Léo coeur de lion (26)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur. Ces dames profitent pour changer leurs bas sous l’oeil de Léo.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

25 010514- 1

– Il ne s’est plus rien passé de spécial jusqu’à ton arrivée à Marseille ?

– Non, j’ai fait exprès de tirer un peu en longueur au wagon restaurant, je ne voulais pas trop que ces dames s’émancipent dans le train. Bref, nous avons fini par arriver à destination. Moi, je devais filer à la salle de concert pour ma préparation, voir avec les musiciens ce que nous pouvions faire et mettre les derniers préparatifs en route. J’ai donc laissé mes deux nanas à la gare. Nous avions bien sûr rendez-vous le soir avant le concert, j’ai pris des dispositions pour qu’elles soient amenées directement dans ma loge avant le début, et aussi leur trouver les meilleures places possibles. Je n’avais aucune idée  du nombre de sièges occupés, et lesquels étaient éventuellement libres.

– Et pour finir, ils sont venus ?

– Bien sûr, Huguette est arrivée la première, bien en avance sur le début du spectacle. Elle s’était faite toute belle. Pratiquement une tenue de gala, je me suis bien entendu arrêté longuement sur ses jambes. C’est vrai qu’elle avait de très jolies jambes, la couture de ses bas la divisait agréablement en deux parties très égales. Le reflet de la lumière et le crissement ajoutait un plus qui me comblait d’aise. Seul problème, ou cas où, je n’avais pas mon appareil de photo, il était resté dans la voiture. Je comptais bien poursuivre la soirée en enfilant une pellicule à l’intérieur. Les Harcourt sont arrivés plus tard, Juliette m’a présenté son mari. Pour autant que je m’en souvienne, il avait une certaine ressemblance avec son frère. A part cela c’était un homme tout à fait charmant, plutôt le genre bon vivant, il n’avait pas l’air triste d’être là. C’était le genre de personne avec qui on se sent à l’aise en très peu de temps, pas prétentieux, un langage simple sans snobisme. On sentait quand même qu’il venait d’un milieu aisé. J’ai remarqué un détail, sa femme avait abandonné les bas noirs pour adopter quelque chose de plus dans le ton de la soirée, je l’ai su après, c’était quand même des Christian Dior. Elle a dit en rigolant que c’était le prénom de son mari.

– Ouais, des petits plaisirs bourgeois, commenta Léo, toujours les mêmes, un rien leur fait plaisir !

– Oui, si tu veux. Ils étaient quand même plutôt sympathiques. J’ai pu leur dénicher deux places assez près de la scène. Huguette a préféré voir le spectacle depuis les coulisses, j’avais un peu l’impression qu’elle défendait la forteresse, dès fois qu’une folle vienne prendre la scène d’assaut. Le concert s’est déroulé sans surprises, j’étais juste un peu tendu, n’ayant pas trop l’habitude des musiciens qui m’accompagnaient. Je dois dire que c’était des vrais pros, ils connaissaient leur métier et aussi mon répertoire. Cela m’a toujours étonné de la part de  ces musiciens improvisés, ils se glissent dans une équipe et on a l’impression qu’ils ont toujours été là. J’ai toujours été incapable de jouer d’un instrument, alors ça m’épate.

– Tu n’as jamais écrit une chanson ?

– Pas vraiment, je me suis fait la main avec le répertoire des autres, ensuite ce sont des compositeurs attitrés qui ont modelé mon répertoire. J’ai quand même écrit quelques textes, là c’était dans mes capacités. Je donnais un texte et un musicien le mettait en mélodie, mais aucun de mes titres les plus connus ne sont de moi pour le texte . Il n’y a d’ailleurs  bien longtemps que je n’ai pas eu un rond sur la vente de mes disques, qui les achète maintenant ?

– Qui sait peut-être un jour ils reviendront à la mode.

– C’est possible, mais je m’en fous complètement et c’est du passé. Plus que les disques que j’ai vendus ou les galas que j’ai donnés, ce sont toutes les belles femmes que j’ai rencontrées qui me font les plus beaux souvenirs. Mais je reviens à ma fameuse soirée. Après le spectacle, ils m’ont embarqué au restaurant. Les Harcourt  connaissaient un excellent restaurant, c’est le mari qui m’a invité. Huguette était évidemment de la partie. On a fait un excellent repas. Je faisais un peu la conversation avec lui, tandis que ces dames parlaient chiffons. C’est de cette conversation que le feu d’artifice pour la fin de la soirée est parti.

25 010514- 2

Isabelle qui n’en perdait pas un mot se manifesta :

– Je crois que je devine la suite, vous êtes allés dans le magasin d’Huguette ?

– Gagné ! En effet, ces dames ont décidé qu’il était l’heure de partir en exploration dans un magasin de lingerie. Je crois que la partie féminine des Harcourt voulait profiter des bonnes dispositions de monsieur, pour compléter quelque peu les tiroirs aux merveilles. Je suis sûr qu’elles avaient même comploté cela discrètement. Il y avait même le champagne de prévu, il nous attendait sur place. Il est inutile de vous préciser que les hommes trouvaient le programme excellent. Harcourt aurait son mot à dire sur le choix de sa femme, pas de mauvaises surprises, rien que du choisi. Moi, je pourrais certainement donner mon avis, puis éventuellement assister à un joli spectacle. Nous serions un peu comme deux généraux, discutant et comparant l’achat de nouveaux canons pour une guerre en dentelles.

25 010514- 4

– Il ne manquait plus que le père d’Isabelle comme conseiller stratégique !

– Tu sais mon père ne s’est jamais trop occupé des dentelles de ma mère, il préférait ses défilés au son de la musique militaire. Il n’a pourtant jamais été un mauvais père pour moi, il me comblait de cadeaux, ma mère n’était pas oubliée. Mais il aimait son armée par-dessus tout.

– Je dois dire que quand je l’ai ai parlé au téléphone, il avait cette précision toute militaire dans son langage. Pour un peu, j’aurais contrôlé si j’avais pas oublié de fermer un bouton à ma braguette. Mais je sentais que quand il parlait de sa fille, il le faisait avec fierté.

– Ca c’est bien lui. Quand je lui ai présenté Marly, il aurait pu être choqué par la différence d’âge. Au contraire, il a été respectueux de ce qu’il avait fait pendant la guerre. Ironie du sort, ils avaient été en contact indirect lors d’une donnée d’ordre.

– Oui, ajouta Marly, nous devions saboter une voie ferrée près de Bar-le-Duc. Nous attentions le message, via Radio Londres, qui devait nous donner le signal pour exécution la nuit suivante, de la réception par parachutage, d’explosifs destinés à faire sauter la voie. Le code en était «  grand-père a les pieds au sec », c’était le père d’Isabelle qui s’occupait de la réalisation de cette mission. J’étais dans l’équipe qui a réceptionné la marchandise. Le sabotage n’a jamais eu lieu, car l’avion s’est fait descendre par les Allemands avant de nous livrer la marchandise. Mais continue avec ton histoire Léo.

– Nous avons donc rejoint le magasin d’Huguette, elle a fait son ouverture nocturne et spéciale pour nous. Nous allions enter dans la caverne d’Ali Baba.

A suivre

25 010514- 3

25 010514- 5

2 réflexions sur “Léo coeur de lion (26)

  1. Ah! Ah! Futé le Boss.
    Il termine son chapitre et nous laisse pantois à l’entrée du magasin de lingerie.
    Quel supplice!
    Vivement la suite.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s