Léo coeur de nylon (10)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa.

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L’amour fou qu’il avait pour Léa, prit sa vitesse de croisière. Il l’a voyait autant que possible, sans toutefois renoncer à ses amours passagères, c’était inscrit dans un contrat imaginaire. Il savait qu’elle avait ses jeux avec son ministre, cela faisait partie de ses obligations professionnelles en quelque sorte, pas question pour elle de trouver mille excuses pour les contourner. Elle devinait bien que cela aurait signifié une faute professionnelle. D’un autre côté, elle le tenait quand même entre ses mains, nul ministre ne se serait vu à la une des journaux, suite aux confidences de sa secrétaire pour un journal à sensation. Un gros titre mentionnant un ministre qui aimait s’habiller en femme, avait de quoi faire monter le tirage d’un canard aguicheur vers les plus hauts sommets. Elle y avait songé parfois, mais elle se savait bien trop honnête pour en profiter. Elle en profitait quand même pleinement avec tous les avantages que cela lui procurait. Un beau jour le gouvernement pouvait changer et le ministre retourner à la vie de simple citoyen. Il n’en resterait pas moins un homme d’affaires important et il aurait toujours besoin d’une secrétaire, l’avenir était assuré.

Léo tourna la page de ses mémoires mentales, il passa à la suite, tout naturellement Lucienne prit la place. Il aurait pu la classer comme un amour en second. A cette époque Léa était toujours première, mais Lucienne occupait une splendide seconde place. La voir était chose relativement facile, elle était disponible, n’ayant à la connaissance de Léo aucun cœur d’attache. Il s’arrangeait pour les rencontrer à tour de rôle, quand le ministre était en goguette, Lucienne savait que la place était libre, Elle aurait presque pu lire ses prochains rendez-vous dans la presse, hop le ministre inaugurait une statue à l’autre bout du pays, la place était libre.

Entre Léo et Lucienne, les relations étaient complètement différentes sur le plan des amours. Lucienne était un peu exhibitionniste, bien moins secrète que Léa. Elle aimait bien s’amuser avec ses charmes et les laisser à la vue de tout le monde. Ce ne pouvait pas trop être le cas avec Léo, car il ne pouvait pas trop avoir l’air de fréquenter une fille du genre. Ils s’étaient quand même amusé ensemble une ou deux fois.

Léo en riait encore, il revoyait ce fameux soir où ils étaient allés prendre un verre dans un bar discret. Assis au comptoir sur des tabourets à pieds surélevés, Lucienne en profitait pour bien exposer ses jambes, au vu et au su de tout le monde. Elle laissait remonter volontairement sa jupe, dévoilant largement ses jarretelles qui faisaient un joli contraste avec ses bas sombres. Les regards se tournaient tous dans la même direction, la direction de ses jambes. Un martien fraichement débarqué de sa soucoupe, entrant dans le bar, serait passé complètement inaperçu. Là où le spectacle devint cocasse, ce fut au moment où le garçon de salle sortit de derrière le comptoir pour aller apporter les consommations à une tablée de clients. Un client, très absorbé par le spectacle offert par Lucienne, avait nonchalamment laissé trainer une jambe dans le couloir entre les tables. Le serveur qui n’en perdait pas une du spectacle, ne la vit pas et s’encoubla. Emporté par son élan, il essaya tant bien que mal de sauver le contenu de son plateau. Il n’y arriva pas, mais la jupe de Lucienne gagna le gros lot sous forme d’apéritifs divers et odorants. Elle descendit de son tabouret et dans le vain espoir de limiter les dégâts leva sa jupe complètement, offrant en spectacle total toute sa garde-robe intime. Un statisticien aurait pu noter ce soir-là, que la tendance du jour en matière de sous-vêtements consistaient en un porte-jarretelles à quatre attaches blanc, avec culotte assortie en nylon transparent, que la longueur des jarretelles étaient réglées à mi-course sur l’élastique  et que la lisière du bas laissait un espace libre de huit centimètres jusqu’à la culotte. La couleur des bas arborait une tendance gris sombre, avec une couture paraissant presque noire et que la jarretelle arrière se trouvait bien centrée dans le fameux trou de serrure.

– Quel con ! furent les premières paroles de Lucienne.

