Playboy,

La période de Pâques nous ramène sans le vouloir aux idées d’oeufs et de lapins. A travers la seconde partie du 20ème siècle, il y a un lapin qui a su s’entourer de quelques unes des plus belles femelles que son image plutôt rigolote de la sexualité a pu lui faire rencontrer. Je veux bien sûr parler du lapin qui se cache sur les couvertures de Playboy. Walt Disney a bâti un empire avec une souris, Hugh Hefner a fait la même chose avec un lapin. Bien que cet empire vacille avec l’usure du temps et les changements de la société, il n’en reste pas moins qu’avec un peu d’imagination et presque rien, une belle aventure peut durer des dizaines d’années.

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A part les journaux quotidiens et les revues spécialisées, la presse était pour beaucoup destinée aux femmes. Nous ne sommes pas en 2013, mais vers la fin des années 40. La raison la plus évidente à cela, les hommes travaillent et la femme reste au foyer. Elles ont, en théorie, du temps pour la lecture. Entres les recettes de cuisine et les trucs pratiques pour la vie quotidienne, la mode y tient une bonne part. Tout y est de bon ton, sans excès, très neutre. A part quelques revues qui courent sous le manteau, aucun magazine n’offre réellement un contenu que l’on pourrait ranger dans un comportement relié à la sexualité. Ne soyons pas dupe, car le fait de regarder une revue de cinéma avec les belles stars de l’époque, partiellement dévêtues ou non, peut engendrer quelques fantasmes, tout dépend de ce que l’on cherche. L’offre est quand même réduite et se limite à la seule contemplation. L’homme est pourtant un consommateur comme pourrait l’être son épouse. Mais on reste dans un certain domaine vague qui flatte son égo de mâle, les belles bagnoles, la réussite sociale, toutes choses qui en sous entendu vont attirer les belles. Il y a certainement un catégorie d’hommes qui se sentent à l’aise à   travers ces clichées, mais de loin pas tous. Ils peuvent tout autant aimer la mode qui leur est destinée, chercher le bel habit, avoir envie d’un parfum qui sente bon ou simplement contempler une femme qui expose un peu plus ses charmes, sans avoir envie d’en faire plus avec elle. Il leur manque juste un magazine qui leur serait destiné en priorité.

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Le Boss

En 1953, c’est l’idée qui germe dans le cerveau de Hugh Hefner. Etant assez intuitif, il sent qu’il existe une demande, mais il ne sait pas encore dans quelle proportions elle peut intéresser le public masculin. Natif de Chicago en 1926, c’est là que Hefner met au point sa création. Après quelques discussions, c’est le nom de Playboy qui sera retenu. Il est très explicite dans son titre. Le contenu évoluera au fil du temps, mais dans les premiers numéros on tient déjà la grande partie du folklore qui lui est associé,  des femmes en tenue plus ou moins légère selon les critères des différentes époques, un art de vivre au masculin, le fameux logo avec le lapin, et surtout la page centrale avec la Playmate du mois puisque c’est un mensuel. Il est aussi un adepte du libertarisme. Le premier numéro est publié en décembre 1953, sans précision de date, c’est un numéro de lancement et on guette les résultats. Le succès est immédiat, 50 000 copies se vendront. C’est un chiffre très correct pour l’époque.

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Premier numéro avec Marilyn Monroe en couverture

Au vu des résultats, il n’y a pas de raisons de s’arrêter. Le succès allant en grandissant, il devient évident que figurer dans les colonnes du magazine devient un must et une rampe de lancement pour un débutant. C’est un échange de bons procédés, un nom connu peut faire monter le tirage et un nom moins connu profiter de sa notoriété. Dans un domaine ou dans un autre on vit défiler, Marilyn Monroe, premier numéro alors pas encore un icône,  Bettie Page, Arthur C Clarke, Ian Fleming, Pamela Anderson,  Russ Meyer, Helmut Newton.

