Piaf, l’éternité

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Dans les années 60, les médias étaient loin d’être ce qu’ils sont aujourd’hui. La radio, la télé dans une moindre mesure étaient les seuls moyens rapides pour accéder à l’actualité. La routine était le flash d’information à l’heure entière ou le journal télévisé en début de soirée. Seul un événement exceptionnel pouvait bousculer cette routine et mériter une interruption des programmes. Et encore fallait-il que cet événement concerne directement des millions de personnes. Des événements exceptionnels, il n’y en avait pas tant, peut-être deux ou trois par année. Je m’en souviens de quelques uns, la mort du pape Jean XXIII, celle de Kennedy. C’était les stars de l’époque, un chanteur de rock and roll était pour la plupart, un personnage plutôt méprisable, méritant juste un simple faits divers. S’il y avait une seule personne qui pouvait faire l’unanimité dans le coeur des Français, c’est bien Edith Piaf.

Il y a exactement 50 ans, le 11 octobre 1963, celle que l’on surnommait « La Môme » rendait son dernier soupir. La nouvelle fit grand bruit, on décréta un deuil national dans l’imaginaire de chacun, plus jamais cela, c’est ce que l’on pensait en y joignant des regrets éternels, tout en cherchant qui pourrait bien la remplacer. Piaf, c’est une phénomène, unique, intemporel, que l’on peut situer dans le temps pour ce qui fut son vivant, mais au-delà de l’espace et du temps pour tout le reste.

J’ai vécu une dizaine d’années en partageant le même espace temps. Son actualité, sans que je cherche aller à sa rencontre, est venue croiser le ronronnement de mon enfance. Ses chansons, surtout les plus connues, nul ne pouvait y échapper. Absorbé que j’étais par le rock and roll, l’apparition des yéyés, je ne me suis pas attardé à son écoute, laissant la découverte pour plus tard.

Que n’a-t-on pas dit sur elle? Des tas de sottises, c’est sûr. L’avidité du public à brûler ses idoles, elle n’y a pas échappé. Alors on brode, on invente, on voit des choses qui ne sont pas. Piaf la mangeuse d’hommes, la revanche sur les années de misère, la gloire internationale, tout cela n’est rien. Ce que fut réellement sa vie, on va certainement essayer de vous le dire ces prochains jours et dans les année futures. La seule chose qui ne devra rien à l’imagination fertile des journalistes, ce sera les mots qui peuvent magnifier la grandeur de son talent, oubliez le reste. Piaf, c’est un blues qui traîne au long des rues sur les pavés luisants à la lueur des réverbères. Piaf est partout, son fantôme hante chaque rue de Paris. Même en regardant le ciel, je ne serais pas surpris de voir les nuages dessiner son visage…

4 réflexions sur “Piaf, l’éternité

  1. J’étais môme quand elle nous a quitté.
    Je m’en souvient avec précision.
    A la maison, il y avait un trente trois tours de ses plus belles chansons.
    Mes parents l’écoutaient souvent et puis je l’ai écouté à mon tour…en boucle parfois et mes enfants l’ont écouté également…
    C’était Piaf.
    Merci Boss pour ce joli hommage.

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