Dans la salle, on se retenait d’applaudir. Les visages goguenards exprimaient un air de satisfaction non dissimulée. Pour peu, ils auraient renouvelé les consommations, à condition que le garçon refasse exactement la même chose.

Le serveur s’aplatissait en excuses, son plus cher désir du moment aurait été de se transformer en souris et de disparaître dans le premier trou venu. Il s’attendait à un scandale qui lui coûterait peut-être sa place, il attendait l’averse qui tardait à venir.

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Léo ne savait pas trop qu’elle attitude adopter, mais il devina sur le visage de Lucienne, l’expression d’une sorte de satisfaction. Elle qui aimait s’exhiber avait pu le faire en toute innocence, devant un public plus que ravi. On aurait pu attendre le geste de pudeur automatique qui consistait à cacher tous ces trésors en redescendant  la jupe, mais non elle semblait avoir pris l’option de sécher ses sous-vêtements à l’air libre. Léo, maintenant, savait qu’elle frissonnait intérieurement de tout cet étalage de lingerie. A part quelques odeurs inhabituelles, la nuit promettait d’être fantastique.

Le parton en personne vint constater les dégâts. Plus que navré, il offrit à Lucienne la jouissance de sa salle de bain personnelle si elle le désirait, de même que des vêtements de remplacement qu’elle pourrait choisir à son gré dans l’armoire de sa femme.

Un réveil grelotta, il ne faisait pas partie de son histoire passée, il le ramenait juste dans le présent. C’était l’heure pour sa femme de se lever. Il avait passé une nuit sans fermer l’œil, une nuit un peu folle, tout ça pour une paire de talons avec un cœur entrevue le soir d’avant.

Une paire de talons  et un certain Marly qui lui prouverait qu’il avait trop d’imagination. Mais rien n’était moins sûr.

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Léo cour de nylon (9)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa.

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Cela n’enleva rien au plaisir des souvenirs qui étaient restés gravés, tout au plus ils avaient la forme d’un hier ou d’un avant-hier. Sur le moment, la boutade de Léa lui avait parue comme telle, mais en réfléchissant bien, il estima qu’il y avait une idée à creuser. D’autres vedettes faisaient une sorte de pacte du diable avec la publicité. Qu’importe de vanter une boisson ou le dernier progrès de la technique en matière de radios pour arrondir les fins de mois. Le terme le faisait sourire, il n’en avait guère besoin, mais tout l’apport financier et populaire que cela pouvait lui apporter n’était point négligeable. Il entendait sa voix accompagnant les pas d’une belle qui déambulait dans les rues en bas nylons, le regard des passants s’attardant  sur les jambes avec un air envieux. Il y avait matière à contenter tout le monde, voir et être vu. Il estima que la femme, à moins d’être complètement idiote, n’enfilait pas ses bas seulement dans l’idée d’avoir les jambes au chaud. Elle pesait tout le potentiel de séduction qu’elle pouvait en tirer. Faire jouer les reflets de la lumière sur ses jambes, inviter un partenaire potentiel et lui donner l’envie de découvrir ces mystérieuses attaches, cachées quelque part sous la robe, là où la couture du bas cessait son parcours aguicheur, pour laisser la place à d’autres rêveries.

Il avait raison, estima-t-il, il avait comparé deux époques. Celle où l’élégance avait droit de cité, celle d’aujourd’hui faite de facilité vestimentaire que bien des gens assimilaient à de la liberté. La liberté, cela le faisait bien rire, ce mot passe-partout qui servait d’étendard à tous les parleurs. Il aurait bien pris un fusil à chevrotine pour lui envoyer une décharge et le transformer en passoire pour laisser couler plus facilement son mépris. Il ne se voyait pas en chanteur de rock, posant avec ses fans, sa main tâtonnant les fesses à la recherche d’une hypothétique jarretelle remplacée par un collant. Il en aurait même cassé son appareil photographique. A quelque chose son malheur était bon, il n’avait pas eu à connaître cela. Il plaignait toute cette jeunesse. Dans un élan de générosité, il en en avait même pitié, voyant une jeune demoiselle descendre son jean à toute vitesse pour répondre plus vite à l’appel de ses sens. Et l’autre en face, ce gros balourd excité comme une puce lui demandant d’aller encore plus vite. Où étaient ces fabuleux spectacles quand la dame dosait ses effets, en relevant doucement sa jupe ou en laissant entrevoir la lisière d’un bas ?

