Le Boss a usé 60 balais

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Pour ses 60 ans, qu’il fêtera dignement le 14 mars, il a accepté de répondre aux questions qu’il a bien voulu se poser.

– Quel effet cela fait d’avoir 60 ans?

– Quoi déjà? C’est une plaisanterie y’ sont foutus dedans à l’état civil, encore un de ces fonctionnaires qui faisait la sieste!

– Mais encore?

– Je crois que chaque fois que l’on ajoute une dizaine on ajoute un peu de lumière dans sa vie. Cette lumière est faite d’expériences amassées et de philosophie acquise. C’est un ascenseur qui grimpe les étages avec deux personnes dedans. Gare à la panne! Cela me rappelle l’histoire d’un mec qui se promenait le soir avec une bougie allumée sur la tête, un billet de 50 collé dans le dos , avec en dessous un billet de 20 et un billet de 10. A une personne qui lui demandait ce que cela signifiait il répondit. »J’ai 50 ans, j’ai été marié 20 ans, je suis cocu depuis 10 ans, enfin je vois jour! »

– Que ne referiez vous pas?

– Mais rien, absolument rien, plutôt si, juste deux ou trois trucs que j’aurais pas dû bouffer et qui m’ont rendu malade!

– Ah vous aimez manger?

– Avec les bas nylons, que je ne mange d’ailleurs pas, chaque instant peut-être un moment d’émerveillement. Il suffit de se laisser aller et d’apprendre à connaître le mérite de chaque plat. Il faut toujours explorer, essayer de nouvelles recettes  et surtout ne pas avoir peur de goûter ce que les autres préparent.

– Quelle cuisine préférez-vous!

– Etant par ma mère la moitié d’un Italien, j’ai bien sûr grandi avec la cuisine de son pays. C’est une fabuleuse cuisine qui est malheureusement trop imagée autour des pâtes et des pizzas. C’est beaucoup plus vaste que cela. Ce qu’il y a de merveilleux avec les Italiens, c’est que dans toutes les occasions, ils se débrouillent pour faire de la cuisine excellente. Même au sommet de l’Everest, il vont se démerder pour nous improviser un excellent risotto. Ceci dit, j’adore aussi d’autres cuisines, la cuisine française pour sa noblesse, la cuisine marocaine pour sa grande variété ainsi que les cuisines asiatiques, toutes très charmantes. Par contre, je déteste tout ce qui peut ressembler à du fast food, le rêve américain très peu pour moi! Pour terminer j’ajouterais que je n’ai pas de plats préférés, mais des plats préférés que je fais tourner sur la table selon les occasions.

– Vous m’avez l’air, très attiré par l’Italie?

– Il y a bien des côtés que je peux partager avec un Italien, son romantisme, son côté passionné pour ce qu’il aime et sa bonne humeur. Mais cela est à l’intérieur de moi, ma culture est française et je m’exprime à travers elle, ses mots, sa musique dans les belles phrases.  Sans peut-être avoir tout le côté chantant de l’italien, c’est une langue élégante que je suis bien content d’avoir comme langue maternelle. Pour une part, la psychologie des peuples se trouvent dans leur parler, un défilé militaire est mieux dirigé en allemand qu’en français.

Et le nylon dans tout cela?

– Là je rejoins un peu mon côté italien, il aime l’élégance. Une femme peut avoir une certaine élégance avec un tas de choses, mais c’est quand elle porte des bas qu’elle atteint le sommet de cette élégance. Bien que pas mal de femmes aient de la peine à comprendre cela, le fait de porter des bas pose une autre personnalité, qu’elle ignore la plupart du temps avant de passer à l’acte.

– Certes, mais il n’y a pas que le côté élégant qui vous attire?

– Bien sûr, c’est intimement lié à ma personnalité fétichiste, comme la plupart des hommes, j’ai une attirance pour cela. Ce qui peut me distinguer de certains autres, c’est que l’élégance et le fétichisme vont de paire. Je n’aurai aucune attirance pour une femme qui s’habille mal, ce qui ne va pas m’empêcher de converser et d’être aimable avec elle, si l’occasion s’en présente. Dans le cas contraire, j’aborderai la personne avec un autre esprit, je me ferai plus charmeur tout en restant dans certaines limites que le courtoisie commande, j’y tiens beaucoup. Bien sûr, si la dame manifeste un intérêt certain pour ma personne, je peux éventuellement envisager d’aller plus loin, mais j’attends presque une invitation claire et nette de sa part. Je suis malgré tout assez fin psychologue pour deviner si c’est le cas.

– Après ces quelques années de bloguer, quel bilan tirez-vous?

