Léo coeur de nylon (29)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage. Une troisième dame les rejoint dans le compartiment, assez démonstrative et ensuite le contrôleur. Ces dames profitent pour changer leurs bas sous l’oeil de Léo. Après le concert, Léo et ses invités se rendent dans le magasin de lingerie d’Huguette, compagne d’un soir pour Léo. Un agréable imprévu s’annonce…

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Pendant un instant, ils restèrent bouche close. Léo pensait qu’il devait attendre le champagne avant de poursuivre son histoire.

Les talons de Marie-Thérèse frappèrent le sol de leur cadence rapide, annonçant la venue de la bouteille. Une fois de plus Léo, tout en la suivant des yeux, s’émerveillait de ce petit bout de femme qui dégageait autant d’énergie qu’une bombe atomique. Il savait que la clientèle n’était pas insensible à sa présence. Parfois Léo trouvait sa femme un peu triste, réservée. Elle avait pourtant un net avantage, elle était la confidente de beaucoup d’habitués, c’était sa manière de sourire. Elle écoutait patiemment  les petites misères de chacun, les siennes encore plus que celles des autres.

Marie-Thérèse, elle, n’était là que pour servir. Elle estimait que son zèle naturel suffisait. A part un bon mot et un sourire radieux, c’est tout ce que son service incluait. Certains clients, plus taquins que d’autres, essayaient de la faire sortir de ses gonds. Un essaya même de lui mettre la main aux fesses. Il y réussit, mais il se ramassa une telle baffe et des mots pas très agréables, qu’il préféra ne plus remettre les pieds dans le bistrot. C’est aussi ce que lui suggéra Léo. Un client de moins, mais il défendait envers et contre tout son personnel. Lui-même se gardait bien de tout geste et situation ambigüe.

Léo fit le service, il en avait déjà tellement débouchées de ces fameuses bouteilles, que cela lui paraissait aussi simple que de mettre une pièce dans un jukebox. Ce n’était pas tellement celles qu’il avait servies dans son établissement qui étaient les plus nombreuses, mais bien celles des soirées tardives, en charmante compagnie. Une fois les verres emplis, il reprit son récit :

– Je vous ai dit que l’Anglaise qui ne parlait pas français était la plus ivre des deux. Elle semblait avoir perdu tout sens de la retenue. Elle se déshabilla carrément, enlevant son tailleur. Le spectacle en devenait charmant. Ses dessous étaient plutôt sages. Le porte-jarretelles n’était absolument pas assorti  au reste, blanc sous un slip noir, son soutien-gorge, bleu. Ce n’était pas visible autrement, mais ses bas n’étaient pas identiques, la couleur oui, mais la lisière différente. Je me demande si elle n’avait pas enfilé ses vêtements après avoir déjà tutoyé la bouteille.

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Le champagne aidant, il fallait à Léo une nouvelle cigarette avant de poursuivre son récit.

– L’assistance se demandait ce qu’il allait se passer pour la suite, tout semblait bien parti. Moi et Harcourt on se posait en vrais voyeurs. Les dames ne disaient rien, mais cela devait turbiner dans leur cervelle. Ce fut Huguette qui se manifesta la première, elle vit tout le potentiel commercial de la chose. Pour elle, être attifée comme la miss devait représenter quelque chose d’incongru comme un pet pendant une messe d’enterrement. La seule chose qui pouvait la retenir, elle ne connaissait pas les finances de la dame. Elle avait certainement de quoi se payer une paire de bas, mais pour le reste, elle hésitait.

– Comme je te connais, tu aurais volontiers mis la main au porte-monnaie ? se moqua Marly.

– Je ne l’ai pas fait ouvertement, mais j’ai fait un signe d’intelligence avec Huguette, pour lui faire comprendre que je la couvrais en cas de besoin. Elle dit alors à l’interprète improvisée, quelle avait quelque chose de très joli à lui proposer, si elle le désirait.

– Je pense qu’elle n’a pas dit non, affirma Isabelle.

– Tout juste ! Mais elle voulait choisir. Tout en ne se départant pas de son rire chronique alcoolisé, elle alla choisir un assortiment d’un bleu turquoise, un objet plutôt luxueux. Le porte-jarretelles était encore à l’ancienne méthode. On réglait la longueur des élastiques en la fixant avec un bouton que l’on introduisait dans des passants fixés le long de l’élastique, peut-être pas la méthode idéale pour ce soir-là, mais passons. Le slip et le soutien-gorge étaient en nylon presque transparent, c’était charmant.

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Léo marqua une pause, il refaisait le voyage vers l’intimité douillette de la boutique, il ralluma sa cigarette éteinte.

