Non, non, non, je n’irai plus au Virgin Megastore

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Je voudrais revenir un instant sur la fermeture de Virgin.

Bien que je n’y ai jamais acheté la moindre paire de bas nylons, j’allais de temps en temps au Virgin Megastore des Champs, lors de me passages à Paris. Sans être un inconditionnel, je prévoyais toujours au moins un passage dans les lieux, en complémentarité à mes autres vadrouilles de consommateur branché. Je consomme beaucoup de musique alternative et de cinéma dans le genre des vieux classiques, parfois assez obscurs pour le cinéphile élémentaire. Je ne consomme presque que cela et je dois reconnaître que je trouvais bien des trucs que je ne trouvais pas chez les spécialistes. Je complétais un peu ce que je ne trouvais ailleurs. Mon temps de présence dans la capitale a toujours été un peu minuté. C’est merveilleux Paris, on a trois achats à faire et résultat des courses, on y passe la journée. J’ai connu les débuts du magasin, une époque ou tout était encore simple et souriant dans les lieux. A l’époque, pour beaucoup, c’était une mise à mal du petit commerce branché. Je suis entièrement d’accord avec ça, mais mon but était surtout de trouver ce qui me faisait envie d’acheter avec des idées bien précises. Et je dois admettre que j’y remplissais bien mon panier. Tout ça, c’était au début, l’intention de mettre sous un même toit un panachage de la culture générale sans négliger les marginaux comme moi. Les vendeurs y étaient sympathiques et plutôt compétents dans des domaines très alternatifs, on pouvait leur soumettre un truc pas évident, tout en ayant une réponse de personne qui avait l’air de savoir de quoi on parlait. Je me souviens du commentaire de l’un d’entre eux qui me dit « Ah on aime les belles choses! ». Ca fait quand même plaisir d’entendre cela quand on ne vient pas d’acheter une compilation de Mireille Mathieu.

J’imagine que cela tournait bien, tout le monde y trouvait sa part de bonheur. Seulement voilà, les vautours de la finance sont arrivés et on a tout foutu parterre. Pour ces m’sieurs dames, la culture est un produit qui doit rapporter un maximum, le pétrole et Victor Hugo, c’est pareil. Au fil de mes visites, j’ai pu le constater, on misait tout sur ce qui avait un appel commercial évident, fini la beauté cachée des choses, il n’en restait que quelques cendres.  Les vendeurs ne sont que des pions, jamais on fait appel à leur savoir, il sont pourtant ceux qui sentent le vent venir. Et ce vent tourne, plus vite que les bénéfices qui doivent chaque année afficher une nette progression, comme si la course au  profit était infinie. Résultat des courses, on ferme!

La dernière fois que j’y suis allé, c’était l’automne dernier, sans penser que c’était la dernière fois. J’y ai mangé ma première et dernière omelette aux girolles accompagnée d’un fameux blanc. Tout compte fait je crois que l’omelette était ailleurs.

Adieu les employés de Virgin, je pense à vous car vous êtes les seuls qui méritent de la considération dans cette histoire.

La première fois que j’y suis entré, on diffusait cela dans le magasin, un titre prophétique…