont port d’attache

Du bonheur immense venu de l’horizon perdu

En ondes douces et calmes, les eaux fraîches du désir

Désaltèrent la soif des bouches aux lèvres pulpeuses

Le souffle chante ses mots doux en arpèges d’or

Languissantes plaintes d’extases, communion des âmes

Fièvre de l’autre, absolu des rêves, caresse de l’infini

Perdus sont ceux qui n’aiment pas

Par ces quelques mots, le Boss souhaite une belle fête à tous les amoureux

Un bas qui s’accroche à nos rêves

Parfois, on me glisse un petit mot pour me suggérer un article. Alors quand il s’agit de la belle Miss Legs qui m’invite, que voulez-vous que je fasse, que je fisse, que je fiche? M’exécuter parbleu! Cette exécution aura lien en public devant témoins, je suis condamné a écrire jusqu’à ce que mots s’en suivent. Et c’est plutôt agréable, surtout que Miss Legs me prête quelques photos pour illustrer, en vérité c’est moi qui les choisis, mais c’est bien difficile devant l’offre abondante et classieuse. Je vous promets que je les lui rendrai à l’occasion, si j’oublie pas!

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On peut aimer, adorer le bas de mille manières. Au départ était la jambe nue, ensuite elle fut recouverte de soie, de nylon. Entre les deux, il y a ce moment de charme intense qui consiste à enfiler le bas en commençant bien sûr délicatement par le bout du pied. Peu à peu, il recouvre la jambe presque entièrement. Arrive le moment le plus intense, celui où la jarretelle va à la rencontre de son invité pour le pincer délicatement. C’est l’orgasme de l’enfilage du bas. Vous avez tous vu une scène semblable, si ce n’est dans la réalité, au cinéma, une photo. Si d’aventure vous croisez une femme qui porte des bas et pour autant que vous le sachiez, vous ne voyez que le résultat, ce qui n’est déjà pas si mal, je l’avoue. Mais quand vous contemplez le soleil qui brille dans le ciel, c’est moins beau que toutes les merveilles qu’il peut nous offrir à l’aube. Partons pour une aube où se lève le nylon dans un ciel de lingerie et de jarretelles dans les délicates mains d’une dame.

Combien de fois ai-je vu cette scène? Impossible d’articuler un chiffre. Je ne dirais pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, des tas et des tas de fois. Non, c’est en fin de compte un moment privilégié, à moins que l’an aie une compagne qui porte des bas au quotidien et encore. Très souvent, ce moment d’intimité n’appartient qu’à elle, elle se le réserve, pour en savourer les effets un peu plus tard. On pourrait aussi dire que c’est un changement d’époque, la scène était presque banale, il y a 50 ans. On fixait ou réajustait ses bas sans aucune gêne. C’était peu ou pas un geste impudique, à faire avec peut-être un minimum de discrétion selon la personne aux commandes. Il m’a bien fallu rechercher dans mes souvenirs pour en retrouver quelques uns. En effet, si j’ai parlé souvent de mes diverses compagnes qui portaient des bas, je me suis peu arrêté à ce moment, prémices à de joyeuses envolées de libido.

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Bruxelles, dans les années 80. Suite à une rencontre tout à fait par hasard dans les rues de la capitale, j’ai été amené à revoir bien souvent la fille à qui j’avais demandé un renseignement. Sans trop de mal, elle a accepté de porter des bas quand nous nous retrouvions, une ou deux fois par mois. La Belgique sans être le bout du monde, n’était pas non plus la porte à côté pour moi. Elle habitait un modeste appartement dans le centre de la ville. C’était plutôt une grande pièce avec un coin cuisine et un petit cabinet de toilette. Il était assez difficile d’avoir de l’intimité, mais nous n’étions pas là pour jouer les prudes. Le soir, nous sortions manger au restaurant, il y a plein de petits bistros sympas au fil de rues aux noms évocateurs comme la rue des Bouchers. Un de ces fameux soirs, alors que j’étais allongé sur le lit, toute nue sortant de la baignoire parfumée. elle entreprit de s’habiller sous mes yeux. Je revois très bien la scène. Elle enfila pièce par pièce un assortiment de lingerie noir que nous avions choisi en commun. Le soutien-gorge précéda un porte-jarretelles qu’elle fixa autour de sa taille. Elle s’assit sur une sorte de pouf, tendant la jambe, elle y fit glisser un vrai bas  à couture dans les teintes gris foncé, une pure merveille. Une fois, le bas enfilé, elle se leva pour le fixer aux jarretelles avec tous les gestes que cela comporte, ajustement de la longueur de l’élastique, regard en arrière pour voir si la couture était bien droite, sourire de satisfaction coquin.  Je n’en perdais pas une miette, surtout que je me relevais d’une assez longue période de disette, la fameuse traversée du désert, que les anciens connaissent. Elle paracheva ce petit chef d’oeuvre de sensualité en renouvelant l’opération sur l’autre jambe. Ce qui devait arriver arriva, elle n’eut pas le temps d’enfiler la culotte, mais je ne crois pas que c’était son intention. Elle s’approcha de moi, mais je ne raconterai pas la suite. Nous avons dîné fort tard!