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Une page du no 2

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Lettre d’un lecteur publiée dans le no2

Dans les plus belles années, les ventes avoisineront le 9 millions d’exemplaires, si l’on tient compte des éditions nationales assez nombreuses. Il fallut attendre presque 20 ans avant que le magazine existe en version française, repris par la même équipe que Lui. On le trouvait bien sûr facilement dans son édition américaine, qui se vendait certainement fort bien auprès des étudiants en anglais. Evidemmment avec la prolifération des revues légères, les ventes marquèrent le pas. En 2009, après un déficit de plusieurs millions, le groupe est repris en partie par une autre société.  La version française a cessé de paraître en 2011.

Il n’est reste pas moins que l’aventure de Playboy est une belle aventure qui fait encore rêver. C’est un fait de société qui s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Elle n’est sans doute pas destinée à durer pour l’éternité. Par contre, son histoire et tout ce qui l’a faite est déjà plus qu’un simple souvenir.

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Mort de légendes

Les légendes ne meurent pas même si elles disparaissent physiquement. Récemment trois d’entre elles sont parties vers un monde meilleur. Des chanteurs qui eurent un instant de gloire, il en disparaît presque tous les jours. Et puis il y a ceux qui ont marqué d’une manière plus significative leur époque. Parmi les immortels,  il y en des plus immortels que d’autres. Un bref hommage à trois personnages qui sont déjà dans les livres d’histoire. Ils rappelleront quelques souvenirs à plus d’un teenager des sixties.

Reg Presley (1941-2013), chanteur des Troggs

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Beaucoup de groupes se lancèrent à la conquête de la gloire. En 1965, l’objectif était très simple, battre les Beatles ou les Rolling Stones sur leur propre terrain. La recette à trouver pour le faire un peu moins évidente. Les Troggs originaires de Andover en Angleterre eurent une idée pas si mauvaise que cela. Comme on était en pleine mouvement de libération sexuelle, ils eurent l’idée d’inclure un peu de cela dans leurs disques. Les paroles furent plutôt élémentaires, mais un brin provocatrices si on veut bien considérer cela sous l’angle du sexe. Le premier disque qui les révéla en 1966 fut « Wild Thing » chanson qu’ils empruntèrent à un groupe plus obscur les Loved Ones. Leur version plus brute, plus hargneuse devint un hit considérable à travers le monde. Les paroles assez sages malgré tout expriment plus l’amour violent que la belle chanson romantique avec clair de lune et souper aux chandelles. Au niveau musical, les Troggs furent assez innovateurs, maniant une rythmique  basique et appuyée, on les considère volontiers comme des précurseurs du punk. La version de Jimi Hendrix en 1967 au festival de Monterey, acheva de propulser la chanson au firmament. Le troisième succès des Troggs « I Can’t Control Myself » est dans la même veine, paroles un peu plus explicites. N’ayant sans doute plus besoin de chercher à se démarquer, la suite de leur discographie est nettement plus sage. Ils connaîtront encore de nombreux hits, bien que leurs succès aillent en s’amenuisant. Au cours des années 70, ils reviennent dans le style du début pour un titre, « Strange Movies », au vocal appuyé de plaintes lascives, qui désigne clairement la vision d’un film pornographique. En arrière plan, circule une cassette non officielle dans laquelle  le groupe y va d’un ramassis de gauloiseries lors une conversation. Cela leur suffira pour continuer à tourner pendant les presque 40 années suivantes dans les circuits nostalgiques.

Reg Presley, la voix des Troggs, passionné d’ufologie et de paranormal, s’est tue définitivement le 4 février 2013.

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George  » Shadow » Morton (1940-2013), producteur américain

Il est un de ces quelques producteurs qui manièrent les artistes comme des marionnettes, mais sans qui ces marionnettes n’auraient probablement  jamais eu la moindre notoriété. Ils ne se contentèrent pas d’enregistrer des artistes, mais posèrent un style qui leur appartient moralement puisqu’ils en sont les créateurs. De plus, tout le monde  connaît leur travail. Le sommet de l’oeuvre de Morton se concentre entre 1964 et 1966. Sous sa houlette, il propulse les Shangri-Las, groupe vocal féminin blanc, au sommet avec deux titres qui font désormais partie de l’histoire « Remember » et « Leader Of The Pack ». Morton aime bien glisser des bruits dans ses enregistrements, des oiseux pour le premier, un bruit de moto pour le second. Cela ne serait sans doute pas suffisant si les chansons étaient quelconques, mais il exploite sur  fond musical classe, tous le tourments que peuvent ressentir une adolescente de cette époque y figurent. Ce sera son âge d’or bien qu’on le retrouve plus tard avec des noms prestigieux comme Vanilla Fudge ou New York Dolls. Sombrant dans l’alcoolisme, il disparaît de la circulation, mais ses oeuvres du début sont constamment revisitées par des artistes prestigieux.