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Ce moment de rage intérieure lui avait encore enlevé un peu plus ce sommeil qui tardait à venir. Il se calma et retourna vers les brumes de Léa.

– Ton idée d’offrir un disque à chaque achat de lingerie n’est pas si mauvaise, mais on pourrait même faire mieux.

– Oh oui comment ?

– Je pense qu’il leur arrive de faire de la publicité ?

– Dans les magazines, c’est certain, je crois même à la radio et au cinéma.

– Si la publicité s’accompagnait d’une chanson en fond sonore lors de la présentation, quelque chose qui fasse bien rêver, de romantique quoi !

– Je te vois venir, et la chanson serait interprétée par toi bien évidemment, je me trompe ?

– Non, tu es dans le juste. Il faudrait créer un bout de chanson spécialement pour illustrer je ne sais quel bout de film ou de publicité radiophonique. J’imagine très bien le spectateur charmé par la mélodie et prêtant l’oreille quand il l’entend. Il l’assimilera tout de suite avec le nom de la marque, chaque fois qu’il l’entendra.

– Tu aurais dû te lancer dans la publicité. Je crois en effet que les publicitaires veulent à tout prix nous faire entrer un nom en le matraquant avec des mots idiots. L’idée me plaît, mais il y en un risque. Si je soumets l’idée à mon oncle, pour autant qu’il soit intéressé, il prendra plutôt un chanteur italien, qui chante en italien.

– Oh je peux chanter en italien, même sans accent j’imagine. Et puis cela ne durera que quelques secondes, bien que l’on puisse en faire une chanson complète dont on sortirait un extrait.

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Léa approuva d’un sourire et vint se blottir dans ses bras. Il ne put résister à promener sa main sur ses bas, à soulever une jarretelle et à glisser ses doigts sous le bas. Les mains de Léa ne restaient pas inactives, caressant ses cheveux les yeux dans les yeux, pleins de désir. Tout en dénouant la cravate de Léo avec une main, elle promena l’autre sur le reste de son corps, une main fébrile qui avait envie de voir disparaître tous les vêtements, ultime rempart illusoire à ses fantasmes qu’elle allait enfin pouvoir assouvir, dans quelques instant qui sembleraient une éternité.

Accroché à ses images, Léo sentit que le désir avait traversé le temps sans perdre de son ardeur. Il faillit réveiller sa femme, mais il n’aurait pas su quoi répondre à la question qu’elle aurait immanquablement posée, d’où venait cette soudaine envie de faire l’amour ?

Un voile sombre vint troubler ses envies, Léa c’était du passé, un passé aux couleurs du bonheur. Et pourtant la suite…

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Léo coeur de nylon (8)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos.

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Léo se coucha, mais sur l’écran de son cinéma, les images continuèrent à défiler. Léa, encore Léa. Il était revenu au soir où elle lui avait fait ses premières confidences. Ses jeux d’adultes avec son ministre, son rôle de maîtresse sévère, le goût de son partenaire pour se déguiser en femme lors de ces parties fines. Léo savait bien que l’invitation de Léa, correspondait à son désir de rencontrer un homme qui jouait son rôle d’homme. Ce qu’il savait moins, mais il s’en doutait, elle était plutôt fascinée par les gens de pouvoir. Le ministre avait certes un pouvoir de ministre, mais Léo avait aussi le sien, peut-être encore plus significatif. Les gens venaient à lui par plaisir, pour entendre sa voix, pour être charmés, surtout les dames. Elle lui en avoua une partie, c’était bien elle qui avait exprimé le désir de venir à son concert, elle avait un peu poussé son ministre pour que l’idée semble venir de lui. Ce n’était pas innocent, elle lui avait presque ordonné de se débrouiller pour venir saluer Léo après le concert. Elle savait bien que la loge n’était pas accessible à tous, mais un ministre ça peut aller presque n’importe où, avec un simple sourire. Mais ce n’était pas tout.

