En VO pour EUX

Cette année, j’ai encore demandé à mon ami Achille Talon, qui comme chacun le sait, parle mieux que moi,  de vous présenter les voeux de circonstance…

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– Salut ô fidèle visiteur de bas nylon et musique rétro, le blog qui réhabilite bas et jarretelles face à l’inconstance persiflante du collant. Le Boss a suggéré à mon oreille toujours attentive aux murmures des gens de bonne foi, nonobstant une adversité que je foule d’un pied allègre mais néanmoins posé. Je veux des voeux, a-t-il clamé de sa voix suppliante aux accents persuasifs comme un contrôleur des contributions qui pleure le vide usuel des caisses de l’Etat. N’écoutant que mon coeur perméable aux mille battements de ceux d’autrui qui sollicitent son indulgence tant de fois célébrée, notamment par mon ami le comte Waterleau-Morneplaine, le philosophe indien Hidira Skondi, ainsi que l’émir Lafez Ben Jaimca. Le voeu des voeux qu’il veut, étant une mission qu’il me sied de combler, je vais donc, point nerveux, oeuvrer…

– Quand les dernières minutes de l’année partent en éclat de rire. Quand les vapeurs des alcools succulents enveloppent le cerveau d’un onde de plénitude frisant les visions du jardin d’Eden reconquis, l’heure grave qui tourne sur le cadran inerte de la pendule sur lequel les aiguilles tournent, entrainées par un mécanisme bien huilé mais compatissant, sauf pour les retardataires, il est l’heure des voeux.

-Ami visiteur, toi qui viens ici quémander les gouttes de plénitude qui ruissellent sur les peaux arrosées par les fleuves de nylon aux heures de crues. Toi dont l’oeil connaisseur compte parmi ceux qui ridiculisent et font enrager les fabricants de lunettes de l’univers entier et d’ailleurs, la nouvelle année te guette avec ses promesses de visions mille fois renouvelées par la sève qui coule dans l’arbre à porte-jarretelles. La guêpière te guette au carrefour des quatre routes qui mènent vers l’extase. La gaine ensorcelante viendra te rendre visite, les soirs où le vent susurre dans la fraîcheur qui apaise tes envies d’un nulle part à deux ou tu te cache.  La couture du bas sera la comète qui passe dans ton ciel, devant les constellations de jambes qui saluent au garde à vous.Une douce mélodie de crissements sera la musique céleste écrite sur la gamme réservée aux dieux qui composent les odes au nylon.

Que ta volonté soit faite!

BONNE ANNEE

My very premiers disques

Si j’ai écouté de la musique depuis tout petit, le plaisir de faire mon propre programme via un tourne disque ne viendra qu’en 1965, les finances familiales le permettant. L’achat d’un simple et bête appareil coûtait une petite fortune. Si aujourd’hui un lecteur CD tout simple coûte deux ou trois dizaines d’euros, en 65 un appareil moyen coûtait environ une centaine d’euros. Grosso-modo, cela représentait 1/5 d’un salaire décent. Bref, je l’ai eu et j’ai enfin pu me lancer dans le début de ma collection de vinyle. En faisant appel à mes souvenirs, je peux reconstituer quels furent mes premiers disques achetés ou entrés en ma possession via un cadeau d’anniversaire par exemple. Ca vous intéresse? Eh bien les voici…
Note: tous ces disques sont encore en ma possession à un exception près.  J’ai reproduit la pochette avec laquelle ils étaient emballés quand je les ai achetés, sauf le premier qui n’en avait pas. Je suis sûr de l’ordre d’achat/possession pour les quatre premiers. Après j’ai des doutes sur l’ordre exact, mais ils figurent bien dans la série de tête

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C’est le premier que j’ai eu en ma possession, un peu avant d’avoir mon tourne-disque. Refilé par un copain qui l’avait acheté en 4 titres, il avait les moyens, il me refila le simple.

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Le premier achat, c’est celui-ci, incontestablement. Je n’ai jamais décollé de ma passion pour ce groupe qui est sans doute celui que j’ai le plus écouté et le plus collectionné. Bientôt 50 ans, ça commence à faire des milliers de passages.