Il est décédé le 14 février 2013,  victime du cancer

Tony Sheridan, (1940-2013), chanteur

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Il est un personnage clef dans l’histoire musicale du 20ème, bien que l’on peut supposer que sa contribution est involontaire. Né en Angleterre, il tourne dans le monde du rock en accompagnant des rockers comme Vince Taylor. Il s’expatrie en Allemagne où il se fait accompagner par un groupe alors pas très connu qui s’appelle les Beatles. On sait aussi qu’ils servirent de groupe d’accompagnement pour le disque qu’enregistra Sheridan en Allemagne, une version rock de « My Bonnie ». Selon la légende, qui n’a aucune raison d’être enjolivée, c’est ce disque qui attira l’attention de Brian Epstein, l’homme qui fabriqua les Beatles. Alors les événements de la vie ne tenant parfois qu’à un film, on peut supposer que l’histoire de la musique moderne en fut changée, s’il n’avait pas existé. Le reste de sa carrière, bien qu’il fut un excellent artiste, restera à jamais liée avec le nom des Beatles. Bien d’autres s’en contenteraient.

Tony Sheridan est décédé à Hambourg, le 16 février 2013

Le Boss a usé 60 balais

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Pour ses 60 ans, qu’il fêtera dignement le 14 mars, il a accepté de répondre aux questions qu’il a bien voulu se poser.

– Quel effet cela fait d’avoir 60 ans?

– Quoi déjà? C’est une plaisanterie y’ sont foutus dedans à l’état civil, encore un de ces fonctionnaires qui faisait la sieste!

– Mais encore?

– Je crois que chaque fois que l’on ajoute une dizaine on ajoute un peu de lumière dans sa vie. Cette lumière est faite d’expériences amassées et de philosophie acquise. C’est un ascenseur qui grimpe les étages avec deux personnes dedans. Gare à la panne! Cela me rappelle l’histoire d’un mec qui se promenait le soir avec une bougie allumée sur la tête, un billet de 50 collé dans le dos , avec en dessous un billet de 20 et un billet de 10. A une personne qui lui demandait ce que cela signifiait il répondit. »J’ai 50 ans, j’ai été marié 20 ans, je suis cocu depuis 10 ans, enfin je vois jour! »

– Que ne referiez vous pas?

– Mais rien, absolument rien, plutôt si, juste deux ou trois trucs que j’aurais pas dû bouffer et qui m’ont rendu malade!

– Ah vous aimez manger?

– Avec les bas nylons, que je ne mange d’ailleurs pas, chaque instant peut-être un moment d’émerveillement. Il suffit de se laisser aller et d’apprendre à connaître le mérite de chaque plat. Il faut toujours explorer, essayer de nouvelles recettes  et surtout ne pas avoir peur de goûter ce que les autres préparent.

– Quelle cuisine préférez-vous!

– Etant par ma mère la moitié d’un Italien, j’ai bien sûr grandi avec la cuisine de son pays. C’est une fabuleuse cuisine qui est malheureusement trop imagée autour des pâtes et des pizzas. C’est beaucoup plus vaste que cela. Ce qu’il y a de merveilleux avec les Italiens, c’est que dans toutes les occasions, ils se débrouillent pour faire de la cuisine excellente. Même au sommet de l’Everest, il vont se démerder pour nous improviser un excellent risotto. Ceci dit, j’adore aussi d’autres cuisines, la cuisine française pour sa noblesse, la cuisine marocaine pour sa grande variété ainsi que les cuisines asiatiques, toutes très charmantes. Par contre, je déteste tout ce qui peut ressembler à du fast food, le rêve américain très peu pour moi! Pour terminer j’ajouterais que je n’ai pas de plats préférés, mais des plats préférés que je fais tourner sur la table selon les occasions.