Une de ses copines avait assisté à un concert de Léo, quelques temps avant. Elle était folle de lui, une vraie groupie. Elle avait posé avec lui pour une photo après le concert. Elle lui avait raconté l’épisode de la main baladeuse, à la recherche de ses jarretelles sous sa robe. Elle n’avait pas été dupe, mais ne s’en était pas offusquée spécialement. Elle avait ce qu’elle voulait, une photo avec son idole. Même s’il avait été plus loin, elle était partante.

Bien qu’à l’esprit de Léa, cela pouvait être un simple fantasme de son amie,  elle avait noté l’anecdote. Elle savait comme l’intéresser, c’est pourquoi elle avait  improvisé son petit jeu dans la loge en face de Léo. C’était bien de l’improvisation, car elle ne savait comment se déroulerait la rencontre, seul le hasard pouvait guider la chance.

Ainsi, Léa avait tout organisé à sa manière. Elle ne doutait pas de ses chances et de son pouvoir de séduction. Elle avait l’occasion de le tester tous les jours, mais nul ne répondait à ses attentes, de simples petits scribouillards à ses yeux, sans aucun intérêt.

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Léo souriait dans son lit, même que sa femme si elle avait été éveillée, s’en serait étonnée. Il souriait pour personne, juste pour lui. Il se souvenait pratiquement mot pour mot, de la suite de sa conversation avec Léa.

– Ainsi tu m’as tendu une sorte de piège, dit Léo l’air franchement amusé.

– Un piège dans lequel tu n’as rien fait pour ne pas tomber dedans !

Léo admettait sans détours que ce genre de piège, n’importe quel homme serait prêt à prendre sa place pour en subir les résultats plus qu’agréables.

– Tu vois, pour ce soir je n’ai rien négligé, es-tu prêt à voir ce que j’ai à te montrer ? lui susurra Léa à l’oreille.

– Bien sûr, ma belle Léa !

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Léa mit un air de jazz sur son tourne disque. Un tempo lent avec une pointe de saxophone. Cela correspondait plus à son style de musique préféré, que ce qu’il chantait sur scène ou sur ses disques. Mais sa voix était douée pour la chanson plus douce et de charme. On le comparaît parfois à Tino Rossi, il y avait certainement un air de famille musical entre les deux, mais il n’était pas corse, plus sûrement né à Paris avec un accent de titi bien du coin. Il l’avait rencontré une fois lors d’un gala. Le Tino de ces dames avait snobé Léo comme pas permis. Il s’en foutait éperdument, car son public à lui existait bel et bien et sa jeunesse parlait pour lui. Les dames de ses galas avaient quelques années de moins au compteur, ça c’était certain.

Léa s’installa au milieu du salon. A la manière d’une stripteaseuse professionnelle, en s’accordant à la langueur de la musique, elle enleva un à un ses vêtements. A chaque voile qui s’enlevait, Léo avait les yeux qui brillaient un peu plus. Une chaleur languissante montait en lui, comme si un concierge invisible avait monté le chauffage.

Elle ne garda qu’un soutien-gorge, un slip, un porte-jarretelles, qui tenait ses bas à coutures. L’ensemble assorti était d’un bleu paisible. Il adorait cette couleur qui le changeait du noir ou du blanc, assez habituels chez ses conquêtes. Léo était un gastronome en la matière, il avait ses petites désirs, préférait ceci à cela. Il adorait que les bas soient tenus par les jarretelles mordant bien dans le revers du bas, un peu comme un bas trop long qu’on voulait raccourcir de cette manière pour le tendre plus. Pour lui, c’était le comble de la sensualité dans l’art de porter les bas. Il n’exigeait rien en la matière, la loi du hasard faisait foi. Mais quand il découvrait ce détail involontaire, il en était ravi. Par ailleurs, il trouvait aussi que le spectacle était à chaque fois différent. C’était le même résultat que les dés lancés au hasard, à chaque nouveau lancer, ils tombaient différemment. Il en maudissait que plus les collants qui n’offraient jamais pareil spectacle. Léa avait mis dans le mille, tout était à son goût.

Elle sourit d’un air moqueur et en profita pour faire un petit numéro.

– Je vais faire un peu de publicité pour la famille. Il s’agit d’une nouvelle création qu’ils ont nommée « Azzuro », comme le ciel d’Italie. Ce n’est pas donné, mais là-bas on m’a affirmé que les bourgeoises en sont folles.