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Le second est radicalement différent. Comme beaucoup d’adolescents de l’époque, j’adorais les Shadows. Dans le plus pur style de ce genre de musique, un groupe qui m’emballa un temps avec un instro qui s’appelait « Natacha ». Pas facile à trouver sur YouTube, sauf ici tiré d’un pressage japonais qui gratte bien, mais en stéréo.

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Le troisième, Dick Rivers, cette histoire de train qui passe au dessus de la vallée.

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Le premier 33 tours que j’ai possédé, pas acheté mais offert, fut celui de Hugues Aufray à l’Olympia. Je dois dire qu’il m’a bien aidé à remonter aux sources du folk. C’est le genre de truc que j’ai une certaine peine à réécouter maintenant, mais celle-là je l’aime encore bien.

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Réunissant toutes mes petites économies, j’ai franchi le pas de mon premier achat de 33 tours. Je dois dire que je l’ai autant choisi pour la pochette que pour le contenu. En 1965, un groupe cassait la baraque avec une chanson de Dylan « Mr Tambourine Man », je veux bien sûr parler des Byrds. Ce hit changea un peu la face du monde, du moins celui musical. Dylan n’avait pas encore tout à fait installé l’électricité chez lui, il semble bien les Byrds décidèrent de lui faire franchir définitivement le pas, après avoir entendu ce que les Byrds avait fait de son homme au tambourin en le mettant sous haute tension. Je le considère encore comme un album essentiel dans ma discographie. Cette pochette avec la photo prise par un oeil de poisson et les lunettes rectangulaires de Jim Mc Guinn, m’avaient complètement flashé. Après toutes ces années, la chanson que j’écoute encore avec délice, c’est « It’s No Use », titre que je trouve génial d’invention et de sonorité pour l’époque.

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C’est sans doute plus facile de se rappeler le 33 tours que les 45 tours, car ils étaient moins nombreux. Le 3ème album fut le toujours fameux « Live At Marquee Club » enregistrée par les Yardbirds. J’avais tellement adoré « For Your Love » que je me suis lancé dans l’achat de ce disque. Par rapport au côté commercial du hit, on tombait ici dans quelque chose de différent, je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, mais je mettais un pied dans la musique noire et le blues. Après un temps d’hésitation, j’ai adoré. On peut souligner l’importance que peuvent avoir les premiers disques, avec un peu de curiosité on remonte les sources pour d’autres découvertes. Hugues Aufray pour le folk, Eddy Mitchell, Dick Rivers pour le rock, les Yardbirds pour le blues, vous comprenez pourquoi j’ai l’air de connaître la musique, si je puis dire. Tout est parti de là. Sur cet album, en ouverture, leur fameuse version d’un titre de Chuck Berry…

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Le suivant, je m’en souviens, je le guettais car il passait tous les jours à Salut les Copains. ce fut mon premier achat pour un chanteur que j’ai fidèlement suivi jusqu’à aujourd’hui.Il possédait une voix et il a adapté des trucs anglais qui supportent la comparaison avec les originaux. Mon plus grand plaisir fut de discuter avec lui bien des années plus tard, alors « Tout Ira Très Bien »!!!

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J’ai toujours apprécié la France Gall des années 60, celle d’après dans un moindre mesure. Elle alignait des chansons originales quand tout le monde faisait des adaptations ou presque. Son père et Gainsbourg furent parmi les « fournisseurs ». Le premier acheté fut celui-ci, cette charmante et très courte chanson…

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Quand j’avais un peu d’argent et que les Yardbirds avaient sorti un disque, ben… je l’achetais! C’est ainsi que « Heart Full Of Soul » est arrivé chez moi. C’est encore aujourd’hui un de mes disques préférés, c’est tellement beau. Ah ils savaient faire des beaux trucs en 1965. Sur Youtube, on le trouve plusieurs fois, mis en ligne par un tas de monde. Malheureusement, certains amateurs mettent cela en ligne d’après des disques remixés au son horrible. Alors j’en ai pris un qui sonne exactement comme le vinyle d’époque.

