Léo coeur de lion (25)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur.
Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Ben non, le contrôleur est entré dans le compartiment, l’air très étonné, il avait la dame en point de mire, en train d’ajuster ses bas. Il a jeté un œil connaisseur, le genre œnologue qui déguste un très bon vin.

– Il a cru un instant qu’il rêvait ? suggéra Marly

– Pas tellement, car il a demandé à voir les billets, reprenant le rôle pour lequel il était payé.

– C’est alors que madame Harcourt, après l’avoir dévisagé lui a demandé :

– Excusez-moi, mais nous n’avons pas été à l’école ensemble, vous vous appelez Dufresne ?

– En effet, c’est bien mon nom, mais bon sang… la Julie !

– Oui la Julie, que tu avais emmenée dans les bois près du village un beau jour d’été, c’est là que nous avons fait plus ample connaissance. Mais tu ne m’avais pas reconnue ?

– Il faut dire que j’étais plus concentrée sur tes secrets cachés que sur ton visage. J’en profitais pendant qu’ils étaient visibles, le visage je peux toujours le voir après. Et je n’ai pas reconnu ton porte-jarretelles.

– Tu penses que depuis le temps, j’en ai acheté un autre. Je me souviens que tu ne tarissais pas d’éloges quand tu l’as vu.

– En effet, c’était la première fois que je flânais avec une fille qui en portait un. Cela m’avait fortement émotionné.

– Je ne savais pas que tu travaillais dans les chemins de fer, il faut dire que l’on s’est perdu de vue après l’école.

– Eh oui, je venais d’un milieu plus modeste que le tien. J’ai trouvé cette place, et ma foi, c’est un travail comme un autre. Et toi j’imagine que tu es mariée avec quelqu’un de bien.

– Pas trop mal, j’ai fait un mariage de raison, cela n’a pas été trop difficile, car j’ai un mari formidable.

– Ecoute, je vais finir ma tournée et je reviens un peu blaguer avec toi.

– Oui vas, je te présenterai mes compagnons de voyage, tu auras encore des surprises.

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Léo remplit les verres, alluma une autre cigarette et poursuivit :

– Juliette nous raconta son histoire avec Dufresne. Ils fréquentaient le même lycée à Lyon. Elle venait de la petite bourgeoisie, ses parents étaient des commerçants  qui possédaient un magasin en ville avec pignon sur rue. Comme il était plutôt beau gosse, toutes les filles lui tournaient autour. Mais il n’avait d’yeux pour elle. C’est avec lui qu’elle eut sa première relation sexuelle. Comme chez beaucoup de jeunes, les projets futuristes allaient bon train. Ses parents ne voyaient pas d’un très bon œil la présence de ce jeune homme sans trop d’avenir, du moins c’est ainsi qu’il était classé dans l’esprit de ses vieux. Dans un premier temps, Juliette s’accrochait à lui et ils se voyaient en cachette. Lors d’une soirée à la maison, ses parents avaient invité des relations d’affaires à dîner. Leur fils était présent. Les parents avaient certainement une petite idée derrière la tête en les invitant. Le fils leur semblait un bon parti. Le coup de poker réussit, Juliette changea de partenaire, éblouie par la vie facile que lui promettait cette rencontre. De plus, c’était avec la bénédiction de papa et maman. C’est ainsi qu’ils finirent par se marier, ils le sont encore, au détriment du pauvre contrôleur de billets qui vint nous rendre visite dans ce train. Il fut beau joueur et n’insista pas trop, il sembla à Juliette que ce n’était pas toujours un pilier de vertu. Vous remarquerez dans cette histoire, tout le monde finit par rencontrer tout le monde. Tu débarques au fin fond de l’Amazonie et pof c’est ton voisin qui vient te demander où se trouve la gare la plus proche.

– Mon vieux Léo, c’est toi le chef d’orchestre de ce petit monde, depuis quelques temps le monde entier se donne rendez-vous dans ton bistrot.

– Mon vieux Marly, tu m’amènes des clients que je ne connaissais pas, mais qui connaissent ceux que je connais, enfin peut-être pas les plus recommandables.    

– Si on veut, alors il est revenu ce contrôleur ?

– Tu penses, il a poinçonné ses billets à la vitesse de la lumière, il voulait en savoir un peu plus sur ses anciennes amours. Quand il est revenu, c’est Huguette qui a fait des siennes. Je crois qu’en elle, il y avait un petit je ne sais quoi qui faisait qu’elle voulait avoir l’exclusivité de toutes les attentions masculines. J’ai même mis en doute mon aura de vedette, si j’avais été un simple plombier, je crois que l’histoire se serait déroulée de la même manière.

– Une nymphomane ?

– Quelque chose comme ça. Au retour du contrôleur, il a bien sûr entamé la conversation avec ses anciennes amours. Au bout d’un moment, comme par hasard, Huguette a remarqué qu’un de ses bas avait filé. Je ne suis pas certain qu’elle ne l’a pas fait exprès. Alors, le petit cinéma a recommencé, fouille dans le sac, sortie d’une pochette de bas et vas-y que je te change cela.

– Je parie qu’elle a fait cela moins discrètement, suggéra Marly.

– Et tu gagnes ! Elle s’est carrément levée, s’est bien tournée en direction du monsieur, a bien relevé sa jupe, on voyait bien sa culotte. Elle a dégrafé ses jarretelles avec des gestes lents, comme pour faire durer le spectacle. L’autre avait la langue qui traînait sur le sol, j’ajouterais la mienne aussi, bien que pour moi, j’avais la vue depuis la cour arrière. Juliette se marrait bien, pour une bourgeoise elle n’était pas vraiment du genre pincée. J’imaginais bien ce qu’avaient pu être ses relations avec son premier mentor.

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– Le compartiment s’est transformé en une boîte à striptease, remarqua Isabelle.

– N’exagérons rien, souligna Léo. Le fait est que nous assistions à une compétition de charme. L’une avait involontairement déclenché le processus, l’autre ne voulait pas être en reste. Heureusement, nous n’étions que les quatre, personne ne passait dans le couloir au moment crucial. Enfin, au cas où, le contrôleur était avec nous. Je ne sais pas ce qu’il aurait trouvé comme excuse pour justifier le spectacle. De plus, un règlement interdit de descendre les rideaux pendant la journée, tout le monde pouvait voir.

– Et il y a eu encore beaucoup de spectacles pendant le voyage ? questionna Marly.

– Après avoir un peu discuté le bout du gras avec Juliette, le contrôleur s’est tiré pour aller assurer son service. En fin de compte, ils n’ont échangé que des banalités, se promettant un rendez-vous éventuel plus tard. Ils ont échangé leurs adresses. Je me suis retrouvé avec mes deux femmes. Je les ai invitées au wagon restaurant, histoire d’aller un peu en terrain neutre. Nous avions juste le temps avant Marseille de faire un agréable repas, c’est à peu près ce que l’on pouvait espérer dans plus dans ce genre de restaurant. Mais les étalages de lingerie intime en sont restés là.

– Et le soir, après ton concert, il y a eu des suites ?

– Un peu plus que je l’imaginais.

A suivre

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Une réflexion sur “Léo coeur de lion (25)

  1. Sacré Léo.
    Il fait un voyage bien agréable.
    Et puis ce contrôleur a bien de la chance.
    Il a fait le métier à la bonne époque…parce que maintenant…
    Pas certain de trouver 4 jarretelles dans un train…sauf si je le prends avec qui vous savez Boss!
    A bientôt pour la suite.
    Daniel

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