– C’est splendide ! J’espère que je vais bientôt aller faire une tournée en Italie, bien que ma renommée ne soit pas bien grande auprès des Italiens. Les disques que ma maison a publiés là-bas ne se sont pas très bien vendus.

– On devrait en offrir un à chaque acheteuse d’un ensemble !

Léo savait bien qu’il n’en était rien advenu, le temps et les éléments en avaient décidé autrement.

A suivre

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Léo coeur de nylon (7)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos.

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Une fois le dernier client parti, Léo ferma son bistrot. Il rangea sommairement les lieux, la ménagère passerait tôt demain matin pour faire la vaisselle et donner un coup de balai. Il n’en avait pas fini pour autant, une petite idée lui trottait dans la tête.

Il monta à l’étage, son appartement se trouvait au dessus du bistrot. Sa femme était déjà couchée, elle assurait l’ouverture du matin. Il n’y avait que le dimanche, jour de fermeture, qu’ils pouvaient passer la journée ensemble, en tête à tête. Ils prenaient quand même leurs repas ensemble. Cela ne les gênaient pas trop. Ils avaient déjà la routine du vieux couple avec tout ce que cela peut entraîner, des rapports intimes plus espacés, des horaires de chef de gare, mais ils n’étaient pas avares de geste tendres, de sourires, de complicités. Léo se rappelait trop bien que c’est la seule femme qui l’avait soutenu dans ses heures noires. Et puis, il y avait un détail qu’il appréciait énormément, elle portait de bas, toujours, même  pendant les chaleurs de l’été. C’était principalement par goût personnel, elle haïssait les collants encore plus que lui. Elle n’avait jamais réussi à s’y faire, ce n’est pas faute d’avoir essayé, simplement elle se sentait prisonnière de ce carcan  de nylon qui lui entourait le ventre de manière indiscrète. C’est ce qu’elle disait et ce n’est pas Léo qui l’aurait contredite, trop heureux de voir ses essais se solder par un échec. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Léo alla dans la bibliothèque et sortit ses albums de photos, le témoignage de ses aventures au temps de sa gloire. Il n’y avait que des filles à moitié nues, elles portaient toutes des bas, la seule raison pour laquelle il sortait son appareil de photo. Pour rester discret, il avait assimilé toute la technique du développement, il avait son propre laboratoire et au fil de temps, il était presque devenu un expert dans le tirage des images sur papier glacé. Il s’était même mis à la couleur, mais il aimait moins. Il lui semblait que les photos se fanaient plus vite. Il en avait le témoignage sous les yeux, celles en couleurs semblaient délavées, ternes.

Ce n’était pas pour cela qu’il fouillait ses albums, il recherchait une personne bien précise, une certaine Lucienne. Elle était perdue dans les innombrables pages des albums, un modèle pouvait figurer sur plusieurs pages, au gré de sa fantaisie d’alors. Il finit par la trouver. Elle avait été avec Léa, l’une de ses conquêtes qui avaient franchi le cap de la simple aventure d’un soir, une de ses femmes avec lesquelles il avait fait un bout de chemin, trois ou quatre mois, il ne se souvenait plus très bien. Elle avait disparu un beau jour sans donner de nouvelles. Il n’avait pas trop cherché à savoir ce qu’elle était devenue, il ne lui avait pas juré fidélité, il l’avait déjà trompée avant sa disparition. Pourtant c’est bien pour elle, qu’il avait imaginé ce cadeau particulier, ces talons avec un cœur en or dessus. En vérité, l’idée venait plutôt d’elle, elle avait lancé cela comme une plaisanterie qui n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Il savait qu’elle fêterait son anniversaire trois semaines plus tard, alors pour une fois qu’il n’avait pas à gratter la tête pour trouver un cadeau…

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Lucienne était là, sur ces photos qui venaient d’un autre temps. Il se rappelait de certaines qu’il avaient prises le soir de son anniversaire, pour marquer l’événement. Elle étalait sa beauté et son sourire radieux, avec des allures de starlette dont la qualité de sa pose serait déterminante pour la signature de son premier contrat. Il arriva à celle qu’il cherchait, sa mémoire ne l’avait pas trahie, elle existait bel et bien. Elle arborait un sourire éclatant, en tenant dans ses mains un talon sur lequel figurait un cœur bien mis en évidence. On aurait pu croire que la scène était destinée à attirer un client potentiel en lui présentant un article révolutionnaire dans sa nouveauté. Il n’en était rien, mais on pouvait mesurer à son sourire que le cadeau ne l’avait pas laissée indifférente.