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Quelques années plus tard, autre lieux, autre dame. Je l’avais rencontrée par une connaissance commune. Je sentais que je n’étais tout à fait le passager de la pluie dans son esprit. Lors d’une de ces grandes fêtes populaires qui jette tout le monde dans les rues, je donnais un coup de main au bar d’une petite confrérie privée qui rassemble quelques marginaux de la pensée intellectuelle. Unis par une franche amitié, la bonne bouffe, les bonnes bouteilles, on refaisait un peu le monde sans trop se presser. Nous avions même un assez célèbre grand docteur de quelque chose dans nos rangs et ce n’était pas le dernier à déconner. Pour nous, la fête était un moyen de renflouer les caisses en proposant des belles et bonnes choses pour toutes les faims et les soifs. Nous étions même réputés pour cela. On s’improvisait qui cuisinier, qui caviste, qui serveur. J’avais mon service le samedi soir de 18 à 22 heures et je servais au comptoir. C’est alors que je vis ma belle qui passait là, sans que nous ayons convenu de rendez-vous, une sorte de hasard.

– Ah tu es venue à la fête.

– Je suis venue t’offrir un verre.

Sur  ces paroles, je ronronnais comme un chat à côté d’un poêle. J’acceptai, bien sûr, le verre qu’elle m’offrait.  Il n’était pas interdit de boire pendant le service, c’était même recommandé, bien que je sois plutôt sobre. Nous avons convenu de nous retrouver à la fin de mon service et de poursuivre la fête, ce qui fut fait. Plus tard dans la soirée, alors que nous passions devant une grande affiche, une publicité pour de la lingerie avec une fille en bas et porte-jarretelles, je ferrai le poisson:

– J’adore cette affiche.

– Celle avec la fille en porte-jarretelles?

– Oui!

– J’en ai à la maison!

Je savais ce que je voulais savoir, c’était presque trop facile. Je m’invitai par la suite à visiter sa collection de lingerie, mais je savais bien que j’allais pas recevoir un baffe en le demandant. J’ai même découvert une femme très branchée lingerie, chose pas si courante à ce moment là. Ce dont j’avais envie et que je rêvais depuis longtemps, c’est d’une femme en guêpière, là, c’était le vide total. Il faut dire que cet accessoire, si on veut de la belle marchandise, c’est plutôt onéreux. Elle n’avait pas des moyens financiers considérables, alors qu’auriez vous fait à ma place?

Un samedi, nous nous sommes retrouvés pour aller faire l’achat dans une boutique de lingerie où je savais que nous allions trouver cet article. La propriétaire était d’ailleurs membre de la fameuse confrérie. Cela ne s’achète pas à vue d’oeil, il faut bien essayer, alors c’est ce qu’elle a fait. Comme nous étions les seuls clients, la tête dans la cabine d’essayage, j’ai regardé la suite des événements. Elle enleva sa jupe et son collant, ben oui, un collant. Elle avait arrêté son choix sur une guêpière blanche du plus bel effet, une pure merveille. La taille étant tout à fait dans les bonnes mesures, on décida de l’achat. Tout à mon bonheur, je sentis soudain une sorte de vide. Elle allait enlever sa guêpière, remettre son collant, sa jupe. Bouhhhh, c’est trop triste, bon sang le Boss fais quelque chose!

– Je t’offre avec  aussi une paire de bas, si tu laisses ta guêpière?

– Ah oui, c’est une bonne idée.

Je choisis au comptoir une paire de bas noirs avec une couture en trompe l’oeil et je les lui passai. Elle ouvrit le sachet, mira les bas et dans la relative étroitesse de la cabine commença son enfilage. Ce moment avait quelque chose de merveilleux. A ma gauche, les passants dans la rue, courant à leurs petites affaires et moi par le rideau entrouvert contemplant  ma copine fixant ses bas aux jarretelles et ajustant la tension des élastiques. Nous dirons que la guêpière était en période de rodage, alors elle méritait quelques réglages. Je mis même la main à la pâte pour la tension arrière des élastiques, avec toute la précision d’un mécanicien apprêtant  un bolide qui va affronter les 24 heures du Mans. Elle tournicota dans la cabine:

– Alors ça te plait?

– C’est horriblement joli!

Nous somme sortis du magasin et je la suivis dans la rue. A ce moment là, j’étais bien le seul à savoir qu’elle portait des bas, un mur poment de ponheur!

Merci et bisous à Miss Legs sans qui cet article n’aurait peut-être jamais existé. Tous les autres personnages, toutes les jarretelles ajustées de ce récit,  furent biens réels à un moment de ma vie. Toute ressemblance avec des personnages, des objets et des endroits n’existant pas serait pure coïncidence et indépendant de ma volonté.

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Toutes les photos © Miss legs

Et, hé. hé, et puis si vous aimez les sensations fortes, allez donc lui rendre une petite visite, c’est… ici vous placez l’adjectif que vous voulez après avoir visité

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