– Vous m’avez l’air, très attiré par l’Italie?

– Il y a bien des côtés que je peux partager avec un Italien, son romantisme, son côté passionné pour ce qu’il aime et sa bonne humeur. Mais cela est à l’intérieur de moi, ma culture est française et je m’exprime à travers elle, ses mots, sa musique dans les belles phrases.  Sans peut-être avoir tout le côté chantant de l’italien, c’est une langue élégante que je suis bien content d’avoir comme langue maternelle. Pour une part, la psychologie des peuples se trouvent dans leur parler, un défilé militaire est mieux dirigé en allemand qu’en français.

Et le nylon dans tout cela?

– Là je rejoins un peu mon côté italien, il aime l’élégance. Une femme peut avoir une certaine élégance avec un tas de choses, mais c’est quand elle porte des bas qu’elle atteint le sommet de cette élégance. Bien que pas mal de femmes aient de la peine à comprendre cela, le fait de porter des bas pose une autre personnalité, qu’elle ignore la plupart du temps avant de passer à l’acte.

– Certes, mais il n’y a pas que le côté élégant qui vous attire?

– Bien sûr, c’est intimement lié à ma personnalité fétichiste, comme la plupart des hommes, j’ai une attirance pour cela. Ce qui peut me distinguer de certains autres, c’est que l’élégance et le fétichisme vont de paire. Je n’aurai aucune attirance pour une femme qui s’habille mal, ce qui ne va pas m’empêcher de converser et d’être aimable avec elle, si l’occasion s’en présente. Dans le cas contraire, j’aborderai la personne avec un autre esprit, je me ferai plus charmeur tout en restant dans certaines limites que le courtoisie commande, j’y tiens beaucoup. Bien sûr, si la dame manifeste un intérêt certain pour ma personne, je peux éventuellement envisager d’aller plus loin, mais j’attends presque une invitation claire et nette de sa part. Je suis malgré tout assez fin psychologue pour deviner si c’est le cas.

– Après ces quelques années de bloguer, quel bilan tirez-vous?

– Je me suis lancé là dedans un jour où j’avais la vraie envie de le faire. Il y a longtemps que je l’envisageais, j’avais déjà couché sur le papier un tas d’histoires qui m’étaient arrivées en rapport avec les bas. Et puis, il y a la musique. Là c’est un domaine où j’avais déjà une certaine réputation de journaliste entre amateur et professionnel. Cela m’amuse parfois, car il n’y a pas un visiteur qui a fait la liaison avec les deux ou qui me l’a ouvertement demandé. J’ai eu un ou deux commentaires par des gens que je connais dans la réalité. Un de mes abonnés est presque un voisin, mais il ne semble pas s’en douter et je ne ferai rien pour le renseigner, ni divulguer qui il est, c’est confidentiel. Le lien avec le nylon est évident, les deux choses me passionnent. Ecrire dans un journal présente une certaine contrainte, il y a une grandeur d’article à respecter et puis dans une équipe les autres ont leur mot à dire. Ici, je suis libre de mettre trois lignes ou de faire un doctorat, c’est quand je veux. Au début je ne croyais absolument pas me faire une réputation à travers mon blog. Cela a mis bien cinq ou six mois à décoller, mais cela va depuis en s’amplifiant. Je peux paraître bien modeste dans la fréquentation par rapport à d’autres, mais même si j’aime le nylon je n’aime pas m’arrêter au seul côté voyeur. Cela me rappelle ce que j’ai vu entre un site résolument exhibitionniste qui se vantait d’un million de visiteurs en peu de temps et celui d’un condamné à mort qui criait son innocence dans le couloir de la mort et qui totalisait huit visites en une année. Je suis le premier à m’amuser avec mon blog, mais je ne me voile pas la face, on peut améliorer l’état du monde en agissant, même modestement. C’est pour cela qu’une rubrique comme le vrac a vu le jour, on s’amuse, mais on réfléchit un peu à travers les citations ou autres commentaires. Quand je vois ailleurs, un article culturel qui a  peu ou pas de commentaires et un article qui expose du nylon avec une avalanche de joyeuses envolées, on peut se poser quelques questions  sur le rôle que peuvent jouer certaines personnes dans la vie de tous les jours. Pas vraiment du côté de ceux qui montrent, mais plutôt de ceux qui commentent. Le sexe, l’érotisme, sont des plaisirs qui m’ont accompagnés toute la vie, mais uniquement cela ne suffirait pas à me rendre heureux.