Léo posa sa main repliée sous son menton et examina longtemps l’image. Une gymnastique cérébrale s’enclencha dans son esprit. Il ne put vraiment en tirer une certitude quelconque. Ce qu’il avait vu ce soir aux pieds de l’amie à Marly et ce qu’il avait sous les yeux,  pouvait être semblable. Apparemment,  la silhouette de la chaussure correspondait, le cœur aussi. C’était difficile, il aurait fallu avoir l’objet sous les yeux pour comparer, il voyait difficilement comment la chose serait possible. La seule chose envisageable serait de questionner Marly discrètement, peut-être connaissait-il la provenance de ces chaussures ?

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Il supposait qu’il pourrait le faire très prochainement, Marly était un client presque quotidien. Le soir vers six heures, il venait boire un verre, en compagnie de son éternel livre qu’il ouvrait presque séance tenante. Il ne se mélangeait pas avec le reste de la clientèle, sans pour autant dédaigner se mêler à une conversation quand elle était intéressante, ce qui était rarement le cas. Une aura de mystère entourait le personnage, on racontait qu’il était revenu des camps de la mort, qu’il fut un héros de la résistance, qu’il était devenu conseiller dans un ministère après la guerre. Léo ne l’avait jamais questionné sur le sujet, ce n’était pas son genre. Il acceptait ses clients sous le jour duquel ils voulaient bien se monter. Vrai ou faux tout ce que l’on disait de lui, venait encore épaissir le brouillard qui enveloppait Léo. Il se souvenait que la rencontre avec Lucienne était un des hasards de celle avec Léa. Ils s’étaient croisés lors d’un dîner, et bien évidemment Léo déjà conquis, l’avait invitée à venir à un de ses concerts, elle s’empressa d’accepter. Pour une fois, il ne joua pas le jeu de la drague après le spectacle, il avait déjà ce qui lui convenait avant que le rideau ne se lève. Comme les autres, elle ne se fit pas trop prier pour faire plus ample connaissance, d’autant plus que Léa était en voyage avec son ministre. D’ailleurs, Léa le laissait libre de ses choix et de ses aventures, elle ne réclamait aucune exclusivité. Elle avait juste dit à Lucienne en riant, que le port du bas était obligatoire pour que les concerts finissent en apothéose. Fine mouche, Lucienne avait compris qu’elle lui laissait le champ libre et que sa tenue vestimentaire devrait obligatoirement  se compléter d’une paire de bas.

Léa, Lucienne, Marly, il savait que le sommeil serait long à venir.

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A suivre

Le Boss 1963, déjà nylon

 C’était il y a tout juste 50 ans jour pour jour, mes premières vacances loin de papa et maman. J’allais enfin voir la mer, presque un privilège à l’époque quand on habitait la montage à des centaines de kilomètres. Le contexte de l’époque était assez souriant, mais on vivait sans doute plus modestement que maintenant. Le travail, on en trouvait facilement mais ce n’était pas pour autant la fortune assurée, les salaires étaient modestes. Par chance, ma famille était plutôt du coté des gens qui vivaient avec une certaine aisance. Mas parents travaillent les deux, mon père à la maison et ma mère dans un bureau. Ils avaient trouvé que m’envoyer en colonies de vacances était une bonne idée, le fameux changement d’air, remède souverain pour les gens qui n’étaient pas malades, gain assuré de faire augmenter son capital santé. Je dirais aussi plus ironiquement que l’air était certainement beaucoup moins pollué que maintenant. Des bagnoles, il y en avait, mais ce n’est en rien comparable au nombre qui circule aujourd’hui. Malgré tout, l’envoi du fiston en vacances par le moyen choisi représentait quand même un certain sacrifice financier. Pour autant que je me rappelle, le somme à payer représentait à peu près la moitié d’un mois de salaire à ma mère. Le séjour durait trois semaines, certes pendant ce laps de temps, ils n’avaient pas à me nourrir, ni à s’occuper de moi, des vacances pour eux aussi d’une certaine manière. Dans un exercice de mémoire, je vais vous narrer un peu ces vacances, rassurez-vous il y a un souvenir de nylon, l’un des plus anciens et précis qui sont encore ancrés dans mes souvenirs.

