Des cadeaux à la manière des Beatles

Le succès des Beatles repose pour une grande part sur la facilité du duo Lennon et McCartney pour trouver les petits trucs qui font qu’une chanson accède à un semblant d’éternité, certaines plus que d’autres. Si cette musique avait de quoi faire hurler les parents, ils peuvent ravaler leur venin, on les enseigne maintenant dans les écoles, entre « A la Claire Fontaine » ou un texte de Desnos.  Je ne connais pas une de leurs chansons originales qui n’aie pas fait l’objet de quelques interprétations par d’autres artistes. Il y en avait assez pour remplir tous leurs albums et leurs 45 tours, et même plus. Certains artistes concurrents bénéficièrent même d’un truc de gratifiant, une chanson en provenance des Beatles rien que pour eux. C’était pratiquement la possibilité de faire un tube sans trop se casser la tête. Passons en revue les artistes qui profitèrent de cette manne inattendue pendant la période 1963-1965, époque où ils dominaient tous les rêves des adolescents.

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Une photo de famille en quelque sorte. Quelques artistes managés par Brian Epstein. De gauche à droite:  (Beatles): John Lennon – Ringo Star – George Harrison – Paul McCartney / (Gerry And The Pacemakers):  Gerry Marsden – Freddie Marsden – Les Chadwick – Les Maguire / Billy J Kramer And The Dakotas): Robin McDonald – Mike Maxfield – Billy J Kramer – Ray Jones – Tony Mansfield -/ Brian Epstein.

Billy J Kramer et son groupe les Dakotas furent ceux qui en profitèrent le plus,  ils étaient produits par George Martin, managés par Brian Epstein, qui s’occupaient aussi des donateurs. Leur premier tube « Do You Want To Know A Secret » est aussi une chanson des Beatles, mais elle figurait sur leur premier album et ne leur était pas spécialement destinée. Par contre la face B « I’ll Be On My Way » est bien un inédit des Beatles, qu’ils chanteront de temps en temps en concert. Pour la suite, Martin et Epstein arrangèrent bien les choses, ils fournirent des exclusivités qui permirent à Kramer d’obtenir de grands succès pendant deux ans. Voici toutes les chansons qui concernent cette période, celles qui furent strictement interprétées par le groupe en premier et publiées sur disques . On reconnait quand même la « patte » des Beatles sur certains.

Paul McCartney avait une petite amie de nom de Jane Asher. Cela tombait bien car son frère chantait dans un duo nommé Peter And Gordon. Il leur offrit, « A World Without Love » qui devint un très grand succès, managés par Brian Epstein. La suite fut un peu moins brillante malgré deux autres composition de la même provenance.

Ray et Dave Davies des Kinks avaient une frangine qui s’appelait Megan et qui jouait de la guitare basse au sein des Applejacks. Après un bon succès « Tell Me When », pour le disque suivant, Decca essaye de mettre le paquet et leur fait enregistrer « Like Dreamers Do », signé John et Paul. Ce n’est pas exactement un cadeau des Beatles. On sait presque tous que les Beatles ont auditionné pour Decca, mais ils sont recalés. Lors de cette audition les Bealtes ont interprété une de leurs premières compositions, justement le titre en question. Il est repêché et devient par ce coup de pouce un cadeau détourné. Malgré le charme assez évident de cette chanson, il n’obtiendra qu’un modeste succès.

Tommy Quickly fait partie de ces chanteurs qui se lancèrent à la poursuite des Beatles, sans jamais les rattraper. Sa chance fut d’être managé par Brian Epstein. Pour son premier disque, il réussit à lui fournir une chanson des Beatles « Tip Of My Tongue » qu’il enregistra pour la label Piccadilly en 1963. Cela ne suffit pas à lui apporter la notoriété. Son seul petit succès se manifesta l’année suivante avec « Wild Side Of Life » qui n’a rien à voir avec les Beatles. Cette mise en lumière attira l’attention de Vogue en France qui publia le titre en y incluant la fameuse chanson de Lennon et McCartney. Edité en 4 titres avec pochette illustrée, il est très recherché par les collectionneurs de Beatlemania. C’est en gros la seule raison pour laquelle on se rappelle de lui aujourd’hui.

Toujours sous la houlette de Brian Epstein, les Fourmost se virent aussi attribuer une chanson des Beatles pour leurs débuts « Hello Little Girl ». Cette chanson ne fut jamais exploitée réellement par les Beatles, elle fait aussi partie de l’audition chez Decca. Il fut d’abord proposée à Gerry & Pacemakers, qui l’enregistrèrent, mais qui ne fut pas publiée. Finalement, ce fut les Fourmost qui en profitèrent en en firent un bon succès, qui fut suivi d’un autre de même provenance « I’m In Love ».