Cela vous a-t-il apporté quelque chose?

– Ca c’est sûr, petit à petit je me suis lié avec des personnes qui étaient comme moi, tant masculines que féminines, plus de femmes d’ailleurs. Je crois que les hommes m’assimilent plus à un concurrent qui vient chasser sur leurs terres. Evidemment, si l’on a pour seul but de draguer du nylon, je peux les comprendre. Mais qu’ils ne se fassent pas trop d’illusions, l’immense majorité des femmes qui s’affichent en bas et porte-jarretelles n’attendent pas le prince charmant, elles l’ont déjà trouvé. Il peut y avoir chez elles, un côté exhibitionniste, éventuellement libertin, encore plus simplement, juste faire savoir qu’elles aiment ça. Ce n’est pas très différent d’une femme qui aurait un certain plaisir à montrer qu’elle porte un tailleur Chanel, sauf que ce qu’elles aiment porter est un peu différent et que pour cela il faut un peu lever la jupe, chose assez facile sur la Toile. J’ai malgré tout deux ou trois solides complices avec qui c’est à tu et à toi. Ce sont des amis autant qu’un peut l’être virtuellement. Il n’en reste pas moins que j’ai rencontré quelques dames qui étaient de franches adeptes du bas et qui le prouvaient. Tout s’est passé de la manière la plus cordiale et dans la bonne humeur. Je me suis fait un bon copain de tous les maris ou partenaires présents. Je n’ai jamais eu l’ombre d’une mésentente au cours de ces rencontres. Les dames m’ont volontiers donné le titre de gentleman, ce qui est sans doute vrai, pour autant que je me connaisse. Je souhaite simplement en faire d’autres et cela tient un peu au hasard et surtout aux distances. Je pense aussi lancer un truc du genre un peu régional, car j’imagine qu’ils doit aussi y en avoir plus près de moi. Mais j’attends le moment opportun.

Pourquoi le Boss?

– C’est vrai au début je ne m’étais pas affublé de ce surnom. C’est un visiteur qui m’a mis cela dans un commentaire et j’ai trouvé que cela allait bien. Dans la réalité, c’est un surnom que l’on donne à une personne d’un certain âge et qui dirige un peu tout dans un certain domaine, qui connaît les bons trucs. A quelque part, c’est un reflet de ma vie de tous les jours, on m’a souvent confié certaines responsabilités et j’ai aussi un certain sens de l’organisation que je mets parfois en avant, même si on me le demande pas. A part ça, j’aime plutôt la tranquillité.

Des souhaits pour ces 60 balais?

– Il y en a peut-être un qui me ferait particulièrement plaisir, assez simple à réaliser. Que toutes les belles qui passent par ici, m’envoient une photo inédite en nylon avec une dédicace à l’intention du Boss pour ses 60 ans. Pas besoin de montrer un visage, juste ce qu’il vous plaira et si c’est inédit et avec une pointe d’humour, ce sera parfait. Je promets sur l’honneur que je n’en publierai aucune, ni ne divulguerai le nom des expéditrices.  Mais cela me fera de sacrés souvenirs quand je serai à l’asile de vieillards, d’ici une quarantaine d’années. Alors chiche et merci d’avance!

Salut Alvin!!!

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Il y a des trucs qui comme ça font mal au ventre. Je viens d’apprendre la mort de Alvin Lee, l’homme qui jouait de la guitare plus vite que son ombre.