Le voyage durait une douzaine d’heures, en train bien évidemment. Le but était Cesenatico au bord de la mer Adriatique. Comme le train direct ne passait pas par là, nous avons débarqué à Cesena. Ne vous étonnez pas  de me voir citer des localités par-ci par-là, mais j’ai toujours eu une excellente mémoire pour les noms géographiques, pour autant que j’y ai mis les pieds au moins une fois. Cette ville est revenue dans mes souvenirs bien plus tard, c’est là qu’est né le fameux coureur cycliste Marco Pantani, roi de la montée en vélo sur les paradis artificiels. Evidemment, il n’était pas là pour me regarder passer, encore en train de se balancer dans les bijoux familiaux de papa. Le reste du voyage se faisait en car. Je découvrais l’Italie pour la première fois, ma moitié italienne semblait s’en accommoder très bien. Le voyage en train fut merveilleux, j’adorais ça. Un souvenir marquant pour moi, je crevais de soif, il n’y avait pas de wagon restaurant et nous avions très peu d’argent, on avait conseillé aux parents de nous donner 3000 lires, de quoi se payer quelques glaces, mais c’est tout.  Il y avait une chanson que je fredonnais presque obstinément, c’était aussi un tube en Italie, chanté par la même, mais en italien, c’est celle-ci:

Nous avons débarqué dans ce qui serait notre « caserne ». Un repas modeste nous attendait, une sorte de jus de chaussettes qui avait le prétention de ressembler à du thé avec du citron et quelques biscuits. J’ai trouvé cela infect. Heureusement par la suite, la cantine s’améliora bien, une délicieuse cuisine italienne mise en musique par une grosse mama qui devait bien faire dans les cent kilos à poil et dix de plus avec les habits. C’est assez bizarre, mais le cuisine italienne était encore relativement peu connue hors des frontières. Maintenant on peut manger une pizza sur la Lune, mais la première que j’ai mangée, c’est bien là-bas. Une chose que j’ai aussi découvert, c’est les aubergines. Ca j’ai adoré, j’ai bouffé les portions de toute la tablée, mes copains n’avaient pas l’air d’aimer ça. Par ailleurs, je me suis assez vite fait une réputation de goinfre. Ce n’était pas vraiment de ma faute, mais j’avais toujours faim et j’attendais l’heure des repas avec impatience.

Par la magie de Google, je suis parti à la recherche des ces lieux et à ma grande surprise, ils existent encore.

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La colonie, à peu près 200 garçons et filles logeaient là-dedans

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A l’époque ce n’était qu’une petite baraque, mais c’est là que j’ai mangé ma première pizza

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Dans la cour devant cette maison, un soir, nous avons eu droit à une séance de cinéma, un film avec des pirates

19 072713-4pgLa même sur une photo datant de 1957

19 072713-5pgA l’époque cela ressemblait plutôt à ceci. Cette photo aérienne date d’après 1958, date de la construction du gratte-ciel que l’on voit au fond

Les baignades faisaient partie de notre quotidien, mais pendant quelques jours nous n’avons pas pu faire trempette, la mer était agitée par de très grosses vagues. Il y avait une bonne raison à cela, on nous avait informés, la raison était tragique, mais nous on s’en foutait, égoïstement.  Sans doute un moment d’inquiétude pour nos parents, c’était presque en face. Il était question de ceci.

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Mais bon, je vous avais promis une histoire de nylon, la voici. Je l’ai déjà racontée à quelque part. Mais comme je sais que vous avez la mémoire courte, je vais vous la servir à nouveau, vous n’y verrez que du feu. Mais avant quelques souvenirs musicaux pour situer les événements pour les plus anciens. Si les dates ne sont pas ancrées précisément dans les mémoires, la musique aide. A la radio on entendait ceci…

Alors prêts pour cette promenade en nylon?