– Ce que l’on n’avait pas prévu arriva, elle n’avait pas l’intention d’aller s’isoler dans la cabine pour se changer, elle se mit complètement à poil en balançant ses anciens effets à travers la boutique. Heureusement Huguette avait baissé le rideau du magasin après l’entrée des Anglaises. Imaginez les passants dans la rue ou les flics nous demandant si on avait une licence pour le spectacle. J’en avais bien une pour mon tour de chant, mais je crois qu’elle n’était pas valable pour les boutiques de lingerie, d’ailleurs je ne chantais pas.

A ce moment, la porte du bistrot s’ouvrit. Un homme entra et s’adressa à Marie-Thérèse. D’un geste de tête, elle désigna la table où Léo menait le bal de ses souvenirs. Il se dirigea vers elle et se planta devant Léo :

– C’est toi Léo ?

A suivre

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Le dimanche éphémère, ni long, nylon

Cette rubrique paraitra le dimanche quand j’ai le temps. Elle sera détruite plus tard dans la semaine pour être remplacée par une autre

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Voulez-vous gagner 100 euros?

Lors de mon séjour à Paris, je me suis amusé à un petit jeu. En payant mes notes de restaurant et autres, j’ai payé avec quelques billets dont j’ai noté le numéro de série. Ce billet peut se transformer en 100 euros pour vous si vous le détenez. Pour gagner, il vous suffira de me scanner ce billet. Mais attention, inutile de trafiquer un billet avec un logiciel, ce billet a un détail que j’ai ajouté et qui ne manquera pas d’apparaître  sur le scan, moi seul sait à quoi il correspond. Bonne chance!

Un billet de 10 euros avec le numéro de série X79272868862

z dim 2

Les belles heures du yéyé français

z dim 3

Le slow de l’été… manqué!

z dim 4

Dans les piles de la collection du Boss

Dimanche aux Antilles

Second Earth, un concert dans les étoiles

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Les rues de Paris peuvent ruisseler d’ennui. Au gré de leurs pas, les fantômes qui hantent toujours les souvenirs du chaland qui passe, vont et viennent dans un silence presque absolu. Paris, la ville qui a tressé des colliers d’étoiles à celles et ceux qui furent elles-mêmes des étoiles, les allume encore ou les éteint selon son bon gré, dont nul ne peut deviner ce qu’il glorifiera dans un futur proche ou lointain.

Une petite rue en pente, sortie d’un film qui ressemble à un plan de Renoir, un bistrot qui fait l’angle d’un pâté de maisons, c’est le café des Trois Arts. C’est le genre d’endroit où l’on aime imaginer les débuts modestes de Brel ou Brassens. Diable, c’était il y a bien longtemps, mais maintenant on ne joue plus de la guitare comme ils le faisaient, les guitares sont électriques, spatiales. Entrons pour voir, l’oreille aimablement attentive aux bonsoirs et bienvenues des mélomanes en attente d’un probable festin.

Second Earth, une Terre de rechange pour musiciens blasés de manger la soupe tiède et fade des grands mouvements médiatiques que distillent les ondes des médias vendus aux profits. C’est bien ainsi que je les imagine. Je les connais un peu par ces petits bonheurs que brasse le hasard du virtuel. Le virtuel devient réalité et je plonge dans cette eau tiède et bienfaisante qui annonce l’apaisement des fièvres de l’envie des découvertes prometteuses.

Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, arborant des instruments qui veulent venger la médiocrité à laquelle ils s’excusent de ne pas sombrer. Un tout qui s’harmonise entre chaque membre, pour le meilleur de l’auditeur. Bien sûr, le point focus c’est Stéphan Chraïbi, multi instrumentiste et roi des cordes qu’il manie comme un six coups avec l’aisance d’un tireur qui plante sa balle au centre d’un dollar jeté en l’air. Plutôt étonnant, un guitariste qui allume ses riffs avec le visage paisible d’un promeneur du dimanche contemplant un paysage calme, mais il le fait. Cela pourrait sembler mission impossible pour les autres de suivre pareil cavalier lancé au galop, mais ils y parviennent sans coup férir. Les autres, c’est Jean-Philippe Dupeyron, claviers; Mohammed Ben Gara, basse; Philippe Girardin, batterie.

Entre une musique qui coule de l’Espagne, de l’Arabie, des courants du jazz-rock et de ses noms légendaires, les compositions sont personnelles, fouillées, explorant un univers personnel et enrichissant pour l’auditeur. Second Earth, c’est ça et bien d’autres choses encore.

Ce 2 février 2014, une étoile pas tout à fait inconnue a brillé dans le ciel de Paris, une étoile peut-être modeste par sa grandeur, mais qui ne fait que confirmer l’intensité de son éclat. Ce Paris qui ruisselle parfois d’ennui, avait son étoile qui guidait vers les petites rues qui sont sont des avenues du plaisir. A découvrir absolument!

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