– Je me suis lancé là dedans un jour où j’avais la vraie envie de le faire. Il y a longtemps que je l’envisageais, j’avais déjà couché sur le papier un tas d’histoires qui m’étaient arrivées en rapport avec les bas. Et puis, il y a la musique. Là c’est un domaine où j’avais déjà une certaine réputation de journaliste entre amateur et professionnel. Cela m’amuse parfois, car il n’y a pas un visiteur qui a fait la liaison avec les deux ou qui me l’a ouvertement demandé. J’ai eu un ou deux commentaires par des gens que je connais dans la réalité. Un de mes abonnés est presque un voisin, mais il ne semble pas s’en douter et je ne ferai rien pour le renseigner, ni divulguer qui il est, c’est confidentiel. Le lien avec le nylon est évident, les deux choses me passionnent. Ecrire dans un journal présente une certaine contrainte, il y a une grandeur d’article à respecter et puis dans une équipe les autres ont leur mot à dire. Ici, je suis libre de mettre trois lignes ou de faire un doctorat, c’est quand je veux. Au début je ne croyais absolument pas me faire une réputation à travers mon blog. Cela a mis bien cinq ou six mois à décoller, mais cela va depuis en s’amplifiant. Je peux paraître bien modeste dans la fréquentation par rapport à d’autres, mais même si j’aime le nylon je n’aime pas m’arrêter au seul côté voyeur. Cela me rappelle ce que j’ai vu entre un site résolument exhibitionniste qui se vantait d’un million de visiteurs en peu de temps et celui d’un condamné à mort qui criait son innocence dans le couloir de la mort et qui totalisait huit visites en une année. Je suis le premier à m’amuser avec mon blog, mais je ne me voile pas la face, on peut améliorer l’état du monde en agissant, même modestement. C’est pour cela qu’une rubrique comme le vrac a vu le jour, on s’amuse, mais on réfléchit un peu à travers les citations ou autres commentaires. Quand je vois ailleurs, un article culturel qui a  peu ou pas de commentaires et un article qui expose du nylon avec une avalanche de joyeuses envolées, on peut se poser quelques questions  sur le rôle que peuvent jouer certaines personnes dans la vie de tous les jours. Pas vraiment du côté de ceux qui montrent, mais plutôt de ceux qui commentent. Le sexe, l’érotisme, sont des plaisirs qui m’ont accompagnés toute la vie, mais uniquement cela ne suffirait pas à me rendre heureux.

Cela vous a-t-il apporté quelque chose?

– Ca c’est sûr, petit à petit je me suis lié avec des personnes qui étaient comme moi, tant masculines que féminines, plus de femmes d’ailleurs. Je crois que les hommes m’assimilent plus à un concurrent qui vient chasser sur leurs terres. Evidemment, si l’on a pour seul but de draguer du nylon, je peux les comprendre. Mais qu’ils ne se fassent pas trop d’illusions, l’immense majorité des femmes qui s’affichent en bas et porte-jarretelles n’attendent pas le prince charmant, elles l’ont déjà trouvé. Il peut y avoir chez elles, un côté exhibitionniste, éventuellement libertin, encore plus simplement, juste faire savoir qu’elles aiment ça. Ce n’est pas très différent d’une femme qui aurait un certain plaisir à montrer qu’elle porte un tailleur Chanel, sauf que ce qu’elles aiment porter est un peu différent et que pour cela il faut un peu lever la jupe, chose assez facile sur la Toile. J’ai malgré tout deux ou trois solides complices avec qui c’est à tu et à toi. Ce sont des amis autant qu’un peut l’être virtuellement. Il n’en reste pas moins que j’ai rencontré quelques dames qui étaient de franches adeptes du bas et qui le prouvaient. Tout s’est passé de la manière la plus cordiale et dans la bonne humeur. Je me suis fait un bon copain de tous les maris ou partenaires présents. Je n’ai jamais eu l’ombre d’une mésentente au cours de ces rencontres. Les dames m’ont volontiers donné le titre de gentleman, ce qui est sans doute vrai, pour autant que je me connaisse. Je souhaite simplement en faire d’autres et cela tient un peu au hasard et surtout aux distances. Je pense aussi lancer un truc du genre un peu régional, car j’imagine qu’ils doit aussi y en avoir plus près de moi. Mais j’attends le moment opportun.

Pourquoi le Boss?

– C’est vrai au début je ne m’étais pas affublé de ce surnom. C’est un visiteur qui m’a mis cela dans un commentaire et j’ai trouvé que cela allait bien. Dans la réalité, c’est un surnom que l’on donne à une personne d’un certain âge et qui dirige un peu tout dans un certain domaine, qui connaît les bons trucs. A quelque part, c’est un reflet de ma vie de tous les jours, on m’a souvent confié certaines responsabilités et j’ai aussi un certain sens de l’organisation que je mets parfois en avant, même si on me le demande pas. A part ça, j’aime plutôt la tranquillité.

Des souhaits pour ces 60 balais?

– Il y en a peut-être un qui me ferait particulièrement plaisir, assez simple à réaliser. Que toutes les belles qui passent par ici, m’envoient une photo inédite en nylon avec une dédicace à l’intention du Boss pour ses 60 ans. Pas besoin de montrer un visage, juste ce qu’il vous plaira et si c’est inédit et avec une pointe d’humour, ce sera parfait. Je promets sur l’honneur que je n’en publierai aucune, ni ne divulguerai le nom des expéditrices.  Mais cela me fera de sacrés souvenirs quand je serai à l’asile de vieillards, d’ici une quarantaine d’années. Alors chiche et merci d’avance!