Léo coeur de nylon (23)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage.
Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Nous avons changé de train à Roanne. Seul petit problème Huguette avait un billet de seconde, moi bien sûr j’ai pris un billet de première. Pour être ensemble, je lui ai payé un billet d’appoint, ainsi nous pouvions voyager ensemble. Vous imaginez bien que j’y tenais particulièrement et je crois qu’elle aussi, j’en suis même sûr.

– Je crois que tu as raison, renchérit Marly.

– Il y avait du monde, mais nous avons pu trouver un compartiment en premières qui était libre. Pas pour longtemps d’ailleurs. Une dame est entrée et a demandé s’il y avait une place de libre. Je ne pouvais faire autrement que de lui affirmer que c’était bien le cas. Cela me gênait un peu, j’avais espéré un tête à tête avec Huguette, mais je dois dire que la femme qui est entrée n’avait rien d’une paysanne qui allait vendre ses poulets au marché de la prochaine ville. Elle était vêtue de manière hivernale, elle n’avait pas été surprise par cet assaut imprévu de l’hiver. Elle portait de bottes avec un talon raisonnable, des bas noirs avec une couture, un long manteau et une jupe de couleur sombre. Elle sentait la petite bourgeoise à plein nez.

Léo marqua un temps d’arrêt et alluma une nouvelle cigarette.

– Le train est parti et nous avons fait les premiers kilomètres. Dehors, il continuait de neiger, nous nous sentions bien à l’intérieur du train. Je n’osais pas trop brancher Huguette sur le sujet qui m’intéressait. Je ne sais pas si c’est pour m’encourager, assise en face de moi, elle avait adopté une sorte de semi pudeur, me laissant une vision plus que raisonnable sur la lisière de ses bas et une belle jarretelle blanche qui semblait briller dans la pénombre de sa jupe. Elle alla même un peu plus loin :

– Je peux allonger mes jambes, j’ai froid aux pieds ?

– Sans même attendre une réponse de ma part, elle enleva ses chaussures et mit ses pieds sur la banquette,  à portée de ma main. Pour une fois, j’étais presque intimidé. Je ne savais pas trop qu’elle attitude adopter, mais c’était plus par rapport à notre compagne de voyage, qu’un embarras de ma part. Huguette ne lâchait pas prise, elle tapotait  ma cuisse de la pointe d’un de ses pieds, tout en souriant d’un air d’invite.  J’ai rarement vu une gonzesse aussi délurée. Elle ne me l’a pas dit, mais elle devait avoir un diplôme d’entrepreneur en travaux publics. Pour finir, c’est la voyageuse qui me donna un moment de répit :

– La fumée, ne vous dérange pas ?

– Pas plus que ça, si le cœur vous en dit.

– Je vous en offre une ?

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– A cette époque, je ne fumais pas du tout, mais Huguette tendit la main vers le paquet. Ces dames s’en allumèrent une, ce fut une manière de lancer la conversation à trois.

– Vous allez à Marseille, demanda-t-elle, manière d’entamer la conversation.

– Oui nous allons à Marseille, mais c’est par hasard que je suis dans le train, je devais y aller en voiture. J’ai dû laisser ma voiture et mon chauffeur près de Roanne, je dois absolument être à Marseille dans l’après-midi.

– Ah vous avez un chauffeur ?

– Ce n’est pas vraiment mon chauffeur, mais il m’est attribué dans mes déplacements professionnels.

– Dites-moi si je me trompe, mais vous êtes le chanteur qui interprète « la maison des amours », je crois vous avoir reconnu ?

– Oui en effet, c’est bien moi, je suis charmé que vous m’ayez reconnu. Si vous êtes libre ce soir, vous êtes invitée à mon concert.

– Ce sera avec un grand plaisir, je suis libre ce soir, toutefois si ce n’est pas trop exiger de vous, mon mari voudra venir aussi. Je dois le retrouver à Marseille, car demain nous allons à un enterrement, ce qui explique ma tenue une peu sombre.

– Pas de problèmes, vous n’aurez qu’à vous annoncer à la caisse, on viendra vous chercher. Quel nom dois-je dire ?

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– Vous direz madame Harcourt, c’est mon nom, mais vous pouvez m’appeler Juliette.

– Avez plaisir Juliette, vous êtes de parenté avec Lucien Harcourt qui est dans l’immobilier ?

– C’est le frère de mon mari, mon mari gère d’ailleurs une succursale de l’entreprise à son frère.

– Je connais son nom, pour l’avoir rencontré dans une soirée. Décidément le monde est petit.

Léo marqua un nouveau temps d’arrêt, il alluma la cigarette suivante.

– Intérieurement, j’ai poussé un ouf de soulagement, car Huguette faisait un peu la gueule, elle s’imaginait que je la draguais. Le débarquement de son mari dans l’histoire l’apaisa. Je m’étais montré courtois envers la dame, car j’ai toujours eu pour habitude de consacrer un peu de mon temps envers ceux qui me reconnaissaient. C’était ma manière à moi de leur dire merci.  Là, c’était quand même un peu plus qu’une simple rencontre au coin de la rue ou dans un magasin, raison de plus. Elle m’avait pris un peu de court, car bien évidemment, c’est Huguette que je voulais avant tout voir à mon concert, je n’avais pas de doute sur sa venue et ce qui pourrait se passer après. Dans notre compartiment, nous pouvions reprendre un discussion normale, ce fut Juliette qui ouvrit les feux :

– Je crois que je connais aussi votre compagne, elle tient un magasin de lingerie près du port à Marseille ?

– J’hésitais, répondit Huguette, mais il me semblait bien que votre visage ne m’était pas inconnu.

– En effet, j’ai passé chez vous il y a environ six mois. J’avais acheté une guêpière un peu coquine, mon mari est très demandeur de ce genre de choses.  D’habitude je suis plus classique, un simple porte-jarretelles me suffit. Par contre été comme hiver, je n’aime pas avoir les jambes nues, je mets toujours des bas.

– Je vous invite à revenir me dire bonjour, je crois que j’ai de nouveaux articles qui enchanteront votre mari.

Marly s’inséra dans les rêveries de Léo :

– Tu dois avoir un aimant pour attirer ce genre de discussions et de trucs. Sûr, que si tu étais Robinson sur son île, un cargo rempli de porte-jarretelles et de sirènes ferait naufrage vers ton île.

– Regarde plutôt celle qui vient d’entrer, tu crois qu’elle porte des bas ?

A suivre

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