Avec Dusty Springfield, Cilla Black fut la chanteuse anglaise la plus populaire dans son pays au cours des sixties. Aussi managée par Epstein, il lui fit refiler « Love Of The Loved », une autre chute des sessions Decca. Elle obtint un modeste succès, mais fut la rampe de lancement pour sa grande et longue carrière. Elle obtint un plus grand succès l’année suivante avec un autre titre portant la prestigieuse signature « It’s For You ».

PJ Proby fut une sorte de star dont on cultiva le sens de l’excès que ce titre peut comporter. Il trouva en Angleterre le succès qu’il chercha en vain dans son Amérique natale. Il bénéficia lui-aussi d’un apport Beatles avec  « That Means A Lot ». Cela n’ajouta, ni n’enleva rien à son semblant de gloire.

Le dernier de cette liste est vraiment une obscurité dont on ne parle presque pas et dont on sait pas grand chose. Le groupe The Strangers with Mike Shannon (rien à voir avec le second chanteur des Chats Sauvages), enregistra « One And One Is Two », après semble-t-il, le refus de Billy J Kramer et des Fourmost. Enfin la voici…

L’histoire n’est pas finie. Par la suite il y eut d’autres artistes qui eurent la chance d’avoir une spécialité offerte par Lennon, McCartney ou les deux. Notons que la signature du duo fait toujours cause commune. Certaines chansons sont plus le fait de l’un ou de l’autre, mais attribuées aux deux. Mais c’est quand même entre 1963 et 1965, que chanter un titre inconnu des Beatles a le plus de prestige.

Quelle belle histoire et que de souvenirs qui vont se raconter dans les maisons de retraite, très bientôt.

Les perles les plus difficiles… à dénicher!!!

J’ai toujours été un collectionneur de vinyle dans l’âme, ce n’est pas un secret. Parfois il m’a fallu des années de recherche pour trouver tel ou tel disque. En voici quelques uns qui constituent un peu mes records de recherches étalés dans le temps. Savoir qu’un disque existe c’est bien, mais en trouver une copie en vinyle c’est autre chose. Ce ne sont pas forcément des pièces qui valent des cent et des mille, mais leur rareté n’est pas un vain mot, il n’existe pratiquement plus de copies originales en circulation ou si peu.

Celui-ci est je crois le record absolu, je l’ai cherché pendant plus de 40 ans. En 1967, un copain m’avait prêté une compilation sur laquelle ce titre figurait, je l’adorais. Il a repris son disque qui a disparu depuis,  et je voulais absolument mon exemplaire à moi. Bien sûr, quand on s’appelle Dave And The Diamonds on intéresse pas forcément les compilateurs, alors reste à espérer  une foutue copie originale. Quelques dizaines d’années plus tard…  ouf!

Sur la même compilation en figurait un autre qui m’intéressait, même recherche, mais un peu moins longue, le groupe est un peu plus connu. Une enchère sur Ebay par un vendeur écossais et hop!

Dans les fanzines des années 70 et 80, j’avais lu plusieurs fois qu’un groupe assez méconnu d’origine hollandaise avait enregistré une très bonne version du fameux « Shakin All Over », un de mes rocks préférés. Un collectionneur allemand de mes amis, m’en a trouvé une copie. Et c’est vrai que cette version est plutôt bonne et un peu moins conventionnelle que les autres.

Je connaissais la version des Shamrocks le groupe suédois assez populaire en France. Je savais que la version originale était des Renegades, par ailleurs fameux pour « Cadillac ». Finalement un collectionneur finlandais avec qui je trafiquais m’en a procuré une copie. Sans doute plus accessible pour lui, car les Renegades étaient extrêmement populaires dans son pays.

En France tout le monde connaît Christophe et se souvient de « Aline ». Mais avant de percer avec son tube, il avait enregistré sur le label Golf Drouot 4 titres, pour le moins excellents. Les copies ne courent pas les rues, c’est une de mes longues recherches pour un truc bien franchouillard. Les copies sur Ebay peuvent atteindre 150 euros.

