Léo coeur de nylon (28)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur. Ces dames profitent pour changer leurs bas sous l’oeil de Léo. Après le concert, Léo et ses invités se rendent dans le magasin de lingerie d’Huguette, compagne d’un soir pour Léo. Un agréable imprévu s’annonce…

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo alluma une nouvelle clope, une pause juste le temps qu’elle enfume l’auditoire, il repartit dans ses souvenirs à voix haute :

– Bien sûr puisque nous étions dans le magasin, tous feux allumés, on pouvait penser qu’il était ouvert, même s’il était vingt-trois heures passé. C’est ce que deux jeunes Anglaises, un peu en goguette et qui n’avaient sans doute pas bu beaucoup de thé durant la soirée durent penser. Elles faisaient des signes désespérés derrière la porte close. Huguette ouvrit, pensant d’abord qu’elles cherchaient un renseignement ou une adresse. Elle se rendit compte que sur leur lancée, elles avaient envie de s’acheter de la lingerie. Il y en a une qui parlait assez bien le français, mais avec un terrible accent. Huguette ne savait pas trop, s’il fallait les foute dehors ou les accepter. Sous le regard encourageant de Harcourt, elle décida de s’occuper d’elles. A l’évidence, ce n’était pas un bas filé par accident ou une jarretelle défectueuse qui les attirait. Elles avaient envie de s’offrir quelque chose de plus coquin, elles avaient de quoi faire devant l’étalage proposé. Huguette leur montra quelques articles, d’abord sages, de plus en plus ciblés côté sexy. Elles parlaient anglais entre elles, mais on devinait l’essentiel, plus c’était conventionnel, plus la moue était visible sur leurs binettes. Au contraire, elles pouffaient de rire devant des articles aguicheurs, un rire plein de sous-entendus. Tout juste si elles ne chopaient pas des dents comme Dracula en pensant en pensant à l’effet qu’ils feraient.

– Tu n’as pas fait une improvisation de conseiller technique pendant la séance ?

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– Oh tu sais, je regardais à plein yeux. J’avais déjà dressé un portrait-robot des deux miss. On peut pas dire que toutes les Anglaises sont toutes très jolies. Mais quand il y en a une de jolie, elle l’est vraiment. Il y en avait une qui ressemblait à Sandie Shaw, tu sais celle qui chantait « Un Tout Petit Pantin » à l’Eurovision. Quand je l’ai vue à la télé, cela m’a fait tout de suite penser à elle. C’était peut-être elle quelques années plus tard, enfin peu importe. Elle a choisi un ensemble soutien-gorge, culotte, porte-jarretelles d’un rouge pétant avec des motifs noirs. Elle s’est enfilée dans la cabine d’essayage  et on ne l’a plus entendue pendant trois minutes. Sa copine écartait de temps en temps discrètement le rideau en faisant des commentaires ponctués de rires. Je ne pensais pas voir un spectacle en première ligne, mais il s’est quand même produit devant les regards de l’assistance toute entière. Elle est sortie de la cabine dans sa tenue d’essai. Pour un essai, il a été transformé. Elle avait même poussé le détail jusqu`à fixer ses bas aux jarretelles, la totale quoi. Marseille n’est sans doute pas Paris, mais je doute que ce genre de spectacle se produise très souvent dans la capitale. En imitant une démarche de mannequin, elle s’est promenée dans la boutique en guettant l’approbation de nos regards. Pour moi, pas de problèmes, je me suis  juste dit que nos vins avaient des effets secondaires absolument inattendus et ma foi,  agréables. Les dames ont bien joué le jeu, elles ont fait comme si c’était tout naturel.  Bon, Huguette c’est un peu son métier, elle a sans doute dû en voir d’autres, dirons-nous. Madame Harcourt avait un petit air calculateur, elle se servait d’elle comme mannequin, elle pensait déjà plus loin. Une ou deux fois, elle a brièvement regardé son mari, comme pour chercher une réponse. Elle l’a sans doute trouvé, car elle s’est acheté le même. Harcourt était aux anges, je crois bien que ça s’agitait dans son slip. Je sais pas s’il était kangourou, mais il devait y avoir de la place pour y glisser la main entre sa peau et l’élastique tendu à mort. Un petit malin le bonhomme, je dirais même un chaud lapin dans son style. Ca devait pas être triste dans son ménage et je crois qu’ils devaient bien aimer les paries à plusieurs, tout en s’éloignant de temps en temps l’un de l’autre pour faire un solo à deux avec changement volant dans le couple. L’attitude de sa femme le matin dans le train, me le laisse croire. Je suppose que ma présence parmi eux était un souhait calculé. Ils pensaient à une suite plus intime aux petites heures, certainement avec Huguette et pas juste pour éteindre la lumière en partant.

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– Dis Léo, le nylon ça sèche le gosier à force de le sucer. Je boirais bien encore un petit quelque chose, j’offre le champagne si ça te dit ?

– Question idiote, je vais demander à Marie-Thérèse d’aller nous chercher une roteuse, il est vrai que je parle beaucoup sans penser à boire. Je suis un mauvais client pour mon bistrot.

– A propos l’autre Anglaise, elle a fait quoi ?

– Je t’ai dit quelles étaient un peu pompette. Le première, celle qui parlait français, c’était la moins saoule des deux, alors imagine la plus atteinte, soit elle allait s’endormir pour cuver, sortir le grand spectacle, mais sûrement pas remonter la pendule. Devinez!

A suivre

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