En 1963, pour les filles de mon âge, il n’était pas encore question de porter des bas nylons. Je n’en ai pas vu sur les jambes de mes petites camarades. Par contre chez les monitrices, c’était possible, j’en avais justement une de monitrice. Alors voici l’anecdote.

 Elle devait avoir dix-huit ans à tout casser, cheveux courts et  lunettes, elle était plutôt jolie. Un soir, alors que nous avions organisé un jeu de nuit, j’ai remarqué qu’elle avait mis des bas sous son pantalon. Mais oui, je m’intéressais déjà à la chose, si cela vous interloque. J’en fus un peu surpris, car il était très loin de tomber des flocons de neige en ce mois de juillet. Je me souviens très bien que j’ai failli lui en faire la remarque, ce qui n’aurait sans doute pas manqué de l’étonner, mais je n’en fis rien. Je me suis régalé autant que possible du spectacle de la bosse des jarretelles, bien visibles. Marie-Thérèse, si d’aventure c’est le nom de la personne qui lit ces lignes et qui était monitrice en colonies de vacances du côté de Cesenatico, il y a bien longtemps, il pourrait bien s’agir de la même personne. Alors, étonnée de voir quel souvenir j’ai gardé de toi? Si tu habites toujours dans le même coin qu’à l’époque, moi aussi, alors on pourrait prendre un verre ensemble, non?

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Ce n’était pas tout à fait mes débuts, car quand je n’étais pas en vacances au bord de la mer, le reste du temps, j’étais à l’école. Cette même année, que je situe par rapport à la classe dans laquelle j’étais, je jouissais parfois d’un joli spectacle. Quand c’était l’heure de la récréation, deux fois par matin, nous allions dans la cour autour  de l’école. Quand la cloche annonçant le fin de la récré, il fallait retourner en classe, ces dernières se trouvant au premier étage. Il y avait dans les classes supérieures une fille qui devait avoir 3 ou 4 ans de plus que moi, le genre belle plante qui ne pousse pas dans un pot. Bien sûr, j’avais remarqué que quelques fois, elle portait des bas. Aucun doute n’était permis, nous étions en 1963. Pour monter au premier, il y avait des escaliers qui faisaient demi-tour à mi-hauteur. Alors je m’arrangeais pour être en dessous avec le meilleur point de vue possible. Avec un peu de chance, j’apercevais une lisière de bas et une amorce de jarretelle, j’étais aux anges. Quel coquin ce Boss, si jeune et déjà passionné.

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De ces fameuses vacances, il me reste quelques souvenirs, ceux que j’ai bien voulu garder. Je serais bien incapable de citer le nom d’un copain d’alors. Il me reste celui de la monitrice et celui d’une fille qui me souhaitait toujours bonne nuit quand c’était l’heure d’aller coucher, nous passions dans le dortoir des filles pour aller dans le nôtre. Elle s’appelait Laure. Je garde un beau souvenir d’elle, un souvenir du plus beau romantique. Une nuit, alors que j’étais allé au petit coin, toujours en traversant le dortoir des filles, je la vis en train de dormir avec le clair de lune qui inondait son visage. C’est con parfois comme les choses vous restent, mais c’est une scène que je n’oublierai jamais. Je l’ai revue une fois, cinq mois après, à la messe de Noël. Le Boss à la messe? Eh oui, mais j’ai des excuses, j’étais jeune et encore plein d’illusions. Je vais être honnête, papa avait promis que nous irions dîner après dans un des meilleurs restaurants de la ville, ma piété ressemblait plutôt à des quenelles de brochet sauce nantua.

Je vais un peu philosopher sur la vie, ces souvenirs remontent à plus de 18 250 jours, un paille quoi. Si ma vie a été souriante dans les grandes lignes, je fais tout pour, je me demande bien que sont devenus tous ces visages que j’ai pour la plupart oubliés, des ombres qui ont croisé la mienne. Je peux toujours essayer de lancer un appel pour en retrouver quelques uns. Critères sélectifs: si vous étiez en vacances à Cesenatico en 1963, que vous avez environ 60 ans. Si tu t’appelles Laure, ou si votre femme s’appelle Laure ou Marie-Thérèse et qu’elle réponde aux critères précédents. Nous étions 200, il doit bien y en avoir un qui passera peut-être par ici, alors on échange nos souvenirs?

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