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En 1965, entre les Yardbirds et les Kinks on pouvait hésiter. Si chez moi les Yardbirds l’ont emporté, je vénère aussi les autres. Quelle classe!

Après ces premiers achats qui se situent entre l’été et l’automne 65, il m’est pratiquement de me rappeler une suite logique. Les choses s’emballèrent un peu question quantité. Un coup de chance financier qui arriva à mon père, fit que je pus en profiter dans une certaine mesure et m’acheter pas mal de disques. De plus, je ne rechignais pas à acheter des disques soldés à un franc ou deux. Tout ce dont je me souviens c’est que je mis dans ma collection juste après, à part ceux dont je parle dans l’article, des artistes comme les Animals, les Pretty Things, les Searchers, les Zombies, Buddy Holly, Eddie Cochran, Jerry Lee Lewis, ce n’est que le départ d’une longue série…

Léo coeur de lion (25)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur.
Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Ben non, le contrôleur est entré dans le compartiment, l’air très étonné, il avait la dame en point de mire, en train d’ajuster ses bas. Il a jeté un œil connaisseur, le genre œnologue qui déguste un très bon vin.

– Il a cru un instant qu’il rêvait ? suggéra Marly

– Pas tellement, car il a demandé à voir les billets, reprenant le rôle pour lequel il était payé.

– C’est alors que madame Harcourt, après l’avoir dévisagé lui a demandé :

– Excusez-moi, mais nous n’avons pas été à l’école ensemble, vous vous appelez Dufresne ?

– En effet, c’est bien mon nom, mais bon sang… la Julie !

– Oui la Julie, que tu avais emmenée dans les bois près du village un beau jour d’été, c’est là que nous avons fait plus ample connaissance. Mais tu ne m’avais pas reconnue ?

– Il faut dire que j’étais plus concentrée sur tes secrets cachés que sur ton visage. J’en profitais pendant qu’ils étaient visibles, le visage je peux toujours le voir après. Et je n’ai pas reconnu ton porte-jarretelles.

– Tu penses que depuis le temps, j’en ai acheté un autre. Je me souviens que tu ne tarissais pas d’éloges quand tu l’as vu.

– En effet, c’était la première fois que je flânais avec une fille qui en portait un. Cela m’avait fortement émotionné.

– Je ne savais pas que tu travaillais dans les chemins de fer, il faut dire que l’on s’est perdu de vue après l’école.

– Eh oui, je venais d’un milieu plus modeste que le tien. J’ai trouvé cette place, et ma foi, c’est un travail comme un autre. Et toi j’imagine que tu es mariée avec quelqu’un de bien.

– Pas trop mal, j’ai fait un mariage de raison, cela n’a pas été trop difficile, car j’ai un mari formidable.

– Ecoute, je vais finir ma tournée et je reviens un peu blaguer avec toi.

– Oui vas, je te présenterai mes compagnons de voyage, tu auras encore des surprises.

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Léo remplit les verres, alluma une autre cigarette et poursuivit :

– Juliette nous raconta son histoire avec Dufresne. Ils fréquentaient le même lycée à Lyon. Elle venait de la petite bourgeoisie, ses parents étaient des commerçants  qui possédaient un magasin en ville avec pignon sur rue. Comme il était plutôt beau gosse, toutes les filles lui tournaient autour. Mais il n’avait d’yeux pour elle. C’est avec lui qu’elle eut sa première relation sexuelle. Comme chez beaucoup de jeunes, les projets futuristes allaient bon train. Ses parents ne voyaient pas d’un très bon œil la présence de ce jeune homme sans trop d’avenir, du moins c’est ainsi qu’il était classé dans l’esprit de ses vieux. Dans un premier temps, Juliette s’accrochait à lui et ils se voyaient en cachette. Lors d’une soirée à la maison, ses parents avaient invité des relations d’affaires à dîner. Leur fils était présent. Les parents avaient certainement une petite idée derrière la tête en les invitant. Le fils leur semblait un bon parti. Le coup de poker réussit, Juliette changea de partenaire, éblouie par la vie facile que lui promettait cette rencontre. De plus, c’était avec la bénédiction de papa et maman. C’est ainsi qu’ils finirent par se marier, ils le sont encore, au détriment du pauvre contrôleur de billets qui vint nous rendre visite dans ce train. Il fut beau joueur et n’insista pas trop, il sembla à Juliette que ce n’était pas toujours un pilier de vertu. Vous remarquerez dans cette histoire, tout le monde finit par rencontrer tout le monde. Tu débarques au fin fond de l’Amazonie et pof c’est ton voisin qui vient te demander où se trouve la gare la plus proche.

