Léo coeur de lion (35)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Léo reprend le récit d’une fameuse soirée.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Nous étions donc dans la boutique, la plus saoule avait commencé un striptease plutôt torride, elle était carrément à poil, avec la ferme intention de ne pas se rhabiller tout de suite, mais de nous faire une petite démonstration sur l’art d’enfiler un soutien-gorge un porte-jarretelles, des bas. Comme je l’ai souligné avant, elle avait choisi un ensemble bleu turquoise du plus bel effet. D’un regard, j’avais couvert les éventuelles suites financières envers Huguette, qui n’en doutait point. Malgré son état avancé, la petite semblait plutôt douée dans l’art de l’effeuillage. On aurait même pu se demander si ce n’était pas une professionnelle en vacances qui désirait maintenir la forme. Intimement, nous pouvions chacun penser que la démonstration tournerait court, mais elle semblait se dégriser au fur et à mesure qu’elle entreprenait son exhibition.

Seiler semblait déjà conquis par le récit de Léo. Il regardait fixement le conteur.

– Elle enfila le porte-jarretelles et le fixa sans hésiter, tourna sur elle-même deux ou trois fois, les élastiques pendouillant et tressaillant le long de son corps. Elle monta sur le comptoir en s’allongeant. Une jambe en l’air, elle commença à enfiler un bas. Une fois le bas presque enfilé, elle fit un signe à Harcourt. Elle semblait en pincer pour lui, qui je dois l’admettre, pouvait m’en remontrer au niveau charme. Elle lui fit comprendre par un geste qu’il fallait qu’il fixe le bas aux jarretelles. Il parut un peu surpris de cette demande, mais il s’exécuta, non sans avoir interrogé sa femme du regard. Cette dernière dut lui signifier d’un clin d’œil qu’elle n’y voyait pas de problèmes. Je ne sais pas vraiment ce qu’il pensa à ce moment-là, mais je crois qu’il avait une sérieuse envie de se la farcir, il interpréta sûrement cela comme une invitation.

Un sourire éclaira le visage de Marly, il s’imaginait sans doute à la place de Harcourt.

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– Toujours dans ces cas, j’aime bien en plus de mon propre cinéma, regarder un peu comment les autres voient leur film. Huguette n’avait pas le moindre signe de mécontentement, elle avait l’air de trouver cela presque naturel, peut-être que ce n’était pas une première pour elle. Selon les opportunités, il se pourrait bien que quelquefois les heures de fermeture, c’était juste pour la clientèle de passage. La femme d’Harcourt devait penser plus technique. Elle s’aperçut que je la regardais. Alors, elle souleva sa robe saisit une de ses jarretelles et me fit une démonstration, sans prononcer un mot, mais avec une mimique expressive de ce qui lui semblait être la bonne manière. Je compris qu’elle considérait son mari comme un vulgaire débutant dans l’art d’attacher un bas.

Marly interrompit le récit :

– Je crois qu’Isabelle en aurait fait de même, elle considère que c’est un art avec ses règles.

– C’est vrai, répondit-elle. Il n’y a pas de plus grand désagrément que celui de perdre un bas dans la rue ou de l’éreinter en l’enfilant. Ce n’est pas bien compliqué, il faut juste respecter quelques trucs à la portée de toutes.

Ce fut Seiler qui se mêla à la conversation.

– Je croyais que le collant avait supplanté les bas, on ne voit plus que cela sur les publicités. Même mon amie ne jure que par cela.

– Monsieur Georges, sourit Isabelle en le regardant, c’est en partie vrai. Toutes n’ont pas succombé au charme illusoire du collant. Pour ma part, je ne porte que des bas, été comme hiver. Je connais tout son potentiel de séduction. N’avez-vous jamais été tenté de voir votre amie en porter ?

– Je dois avouer que oui. Je ne lui en ai jamais parlé, c’est juste un désir qui je peux mettre sur le compte des vœux pieux.

– Vous devriez lui en parler, je suis sûr que votre pouvoir de persuasion est grand.

– C’est promis, je lui en parlerai. Je lui dirai que ce soir, en venant ici, j’ai rencontré une dame qui portait encore de bas.

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Isabelle rigola.

– Pour que vous ne lui racontiez pas de mensonges, regardez…

Isabelle souleva un bout de sa jupe, juste assez pour que Seiler puisse voir le haut du bas et les jarretelles qui le tenaient.

Bien sûr, Léo tendit le cou pour mieux voir. Il ne se lassait pas de ce spectacle. Il avait vu cela des centaines de fois. A chaque nouvelle vision, il était comme un enfant qui découvre un jouet pour la première fois. Il était d’autant plus émerveillé, qu’Isabelle lui glissa un clin d’œil complice.

– Je vous remercie, c’est tout ce trouva Seiler comme réponse. Mais je vais m’attirer des ennuis, si je raconte qu’une dame m’a montré ses jarretelles.

– Tu l’amèneras ici, on lui expliquera, rigola Léo.

– Vous lui direz que si elle ne veut plus courir de risques, elle faut qu’elle en porte elle-même, argumenta Isabelle.

– C’est une excellente idée, conclut Seiler. Mais continue Léo…

A suivre

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2 réflexions sur “Léo coeur de lion (35)

  1. Encore un grand moment dans cette histoire que le récit de la discution dans la boutique..
    J’adore.
    Vite! La suite…
    Merci Boss.

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