Les trésors de la collection du Boss (2)

Dans ma collection de disques, j’ai des trucs souvent pas très ou pratiquement inconnus, issus le plus souvent de disques obscurs, puisés de ma collection. Seul un spécialiste pourra vous dire de qui il s’agit. Pour une fois, vous pourrez écouter de la musique en vous laissant simplement entrainer par la musique. Vous ne saurez ni le titre ni l’interprète, vous entendrez juste une chanson ou une mélodie…

Oui je sais, il y a Shazam et autres logiciels qui vous dévoilent le titre et l’interprète et l’âge du capitaine. Pas la peine d’essayer, il n’y figurent pas et on les trouve pas sur YouTube ou si peu

Un de ces trucs comme seuls les américains savent les faire, c’est typiquement ricain. Encore des histoires de bagnoles et de motos. On s’étonne presque qu’un groupe comme ZZ Top n’ait pas repris ce morceau à sa manière.

Typiquement années 60, un vinyle qui gratte et que peu de gens possèdent, du bon swing malgré tout.

Un autre visage du yéyé, celui à tendance un peu folk, comme Hugues Aufray. Belles harmonies vocales.

Des chansons d’amour il y en a des milliers, presque autant d’inconnues. Celle-ci méritait mieux.

Le folk d’obédience celtique s’étend bien plus loin que ses frontières linguistiques naturelles. Au gré des chanteurs, il s’adapte à la langue locale. On devine aussi que les Celtes étaient des marins, car parfois on y trouve une teinte de musique arabe au son d’un accord capturé dans un pays lointain. Cette chanson existe aussi aussi avec des paroles françaises, les plus folkeux d’entre vous la connaissent certainement.

Léo, coeur de nylon (2)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion. Un soir une dame en bas coutures pénètre dans son établissement.

Lire la première partie de ce récit

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Les yeux de Léo ne lâchaient pas les jambes de la dame, plus qu’un regard reflétant l’avidité d’un rapace devant sa proie, il se faisait songeur. Certes, il y avait de quoi satisfaire ses désirs, ce n’était pas si souvent qu’une cliente de cette classe franchissait la porte du bistrot.  Non, c’était les talons aiguilles qui l’intriguaient. Il en avait bien tenu des dizaines dans ses mains, c’était la suite logique d’une caresse qui s’attardait sur les bas pour s’arrêter sur la chaussure en une sorte de cérémonial. Mais ceux qu’il avait sous les yeux avaient une particularité qu’il n’avait pas vue depuis des années. Sur le dessus vers la pointe, il y avait un cœur doré. Et cela lui faisait remonter des souvenirs cachés dans les méandres de sa mémoire. N’avait-il pas fait faire par un cordonnier orfèvre, une semblable paire pour une de ses conquêtes qui s’appelait Lucienne. C’était il y a bien vingt ans, le calendrier ne s’arrêtait pas sur une année bien précise, tout au plus il pouvait lier ses souvenirs à une certaine époque. Il se demanda d’abord quel hasard avait donné l’idée à un fabricant de plagier involontairement son idée. Mais il le savait, du moins il le soupçonnait, ce genre de chaussures n’avait plus tellement  d’adeptes, surtout avec une hauteur pareille. Les quelques paires qui se fabriquaient encore étaient confectionnées de manière que l’on aurait pu qualifier de plus traditionnelle. Il y avait là quelque chose qui l’intriguait et qu’il voulait éclaircir.

Pendant son petit voyage cérébral, il avait à peine remarqué que la dame s’était assise à côté de Marly et l’avait embrassé d’une manière qui ne laissait aucun doute sur l’intimité de leurs relations. Il en avait presque oublié son métier, qui était avant tout de servir à boire.

– Et pour madame, ce sera ?

– Un café !

Pendant qu’il était devant elle, il avait scruté discrètement les chaussures, chose d’autant plus facile que sa jambe gauche était croisée par-dessus la jambe droite et pointait vers l’allée. Il avait aussi remarqué une lisière de bas, mais en connaisseur, il n’avait aucun doute sur les dessous de la belle. Un certain trouble l’avait envahi, tant pour la présence des bas que celle du petit cœur.

Une fois le café servi, il revint derrière son comptoir et reprit son observation. C’était d’autant plus facile, que le couple n’avait d’yeux que pour l’autre. Ils parlaient à voix basse et aucun mot n’était perceptible pour lui. Le bruit de fond du bistrot se chargeait de les rendre inaudibles. Il observait la main de Marly qui se promenait sur la jupe. Cela amena un sourire sur la binette de Léo qui prenait à son compte les sensations que pouvait éprouver Marly. Diable, sentir les bosses des jarretelles sous une jupe, y avait-il un toucher qui pouvait  rendre un homme encore plus dingue? Pour lui, la réponse était évidemment non, il plaignait la jeunesse d’aujourd’hui qui devait se contenter d’un collant envahissant, ne laissant aucune bande de peau libre à la main baladeuse. Comment sentir en contact direct la peau frémissant sous les caresses empressées ? Pour un peu, il en aurait versé une larme.