Une histoire d’une sorte d’amour qui remonte à bientôt 50 ans. Ma première rencontre avec lui, elles ne seront jamais que virtuelles, je m’en souviens très bien. C’était en 1967. Dans la boutique d’un disquaire local, le patron me mit sous le nez un album avec le commentaire qu’il y avait un guitariste intéressant là dedans. C’était le premier album de Ten Years After. Je l’ai bien sûr écouté. Au premier titre, « I Want To Know » je fus conquis. J’avais le bonheur de le comparer avec la version antérieure enregistrée par Eric Clapton et parue sur un album assez obscur « What’s Shakin » sorti l’année précédente. A l’évidence ce mec en avait. Un jeu très rapide, agressif, tout en nuances. Dans ce fameux obscur album, dont je ne dirais jamais assez le pas en avant qu’il me fit faire, il y avait un autre titre que j’adorais « I Can’t Keep From Crying Sometimes  » interprété par Al Kooper. Le version de Ten Years est bien différente, un tempo plus lent, avec guitare remplaçant le piano, j’étais encore une fois conquis. Le troisième que je connaissais déjà « Spoonful », que j’avais écouté pratiquement en boucle dans la version de Cream sur le troisième EP français, bien revisité par le groupe. Alvin Lee ne cachait pas une certaine admiration pour Clapton. car quand on écoute les chutes du deuxième album live « Undead », Lee présente ce titre comme étant emprunté à Cream, alors qu’il savait très bien que les véritables origines du titre sont ailleurs. Le reste de ce premier opus me marqua à jamais, je découvrais « Help Me », eh oui ce classique qui m’avait échappé, j’avais encore à apprendre.  J’ai eu plus de peine avec le second plus insaisissable, proche du jazz, ce qui ne m’apparut pas évident à l’époque. Avec le temps et mon approche de cette musique, il est parmi ceux que je préfère. Il y avait bien sûr en fond d’album, ce fameux « I’m Going Home » qui illuminera les nuits de Woodstock. J’étais mordu, et les albums suivant ne manquèrent pas à l’appel de ma discothèque. Avec ces titres qui m’ont fidèlement accompagné tout au long de ma vie « Hear Me Calling », « Sad Song », « Bad Scene » et j’en passe.

Alvin Lee était le mentor de Ten Years After, mais il ne réussit jamais, il ne l’aurait sans doute pas voulu, mettre dans l’ombre les trois autres membres du groupe qui sont parfaitement au niveau du maître. C’est un des rares groupes pop à tourner dans l’esprit d’un orchestre de jazz, solos, improvisations, à chacun son numéro. C’est bon en album, mais c’est encore meilleur en live. Les années ont passé, j’entendrai toujours la guitare de Lee résonner dans un coin de ma tête et sans doute aussi de mon coeur. Sa voix, son chant, accompagneront cet écho. J’ai des milliers d’amours en musique, mais je ne sais à quelle place le mettre, mais c’est loin devant. Salut Alvin!!!

Je n’y étais pas, mais heureusement des vraies caméras capturèrent pour l’éternité ce moment… éternel

Entre calme et tempête

Un orchestre de jazz? Ben oui, c’est d’ailleurs une reprise du fameux Count Basie pour le premier titre

Pour quelques souvenirs de plus

Le poker du mercredi (3)

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Pour les non initiés, voici la puissance des mains au poker de la plus forte à la plus faible. L’ordre de puissance des cartes va de l’as, la plus forte, ensuite roi, dame, valet, jusqu’au deux, la plus faible.  En cas d’égalité, deux paires par exemple, c’est celui qui a la paire la plus forte qui l’emporte. Une paire de rois, surclasse une paire de dames. La finalité de celui qui emporte la mise varie entre de nombreuses manières de jouer au poker. La différence réside entre les manières de distribuer les cartes et leur nombre, de faire les mises. Le « Texas Hold’ em » est une manière de jouer très répandue, mais d’un premier abord assez compliqué. N’oublions pas que le poker est un jeu qui a toute sa saveur quand on joue à l’argent. Le meilleur film dédié au poker reste sans doute le « Cincinatti Kid » avec Steve Mc Queen, Edward J Robinson, Karl Malden et le superbe générique chanté par Ray Charles

ou alors…

La piscine sans Delon, ni Schneider

30 030213-1Une histoire qui a rejailli dans mes souvenirs d’une manière tout à fait inattendue. Je ne sais trop pourquoi elle avait disparue du côté de la fosse aux oubliettes. En fait, c’est grâce au commentaire de mon fidèle visiteur, Daniel, que je me suis dit comme le célèbre commissaire Bourrel: « Bon sang, mais c’est bien sûr ».

