Léo coeur de nylon (16)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo alla chercher ses livres de photos. Il commença par celui dans lequel il était sûr de trouver les photos de Lucienne. Elle y figurait en bonne place, il est vrai qu’il avait eu  plusieurs occasions de la faire poser. Il choisit celle où elle posait avec un ses fameux talons. Marly la regarda longuement :

– C’était une belle femme, tu avais d’excellents goûts Léo…

– Oh tu sais, je crois que les tiens valent bien les miens, affirma-t-il en glissant un sourire à Isabelle.

– A voir la grosseur de tes albums, je suis sûrement un modeste tombeur à côté de toi.

– Bah tu sais pour moi, c’était plutôt facile, je n’avais qu’à faire mon choix. Je ne suis pas sûr que ce choix était toujours le meilleur de la soirée. Je me suis quand même ramassé une ou deux fois. Et vous Isabelle, son visage ne vous rappelle rien ?

– Je pense que vous aimeriez savoir, si par hasard elle n’était pas à la soirée paternelle ?

– En effet, si par hasard, elle avait été là, cela changerait sans doute un peu la donne. Votre père a-t-il encore des photos de la soirée ?

– Pour être honnête, je ne me souviens pas d’avoir vu cette dame. Il me semble qu’il n’y avait pas de dames seules, quelques couples que mon père connaissait, des couples réguliers en somme. Il y avait bien quelques militaires, mais je crois qu’ils étaient plutôt en service commandé. Pour les photos, elles existent bien sûr, mon père les possède encore. Peut-être que la fameuse miss aux talons figure sur l’une d’entre elles, mais je ne crois pas que le monde s’est attardé à photographier l’orchestre ou les environs immédiats de la scène. Je demanderai à mon père qu’il les examine, il verra bien si elle est là, il doit s’en souvenir.

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– Bien, c’est juste au cas où il faudrait faire des recherches, une photo c’est mieux que tout. Mais je pense que le sieur Singer est toujours de ce monde, il sait peut-être ce qu’elle est devenue et où elle se trouve, bien que j’imagine qu’il ne s’est pas marié avec. C’est le témoin principal, elle sait comment les talons ont fini à ses pieds. Dès demain, je vais téléphoner à la femme de mon ami dans la police, il prendra contact avec moi. Pour l’instant, c’est une affaire privée, pour l’instant.

– Fais comme tu penses Léo, quand je regarde le visage de Lucienne, je pense que dans l’au-delà, elle ne demande pas mieux.

– C’est sûr que je préfère le vin d’ici à l’eau de là, mais buvons encore un verre à sa mémoire. Après je vous laisse filer, vous devez me trouver un peu léger dans le rôle de justicier, surtout cela doit vous donner sommeil ?

–  Vous savez Léo, je n’aime pas les gens qui tuent. Je suis très heureuse d’avoir choisi de mettre ces chaussures. Par ce geste innocent, j’ai involontairement mis les pieds dans ce qui pourrait être un tas d’ordures. C’est bizarre comme une banale paire de souliers peuvent être chargés d’histoire.

– Oh il n’y a pas que les souliers. Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée après un concert. Selon mes bonnes mauvaises habitudes, j’avais dragué une dame après le concert. Elle s’appelait Denise. Je dois dire que ce fut une conquête facile. Bien sûr, je l’ai emmenée dans mon hôtel. Nous avons commencé par boire un verre au bar. Alors que nous buvions, un dame est venue s’assoir à côté de nous et a  engagé la conversation avec moi. Elle sortait aussi du concert et avait l’air enchantée de ma prestation. D’habitude, je n’aime pas trop que l’on me dérange quand je suis en conversation sérieuse avec une dame. Elles n’aiment pas perdre l’exclusivité, tout d’un coup elles vous plantent là et filent fissa. Si c’est juste pour demander un autographe, pas de problèmes, je fais et au-revoir et bonne soirée. Mais là, la diablesse s’accrochait. Elle savait bien s’y prendre, croisant et décroisant les jambes, elle me laissait voir ses lisières de bas, ses jarretelles, quand ce n’était pas sa culotte. Ma conquête ne semblait pas la trouver gênante, bien au contraire. Ce n’était pas dans mes habitudes, mais j’ai commencé d’avoir envie d’une partie à trois. Au pire, j’avais deux modèles pour le prix d’un. J’ai suggéré l’idée à demi-mots, et pour finir nous nous sommes retrouvés tous les trois dans ma chambre. Avant d’entrer dans le vif du sujet, si l’on peut dire, j’ai initié une partie de photographie. Elles ne se sont pas fait prier, lever de jupes, et de plus en plus fort. A un moment, elles se sont étalées sur le lit et ont commencé à se rouler des pelles, j’étais tombé sur des gouines. Franchement ce n’était pas pour me déplaire, j’ai pensé que Denise devait faire les deux, car elle ne serait pas venue avec moi. J’étais moins sûr pour la seconde, mais j’ai pris mon mal en patience. La seconde a complètement déshabillé Denise, elle était complètement nue. C’est alors que le destin s’est manifesté sous la forme de coups portés sur la porte de la chambre.