– Mon vieux Léo, c’est toi le chef d’orchestre de ce petit monde, depuis quelques temps le monde entier se donne rendez-vous dans ton bistrot.

– Mon vieux Marly, tu m’amènes des clients que je ne connaissais pas, mais qui connaissent ceux que je connais, enfin peut-être pas les plus recommandables.    

– Si on veut, alors il est revenu ce contrôleur ?

– Tu penses, il a poinçonné ses billets à la vitesse de la lumière, il voulait en savoir un peu plus sur ses anciennes amours. Quand il est revenu, c’est Huguette qui a fait des siennes. Je crois qu’en elle, il y avait un petit je ne sais quoi qui faisait qu’elle voulait avoir l’exclusivité de toutes les attentions masculines. J’ai même mis en doute mon aura de vedette, si j’avais été un simple plombier, je crois que l’histoire se serait déroulée de la même manière.

– Une nymphomane ?

– Quelque chose comme ça. Au retour du contrôleur, il a bien sûr entamé la conversation avec ses anciennes amours. Au bout d’un moment, comme par hasard, Huguette a remarqué qu’un de ses bas avait filé. Je ne suis pas certain qu’elle ne l’a pas fait exprès. Alors, le petit cinéma a recommencé, fouille dans le sac, sortie d’une pochette de bas et vas-y que je te change cela.

– Je parie qu’elle a fait cela moins discrètement, suggéra Marly.

– Et tu gagnes ! Elle s’est carrément levée, s’est bien tournée en direction du monsieur, a bien relevé sa jupe, on voyait bien sa culotte. Elle a dégrafé ses jarretelles avec des gestes lents, comme pour faire durer le spectacle. L’autre avait la langue qui traînait sur le sol, j’ajouterais la mienne aussi, bien que pour moi, j’avais la vue depuis la cour arrière. Juliette se marrait bien, pour une bourgeoise elle n’était pas vraiment du genre pincée. J’imaginais bien ce qu’avaient pu être ses relations avec son premier mentor.

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– Le compartiment s’est transformé en une boîte à striptease, remarqua Isabelle.

– N’exagérons rien, souligna Léo. Le fait est que nous assistions à une compétition de charme. L’une avait involontairement déclenché le processus, l’autre ne voulait pas être en reste. Heureusement, nous n’étions que les quatre, personne ne passait dans le couloir au moment crucial. Enfin, au cas où, le contrôleur était avec nous. Je ne sais pas ce qu’il aurait trouvé comme excuse pour justifier le spectacle. De plus, un règlement interdit de descendre les rideaux pendant la journée, tout le monde pouvait voir.

– Et il y a eu encore beaucoup de spectacles pendant le voyage ? questionna Marly.

– Après avoir un peu discuté le bout du gras avec Juliette, le contrôleur s’est tiré pour aller assurer son service. En fin de compte, ils n’ont échangé que des banalités, se promettant un rendez-vous éventuel plus tard. Ils ont échangé leurs adresses. Je me suis retrouvé avec mes deux femmes. Je les ai invitées au wagon restaurant, histoire d’aller un peu en terrain neutre. Nous avions juste le temps avant Marseille de faire un agréable repas, c’est à peu près ce que l’on pouvait espérer dans plus dans ce genre de restaurant. Mais les étalages de lingerie intime en sont restés là.

– Et le soir, après ton concert, il y a eu des suites ?

– Un peu plus que je l’imaginais.

A suivre

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