Léo coeur de nylon (27)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur. Ces dames profitent pour changer leurs bas sous l’oeil de Léo. Après le concert, Léo et ses invités se rendent dans le magasin de lingerie d’Huguette, compagne d’un soir pour Léo.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Là je te sens frémir, Léo, toi dans un magasin de lingerie !

– En effet, l’endroit correspondait à une sorte de rêve éveillé. A vrai dire, c’est bien la première fois que je pénétrais dans un tel lieu. Autant je peux avoir une passion pour ces trucs, autant je n’ai fait que les contempler sur mes conquêtes. Elles assuraient le service elles-mêmes. J’imagine qu’il  y a un tas de gens qui se sentent au paradis quand ils vont acheter de la lingerie. Personnellement, je préfère deviner et avoir une surprise totale au moment de l’effeuillage, sans en connaître la moitié par avance.

– Je suis assez d’accord avec toi, bien qu’il m’arrive parfois d’aller avec Isabelle dans de tels endroits.

– Tu n’es pas à plaindre, se moqua Isabelle, j’en ai une telle collection que l’on ne doit pas aller aux urgences pour compléter tes petites envies. Pour moi, quand je vais en acheter, j’aime imaginer l’effet qu’ils produiront. Je peux lire dans tes yeux, à quelle place ils figurent dans tes classements.

– Ah oui, et ce soir tu mettrais qu’elle note.

– Ah ben, j’en sais rien, je n’ai pas vu !

– Tiens, c’est vrai, nous ne sommes pas partis ensemble. Tu veux voir ?

Sur un signe d’approbation de Marly,  Isabelle souleva discrètement un coin de sa robe. révélant une jarretelle blanche parfaitement tendue et mordant dans la lisière du bas. L’air de rien, Léo tendit le cou pour mieux se régaler du spectacle. Il savait bien que le spectacle lui était aussi destiné, Isabelle ne l’avait pas mis en scène uniquement pour Marly. Ce dernier s’attarda sur les jambes d’Isabelle, avant de la regarder dans les yeux avec un sourire entendu.

– Je vois un dix sur dix, se marra Isabelle.

– Cinq pour la couleur, cinq pour le décor, cinq pour la nouveauté !

– Mais cela fait quinze ?

– Eh bien, quinze sur dix, c’est une excellente note ! Et puis, c’est une première !

– Oui, en quelque sorte, c’est l’inauguration. C’est la première fois que je mets ce porte-jarretelles. Je l’ai commandé par correspondance en Angleterre, il est arrivé ce matin avec le sourire d’un charmant facteur qui croyait sûrement qu’il y avait  du chocolat à l’intérieur.

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– Vous faites venir ce genre de trucs par correspondance? questionna Léo.

– Hélas, il est de plus en plus difficile de trouver de belles choses à Paris, toujours ces fameux collants. Je ne peux pas tourner tout Paris  pour en trouver. Sur catalogue, même anglais, c’est plus facile. Et puis vous connaissez le conservatisme anglais, les vieilles ladies risquent encore de porter des bas pendant longtemps. Je me demande même si la reine porte des collants ?

– En tout cas, sur une photographie, on voit la lisière de ses bas quand elle descend de voiture.*

– Même que papa l’a rencontrée quand il était à Londres pendant la guerre. Elle est venue visiter le camp français où il était. Elle était encore bien jeune.

– Bof moi les reines, je ne sais pas bien à quoi ça sert, même si ça sert à quelque chose, lança Léo avec une moue de dépit.

– Je crois que tu as raison, mais pour les Anglais c’est un symbole.

– Bah quand nous sommes entrés dans le magasin à Huguette, je peux vous assurer, la reine n’était pas là. Ou plutôt si, il y en avait deux, peut-être moins rayonnantes, mais vachement plus sexy. L’endroit était charmant. A cette époque, il y avait dans ce genre d’endroit, une intensité de charme qui n’existe plus aujourd’hui. Il y avait un attirail de choix à rendre fou n’importe quel amateur. Pensez donc, toutes les femmes portaient des bas, des sages, des moins sages, des allumées de la séduction. Il en fallait pour tous les goûts, tous les buts, toutes les bourses. La plupart n’avaient pas d’idées préconçues, j’imagine, celles qui enfilaient leurs bas, comme on boutonne son manteau. Celles qui ne regardaient jamais leur compagnon quand elles les enfilaient, celles qui avaient aperçu cette petite lumière coquine qui brillait dans leurs yeux, je dirais simplement celles qui avaient compris tout le potentiel de la chose.

-Tu nous fais un vrai cours de sociologie, se marra Marly.

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– Le fait est que les hommes n’ont jamais autant admiré les bas, depuis que les collants les ont remplacés, j’en suis absolument certain !  

– Je suis d’accord avec vous, Léo. Quand je suis dans la rue, ceux qui ne sont pas dupes et qui devinent que je porte des bas, je sens qu’ils me contemplent comme une apparition sortie de leurs rêves.

– Vous voyez bien que je ne raconte pas des blagues. Ce fameux soir, nous étions donc dans le magasin, j’étais en admiration devant les délices de la boutique d’Huguette quand se produisit une chose à laquelle nous ne nous attendions pas.

* cette photo existe réellement

A suivre

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