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Un souvenir surgit de son passé. C’était après un concert et bien sûr on lui avait demandé de poser pour une photo. Comme à son habitude, il avait discrètement tâté la jupe de l’élue, mais ses investigations s’étaient soldées par un résultat négatif. Pourtant, elle portait bien des bas, il en était certain, c’était visible. Piqué au jeu, il voulut en savoir plus, il invita la belle, en fait la très belle, à prendre un verre avec lui un peu plus tard. Elle accepta sans une hésitation et attendit patiemment que la séance des photos et autographe fut terminée. Un petit sentiment de supériorité l’avait envahie, c’était elle qu’il avait choisie, pas une autre. Il l’avait emmenée au bar de son hôtel, à deux pas de la salle de concert. Il commençait ses séances de drague toujours ainsi. Il y avait plusieurs raisons à cela. Un concert amenait toujours sa charge des responsabilités, tant les siennes que celles des autres. Il était en quelque sorte le responsable de ce petit monde, ses musiciens, la sonorisation, un incident dans le public, une salle froide, il prenait tout à son compte.  Il savait bien que si quelque chose allait de travers, c’est lui la vedette qui serait en première ligne. Boire un ou deux verres lui procurait une détente certaine. Accompagné par sa rencontre d’un soir qui ne refusait jamais un verre de champagne, il adoptait la devise « in vino veritas », qu’il avait testée tant de fois. Le caractère d’une personne s’exprimait si bien après un ou deux verres d’alcool. Il devinait qui il avait en face de lui, une romantique, une rêveuse, une empressée, une furie, la femme dans toutes ses facettes possibles. Et puis, il voulait aussi savoir si elle était disposée d’aller un peu plus loin, certaines se trouvaient des désirs de sainte nitouche à retardement, mais il faut bien l’admettre, cela restait des cas rarissimes. Il y avait aussi un aspect qu’il ne fallait pas négliger et qui valait son pesant d’incertitudes. Une fois, il avait presque fini accusé d’un viol. Cela peut aller chercher loin et nuire à une carrière. Elle était pourtant bien consentante, avait accepté de le suivre dans sa chambre, ce n’était absolument pas pour lui signer des autographes en privé. L’histoire s’était arrangée à l’amiable. Elle comprit qu’elle pouvait difficilement l’accuser de viol, alors qu’avant au bar, elle s’était laissé embrasser et peloter plusieurs fois. Une dizaine de personnes pouvaient en témoigner, à commencer par ses musiciens et l’organisateur du spectacle qui étaient aussi présents.

Ce soir-là, la coutume fut une fois de plus respectée, tout commença par une bouteille de champagne avec ce petit plus, il avait un petit mystère à éclaircir, où étaient les jarretelles de la dame ? Aucun doute sur ses désirs, elle n’imaginait pas qu’il allait lui serrer la main un peu plus tard en lui souhaitant une bonne fin de soirée. D’habitude, il était peu pressé, mais ce soir il manifesta un brin d’impatience, comme le joueur qui est pressé de voir le tirage de sa loterie commencer une fois son billet son billet acheté.

Arrivé dans la chambre, il demanda à sa conquête de ses déshabiller, ce qu’elle fit sans se faire prier. Ce fut sans doute la fois où il fut le plus attentif au strip-tease, tendu tel un golfeur qui regarde sa balle tourner autour du trou sans savoir si elle va ressortir ou tomber dedans. Il s’était imaginé qu’elle portait encore des jarretières, chose rarissime, même à cette époque. Mais non, il n’y avait rien de tout cela, les bas tenaient sans aucune aide. Il dissimula sa déception, mais ne put s’empêcher de poser la question :

– Tu ne mets pas de porte-jarretelles ?

– Ah non, c’est une nouveauté qui nous vient d’Amérique,  ils ont inventé un bas qui tient tout seul, plus besoin de jarretelles.

Décidément pensa-t-il,  ces Ricains vont nous amener l’enfer sur terre. Déjà qu’ils nous empoisonnent avec leur cola et leur singe entre deux éponges, voilà qu’ils inventent le bas qui tient tout seul. Jamais je foutrai les pieds là-bas !

Eh Léo, tu rêves ?

– Non, je cauchemardais!

A suivre…

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