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– Ouvre cette porte salope! Je sais que tu es là et que tu t’envoies en l’air avec tes chanteurs de charme !

Denise a pâli et a murmuré :

– C’est mon mari !

Bon le trio d’accord, mais je ne voulais pas d’un quatuor, d’ailleurs je ne suis pas pédé. Je leur ai fait signe d’aller se planquer dans la salle de bain et je suis allé ouvrir la porte. Une sorte de furie est entrée dans la chambre gesticulant et regardant partout. Je me suis mis devant la porte de la salle de bains et je l’ai apostrophé :

– Mais monsieur, en voilà des manières, vous entrez dans l’intimité des gens sans crier gare. Je peux vous demander ce que vous cherchez ?

– Ma femme, je sais qu’elle est là, on ne l’a dit!

– En êtes-vous sûr ?

– Certain, d’ailleurs je vois son porte-jarretelles sur le lit !

-Oh vous savez, un porte-jarretelles n’est pas une pièce unique, ils sont faits en série.

– Celui-là nous l’avons acheté à New York, je doute qu’ils se vendent à Paris à tous les coins de rues !

C’était sûr, il avait des doutes et il allait pénétrer dans la salle de bains. C’est alors que notre seconde rencontre est sortie de la salle de bains en trombe, juste avec ses bas, son porte-jarretelles et sa culotte :

– C’est qui cet abruti qui nous dérange ? Pour autant que je  le sache je ne suis pas marié avec lui, qu’il nous laisse tranquilles ! Si on a plus le droit de changer de porte-jarretelles sans être dérangé, o va-t-on ?

Le mec s’est trouvé un peu con, il ne savait plus où se mettre. J’en ai profité` :

– Vous savez, mon amie va aussi de temps en temps à New York, cela lui arrive d’acheter ses porte-jarretelles là-bas. Mais vous ne maintenez plus que c’est votre femme ? Celui qui vous a renseigné s’est bien foutu de vous, ou ne doit pas être très physionomiste. Alors s’il vous plait, laissez-nous !

Le mec a tourné les talons sans dire un mot de plus. J’étais plutôt content de la tournure des événements. Je me suis quand même un peu méfié, j’ai été faire un tour rapide dans l’hôtel pour voir s’il ne montait pas la garde dans un coin, mais il avait l’air   d’avoir mis les voiles.

Une qui était soulagée, c’est bien Denise. Elle nous expliqué que son mari était un vieux con qui était jaloux comme un pou. Elle vivait encore avec lui, mais il ne voulait pas lui accorder le divorce. Ce n’est pas la première fois qu’il la suivait, heureusement il était souvent en déplacement à l’étranger.

– Il est vrai que le porte-jarretelles, on l’avait acheté il y a trois mois à New York. Je le mets seulement pour les grandes occasions, mais il a bien failli me trahir, sans la présence d’esprit de notre amie, il y aurait eu du scandale. Heureusement aussi que j’ai un certain goût pour les femmes, sinon nous n’aurions été que les deux, c’était plus difficile de donner le change.

– Avec le recul, tout Léo que je m’appelle, je dus bien admettre qu’elle avait un peu raison. Moi qui ne pensait que homme avec une femme, elles m’avaient un peu sauvé la mise. Je ne risquais pas grand-chose, mais il aurait pu ameuter la presse. Je vois cela d’ici, le mari était fait cocu par une vedette, quel beau titre !

Un ange passa.

– Je n’ai pas trop cherché à revoir Denise, avec son guignol derrière, c’était un peu trop risqué. Comme vous le voyez, ce sont souvent les petits détails qui peuvent trahir. Avec un collant, il n’y aurait eu aucun risque pour deux raisons, il ne l’aurait certainement pas reconnu et surtout je ne l’aurais jamais emmené dans ma chambre !

Marly se marra :

– Isabelle, dorénavant quand tu viens ici tu mettras  des collants, on sait jamais avec ce sacré Léo !

– Pour moi elle peut venus avec trois porte-jarretelles et deux guêpières. Je me rincerai l’œil, mais je n’ai jamais fait cocu un ami, ça je peux te le jurer ! Mais je sais que tu plaisantes.

– Bien sûr, tu es aussi un ami, Léo !

– A la bonne heure, si tu viens demain ou si vous venez demain, j’aurai sans doute quelques nouvelles.

– A ta santé Léo !

– A votre santé les amoureux !

A suivre

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2 réflexions sur “Léo coeur de nylon (16)

  1. Sacré Léo.
    Il a eu chaud pour cette fois.
    en tout cas moi, je dévore cette histoire comme une grosse cuillerée de miel…Je déguste.
    Allez Boss! Ne faiblissez pas! Que diable.
    Parlez nous encore longtemps de ce brave Léo.
    Daniel

    • Merci Daniel,

      Ce cher Léo, qui a conquis le coeur des dames et maintenant celui des hommes, pour des raisons complètement différentes d’ailleurs. Il m’en a déjà rempli 37 pages! On pourra toujours imaginer la suite, Léo contre Fantômas, Léo et les dames de coeur, Si Léo m’était conté…
      Il a du pain sur la planche, sortons les couteux!

      Amitiés

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