Léo coeur de nylon (24)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment.
Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

25 121513-1

Marly et Isabelle se retournèrent.
Une femme, accompagnée d’un homme, venaient de pénétrer dans le bistrot. Marly fit une grimace, nul doute que la longueur de sa jupe ne permettait pas de supposer qu’elle portait des bas. On voyait même par intermittence le bas de son slip, caché sous la transparence du collant.
– Eh bien, tu vois Marly, à voir ce spectacle où tout se devine sans laisser le plaisir de la découverte, je veux bien jour à Robinson, en espérant que Vendredi soit une femme.
– Mais dans ton compartiment de train, tu n’avais aucun doute sur ce qui se cachait sous les jupes des dames, le collant n’existait pas vraiment, sinon dans l’esprit des créateurs un peu fous.
– Pour ce qui est d’Huguette, je n’avais, en effet, aucun doute. Elle m’avait laissé entrevoir un spectacle des plus charmants. Ce n’était pas un hasard dû à un laisser-aller involontaire. Elle m’offrait le spectacle, sans avoir réservé ma place. Pour l’autre dame, je n’avais pas beaucoup plus de doutes, mais je n’avais encore rien vu de probant. Ce fut Huguette qui me permit d’en savoir plus et surtout d’en voir plus, suite à un banal incident :
– Votre bas a filé, j’espère que vous avez un rechange ?
Madame Harcourt, en suivant le regard d’Huguette, glissa sa main sur sa jambe pour aller à l’encontre de l’endroit supposé des dégats. J’ai l’impression qu’elle devait être un peu comme le père d’Isabelle. En bon général, elle devait avoir la manie de repérer les boutons d’uniformes qui manquent et les accrocs à la vareuse, et considérer cela comme manque de discipline.
– Zut, dit-elle, des bas neufs, que j’ai achetés spécialement pour les funérailles. C’est vrai qu’ils m’avaient l’air peu solides, mais c’est tout ce que j’ai trouvé, là où je les ai achetés. Par bonheur j’en ai acheté deux paires. Je vais changer.
Léo, s’arrêta un instant. Il voulait tester son effet et laisser travailler l’imagination de son auditoire. Il reprit :
– J’imaginais qu’elle allait se lever et disparaître en direction des toilettes. Mais non, elle fouilla dans ses bagages, en tira un emballage d’où elle sortit une paire de bas semblable à ceux qu’elle portait. Elle en prit un, le mira à la recherche du petit défaut qu’elle ne trouva pas. Elle s’excusa pour la forme, leva sa jupe et détacha le bas défectueux. Devant ce genre de spectacle, il m’est impossible d’avoir l’air de rien. Tant mieux, elle ne faisait même pas attention de savoir si je regardais ou pas. Je pense que l’idée de sa tenue de deuil l’avait suivie jusque dans ses dessous, ses jarretelles étaient noires et ce n’était pas une gaine, mais un porte-jarretelles.
25 121513-2
– Vous êtes un sacré coquin et aussi un fin observateur, se marra Isabelle.
– Oh vous savez, c’est quand même plus facile que de savoir le nom des étoiles qui brillent dans le ciel. Le choix est plus restreint, trois ou quatre possibilités, vous les connaissez aussi bien que moi.
– Personnellement, je n’ai que des porte-jarretelles et des guêpières dans mon tiroir à lingerie.
– Je confirme, ajouta Marly, ce qu’elle ne dit pas c’est le nombre qu’elle en possède. Tu peux les compter à la place des moutons, si tu as de la peine à t’endormir.
– Ah ben, tu parles pour toi, moi cela aurait plutôt tendance à me tenir éveillé !
– Tu dis ça, mais c’est parfois si bon de se laisser glisser dans rêve en suivant le guide !
– Oui, bonne idée, je vais demander à ma femme d’agiter les siens devant mes yeux, mais je crois qu’elle va s’endormir avant moi.
– Tu me communiqueras tes impressions. Mais dis-nous, ta charmante voyageuse, elle a fini de changer son bas ?
– Tu aimerais bien savoir si elle me l’a dédicacé ?
25 121513-5
– T’as déjà dédicacé des bas toi?
– Non seulement des pochettes de disques ou des photos, parfois des trucs un peu plus insolites comme un sous-bock, une note de restaurant, même une image pieuse. D’ici à ce que je sois canonisé par le pape, saint Léo patron de la lingerie, ils vont en bander sous leur soutane à Rome, non ?
– Le problème, c’est que c’est un état que l’on n’acquiert pas de son vivant, tu devras attendre.
– Boh, je suis pas pressé. D’ici là, ils peuvent toujours préparer de cierges en forme zizis, j’espère que les belles viendront les allumer sur ma tombe le jour de Noël ! Mais revenons à notre compartiment, vous ne devinerez jamais la suite ?
-Zorro est arrivé ?

A suivre

25 121513-4

25 121513-3

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s