C’est presque inexcusable de ma part, car elle se produit en pleine période de disette pour les admirateurs de bas, dans la première partie des années 80. De plus, il m’a fallu certaines circonstances assez spéciales pour que cela arrive. Ce n’était pas juste une simple rencontre dans la rue.  Je peux même en citer l’époque précise, car au moment des faits, voyez je parle comme Bourrel, on parlait de la guerre des Malouines dans les infos à la radio. Bon, la guerre des Malouines, j’en avais rien à cirer, d’autant plus que je ne travaille pas dans l’embellissement des parquets. Ah oui tiens le Parquet, nous voilà encore dans les idées justice et police, décidément ce Bourrel, y m’lâche pas. Le déroulement de cette histoire est un peu due au hasard, surtout la manière qui m’amena dans les lieux où elle se produisit. Je dois à un copain bricoleur la suite des événements. Ce copain avait monté sa petite entreprise, genre bricolage et dépannages en tous genres. Ses affaires allaient plutôt bien. Un  soir il me téléphone, me sachant en vacances, si je ne voulais pas lui donner un coup de main le lendemain.

– On va où et on fait quoi?

– Chez la belle M… à X… elle a des problèmes avec sa piscine

Connais pas la dame, le bled oui, les piscines et leur entretien pas tellement. Je ne suis pas tellement bricoleur. J’arrive à planter un clou avec un marteau en me tapant sur le doigts seulement une fois sur trois, alors les piscines. Comme je pense que s’il fait appel à moi, c’est qu’il estime que je suis capable de remplir ma mission, peut-être a-t-il besoin de quelqu’un pour aller chercher des bières, alors je dis oui. Nous nous retrouvons le lendemain matin et il me met au courant lors du trajet, c’est là que l’on parle de la guerre des Malouines à la radio. Nous allons chez la belle M, il l’appelle ainsi parce que c’est vrai. C’est la femme d’un industriel  en vue qui a une entreprise avec 250 employés. Il me plante un peu le topo de ce couple. Il dirige l’entreprise avec sa femme. Ils ont un peu la réputation d’avoir transposé dans le village l’ambiance de « Germinal » de Zola. Etant une des seules sources d’emploi dans le village où ils sévissent, ils font un peu la pluie et le beau temps. Notre travail consistera à réparer le store qui recouvre la piscine intérieure et déboucher une baignoire qui ne digère plus très  bien l’eau qu’on voudrait lui faire avaler. Il faudra que l’on s’arrête à l’usine pour prendre la clef.

Nous arrivons à l’usine, et par curiosité, je le suis à l’intérieur. Il s’enquiert de la dame M, coup de fil, et la voilà qui s’amène. C’est vrai qu’elle est plutôt bien roulée. Si elle n’avait pas fait une carrière de directrice adjointe, elle aurait pu sans trop de problèmes travailler chez Chanel. Tailleur, jambes en nylon, cheveux blonds tombant sur les épaules, on appellerait pas police secours si elle avait l’intention de nous violer. Le premier effet passé, j’actionne ma machine à détecter les caractères et elle clignote sur la case emmerdeuse. Malgré tout, elle accueille mon copain avec une certaine jovialité, elle semble satisfaite de ses services passés. Il me présente et me gratifie d’un bref bonjour. Après un ou deux recommandations plus techniques que sécuritaires, nous filons sur les lieux du crime, Bourrel dixit.

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La maison est assez cossue, pas vraiment une villa de gens . Elle est perchée sur une petite colline un peu en dehors du village, entourée de murs assez décoratifs. Le portail est ouvert et nous parquons la bagnole dans  la cour. A l’intérieur, c’est un ravissement et extrêmement bien décoré, avec des bibelots qui ne doivent pas venir de chez Ikea. Devant le salon, une baie vitrée laisse voir une piscine intérieure de dimensions très acceptables pour accueillir une bonne dizaine de nageurs en natation synchronisée, le truc de riche. Selon la saison, c’est bien sûr chauffable et l’on peut prendre un bain le 24 décembre à minuit sans risquer de s’enrhumer, bonjour les économies d’énergie. Le copain m’explique le boulot, le store qui recouvre automatiquement  la piscine ne fonctionne plus, le moteur a probablement foiré. Il faut qu’on le déroule manuellement pour qu’il puisse intervenir sur la moteur plus facilement, c’est la qu’il faut que l’on soit deux. Pendant qu’il auscultera la machine, je devrai essayer de déboucher la baignoire, il va me monter comment. Je m’attendais à ce qu’il m’emmène dans le salle de bains, mais non, nous allons dans la chambre à coucher. Encore un truc de miséreux, la chambre à coucher est pourvue d’une baignoire surélevée dans les tons roses qui peut facilement accepter  deux baigneurs sans qu’ils soient à l’étroit, sans toutefois avoir besoin d’un porte-voix pour la conversation. Le genre de gadget qui permet le bain sous toutes les formes de coquineries. J’imagine volontiers que les mouches doivent avoir le spectacle assuré certains soirs. Pour l’instant, c’est bouché et les propriétaires doivent bien espérer que cela fonctionnera ce soir. Le copain me laisse et j’ausculte la baignoire comme un toubib qui se trouverait devant une maladie qui le laisse perplexe sur le traitement à prescrire. En fait, ce n’est pas complètement bouché, mais l’eau s’écoule à raison d’un décilitre à la minute. D’après mon conseiller technique et chef du jour, le meilleur moyen est mettre un produit décapant et de laisser agir et voir ce que cela donne. J’attends que la baignoire soit à peu près vide et je verse un produit contenu dans un bidon avec une tête de mort, qu’il vaut mieux éviter de boire. Je mets et je laisse agir. Pendant ce temps, mon regard divague dans la pièce. Le lit est encore défait, la femme de ménage n’est pas encore engagée où n’est pas encore venue, c’est assez bordélique avec tout qui traîne un peu partout. C’est alors que je vois posé sur la commode quelque chose qui dépasse d’une pile d’habits posée en vrac, quelque chose qui ressemble à du nylon. Je m’approche et je constate que la belle enfile parfois des bas, car il y a un porte-jarretelles noir et des bas qui font joujou avec d’autres pièces de lingerie. Cela ne m’étonne pas vraiment, j’imaginais que le couple devait avoir un certain raffinement dans la galipette. Même un peu plus, car vous savez, ces petits rubans qui cachent les jarretelles, il en manquait deux. Le commissaire Bourrel en aurait déduit un tas de choses, moi j’ai juste souri en imaginant des scènes plutôt chaudes.

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Sur le coup de midi, il est arrivé, seul. Je ne me faisais pas une image très exacte de lui. Pas un séducteur à vraiment parler, plutôt un type assez quelconque, ni beau, ni laid. Il avait même un léger défaut d’élocution. J’imagine que madame l’avait choisi pour des raisons qui doivent plus à une certaine idée de standing. Par contre, il est d’un abord beaucoup plus sympathique que sa dulcinée, il nous offre même de partager sa bouffe, ce sera à la bonne franquette, des pizzas congelées agrémentées d’un bon petit rosé. Il nous sert sur la terrasse, car il fait plutôt beau et la température est agréable. Il a l’air plutôt content de l’avance des travaux, la baignoire est débouchée et je le plaisante un peu sur sa fonctionnalité. En riant, il me dit que c’est une bonne mise en forme, sans préciser pourquoi. J’ai presque envie de lui demander, si sa femme se baignait avec lui en porte-jarretelles, mais je ne le fais pas.

C’est la première et la dernière fois que je le vis. Vous voulez savoir la suite? Alors, la voici. Quelques années  plus tard, on l’a retrouvé mort dans une forêt. La commissaire Bourrel dépêché sur les lieux a conclu au suicide. Peut-être que sa belle ne voulait plus porter que des collants?

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